ORGANES
"2. Organes luiitants. — Ces organes limitants sont constitués par des ineuibranes ayant toutes pour caractère général d'être revêtues d'épithéiium. Ces membranes se présentent sous trois formes ditl'érentes, auxquelles correspondent trois groupes d'organes : membranes vasculaires, membranes tégumeataires, membranes glandulaires.
A. Membranes vasculaires. — Dans ce premier groupe, la membrane limitante se dispose en canau.v élastiques et contractiles ^artères, veines, lymphatiques), canaux dont la face interne ou épithéliale est en contact avec les liquides, sang, lymphe, chyle, qui circulent dans leur intérieur; ils jouent le rôle purement physique de conducteurs hydrauliques.
B. Membranes tégumentaires. — Dans ce deuxième groupe, la membrane limitante est largement étalée, et quand la forme canaliculée existe, comme à l'intestin, elle n'est que secondaire, tandis que dans le groupe précédent elle est essentielle. En effet, leur usage principal est une fonction de revêtement, de protection; leur face épithéliale en contact avec les milieux extérieurs, air, aliments, substances étrangères, avec les produits de sécrétion, avec les transsudations des cavités intérieures du corps, constitue entre ces matières et les tissus sous-jacents une barrière vivante qui, dans ce double courant de l'extérieur à l'intérieur et de l'intérieur à l'extérieur, laisse passer certains principes, interdit le passage à d'autres et règle suivant les lois physiologiques les échanges de la nutrition. Outre cette action vitale élective, elles agissent comme agents protecteurs contre les causes mécaniques, pressions, frottements, etc., comme l'épiderme cutané.
a. Héreuses. — Elles représentent les organes tégumentaires les plus simples : une membrane fibreuse plus ou moins riche en vaisseaux et en nerfs, et une couche simple d'épithéiium pavimenteux étalée à sa surface, telle est leur structure. On les rencontre en général partout où des organes frottent les uns contre les autres, sous forme de sacs sans ouverture, adhérant aux deux surfaces frottantes par un tissu cellulaire sousséreux ; leur face épithéliale est tournée du côté de la cavité de la séreuse ; habituellement cette cavité est réduite à zéro et n'existe que virtuellement, de façon que la couche épithéliale est en contact avec elle-même; d'autres fois on trouve dans cette cavité une petite quantité d'un liquide clair ou filant [sérosité, synovie). Les séreuses sont de trois espèces; les unes, séreuses proprement dites, forment des sacs sans ouverture (1) tapissant d'une part la face interne des grandes cavités du corps {feuillet pariétal) et enveloppant d'autre part les organes contenus dans ces cavités (feuillet viscéral) ; ces deux feuillets sont continus l'un avec l'autre, c'est-à-dire que, d'un des points de la paroi, 1©' feuillet pariétal se réfléchit pour aller envelopper les organes et forme ainsi un repli, contenant les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à ces organes. Les séreuses de la deuxième espèce, synoviales ou séreuses articulaires, appartiennent exclusivement aux articulations et forment, chez l'adulte du moins, non plus des sacs clos, mais des manchons allant d'un os à l'autre et contenant dans leur cavité un liquide filant comme da blanc d'oeuf, la synovie. La troisième espèce enfin [bourses muqueuses) comprend de petites séreuses plus ou moins parfaites existant en nombre variable partout où se passent des frottements entre des parties molles et des parties dures (bourses muqueuses musculaires, synoviales tendineuses, bourses muqueuses sous-cutanées).
b. Peau. — La peau ou tégument externe, beaucoup plus compliquée comme structure, à la fois organe de protection et organe tactile, recouvre toute la surface extérieure du corps, sur laquelle elle se moule en se continuant avec les muqueuses au niveau des ouvertures naturelles. La couche épithéliale, épidémie (âui, sur; 3=p[;.a, peau), au lieu d'être simple, est stratifiée, comme cornée à sa surface et pourvue d'appendices particuliers, poils et ongles. La membrane fibreuse sous-jacente, derme, épaisse, résistante, élastique, riche en vaisseaux et en nerfs, est réunie aux organes profonds par un tissu connectif aréolaire, lâche, permettant des glissements. Enfin, elle contient de nom-
(1) Une seule exception existe chez la femme, chez laquelle la cavilè péritonéale communique avec l'extérieur par l'ouverture abdominale do la trompe utérine.
