Muscles sus-hvoïdiexs
Ces muscles sont au nombre de quatre : trois pairs, deux superficiels, digastrique et stylo-hyoïdien, un profond, génio-hyoïdien, séparés par un muscle impair, médian, mylo-hyoïdien.
1° Digastrique (fig. 119, 15, 16)
Ce muscle se compose de deux ventres charnus réunis par un tendon médian et constitue une arcade à concavité supérieure.
MUSCLES DU COU
Le ventre postérieur (16), oblique en bas et en avant, plus long que l'antérieur, s'attache à la ramure digastriquc de V apophyse m astoïde (fig. 25, P); le ventre antérieur (fig. 119, 13), oblique en haut et en avant, se fixe dans la fossette digastrique du maxillaire inférieur (fig. 21 , (',). Le tendon de l'éunion, long de 0"»,03 à peu près, traverse le muselé slylo-hyoïdieu, et est rattaché à l'os hyoïde par une expansion aponévrotique insérée à Vextrémite externe du corps de l'os hi/oide et à la partie voi-
Fig. ll'J. — Muscles du cou; couche superficielle.
sine de la (jra)ide corne. Quelquefois le stylo-hyoïdien forme à ce tendon un véritable canal fibreux, tapissé par une bourse séreuse.
Rapports. — Son arcade embrasse la glande sous-maxillaire; il recouvre les muscles styliens, la veine jugulaire interne, les artères carotides interne et extei'ne et le nerf grand hypoglosse. Son ventre postérieur est accolé en dedans au muscle droit latéral et entre les deux muscles émerge la branche externe du nerf spinal.
I*) I) Sterno-mastoïdien. — i\ Son faisceau claviculaire. — 3) Son faisceau stenial. — 4) Trapèze. — 5) Spl(5nius. — 6) Angulaire de l'omoplalc. — 7, 8) Scalène postérieur. — fl) Sealène antérieur. — 10, 11) Omoliyoïdien. — 12) Sterno-liyoïdieii. — 13) Tliyro-liyoïdien. — 14) Slerno-tliyroïdien. — lo, 16) Digastrique. — 17) Stylo-liyoïdien. — 18| Mylo-liyoïdicn. — l".i) Glande sous-maxillaire. — 20) Glande thyroïde. — 21) Apophyse mastoïde. — 22) Grand pectoral. — 23) Deltoïde.
MYOLOGIE
Nerfs. — Son ventre postérieur est innervé par le nerf facial, et reçoit en outre quelques filets du glosso-pharyngien ; son ventre antérieur est innerve par le nerf mylohyoïdien.
Action. — Il élève l'os hyoïde par la contraction simultanée de ses deux ventres ; si chacun des deux ventres agit seul, il le porte en même temps, l'antérieur en avant, le postérieur en arrière. Si l'os hyoïde est lixé, il abaisse la mâchoire ; si cet abaissement est empêché par les muscles élévateurs, il peut faire rentrer le condyle dans la cavité glénoïde après la contraction du ptérygoïdien externe, dont il est l'antagoniste direct ; il joue donc un rôle important dans les mouvements de latéralité de la mâchoire inférieure. Il est probable cjue son ventre postérieur peut exercer une certaine compression sur la parotide et contribuer à expulser la sécrétion de cette glande. Le ventre antérieur étant innervé par le rameau mylo-hyoïdien émané du nerf maxillaire inférieur appartient donc par cela même au groupe des muscles masticateurs, c'est lui qui en se contractant fait ouvrir la bouche au delà du point auquel le poids seul de la mâchoire inférieure la détermine naturellement ; l'un de nous a pu constater expérimentalement le fait sur une hystérique qu'il a longuement étudiée dans le service du professeur Pitres. (Voy. Leçons cliniques sur l'hystérie et l' hypnotisme, par A. Pitres.)
2» Stylo-hyoïdien (fig. 119, 17)
Ce muscle, grêle, allongé, faisant partie des trois muscles styliens, s'attache en haut à la partie postérieure de la base de l'apophyse styloïde (fig. 23, L), se porte en bas, en avant et en dedans et va s'insérer au corps de l'os hyoïde (fig. 47, G) ; il est traversé jmr le tendon médian du digasirique, auquel il offre comme une poulie de renvoi. Il a les mêmes rapports (|ue le digastrique.
