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ruptures et des perforations brusques. Si des adhérences antérieures ont eu le temps de s'établir, il en résulte des fistules biliaires qui vont nous occuper.

Fistules biliaires.

Les fistules biliaires, étudiées par Cruveilhier, Fauconneau-Dufresne, et par Barth et Besnier, peuvent donner lieu à un écoulement biliaire, soit à travers la paroi antérieure de l'abdomen, soit dans un organe voisin. La fistule est directe quand la vésicule est accolée à la paroi abdominale, mais elle est le plus souvent indirecte : il y a deux orifices, un trajet fistuleux et parfois un cloaque en réservoir intermédiaire.

Les fistules biliaires ont été divisées en gastro-intesliiiales, génitourinaires, hilio-vasciilaires et biliaires cutanées. J'ai ajouté une catégorie nouvelle à ces divisions, celles des fistules hépato-bronchiques (1).

Les fistules biliaires gastro-intestinales existent ordinairement entre la vésicule, le côlon ou le duodénum, rarement avec l'estomac. On a signalé les fistules diiodéno-cholédoque, cystico-colique, cystico-gastrique.

Les fistules biliaires génito-urinaires sont très-rares : la vésicule biliaire a été trouvée adhérente à l'utérus et la bile s'est écoulée par le vagin perforé. Des calculs biliaires ont été rendus par l'urèthre; la vésicule adhérait-elle au bassinet du rein droit?

Les fistules bilio-vasculaires occasionnent la pyléphlébite. La perforation a lieu dans la veine porte. Trois concrétions biliaires se trouvaient dans !a veine porte d'Ignace de Loyola (Realdus Colombus) ; Jacob Camiœnus a vu la même veine remplie de calculs biliaires, et Devay trouva un calcul volumineux dans la branche droite de la veine porte, ëtc.

Le canal cholédoque et la veine mésentérique supérieure ont été trouvés adhérents, avec perforation et épanchement de bile dans la veine.

Les fistules biliaires cutanées sont bien décrites : Barth et Besnier en rapportent une trentaine d'observations. Les conditions de la fistule abdominale sont une péricholécystite antérieure; d'autres fois un cloaque existe, intermédiaire entre les voies biliaires et la peau. On connaît un cas de fistule iléo-cutanée : un calcul s'était engagé dans l'appendice iléocœcal ; mais dans ce fait, ainsi que dans ceux où un calcul sorti des voies biliaires se fraye un passage au dehors, il n'y a plus fistule biliaire A proprement parler.

iihi.

J'ai vu, chez une dame âgée de plus de quatre-vingts ans, à la suite d'une tuméfaction de l'iiypochondre droit, rapportée par un collègue des hôpitaux à

(1) A. Laboulbène, Mémoire sia' une espèce de fistule biliaire, non encore décrite, et qu'on peid apjielerhépato-hronchique ou broncho-hépatique (Unmi médicale, n°= 99 et 101. — Bulletins ;ji ik la Société médicale des hôpitaux de Paris, 2° série, t. XII, p. 240, 1875.

dtiii

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une tumeur du rein, niais que je pensais formée par une tumeur biliaire considérable, la peau rougir, s'amincir et du pus s'écouler au dehors sans odeur urineuse. Au fond de la plaie, on sentait avec le stylet un corps dur, qui avait fait penser à une carie costale ; mais ce corps étant mobile, je l'attirai doucement au dehors. C'était un calcul biliaire, et mou diagnostic avait été exact. Il sortit par l'ouverture agrandie un très-grand nombre de calculs biliaires. Plus tard, cette personne succomba ; l'autopsie ne fut point faite.

J'ai présenté à la Société médicale deshôpitaiix (séance du 13 août 1875) une observation qui établit la réalité des fistules hépato-broncliiques. Berdinel a publié sur ce sujet un intéressant travail (1).

Corps étrangers et parasites des voies biliaires, f . — Corps étrangers, calculs biliaires.

Les corps étrangers qui ont pu parvenir dans les canaux biliaires, on dehors des parasites, sont des noyaux de fruits, pépins de groseilles, noyaux de prunes, une aiguille, des globules de mercure trouvés dans un calcul : ces corps étrangers sont tout à fait exceptionnels.

