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Innamiuations aiguës diverses da pancréas

La pancréatite ou inflammation du pancréas n'est point encore complètement élucidée. Elle peut être divisée en inflammation aiguë affectant les cellules glandulaires, le tissu conjonctif ou lamineux interposé aux acini, et en inflammation chronique ou sclérotique, interstitielle.

La pancréatite aiguë, qui mérite le nom de parenchymateuse, serait analogue à l'hépatite de ce nom. Dans les maladies infectieuses, dans la fièvre typhoïde entre autres, E. Hoffmann (1) décrit une hyperhémie intense, périphérique, avec les cellules glandulaires d'abord hypertro-

(1) C.-E.-E. Hoffmann, Obs. sur les lésions des organes dans le typhus abdominal, 1869.

APPAREIL DE LA DIGESTION

phiées, puis granuleuses. Le gonflement des acini arrive plus tard à produire la compression de ces mêmes vaisseaux, et l'on trouverait une anémie interstitielle avec hypertrophie inflammatoire. Ces lésions peuvent disparaître sans laisser de traces.

La pancréatite avec production purulente ou pancréatite suppurative, est connue depuis Lieutaud; elle paraît très-rare. La suppuration est tantôt sous forme de petits foyers, tantôt périphérique (péripancréatite) ; tout le tissu lamineux environnant, tous les ganglions sont atteints : le pancréas haigne dans le pus. On peut donc admettre que l'abcès est parfois unique, parfois multiple, et que dans quelques faits le pancréas était converti en un sac rempli de pus. Bécourt a représenté un pancréas enflammé avec plusieurs petits foyers pui'ulents : cet exemple a été conservé longtemps au musée de laFacullé de médecine de Strasbourg. Parfois l'abcès s'est fait jour dans l'abdomen, d'autres fois, dans l'estomac ou dans le mésocolon.

Quant à la terminaison de la pancréatite par gangrène, elle reste encore à démontrer.

J.-G. BÉCOURT, Recherches sur le pancréas, ses fonctions et ses altérations organiques, thèse de Strasbourg, in-i, fig., 183U. — J.-T. Mondière, Recherches pour servir à l'histoire patholog. du pancréas (Archives générales de médecine, 2° série, t. XI et XII, 18.36). — Raige-Delorme, article Pancréas (Dictionnaire en 30 volumes, t. XXIII, 1841). — Claessen, Die Krankheiten der Bauchspeicheldrusen, p. 188-270, 1842. — Fearnside, London Med. Gazette, déc. 1850. — MOYSE, Etude historique et critique sur les fonctions et les maladies du pancréas, thèse de Paris, 1852. — HELLERund Klob, Zeitschrift der Wien. Aerzte, n° 37, 1859.

S. — Biiflaminations cbroniques, indurations.

Ldi pancréatite chronicpie aiîecle le tissu interaciueux, et eUe est, de la sorte, interstitielle. Beaucoup de faits d'induration du pancréas, d'autres avec hypertrophie et atrophie inégalement réparties dans la glande, paraissent devoir être rapportés à la pancréatite interstitielle.

A l'œil nu, le pancréas a un aspect lardacé, une teinte grisâtre plutôt que jaunâtre, une consistance ferme. Les grains acineux sont reconnaissablés, mais tantôt plus petits, tantôt plus volumineux. Dans plusieurs observations, on a noté de la péripancréatite autour de la tète du pancréas et du duodénum. Le diamètre antéro-postérieur de la tête de la glande est aussi grand que le diamètre vertical, le volume de la queue du pancréas égale parfois celui de la tête.

Dans quelques faits que j'ai examinés, les cellules des acini étaient con-

PANCRÉAS

servées, non graisseuses ; le tissu conjonctif, ou lamineux périphérique éiait augmenté, avec multiplication fuso-cellulaire ou fibrillaire. Les conduits et le canal pancréatiques étaient libres.

Hypertrophie et atrophie du pancréas.

Presque toujours les anciens auteurs ont décrit sommairement des hypertrophies et des squirrhes, des cancers hypertrophiés du pancréas qu'il est difficile de rapporter exactement à une lésion histologique déterminée. Bécourt a signalé quelques cas où Vhyperlrophie paraît due à la jpancréatite chronique. La tête du pancréas a été observée seule plus. I volumineuse; d'autres fois l'extrémité de la glande avait grossi démesurément.

Il ne saurait être question de tumeurs épithéliales ou cancéreuses dans plusieurs faits où le volume seul de la glande s'était accru très-fortement avec conservation de la configuration normale, les grains acineux étant très-reconnaissables. Y avait-il adénome pancréatique? Celui-ci est encore à démontrer, de même que l'hypertrophie vraie des éléments pancréatiques normaux.