Nerfs. — II est innervé par le facial et des fdets du glosso-pharyngien. Action. — Il élève l'os hyoïde en le portant en arrière.
3° Mylo-hyo-idien (fig. 120, 13)
Ce muscle, impair, médian, naît de toute la ligne myloïdienne du maxillaire inférieur 21, D). De là ses libres se portent, les antérieures à un raphé médian aponévrotique, allant du corps de l'os hyoïde à la symphyse, les postérieures au corps de l'os hyoïde (fig. 47, G).
Rapports. — Ce muscle, véritable diaphragme, forme le plancher de la bouche et constitue une sorte de sangle à concavité supérieure, tendue d'une moitié de la mâchoire à l'autre. Sa face buccale, concave, correspond au muscle génio-hyoïdien, à la glande sublinguale, aux nerfs lingual, hypoglosse et au canal de Wharton; sa face convexe répond à la glande sous-maxillaire, dont un prolongement contourne son bord postérieur pour se placer sur sa face buccale.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf mylo-hyoïdien.
Action. — En se contractant, de courbe il tend à devenir rectiiigne, et soulève tous les organes situés au-dessus de lui et en particulier la langue, qu'il refoule et comprime contre la voûte palatine ; il joue un rôle important dans les actes qui précèdent immédiatement la déglutition. Il peut, en outre, exercer une compression sur les glandes sublinguales et favoriser l'expulsion de leur produit de sécrétion.
4» Génio-hyoïdien (fig. 126, 19)
Ces muscles, situés sous le mylo-hyoïdien, en allant de la peau vers la cavité buccale, se présentent sous la forme de petits faisceaux triangulaires antéro-pos-
MUSCLES DU COU 249
térieurs, situés de chaque côté de la ligne médiane, dont la pointe s'attache aux apophyses géni inférieures (fig. 21, B), et la base à la partie supérieure du corps de l'os hyoïde (fig. 47, B).
Nerfs. — Ils sont innerves par l'iiypoglosse.
Action. — Ils tirent en avant et en haut l'os liyoïde. \^
III. Muscles sois-hyoïdiens Ces muscles, minces, aplatis, sont au nombre de quatre de chaque côté, super-
Fig. 120. — Muscles (lu cou ; couche profonde ['}.
ciellement le sterno-hyoïdien et l'omo-hyoïdien, profondément le sterno-thyroïdien et le Ihyro-hyoïdien. Tous ces muscles sont situés en avant de la trachée et du larynx.
1° Sterno-hyoïdien (fig. H9, 12)
Ce muscle, un peu plus étroit à sa partie supérieure qu'à sa partie inférieure, s'attache en bas à la. pariie postérieure du sternum, au-dessous de la facette clavicu-
(*) 1) Splénius. — 2) Angulaire de l'omoplate. — 3, 4) Scalène posU'rieur. — 5) Scalène antérieur. — '6) Muscles prévertébraux. — 7) Constricteur moyen du pharynx. — 8) Constricteur inférieur. — 9, 10) Omohyoïdien. — 11) Thyro-hyoïdien. — 12) Sterno-tliyroïdien. — 1.3) Mylo-hyoïdien. — 14) Hyoglosse. — 15) Stylo-glosse. — 16) Stylo-pharyngien. — 17) Glande lliyroide. — 18) Première côte. — 19) Apophyse styloïde. — 20) Apophyse niastoïde.
MYOLOGIE
laire, au côté interne du bord supérieur du premier cartilurjc costal et à la partie postérieure de l'extrémité interne de la clavicule (fig. 29, E). Eu haut, il s'insère au bord inférieur du corps de Vos hyoïde, plus ou moins près de la ligne médiane (fig. 47, F). Ses fibres sont très souvent coupées, dans sa moitié inférieure, par une intersection tendineuse mince.
Les bords ihternes de ces deux muscles forment un triangle allongé à base inférieure, qui laisse voir l'angle saillant du cartilage thyroïde, l'isthme de la glande thyroïde et la partie inférieure et interne des muscles sterno-thyroïdiens. Leur face postérieure est séparée de la membrane thyro-hyoïdienne, tantôt par une bourse séreuse, qui se prolonge sur la surface concave de l'os hyoïde, tantôt simplement par du tissu cellulaire lamelleux.