Les calculs biliaires, le sable ou la boue biliaires qui donnent lieu aux troubles variés des maladies calciileuses du foie, cholélithiase, lithiase biliaire, ont été très-étudiés.

Les caractères physiques des calculs et des concrétions biliaires sont variés : le calcul résulterait d'une cristallisation plus ou moins parfaite, la concrétion n'étant qu'un simple agrégat biliaire ; cependant cette distinction, qu'a voulu établir Cruveilhier, n'est pas rigoureuse, et le terme calcul est le plus fréquemment employé. Les calculs biliaires se trouvent ordinairement en assez grand nombre dans les voies biliaires : on en voit, suivant la grandeur, 2 ou 5, ou 10, ou ^0, ou 30, parfois des centaines et même des milliers. Morgagni en a compté 3,000, et la collection d'Otto offre une vésicule qui renferme 7,802 calculs. Le plus souvent les calculs ont tous la même composition chimique et une même disposition physique ; cependant on trouve, quelques exceptions à cette règle.

Le volume varie en raison inverse du nombre, d'une tête d'épingle à un petit œuf; ils sont petits, moyens ou gros. J.-F. Meckel a décrit un calcul de 15 centimètres de longueur, avec i2 centimètres 8 millimètres de circonférence, le diamètre était de 6 centimètres

(1) p. Berdinel, Noie sur un kijsle hijdatique du foie, terminé par une fistule hépato-bronchique (Cas. hebd. de rnéd. et de ckkurcjie, p. 646, 1876).

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La couleur des calculs esl brunâtre ou d'un jaune verdâtre, rarement grise, rouge ou rougeâtre, parfois noire à la surface et dans l'épaisseur. La coloration des calculs est due au pigmentbiliaire. On a cité des calculs semblables à des perles, d'autres cristallins d'un blanc de neige. Steifert décrit des calculs d'un bleu pâle, au nombre de vingt dans une vésicule et représentant des étoiles à six côtés.

La forme est sphériquc ou ovalaire à l'origine et dans les très-petits calculs; mais cette forme se modifie ensuite, les calculs très-volumineux se moulant sur la vésicule : on trouve des calculs ronds, olivaires, lenticulaires, cylindroïdes, polyédriques cubiques, cunéiformes, aplatis, étranglés, etc. Du reste, suivant une remarque générale, les calculs nombreux prennent, en se pressant les uns contre les autres et en se serrant pour remplir la vésicule, des formes polyédriques irrégulicres, avec des angles mousses. L'aplatissement des surfaces, une sorte d'usure et d'appropriation quasi articulaire se remarquent dans ces calculs : les facettes sont lisses, parfois excavées ; on voit même l'usure correspondant avec une disposition concentrique évidente des facettes, réciproquement emboîtées ou juxtaposées (fig. 97).

FiG. 97. — Deux gros calculs biliaires à facettes correspondantes.

On trouve des calculs muriformes, mamelonnés, formés de cholesté-

FiG. 98. — Coupe médiane d'un calc;il biliaire à disposition rayonnée, formé de couches stratifiées, concentriques et pourvu d'un noyau centraL

rine, et dont la coupe esl radiée ou rayonnée (fig. 98 et 99). Le centre est parfois un premier calcul, constitué par du pigment biliaire.

Les calculs mamelonnés sont formés souvent de carbonate de chaux, et d'un mélange de cholestérine et de sels calcaires. Des calculs ramifiés, dentelés, décrits par Stein et II. Meckel, avaient cette composition.

FOIE

Parmi les calculs exceptionnels sont les formes aplaties, noires, d'un brillant métallique (Frorichs) , les concrétions arborescentes (Glisson,

FiG. 99. — Coupe médiane d'un calcul biliaire à dis|iosiliou ratliée, simple, et offrant à droite un commencement de stratification.

Cruveilhier). J'ai observé et je représente dans la figure 100 des calculs rameux, ou en branche de corail, que j'ai trouvés deux fois à l'hôpital Necker et montrés à la Société médicale des hôpitaux (1).