U atrophie du pancréas est une lésion plusieurs fois observée, quoique rare; elle peut résulter de plusieurs causes. Une des plus puissantes est, comme pour les glandes salivaires, la rétention du suc pancréatique à la suite d'oblitération des canaux ou des conduits. Les concrétions des canaux excréteurs principaux, les tumeurs nui les obstruent à leur point d'arrivée dans l'intestin, produisent la dilatation de tous les conduits et l'atrophie glandulaire, par exemple dans un cas représenté par Bécourt.

La compression des tumeurs voisines du pancréas atrophie cette glande ; dans plusieurs cas de cancer abdominal, on a noté que le pancréas était atrophié. L'atrophie peut aussi résulter de la destruction granulo-graisseuse des cellules glandulaires ; elle a encore été récemment indiquée dans les maladies du cœur, où la congestion des vaisseaux I interacineux pancréatiques comprime les éléments glandulaires, et dans le diabète.

On a admis une atrophie sénile du pancréas. Rokitansky parle d'un pancréas rétracté sur lui-même ; il y a en pareil cas, et j'en ai vu un exemple, une péripancréatite ancienne : le pancréas est comme enveloppé d'une coque dure, fibreuse.

APPAREIL DE LA DIGESTION

Néoplasmes et dégénérescences du pancréas, t. — iSarcomcS; induration cartilagineuse.

Le sarcome du pancréas a été observé d'une manière indubitable. Les faits de cancer mélanique qui ont été décrits se rapportent probablement au sarcome pigmenté.

Induration cartilagineuse. — Il existe dans la science un assez grand nombre d'observations dans lesquelles on a trouvé le pancréas cartilagineux. Le pancréas était d'un grand volume, à surfece inégale, bosselée. Pendant la vie on avait remarque des troubles gastriques, mais il n'y a pas eu de lésion de l'estomac à l'autopsie. Je n'ai jamais eu l'occasion d'examiner du vrai cartilage développé dans le pancréas, comme dans les glandes salivaires.

s. — Dégcnércsccnee graisseuse et aniyloide.

Dupuytren a vu le pancréas converti en graisse ; le plus souvent la lésion n'est pas aussi accusée : l'organe est enseveli sous une couche de graisse, qui pénètre entre les lobules plus ou moins atrophiés, mais non détruits. La métamorphose est donc complète ou incomplète.

Le fait observé par Dupuytren est rigoureusement exact, et la transformation graisseuse du tissu intoracineux du pancréas a lieu lorsque, chez les cachectiques, les alcooliques, dans les maladies du cœur avec stase, le parenchyme glandulaire s'est atrophié (voyez Atrophie du pancréas). Les cellules néoplasiques, remplies de graisse, se disposent de manière à reproduire la glande atrophiée, et on a sous les yeux un pancréas adipeux, sans grains glanduleux et parcouru par le canal pancréatique par lequel aucun suc normal ne s'écoule plus.

Le tissu adipeux néoplasique, placé dans le tissu conjonctif ou lamineux, autour de la glande pancréatique, ne constitue pas le seul processus de la dégénérescence graisseuse du pancréas. Dans la vieillesse, dans un cas d'empoisonnement par le phosphore, et une autre fois chez un ivrogne à foie gras, j'ai vu les cellules des acini très-fortement chargées de granulations graisseuses. Le pancréas était jaunâtre et sa forme n'était pas changée.

DUPUYTRKN, Bibliolhôque médicale, t. XIII p. 20. — Lobstein, Anat. path., t. I, p. 193, 1829. — Handfield Jones, Observât, respecting the degeneration of the Pancréas (Med. chir.

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Transactions, vol. XXXVHI, 1855, p. 195). — J. Cruveilhier, Traité d'anatoniie patliologiqnc t^énérale, t. III, p. 300, 1856. — C. Rokitansky, Lehrbuch der patliologischen Anatoniie, dritte Auflage, t. III, p. 312, 1861. — E. Lancereaux, Stéatose du pancréas, etc. (Atlas d'anat. path., texte, p. 47, et atlas, pl. G, lîg. i, 1871).

Dégénérescence amyloïde. — Cette dégénérescence a été admise par Rokitansky pour les cellules des acini glandulaires, elle est très-rare ; mais la dégénérescence amyloïde des vaisseaux sanguins du pancréas a été constatée, coïncidant avec la même lésion des vaisseaux du foie, de la rate, etc. (Friedrich.)

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