Nerfs. — Il est innervé par l'anse de l'hypoglosse. Action. — Il abaisse l'os liyoïde.
2° Omoplate ou omo-hyoïdien (lig. 120, 9, 10)
Ce muscle, mince, très long, digastrique, se compose de deux ventres séparés par un tendon médian et ayant une direction différente. Le ventre inférieur, jtresque parallèle à la clavicule en arrière de laquelle il est situé, naît du bord supérieur de Vomoplnte en dedans de l'échancrure coracoïdienne (fig. 30, G) et se porte obliquement en haut et en dedans, à la rencontre du ventre supérieur, (lelui-ci, presque vertical, est situé en dehors du sterno-hyoïdien dont il s'écarte un peu en bas, et va s'attacher au bord inférieur du corps de l'os hyoïde en dehors du précédent (tig. 47, H). Le tendon occupe le point où les deux ventres changent de direction et se réunissent. Le muscle forme donc dans sa totalité une courbe angulaire à concavité externe et supérieure. Cette courbe est maintenue par une aponévrose tendue entre les deux muscles et qui sera décrite avec les aponévroses du cou.
Rapports. — Il recouvre et croise les scalènes, le plexus brachial, la veine jugulaire interne et l'artère carotide primitive.
Xer/'s. — Il est innervé par l'anse de l'hypoglosse.
Action. — Il abaisse Fos hyoïde. Mais son rôle principal est de tendre l'aponévrose cervicale qui réunit les deux muscles, et de prévenir rabaissement des veines profondes du cou pendant l'inspiration.
3" Sterno-thyroïdien (lig. 120, 12)
Ce muscle, plus large que le sterno-hyoïdien qu'il dépasse en bas par son bord interne, en haut par son bord externe, et dont il croise un peu la direction, s'insère en bas à la face postérieure du sternum, au-dessous du sterno-hyoïdien et en haut à la ligne oblique du cartilage thyroïde, et en avant par quelques libres dépassant cette ligne et suivant le bord interne du thyro-hyoïdien, aux grandes cornes de l'os hyoïde. Son bord interne forme avec celui du côté opposé un triangle allongé à base supérieure.
Rapports. — 11 recouvre la glande thyroïde, la trachée, les veines jugulaire
interne et sous-clavière, la carotide primitive, et à droite le tronc brachio-céphalique.
Nerfs. — Il est innervé par l'anse de l'hypoglosse.
MUSCLES DU COU
Action. — 11 abaisse le cai'tilage thyroïde et presse la glande thyroïde contre le larynx et la trachée.
40 Thyro-hyoïdien (lig. 120, 11)
Ce muscle, court, large, quadrilatère, s'attache en bas à la ligne oblique du cartilage thyroïde et en haut au bord inférieur du corps et des grandes cornes de l'o^ hyoïde (fig.47, 1). I! recouvre le cartilage thyroïde et la membrane thyro-hyoïdienne.
Nerfs. — 11 est innervé par un rameau de l'hypoglosse.
Action. — 11 abaisse l'os hyoïde ou élève le cartilage thyroïde, suivant qu'il prend son point lixeen bas on en haut.
ARTICLE II. - MUSCLES DE LA. RÉGION LATÉRALE DU COU Ils sont au nombre de deux : le scalène antérieur et le scalène postérieur.
1° Scalène antérieur (fig. 120, 5; 121, 11)
Ce muscle naît des tuberctdes antérieurs des apophyses transverses des troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales; de là il se dirige obliquement en bas et en dehors et va s'attacher par un fort tendon arrondi au tubercule de la face supérieure de la première côte{iig. 21, E).
Rapports. — Il est recouvert en avant par la clavicule, le sous-clavier, la veine sous-clavière, l'omo-hyoïdien, et longé par le nerf phrénique. En arrière, il est séparé du scalène iwstérieur par ufi triangle, dont la première côle forme la base, et qui contient en bas l'artère sous-cla\ ière, en haut le plexus brachial. Son bord interne répond au sac pleural.
