‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 87 sur 299 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

MUSCLES DE LA TÊTE

Ces muscles se divisent en muscles épicrdniens, muscles de la face et muscles de la mâchoire inférieure. Les premiers forment une calotte musculo-aponévrotique sur la voûte du crâne; les seconds, insérés en général par une de leurs deux

MYOLOGIE

extrémités à la peau, sont distribués autour des ouvertures naturelles de la face ; les derniers produisent les mouvements d'élévation et de latéralité de la mâchoire inférieure.

ARTICLE I. - MUSCLES ÉPIGRANIENS 123)

Préparation. ■ — Faire une incision sur la ligne médiane depuis la racine du nez jusqu'à la protubérance occipitale externe ; de son extrémité antérieure mener jusqu'à l'os malaire une incision dans la direction de l'arcade orbitaire ; de son extrémité postérieure en conduire une le long de la ligne courbe supérieure de l'occipital jusqu'à l'apophyse mastoïde. Ces incisions de la peau doivent être très superficielles pour ne pas intéresser les muscles et l'aponévrose, dont la dissection réclame du reste les plus grandes précautions. Pour les trois muscles auriculaires, il faut, pour s'assurer de leur position, tirer l'oreille successivement en bas, en avant, et en arrière, c'est-à-dire dans la direction de chacun de ces muscles ; on voit alors se former un pli cutané correspondant à chaque muscle auriculaire, et il suffit de l'inciser pour tomber sur les fibres charnues, qu'on suivra ensuite jusqu'à leurs insertions épicràniennes et auriculaires.

Ces muscles, étalés, très minces, forment quatre groupes : un antérieur ou frontal, un postérieur ou occipital, deux latéraux ou auriculaires; tous ces muscles se rendent sur les bords d'une aponévrose, aponévrose épicrânienne, qui recouvre comme une calotte la voûte du crâne; aussi pourraient-ils être considérés comme un seul muscle polygastrique, muscle épicrânien.

1° Aponévrose épicrânienne. — C'est une lame forte, nacrée, très adhérente à la face profonde du cuir chevelu, mobile, au contraire, sur les os et de forme quadrangulaire.

2° Occipital (fig. 105, 1). — Ce muscle s'attache en bas aux deux tiers externes de la ligne courbe occipitale supérieure (fig. 23, XX'), en haut au bord postérieur de l'aponévrose épicrânienne.

3° Muscle frontal (fig. 123, 1). — Ce muscle, séparé de celui du côté opposé par une languette de l'aponévrose avançant sur la ligne médiane, s'attache en haut au bord antérieur de l'aponévrose épicrânienne; en bas ses fibres s'insèrent, les unes à la peau de la région du sourcil et de la région du nez, les autres aux os, près de l'angle interne de l'œil (apophyse montante du maxillaire supérieur et os nasaux) ; il envoie en outre des faisceaux à l'orbiculaire. Le faisceau musculaire le plus interne, qui vient de la partie inférieure de Vos nasal (fig. 26, B), constitue un petit muscle à part, le pyramidal (fig. 123, 5), qui en haut prend aussi quelques insertions à la peau de la racine du nez. Les fibres des pyramidaux s'entrecroisent souvent sur la ligne médiane. Les muscles frontal et occipital ont leurs fibres dirigées dans le même sens, c'est-à-dire d'avant en arrière, et la continuité est établie par les fibres antéro-postérieures de l'aponévrose épicrânienne.

4" Muscles auriculaires. — Ces muscles, au nombre de trois de chaque côté, auriculaires antérieur, supérieur et postérieur, s'attachent tous à l'aponévrose épicrânienne.

a) Le muscle auriculaire antérieur, atlrahens auriculam (fig. 123, 2), très mince, quelquefois à peine visible, s'attache à la partie antérieure du conduit auditif cartilagineux.

b) Le muscle auriculaire supérieur, attollens auriculam (fig. 129, 3), large, rayonné, s'insère à la. convexité de la fossette de Vanthélix.

c) Le muscle auriculaire postérieur, retrahens auriculam (fig. 123, 4), se compose de un ou de deux petits faisceaux allant de l'aponévrose épicrânienne, au niveau de l'apophyse mastoïde (fig. 24, C), à la convexité de la conque.

^ cnueurT.oei

Fig. 123. — Muscles de la tête ; couche superficielle (*).

(*) 1) Frontal. — 2) Auriculaire anti^rieur. — 3) Auriculaire supérieur. — 4) Auriculaire postérieur. — 5) Pyramidal. — 6) Tendon direct de l'orbiculaire. — 7) Orbiculaire des paupières. — 8) Releveur superficiel de l'aile du nezetde la lèvre supérieure. — 9) Releveur profond. — 10} Transverse du nez. — il) Transverse supérieur. — 12) Myrtiforme. — 13) Muscle dilatateur de l'aile du nez. — 14) Petit zygomatique. — 15) Grand zygomatique. — 16) Canin. — 17) Orbiculaire des lèvres. — IS) Buccinateur. — 19) Triangulaire des lèvres. — 20) Carré du menton. — 21) Houppe du menton. — 22) Masséter. — 23) Parotide et canal de Sténon.

Beaunis et Bouchard.

MYOLOGIE

Nerfs. — Tous ces muscles sont innervés par le nerf facial. L'occipital reçoit en outre des filets du petit nerf occipital.

Action. — • Tous ces muscles sont tenseurs de l'aponévrose épicrànienne ; ils peuvent en outre la faire mouvoir, et avec elle le cuir chevelu, soit d'avant en arriére (point fixe à l'occipital), soit d'arrière en avant (point fixe au frontal). Quand cette aponévrose est fixée par l'occipital, le frontal prend son point fixe à ses insertions épicrâniennes et élève les sourcils en plissant transversalement la peau du front ; au point de vue physiognomonique, c'est le muscle de l'attention, et par ses contractions d'intensité variable il peut en rendre les différents degrés et les divers modes (surprise, admiration, ébahissement, épouvante). Le pyramidal prend son point fixe en bas, plisse transversalement la peau de la racine du nez et abaisse la peau de la région intersourcilière ; il est donc physiologiquement antagoniste du frontal. Sa contraction rend les sentiments tristes et concentrés et s'associe ordinairement à celle du sourciller pour l'expression agressive, dure (muscle de l'agression). L'action des trois auriculaires, très variable suivant les individus, se déduit facilement de leur situation.

Page 1