INTRODUCTION
breuses glandes sécrétant la sueur ou la matière grasse sébacée, glandes qui manquent absolument dans les séreuses.
c. Muqueuses. — Les muqueuses ou téguments internes sont tout à fait assimilables à la peau qui aurait perdu la couche cornée do son épithélium. Il y a, en réalité, deux grandes muqueuses, l'une gastro-pulmonaire (muqueuse oculaire, olfactive, intestinale, respiratoire), l'autre génito-urinaire, se continuant toutes les deux avec la peau par les ouvertures naturelles (palpébrale, nasale, buccale, anale, urétrale et urétro-vaginale), mais n'ayant pas de continuité entre elles, sauf dans les premiers temps du développement de l'embryon. Ces muqueuses, très riches en vaisseaux et en nerfs, présentent, comme le tégument externe, une couche fibreuse, derme muqueux, rattachée aux parties sous-jacentes par un tissu connectif lâche, sous-muqueux, et couverte par un épithélium simple ou stratifié; on y trouve souvent des éléments musculaires lisses en couches continues, mais ce qui les caractérise surtout pour la plupart, c'est leur richesse en glandes ; en outre, c'est à leur surface que viennent s'ouvrir les conduits excréteurs des glandes les plus volumineuses, et que se déversent les produits de sécrétion.
C. Membranes ou organes glandulaires. — Ce troisième groupe est en rapport intime avec les téguments externe et interne (peau et muqueuse) ; on peut, en effet, les considérer comme de simples dépressions en culs-de-sac de ces membranes, ce qu'elles sont en réalité dans leur forme la plus simple et dans les premiers temps de leur développement; mais ces replis en culs-de-sac, en s'allongeant, se ramifient à l'infini, s'enfoncent peu à peu dans la profondeur des tissus et peuvent y former des agglomérations d'aspect massif, comparables aux organes profonds, et ne communiquant plus avec la surface de la meinhrane-mh-e (peau ou muqueuse) que par l'étroit orifice du conduit excréteur, dans lequel viennent s'ouvrir les culs-de-sac glandulaires, liais, en somme, quel que soit leur aspect massif, elles sont toujours réductibles par la pensée à une surface épithéliale sécrétante, étalée et développée.
On distingue deux classes de glandes: les r//a ndcs fermées et les glandes à conduit excréteur.
La première classe, glandes fermées, se compose de glandes dans lesquelles la communication des culs-de-sac sécréteurs avec l'extérieur a été interrompue dans le cours du développement; telle est la glande tfiyroïde; tel est l'ovaire, dont la communication se rétablit temporairement par déhiscence à l'époque de chaque menstruation.
2° La deuxième classe, glandes à conduit excréteur, contient deux espèces de glandes : ]o des glandes en tube, dont les culs-de-sac sécréteurs ont la forme de tubes ayant à peu près le même calibre dans toute leur étendue; ainsi les glandes sudoripares, le rein; 2° des glandes en grappe, dans lesquelles le cul-de-sac sécréteur est renflé en ampoule à son extrémité profonde [acinus), rétréci en goulot à l'orifice par lequel il s'ouvre soit sur la surface tégumentaire, soit dans un canal excréteur commun ; telles sont les glandes salivaires. On trouve du reste de nombreuses formes de transition entre ces deux espèces. Ces glandes à conduit excréteur peuvent être simples, c'est-à-dire être constituées par un seul cul-de-sac sécréteur ou par un très petit nombre de ces culs-de-sac, ou compos(?e5, c'est-à-dire constituées par un très grand nombre de culs-de-sacglandulaires.
Appareils. — Les organes et les tissus, en se groupant pour accomplir une fonction déterminée, constituent des appareils. On rattache habituellement ces appareils à trois groupes : appareils de la vie animale ou de relation, appareils de la vie végétative ou de nutrition, et appareils de la reproduction.
Cette division du corps en appareils est, sous bien des rapports, artificielle et laisse beaucoup à désirer, tant au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique ; ainsi, il y a des organes qui, comme les glandes vasculaires sanguines, ne se rattachent à aucun appareil; il en est d'autres par contre qui, comme la langue par exemple, rentrent dans plusieurs appareils à la fois ; aussi ne faut-il accorder à cette division qu'une valeur secondaire, et n'y voir qu'un moyen commode, sinon logique, de partager en quelques groupes les organes constituants du corps humain.