Nerfs. — 11 est innervé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux.
Action. — Il élève la première côte et est inspirateur; mais il sert surtout ;ï la fixer de façon à permettre l'élévation successive des autres côtes par les intercostaux ; il agit donc surtout au début de l'inspiration et plus énergiquement chez la femme, où la respiration présente le type costal supérieur. En prenant son point lixe à la première côte, il incline latéralement la colonne vertébrale.
2" Scalène postérieur (fig. 120, 3, 4; 121, 12)
Ce muscle, divisé par beaucoup d'auteurs en deux faisceaux correspondant à sa double insertion inférieure, s'attache en haut aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des six dernières vertèbres cervicales et souvent aussi à l'atlas ; les libres venant de la septième forment habituellement un petit faisceau distinct (fig. 121, 13). De là ses libres se portent à la face supérieure de la première côte (fig. 27 D), en arrière de la gouttière de l'artère sous-clavière, scalène moyen (fig. 120, 4), et au bord supérieur de la deuxième côte (lig. 27, D'), pour constituer le scalène postérieur proprement dit (fig. 120, 3).
Nerfs. — 11 est innervé par les branches antérieures des troisième et quatrième nerfs cervicaux et par des branches collatérales du plexus brachial et en particulier par le nerf du rhomboïde.
Action. — Elle est la même que celle du scalène antérieur : il élève, en outre, la seconde côte. Des deux scalènes l'antérieur appartient au plan général de flexion du corps, le postérieur au contraire au plan d'extension.
ARTICLE m. - MUSCLES PRÉVERTÉBRAUX (fig- I2i)
Os muscles sont au nombre de quatre de chaque côté : le grand droit antérieur, le petit droit antérieur, le long du cou et le petit droit latéral. On peut y rattacher aussi les muscles intertransversaires aritérieurs du cou, décrits avec les muscles de la nuque.
1° Grand droit antérieur (121, 1)
Ce muscle, large en haut, terminé en pointe intérieurement, s'attache en bas aux tubercules antérieurs des apophyses transverses des troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales, en dehors des tendons du long du cou, en dedans de ceux des scalènes, et va en haut s'insérer à une fossette de l'apophxjse basilaire (fig. 25, H), en avant et à côté du tubercule pharyngien. A sa face antérieure, il est interrompu par une intersection aporiévrotique.
Nerfs. — Il est innervé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux.
Action. — Il incline la tête en avant et lui imprime un léger mouvement de rotation, qui tourne la face de son côté.
2° Petit droit antérieur (fig. 121, 2)
Ce petit muscle, situé au-dessous et en dehors du précédent, nait de la partie antérieure des masses latérales de Vatlas et de la base de son apophyse transverse, se porle obliquement en haut et en dedans, et va s'attacher à la partie inférieure de Vapophxjse basilaire de Voccipital (fig. 25, 1), en arrière et un peu en dehors du grand droit, et àla masse fibreuse qui remplit la suture pétro-occipitale. Il recouvre l'articulation occipito-atloïdienne.
Nerfs. — Il est innervé par une branche antérieure du premier nerf cervical. Action. — Elle est la même que celle du grand droit.
3« Long du cou (fig. 121, 4, 5, 6)
Ce muscle, triangulaire, allongé, se compose de trois parties : deux externes obliques, l'une supérieure (4), l'autre inférieure (6), une interne longitudinale (5).
t" La partie supéro-externe (4) s'attache en bas aux tubercules antérieurs des apophyses transverses des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales, et en haut au tubercule antérieur de Tai/as; 2° la partie inféro-externe (6) va des tubercules antérieurs des apophyses transverses des sixième et septième vertèbres cervicales au corps des trois premières vertèbres dorsales; 3° la partie interne (5) va du corps des trois premières vertèbres dorsales et des trois dernières cervicales au corps des deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales.
Nerfs. — 11 est innervé par les branches antérieures des deuxième, troisième et quatrième nerfs cervicaux.
Action. — Il incline la colonne vertébrale en avant et fait tourner sa face antérieure^ de son côté par ses fibres supérieures, du côté opposé par les inférieures.
