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ARTICLE II. - STRUCTURE DE LA PEAU

§ I. — Derme cutané

^' Le derme ou chorion est une membrane blanche, demi-transparente, élastique, très résistante et d'une épaisseur variable (sur les paupières et le prépuce, elle a 0™,000b; sur la face, l'oreille, le mamelon, le pénis, le scrotum, 0",001 ; à la paume des mains et à la plante des pieds 0'°,0025 à 0°',0028, et 0'°,00n à 0"',002 sur les autres régions). Sa face externe est, surtout dans certaines régions, couverte de papilles; après l'ablation de l'épiderme (macération, etc.), elle est lisse et criblée d'orifices glandulaires. Sa partie profonde (couche réticulaire) circonscrit des aréoles remplies de graisses; isolée de la couche superficielle ou papillaire, elle a l'aspect d'une membrane criblée.

Structure. — Le derme se compose de faisceaux entre-croisés de tissu connectif avec des cellules plasmatiques et des fibres élastiques très nombreuses et plus volumineuses dans les couches profondes. Son tissu devient plus homogène dans les parties superficielles et est limité du côté de l'épiderme par un liséré amorphe. Elle est traversée par des glandes sudoripares et par les follicules pileux avec les muscles lisses et les glandes sébacées qui leur sont annexées.

Papilles. — Les papilles du derme présentent leur plus grand développement à la paume de la main et à la plante du pied. Elles sont beaucoup plus clairsemées sur les autres parties du corps, et on peut trouver sur la peau de la face et des membres des endroits assez étendus complètement dépourvus de papilles. Au pied et à la main, elles sont disposées en doubles séries linéaires parallèles, et dans le sillon de séparation viennent s'ouvrir les conduits des glandes sudoripares. Ces séries linéaires de papilles ont

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des directions différentes et déterminées pour chaque région, et qui rappellent les lignes de direction des poils (voyez Poils). Ces papilles elles-mêmes sont très nombreuses {Meissner en a compté 400 sur une ligne carrée de la face palmaire des doigts). Leur hauteur est de 0™™,1 à O"",^ ; leur forme est en général conique :(raain et pied) ou hémisphérique, quelquefois pédiculée (gland, mamelon). Elles peuvent être simples ou composées.

Elles se composent d'une substance fondamentale d'aspect homogène qui, par certains réactifs, parait formée par des fibres à direction verticale. On divise ces papilles en deux espèces : papilles vasculaires et papilles nerveuses.

l» Papilles v'isculaires. — Celles-ci, beaucoup plus nombreuses, ne] contiennent que des anses vasculaires et pas de libre nerveuse terminale.

2» Papilles nerveuses et corpuscules du tact. — Les papilles nerveuses, au nombre de une pour quatre papilles à la pulpe du doigt (.Meissner), contiennent un corpuscule ovoïde particulier {corpuscule du tact ou de Meissner). Chaque corpuscule possède une enveloppe fibreuse, qui contient une masse molle, claire, finement granulée, et présente des stries transversales correspondant au trajet des fibres nerveuses. A chaque corpuscule aboutissent une ou deux fibres nerveuses primitives qui paraissent se terminer dans des renflements spéciaux, disques tactiles de Rativier. Ces corpuscules, très nombreux sur la pulpe des troisièmes phalanges, se rencontrent encore avec des formes un peu plus simples au bord rouge des lèvres, sur le mamelon et paraissent manquer ou être du moins extrêmement rares sur les autres régions cutanées.

Vaisseaux et nerfs du derme. — Les artères fournissent un réseau capillaire qui se distribue surtout à la couche papillaire ; de ce réseau partent des anses qui se rendent dans les papilles. Les veines vont dans les veines sous-cutanées. Les lymphatiques forment dans la partie superficielle du derme des réseaux très fins, qui envoient dans le centre des papilles des prolongements •en cœcum, et sont toujours séparés de la couche profonde de l'épiderme par un réseau capillaire sanguin. Les nerfs proviennent •de trente et une racines spinales postérieures, sauf pour le segment

antérieur de la tête, innervé par la grosse racine du |trijumeau (voy. fig. 476, la topographie de l'innervation cutanée). Ils constituent dans ,1a couche papillaire de riches plexus portant des ûlets qui se rendent aux corpuscules du tact.

