ARTICLE IL - MUSCLES DE LA NUQUE
Préparation. — Ces muscles sont mis à découvert par l'ablation successive des muscles plus superficiels. Le petit complexus et le transversaire du cou présentent seuls des difficultés ; pour le premier, il faut commencer sa préparation par son insertion mastoïdienne ; pour le second, on le trouve le long du bord inférieur du splénius.
Ces muscles, recouverts en partie par le trapèze, sont d'autant plus courts qu'ils sont plus profonds ; quelques-uns des superficiels s'étendent jusqu'à la région dorsale, de même que quelques-uns des muscles des gouttières' vertébrales atteignent la région de la nuque. Ils se divisent en plusieurs couches : 1" la première est formée en dehors par l'angulaire de l'omoplate (8), en dedans par le splénius (2); 2" au-dessus on trouve, de dedans en dehors, les muscles grand complexus (4), petit complexus (ï)) et transversaire du cou (7) elles faisceaux supérieurs du sacrolombaire (10); 3" la couche profonde est constituée par les muscles agissant sur les articulations de l'atlas, de l'axis et de l'occipital, muscles grands et petits droits postérieurs de la tète, grands et petits obliques (fig. 106), et plus bas, par la partie cervicale du transversaire épineux.
1° Angulaire de romoplate (fig. 103, 8)
Ce muscle allongé, situé sur les parties latérales de la nuque, s'attache en haut par quatre petits tendons aux tubercules postérieurs des quatre premières vertèbres cervicales, en dehors des insertions du splénius, du transversaire du cou et du sacro-lombaire. A ces insertions font suite des faisceaux charnus qui se réunissent pour s'attacher à Va7igle de l'omoplate et à la partie du bord spinal située au-dessus de l'épine (fig. 31, H).
Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial et par des rameaux des branches antérieures des quatrième et cinquième nerfs cervicaux.
Action. — Elle est identique à celle du rhomboïde, moins la fixation du bord spinal.
2° Splénius (i) (fig. 103, 2)
Ce muscle, large, aplati, divisé en deux faisceaux, s'attache en dedans au ligament de la nuque, aux apopkyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et des cinq premières vertèbres dorsales et aux ligaments interépineux par de courtes fibres aponévrotiques. De là, ses fibres se portent en haut et en dehors, et se partagent en deux faisceaux : 1° le faisceau supérieur, plus considérable, splénius de la tête, va s'attacher par une aponévrose dense et serrée à la moitié postérieure de la face externe de l'apophyse mastoïde et aux deux tiers externes de la ligne courbe occipitale supérieure (fig. 24, E; fig. 23, NN ) ; le faisceau inférieur, splénius du cou, va s'insérer aux tubercules postérieurs des apophyses transverses de l'atlas, de l'axis et de la troisième vertèbre cervicale.
Rapports. — Entre les bords internes des deux splénius est un espace triangulaire dans lequel on voit les grands complexus. Leur bord inférieur est longé par le transversaire du cou.
(') £Tt)T,-nov, compresse.
MYOLOGIE
Nerfs. — Il est innervé par des rameaux des branches antérieures des troisième et quatrième nerfs cervicaux et par des rameaux du grand nerf occipital.
Action. — Le splénius de la tête étend la tête, l'incline de son côté et l'ait tourner la face du même côté. Le splénius du cou est rotateur dans le même sens des trois premières vertèbres cervicales et surtout de l'atlas. Quand les deux splénius se contractent, la tête est étendue directement.
3° Grand complexus (fig. 103, 4)
Ce muscle, épais, large en haut, s'attache à sa partie inférieure, aux tubercules des apophyses articulaires des quatre dernières vertèbres cervicales et aux apophyses trayisverses des six premières vertèbres dorsales, par des languettes tendineuses situées, pour les vertèbres dorsales, en dedans de celles du transversaire du cou, pour les vertèbres cervicales, en dedans de celles du petit complexus. 11 reçoit en outre des languettes accessoires très minces des apophyses épineuses des première et deuxième vertèbres dorsales. De là, ses fibres se portent presque verticalement en haut, en formant deux faisceaux plus ou moins distincts, l'un interne, biventer cervicis, interrompu à son milieu par un tendon aplati ; l'autre externe, plus large, entrecoupé aussi par une intersection aponévrotique en zigzag. Les insertions supérieures se font sur les côtés de la crête occipitale externe, au-dessous de la ligne courbe occipitale supérieure, et à la moitié interne de la ligne courbe occipitale inférieure (fig. 23, U).