4° Petit droit latéral (fig. 121, 3)
Ce petit muscle, très légèrement oblique en haut et en dedans, s'attache en bas à la partie supérieure de l'apophyse transverse de l'atlas, près de son sommet^
MUSCLES DU COU 253
en haut à la surface jugulaire de foccipital, en arrière du trou déchiré postérieur (lig. 2o, Q). Immédiatement en avant de lui se trouve la veine jugulaire interne.
Nerfs. — Il est innervé par la branche antérieure du premier nerf cervical. Action. — Il incline la tète latéralement.
Petit transversaire antérieur du cou. — On trouve souvent dans cette région un petit muscle très grêle, caché par le grand droit antérieur et naissant par quatre ten-
Fig. 121. — Muscles p>-everlébraux (*).
dons minces de la pointe des tubercules antérieurs des apophyses transverses des quatre dernières vertèbres cervicales, pour aller s'attacher par deux tendons à l'apophyse transverse de l'axis et à la base de celle de l'atlas (Luschka).
Aponévroses du cou (fig. 122)
On peut distinguer dans les aponévroses du cou une aponévrose superficielle, une moyenne et une profonde ou aponévrose prévertébrale. 1" Aponévrose superficielle (A). — Elle enveloppe dans une gaine générale tous les
(*) 1) Grand droit antérieur. — 2) Petit droit antérieur. — 3) Petit droit latéral. — 4) Long du cou, ses faisceaux supérieurs. — 5) Ses faisceaux internes. — 6) Ses faisceaux inférieurs. — 7) Premier intertransversaire antérieur. — 8) Premier intertransversaire postérieur. — 9) Deuxième interlransversaire antérieur. — 10) Deuxième intertransversaire postérieur. — 11) Scalène antérieur. — 12)Scalène postérieur. — 13) Faisceau isolé du scalène postérieur naissant de la septième vertèbre cervicale.
MYOLOGIE
muscles du cou, excepté le peaucier. Ses insertions se font en haut : au bord inférieur du maxillaire inférieur, à l'apophyse mastoïde et à la ligne courbe occipitale supérieure ; dans l'intervalle elle se prolonge sur la parotide en constituant l'aponévrose parotidienae. En bas elle s'attache en avant au sternum par deux feuillets, dont l'un, antérieur, se fixe à la surface antérieure de l'os, l'autre, postérieur, au ligament interclaviculaire ; entre les deux est un espace triangulaire rempli par du tissu cellulaire et contenant une arcade veineuse qui réunit les deux veines jugulaires antérieures; en dehors, elle s'attache à la clavicule, et en arrière elle se perd sous le trapèze. Elle se dédouble deux fois : une première fois pour former une gaine très forte au sterno-mastoïdien, gaine
Fig. 122. — Coupe horizontale du cou, au niveau de la quatrième vertèbre cervicale (*).
dont le feuillet superficiel est rattaché à l'aponévrose massétérine par un faisceau de renforcement très résistant, qui fixe le muscle à l'angle de la mâchoire inférieure ; elle se dédouble une deuxième fois pour engainer le trapèze ; mais là, sauf à sa partie supérieure, l'aponévrose est réduite à un tissu cellulo-fibreux mince, peu résistant. 11 en est de même dans le creux sus-claviculaire, sauf à l'abouchement de la veine jugulaire externe dans la veine sous-clavière, où l'on trouve une arcade fibreuse très forte.
(*) 1) Trou vertébral. — 2) Pharynx. — 3) Cartilage thyroïde. — 4) Glande thyroïde. — 5) Peaucier du cou. — 6) Sterno-thyroïdien. — 7) Sterno-hyoïdien. — 8) Omo-hyoïdien. — 9) Sterno-mastoïdien. — lOj Trapèze. — H) Splénius. — 12) Angulaire de l'omoplate. — 13) Sacro-lombaire. — 14) Petit complexus. — 15) Transversaire du cou. — 16) Scalène poslérieur. — 17) Grand complexus. — M) Transversaire épineux. — 19) Carotide primitive. — 20) Veine jugulaire interne. — 21) Nerf pneumogastrique. — 22) Nerf grand sympathique. — 23) Artère et veine vertébrales. — 24) Vaisseau.v cervicaux profonds. — 2.5) Veine jugulaire externe. — 20) Vaisseaux thyroïdiens supérieurs. — 27) Veine jugulaire antérieure. — 28) Branche descendante du nerf hypoglosse. — A) Aponévrose cervicale superficielle. — B) Aponévrose cervicale moyenne. — B) Gaine des vaisseaux. — C) Aponévrose prévertébrale.