Fig. 475.

Coupe de la peau \

§ II. — Épiderme

L'épiderme est une membrane complètement dépourvue de vaisseaux et de nerfs et constituée uniquement par des cellules épithéliales. Elle recouvre la surface externe du derme ; sa face profonde se moule sur les inégalités de cette face externe, tandis que sa face superficielle tend à s'égaliser et ne présente pas, sauf dans certaines régions (paume des mains et plante des pieds), des saillies et des dépressions correspondantes. Son épaisseur est par conséquent plus considérable dans l'intervalle des papilles qu'à leur niveau. Cette épaisseur varie du reste en général avec l'épaisseur même du derme. Considérable à la plante du pied (l""",? à 2"'°, 8) et à la paume de la main (0"°",6 à 0™"',2), elle est beaucoup plus faible dans les autres régions, et peut être évaluée en moyenne à O""",!.

Structure de l'épiderme. — L'épiderme se compose de deux couches : une couche su-

(*) On trouve de haut en bas l'épidermo : la couclie papillaire du derme, la couclie réticulaire, et plus yrofondiSment, une glande sudoripare, dont le canal cxcnîteur traverse les couches sous-jacentcs.

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ORGANES DES SEiNS

perficielle ou couche cornée, et une couche profonde, couche muqueuse de Malpigfd. Ces couches se séparent assez facilement l'une de l'autre (macération, ébullilion, vésicants). Leur épaisseur relative varie dans les diverses régions : sur la face, le cou, les parties sexuelles, la couche de Malpigh est trois à six fois plus épaisse ; ailleurs elles sont égales (côté dorsal des membres, etc.), ou, enfin, la couche cornée, comme à la main et au pied, est six à douze fois plus épaisse.

l" Couche corme. — Elle est sèche, dure, transparente, incolore et a une apparence lamelleuse. Sa face interne présente des dépressions légères, qui correspondent au sommet des papilles, dont elles sont séparées par une couche mince du réseau de Malpighi. Elle se compose de lamelles, lamelles cornées de Vépiderme, dont les inférieures ont encore un noyau et se rapprochent des lamelles superficielles de la couche muqueuse, tandis que les lamelles cornées superficielles sont plus irrégulières et dépourvues de noyau.

2° Couche de Malpighi. — Cette couche, molle, humide, adhérente au derme, se moule sur sa face externe et présente par suite une disposition inverse de ses saillies et de ses dépressions ; il en résulte une épaisseur beaucoup moindre au niveau du sommet des papilles, par suite un aspect réticulé, réseau de Malpighi. Elle se compose de cellules à noyau à des degrés différents de développement et de forme variable. Les plus rapprochées de la couche cornée sont un peu aplaties, horizontales et hérissées à leur surface de prolongements qui les unissent aux prolongements des cellules voisines, cellules dentelées ou crénelées. Plus profondément les cellules sont plus petites, arrondies ou ovales, et alors verticales ; leur membrane d'enveloppe devient moins distincte. Enfin, tout à fait contre le derme, est appliquée une couche simple de cellules cylindriques, a noyau foncé et à direction verticale.

La couleur de la peau provient uniquement de cette couche muqueuse. Elle est due à une accumulation de pigment, qui a lieu surtout dans les couches profondes et spécialement dans les cellules cylindriques appliquées directement sur le derme. La pigmentation porte à la fois sur le noyau et sur le contenu de la cellule. Elle ne diffère chez le n>gre que par la quantité considérable des dépôts pigmentaires. Chez les e^è/?!os ils font dîfaut soit sur tout le corps, sur les cheveux, les poils, l'iris et la choroïde, soit par places, les nègres pies.