Rapports. — Les bords internes des grands complexus forment les bords de la gouttière médiane de la nuque, dont la dépression est déterminée par une lamelle fibreuse placée de champ entre les deux muscles, et allant du ligament de la nuque aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales. Le long de ses insertions inférieures se trouve le transversaire du cou, dont il est séparé en bas par le splénius, en haut par le petit complexus.
Nerfs. — Il est innervé jjar la branche postérieure du premier nerf cervical et par le grand nerf occipital.
Action. — Il étend la tête et tourne la face du côté opposé.
4" Petit complexus (fig. 103, b)
Ce petit muscle, situé en dehors du précédent, naît en bas, par cinq languettes minces, tendineuses, de la partie externe des tubercules des apophyses articulaires des cinq dernières vertèbres cervicales, puis monte, en formant un petit faisceau aplati qui va s'attacher au bord postérieur et au sommet de Vapophyse mastoîde (lig. 23, 0). De son bord postérieur se détache ordinairement un faisceau allongé qui va au transversaire du cou. 11 est coupé près de sa partie supérieure par une intersection aponévrotique.
Nerfs. — U est innervé par le grand nerf occipital. Action. — Il incline la tête latéralement.
5° Transversaire du cou (fig. 103, 6, 7)
Ce petit muscle s'attache en bas par de petits tendons aux apophyses transverses des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres dorsales, en dehors des insertions du grand complexus ; en Iiaul il s'attache aux tubercules postérieurs
Fig. iOo. — Muscles de la nuque (').
(*) 1) Occipilal. — 2) Splénius. — 3) Scalcne postérieur. — 4) Grand comploxus. — 5) Petit coraplexus. — 6) Transversaire du cou. — 7) Le même, renversé en dehors. — 8) Angulaire de l'omoplate. — 9) Scalène antérieur. — 10) Sacro-lombaire. — 11) Ses faisceaux de renforcement. — 12) Ses faisceaux de terminaison. — 13) Long dorsal. — 14) Ses faisceaux de terminaison transversaires. — 13) Transversaire épineux. — 16) Série des apophyses transverses. — 17) Première digitation du grand dentelé. — 18) Intercostaux externes. • — 19) Surcostaux. — 20) Omoplate. — 21) Deuxième côte.
MYOLOGIE
des apophyses transverses des cinq dernières vertèbres cervicales, en se confondant avec les tendons du scalène postérieur.
Rapports. — 11 longe le bord inférieur du splénius, les insertions inférieures du grand complexus ; il est séparé en haut de ce dernier par le petit complexus, qui s'interpose entre les deux ; en dehors il est en rapport avec le sacro-lombaire, et en bas avec le long dorsal.
Petit transversaire du cou ou accessoire du petit complexus de Luschka. — Entre le transversaire du cou et le petit complexus existe souvent un petit muscle difficilement isolable, qui naît par cinq tendons des apophyses transverses des deux premières vertèbres dorsales et des trois dernières cervicales et va à l'apophyse ti'ansverse de l'atlas en envoyant un faisceau au petit complexus.
Xerfs. — Le transversaire du cou est innervé par les branches postérieures des derniers nerfs cervicaux et des premiers nerfs dorsaux.
Action. — 11 est extenseur de la colonne vertébrale.
6° Grand droit postérieur de la tête (fig. 106, 1)
Ce petit muscle forme un faisceau rubané, épais, qui s'insère en bas à la crête supérieure de rapophyse épineuse de l'axis, se porte en haut et en dehors en subissant un mouvement de torsion par lequel sa face externe devient postérieure, et va s'attacher, en s'élargissant un peu, à \apartie externe de la ligne demi-circulaire inférieure, qui présente une crête saillante à ce niveau (fig. 25, S). Les deux muscles grands droits interceptent avec l'occipital un triangle dans lequel se voient les petits droits.