MUSCLES DE LA TÉTE
2° Aponévrose moyenne (B). — Dans sa partie mé'Hane, elle s'insère en haut à la ligne mylo-hyoïdienne du maxillaire inférieur ; de là elle descend, tapisse le mylo-hyoïdien, enveloppe le ventre antérieur du digastrique en se soudant avec son tendon et avec l'aponévrose qui le rattache à l'os hyoïde ; plus en arrière elle passe sous la glande sousmaxillaire, dont elle complète la gaine, et va se fixer enfin au corps de l'os hyoïde. De l'os hyoïde elle descend en avant de la trachée, en formant avec l'aponévrose superficielle des saines pour les muscles sterno-hyoïdiens et thyroïdiens, et se rend à la face postérieure du sternum.
Sur les côtés elle a une disposition plus compliquée. Elle s'attache en haut au ligament stylo-maxillaire, à l'apophyse styloïde, aux bords antérieur et externe du trou déchiré postérieur et au rocher près du canal carotidien ; de là elle descend le long du ligament stylo-maxillaire, en formant le fond de l'excavation parotidienne, puis en avant des vaisseaux, constitue la paroi antérieure de leur gaine et va se fixer au bord postérieur du cartilage de la première côte et à la première côte ; en passant, elle rencontre l'omohyoïdien et lui fournit une gaine en contractant des adhérences avec son tendon ; en arrière elle se jette sur l'aponévrose prévertébrale, en avant sur le feuillet profond de la gaine du sterno-mastoïdien et complète ainsi la gaine des vaisseaux B' dont elle forme la paroi interne. En dehors du sterno-mastoïdien, elle se porte de la première côte à la clavicule, ferme en haut la cavité axillaire et constitue au-dessus de la première côte une arcade pour le passage de la veine sous-clavière. En bas, au niveau de l'ouverture supérieure du thorax, dans l'intervalle de l'aponévrose prévertébrale et de la première côte, elle se prolonge dans la cavité thoracique et se perd dans le feuillet fibreux du péricarde. L'omo-hyoïdien constitue son muscle tenseur.
-3° Aponévrose prévertébrale (C). — Elle est placée en arrière de l'œsophage, en avant des muscles prévertébraux ; elle s'attache en haut au corps de l'occipital, en dehors aux tubercules antérieurs des apophyses transverses ; en bas, elle se perd en avant du rachis ; de sa partie antérieure se détache une lamelle, qui va se fixer au feuillet profond de la gaine du sterno-mastoïdien et constitue la paroi externe de la gaine des vaisseaux.
Il y a donc, outre les gaines musculaires, une gaine pour la trachée et l'œsophage et une gaine distincte de chaque côté pour les artères carotides primitive et interne, la veine jugulaire interne et le nerf pneumogastrique ; cette gaine a quatre parois : une postérieure formée par l'aponévrose prévertébrale, une antérieure par l'aponévrose moyenne en haut et le feuillet profond de la gaine du sterno-mastoïdien en bas, une interne par l'aponévrose moyenne, une externe par le feuillet allant de l'aponévrose prévertébrale à la gaine du sterno-mastoïdien ; cette gaine est elle-même subdivisée par une cloison fibreuse en deux gaines secondaires, l'une pour l'artère, l'autre pour la veine et le pneumogastrique.
Les veines du cou, au moment où elles traversent ces différentes aponévroses, en reçoivent des tractus fibreux et contractent des adhérences f[ui, lorsque l'aponévrose est tendue, maintiennent les veines béantes. Cette tension de l'aponévrose, produite par la contraction des muscles et spécialement de l'omo-hyoïdien, empêche les veines de s'affaisser sous la pression de l'air extérieur pendant l'inspiration, et par suite favorise la circulation veineuse, qui sans cela serait entravée dans ce temps de la respiration.