I. Couche superficielle
Les deux muscles de cette couche naissent par une masse charnue, indivise, appelée masse commune (1). Cette masse, située sous l'aponévrose d'insertion du grand dorsal, occupe la gouttière lombo-sacrée et détermine, par sa saillie, la rainure médiane correspondante à la crête épinière. Elle est recouverte par une forte aponévrose, aponévrose de la masse commune , à la face profonde de laquelle elle prend des insertions et qui se prolonge en haut jusque vers le milieu de la région dorsale sur la face postérieure des deux muscles. Cette aponévrose s'attache à l'épitie iliaque postérieure et supérieure, et à la partie voisine de la crête iliaque par un tendon très fort, aux saillies rugueuses de la face postérieure du sacrum correspondant aux apophyses transverses, à la crête sacrée, aux apophyses épineuses des vertèbres lombaires et des dernières vertèbres dorsales, et aux ligaments interépineux. Née de ces insertions, la masse commune se porte en haut et présente bientôt une séparation en deux parties ; la partie externe forme le sacro-lombaire, l'interne forme le long dorsal.
1° Sacro-lombaire (fig. 107, 8, 9)
Ce muscle, arrivé à la région dorsale, va s'attacher, par une série de faisceaux terminés par des bandelettes aponévrotiques et décroissant de volume de bas en haut, à IdL partie externe deVangh des douze côles (10), et, au cou, aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des cinq dernières vertèbres cervicales, en dehors des insertions du Iransversaire du cou (13). Ces languettes aponévrotiques, se détachant régulièrement de son bord externe, ont fait comparer ce muscle à une feuille de palmier. Le faisceau de la dernière côte est considérable. Si on renverse le muscle en dehors, après l'avoir isolé du long dorsal, on voit alors (12) se détacher de /(( partie interne de l'angle des douze côtes des faisceaux, faisceaux de renforcement du sacro-lomhaire, allant se jeter dans la face i)rofonde du muscle, qui, sans eux, serait bien vite épuisé.
On a divisé ce muscle en trois muscles distincts, souvent facilement isolables : i" une portion lombaire, s'arrêtant à la septième côte ; 2° une partie dorsale, allant des six ou sept côtes inférieures aux cinq côtes supérieures et aux deux der-
Fig. 107. — Muscles spinaux postérieurs (*).
(*) 1) Masse commune. — i) Partie de cette aponévrose qui donne naissance au long dorsal. — 3/4) Long dorsal. — 5) Ses faisceaux externes. — 6) Sa terminaison. — 7) Long épnieux du dos. — 8, 9) Sacro-lombaire. — 10) Ses faisceaux de terminaison. — 1 1) Les mêmes, vus le muscle renversé en dehors. — 12) Ses faisceaux de renforcement. — 13) Ses faisceaux de terminaison cervicaux. — 14) Transversaire épineux. — l.ï) Grand complexus. — 16) Petit complexus. — 17) Transversaire du cou. — 18) Intercostaux externes. — 19) Carré des lombes. — iO) Petit oblique de l'abdomen. — 21) Transverse de l'abdomen. — 22) Grand fessier.
MYOLOGIE
nières vertèbres cervicales ; 3° une partie cervicale {cervical descendant des auteurs), allant des cinq ou six premières côtes aux vertèbres cervicales.
2° Long dorsal (fig. 107, 3, 4)
Ce muscle, né de la partie interne de la masse commune, présente trois ordres de faisceaux de terminaison : des faisceaux externes ou costaux, des faisceaux moyens ou transversaires et des faisceaux internes ou épineux.
1° Les faisceaux de terminaison externes, Yisihles seulement après le renversement en dehors du sacro-lombaire (5), s'attachent par des languettes aponévrotiques minces aux apophyses costiformes des vertèbres lombaires et aux douze côtes en dehors de la tubérosité costale.
2" Les faisceaux de terminaison moyens ou transversaires, qu'on ne peut voir qu'après avoir renversé le long dorsal en dehors et séparé ce muscle de ses connexions avec les faisceaux internes, s'attachent par une série de languettes aux tubercules apophysaires des vertèbres lom.buires et aux apophyses transverses des vertèbres dorsales (fig. 105, 14).
3° Les faisceaux internes ou épineux, décrits par beaucoup d'auteurs comme un muscle distinct, sous le nom de long épineux du dos, se composent de faisceaux allant des apophyses épineuses lombaires aux apophyses épineuses dorsales (fig. 107, 7) ; ces faisceaux, très variables en nombre et qui semblent se détacher du bord interne du long dorsal, remontent quelquefois jusqu'à la deuxième vertèbre sacrée.
IL Couche profonde
Transversaire épineux (fig. 107, 14; fig. 103, 15; fig. 106, 5)
Ce muscle, très compliqué, se compose de faisceaux multiples^qui occupent les gouttières vertébrales depuis l'axis jusqu'à la partie inférieure du sacrum. Ces faisceaux sont d'autant plus courts et se rapprochent d'autant plus de l'horizontale qu'ils sont plus profonds, de façon qu'on peut diviser ce muscle en trois couches ou plans : un superficiel, transversaire épineux proprement dit ; un moyen, muscle compliqué de l'épine; un profond, muscles rotateurs (•) des vertèbres.
1° Transversaire épineux. — Ses faisceaux, obliques en haut et en dedans,
vont des apophyses transverses des douze vertèbres dorsales aux apophyses épineuses des cinq premières dorsales et des cinq dernières cervicales; il manque dans les régions lombaire et sacrée.
2° Muscle compliqué de l'épine (multifidus). — 11 s'étend depuis l'axis jusqu'à la partie inférieure de la gouttière sacrée ; il se compose de faisceaux obliques naissanten dehors de la face postérieure dusacrum etduligamentsacro-iliaquepostérieur, des tubercules apophysaires des vertèbres lombaires, des apophyses transverses des vertèbres dorsales et des tubercules des apophyses articulaires des vertèbres cervicales. En dedans, ils s'attachent au bord inférieur et à la pointe des apophyses épineuses
(1) Nous avons dit en étudiant les articulai ion s vertébrales que les vertèbres dorsales ne pouvaient en raison de la forme de leur surface arliculaire se prêter à. des mouvements de rotation. Au lieu d'appeler ces muscles rotateurs, on ferait mieux de dire qu'ils inclinent légèrement les vertèbres dorsales vers la droite ou vers la gauche.
MUSCLES DU DOS ET DE LA NUQUE
depuis la cinquième vertèbre lombaire jusqu'à Taxis. Les faisceaux superficiels plus longs couvrent trois vertèbres.
3" Muscles rotateurs des vertèbres. — Ces muscles, qui vont d une vertèbre à l'autre, n'existent qu'à la région dorsale. Les uns, rotateurs longs, s'attachent au bord supérieur de Vapophyse transverse de la vertèbre inférieure, et à la partie latérale de laracine de fapophijse épineuse de lavertèbre supérieiire ; \es autres, rotateurs cojn-fs, presque horizontaux, quadrangulaires, s'insèrent au bord supérieur de l'apophyse transverse de la vertèbre inférieure et au bord inférieur de Varc vertébral, situé immédiatement au-dessus.