Nerfs. — II est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical et par des rameaux du grand nerf occipital.
Action. — Il est extenseur de la tête et rotateur de la face du même côté.
7° Petit droit postérieur de la tète (fig. 106, 2)
Ce petit muscle, triangulaire, en éventail, s'attache en bas au tubercule postérieur de /'a</as, par une aponévrose nacrée, occupant le tiers inférieur du muscle, et va de là, en s'élargissant, s'insérer à la moitié interne de la ligne courbe occipitale inférieure et de la surface sous-jacente (fig. 2S, T).
Nerfs. — 11 est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical. Action. — Il est extenseur de la tête.
8° Grand oblique ou oblique inférieur de la tête (fig. 106, 3)
Ce muscle, épais, dirigé de bas en haut, de dedans en dehors et d'arrière en avant, s'attache en dedans à une /'osse^ie de l'apophyse épineuse de l'axis, en dehors à la partie postérieure et inférieure de l'apophyse transverse de l'atlas.
Nerfs. — Il est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical et des rameaux du grand nerf occipital.
Action. — Il fait tourner la tête de son côté.
MUSCLES DU DOS ET DE LA iXUQUE
9° Petit oblique ou oblique supérieur de la tête (fig. 106, 4)
Ce petit muscle, dirigé en haut et en arrière, s'insère en bas à la partie supél'ieure du sommet de l'apophyse transoerse de l'atlas, au-dessus et en dehors du grand oblique, en arrière du droit latéral, et se rend de là à Voccipital, au-dessus
Fig. 106. — Muscles profonds de la nuque (*).
et en dehors de l'insertion du grand droit postérieur, en dedans du trou mastoïdien et de la suture temporo-occipitale (fig. 25, R). Il forme, avecle droit latéral, un triangle, dont ce dernier constitue le côté antérieur et l'occipital le côté supérieur.
Nerfs. — Il est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical. Action. — IL est extenseur de la tête et l'incline latéralement.
ARTICLE III. - MUSCLES SPINAUX POSTÉRIEURS (fig- 107)
Préparation. — La préparation de ces muscles, longue et laborieuse surtout pour des débutants, sans présenter rependant de difficultés réeUes, consiste à isoler exactement chacun des
(*) 1) Grand droit postérieur. — 2) Petit droit postérieur. — 3) Grand oblique. — 4) Petit oblique. — 5) Faisceaux supérieurs du transversaire épineux. — 6) Interépineux. — 7) Gouttière de l'artère vertébrale. — 8) Orifice pour le passage du premier nerf cervical.
MYOLOGIE
faisceaux multiples qui composent ces muscles. Cet isolement est quelquefois rendu difficile par les languettes charnues qu'ils s'envoient réciproquement, languettes qu'on est souvent obligé d'inciser. Pour voir les faisceaux profonds du sacro-lombaire et du long dorsal, il faut renverser ces muscles en dehors après avoir disséqué leur face extérieure. Pour le Iransversaire épineux, on ne doit pas se contenter de le mettre simplement à découvert, mais enlever successivement ses couches superficielles pour étudier ses faisceaux profonds. Après ces muscles, on fera bien d'étudier immédiatement les surcostaux mis à nu par la préparation.
Ces muscles, appelés encore muscles des goutliéres vertébrales, ont une disposition très compliquée ; ils forment (leu\ couches. La couche superficielle se compose de faisceaux allongés, à peu près verticaux, constituant deux muscles, l'un externe, sacro-lombaire (9), l'autre interne, long dorsal (4); au-dessous de cette couche on trouve une série de faisceaux multiples plus courts, à direction oblique, ou se rapprochant de la transversale, et qui remplissent les gouttières vertébrales; on en fait un seul muscle, le iransversaire épineux (14), quoiqu'il soit composé de plusieurs couches. Enlin, à ces muscles on peut annexer de petits muscles très courts, allant d'une vertèbre à l'autre, les uns, tendus entre les apophyses épineuses, muscles intei'épineux ;les autres, entre les apophyses transverses, muscles inlertransversaires.