§ III. — Productions épidermiques de la peau I. — Ongles

Les ongles sont des lames cornées d'une épaisseur de 0™,0003 à 0'^,0004, dépendant de l'épiderme, avec lequel elles se détachent lorsque ce dernier est séparé du derme sous-jacent par la macération. Les ongles sont reçus dans un repli du derme, rainure iingiiéale, en forme de fer à cheval, plus profonde dans sa partie supérieure; elle limite, sauf en avant, une surface quadrangulaire, connue sous le nom de lit de Vonrjle, qui reçoit la plus grande partie de sa face inférieure. L'ensemble xles parties du derme en contact avec l'ongle constitue la matrice de l'ongle.

Ongle. — L'ongle, isolé de l'épiderme auquel il est annexé, a la forme d'un rectangle allongé et présente deux faces, deux bords et deux extrémités. La face supérieure est convexe transversalement, et striée dans le sens longitudinal. La face inférieure, concave, est creusée de sillons longitudinaux, séparés par des crêtes linéaires, qui s'engrènent avec des crêtes et des sillons correspondants du lit de l'ongle. Les deux bords latéraux sont parallèles, rectilignes et logés en arrière dans les parties latérales de la rainure unguéale. Vextrémité postérieure ou racine de l'ongle est plus molle que le reste et cachée en grande partie dans

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la rainure unguéale, sauf quelquefois sa partie aulérieure semi-lunaire, qui constitue la lunule. La racine se termine en arrière par un bord mince et tranchant très flexible.

L'ongle se compose, comme 1 cpiderme, d'une couclie muqueuse et d'une couche cornée, séparées l'une de l'autre par une limite très nette, bien visible sur une coupe transversale, sous forme d'un liséré sombre.

1» La couche muqueuse, adhérente à toute la surface de la matrice unguéale, recouvre ta face inférieure de l'ongle à l'exception de son extrémité libre, et, tout à fait en arriére, une très petite étendue de la face supérieure delà racine. Elle se continue sans ligne de démarcation avec la couche de Malpighi de l'épiderme du doigt. Elle est composée de cellules à noyau, allongées et aplaties au niveau de la racine dans les parties profondes, semblables partout ailleurs aux cellules de la couche de Malpiglii de l'épiderme.

2" La couche cornée s'unit à la couche muqueuse par de petites crêtes s'engrenant avec des sillons correspondants de cette dernière. Cette couche se compose d'une masse dure, transparente, homogène, dans laquelle on ne voit qu'indistinctement des lamelles aplaties et allongées. Par les alcalis, ces lamelles se gonflent et laissent voir des cellules épithéliales pourvues d'un noyau. La couche cornée de l'ongle n'est pas en continuité directe avec celle de l'épiderme ; celle-ci lui forme une sorte de gaine incomplète ; en avant, la couche cornée de l'épiderme s'enfonce d'une très petite quantité entre la face inférieure de l'ongle et le lit unguéal ; au niveau de la rainure unguéale, elle s'enfonce aussi entre les bords de cette rainure et la face supérieure de l'ongle, et à la partie postérieure de l'ongle, elle s'avance, sur la face dorsale de l'ongle, sous forme d'une couche mince qui recouvre ordinairement la lunule et circonscrit en arrière, par un Uséré blanc jaunâtre, la surface libre de l'ongle.

Matrice de l'ongle. — La matrice de l'ongle a la même structure que le derme cutané. La surface du lit de l'ongle est garnie de 70 à 80 petites crêtes linéaires, qui commencent en arrière au fond de la rainure unguéale, dans sa partie moyenne, et partent de là comme d'un pôle pour se diriger en avant, les moyennes directement, les latérales en décrivant d'abord une courbe à concavité interne. Ces crêtes, d'abord très serrées et petites, après un trajet de 0",006 à 0™,008, deviennent subitement plus saillantes et constituent de véritables lames. Cette limite des crêtes et des lames se fait suivant une ligne conve.xe en avant, qui divise le lit de l'ongle en deux parties inégales : une postérieure semi-lunaire, très peu vasculaire, blanchâtre (lunule), cachée complètement en général dans la rainure unguéale; l'autre, antérieure, plus étendue, vasculaire, rosée, qui répond au corps de l'ongle ou à sa partie visible. Ces crêtes interceptent des sillons, dans lesquels pénètrent des prolongements de la couche de Malpighi de l'ongle. Ces crêtes linéaires sont pourvues de papilles vasculaires.

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