FiG. 100. — Calculs rameux ou corallifoimes du foie, de grandeur naturelle *.

Dans les deux faits que j'ai observés, les calculs ramifiés ou coralliformes siégeaient dans la vésicule, pour les plus volumineux, et dans les canaux hépatiques pour les moindres.

Les plus volumineux sont longs de 20 à 23 millimètres, les plus petits de 7 à 10 millimètres. Leur couleur est d'un vert foncé, métallique et, après dessiccation, d'un noir à reflets verdàtres. Leur forme (fig. 100) rappelle celle des coraux; ils sont irréguliers, avec des prolongements branchus, épais, noueux, mamelonnés.- Leur densité étant assez forte, ils allaient au fond de l'eau peu après avoir été retirés de la vésicule, après s'être desséchés, ils ne surnagent point. Leur consistance est assez faible, ils se

(I) A. Laboulbène, Bulletins de la Société incdicale des Iiôpitaux de Paris, 2' série, t. XII, p. 93, 1875.

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brisent facilement. L'intérieur est plein, rougeâtre ou brun sombre, parfois un peu jaunâtre; la couche revêtante est plus foncée. Ils sont homogènes et sans cristallisation aucune. Les moindres ont la même configuration que des fragments des plus gros, ils se réduisent facilement comme eux en morceaux, et la cassure est moins foncée au centre qu a la périphérie.

Barth, qui possède une riche collection de calculs du foie, n'en avait point vu de pareils, ni d'aussi volumineux ; ceux de couleur foncée, que Frerichs a représentés (1), diffèrent de ceux que j'ai dessinés, et enfin les calculs analogues indiciués et figurés par Lancereaux (2) en diffèrent également.

Je dois à mon ami et collègue J. Personne l'analyse suivante des calculs de la figure 100 :

Cendres renfermant surtout du fer et une trèspetite quantité de cuivre 8,50

Biliverdine et une petite quantité de cholestérine 12 » extraits par l'éther.

/ — par le chloroforme, puis la

Bilirubine et surtout bilifuclisine 26.50 ) séparation de la bilifuchsine par

' l'alcool.

Biliprasine 8,75 extraite par l'alcool.

Bililuunine 3 » — par les alcalis.

Eau, matériaux du sang et perte " 41,25

Les calculs que je viens de décrire se rapprochent des calculs rameux rencontrés par Fauconneau-Dufresne en 1831, dans les branches du canal cholédoque, chez un phthisiquemort dans le service de Lherminier. Leudet a trouvé aussi une fois dans la vésicule biliaire de petits calculs rameux, mamelonnés. Les concrétions canaliculées et coralloïdes se distinguent par la cavité dont elles sont pourvues; il en est de même des concrétions moulées et canaliculées à la manière des tuyaux de paille, et des couches de matières biliaires brunes ou noires que la bile dépose sur les conduits en formant des tubes minces qui peuvent être enlevés.

La grcivelle biliaire est constituée par de petites concrétions très nombreuses, blanchâtres ou brunes, ou d'un noir verdâtre. Cruveilhier la distingue : en gravelle cristallisée, en magma, ou en boue biliaire. Besnier a vu la vésicule remplie d'une pâte molle, blanchâtre, ressemblant à du mastic de vitrier et formée de cholestérine.

(!) Th. F. Frerichs, Atlas zur Klinik (1er Leherkranhheiten, Hefte 2, Tafel 14-, fig, xiv et xv, 18(U.

(2) E. Lancereaux, Atlas d'anatomiejjatholofjique, texte, p. 107, fig. 8, a, 1871.

FOIE

La densité des calculs biliaires est plus considérable qu'on ne le penserait en pesant dans la main des calculs desséchés et d'apparence savonneuse. Les calculs retirés de la vésicule et encore imbibés de liquide sont plus lourds que l'eau, les calculs de cholestérine seuls pourraient surnager à la surface d'une vésicule remplie de bile extrêmement épaisse.

La consistance des calculs biliaires est faible, on peut les rayer avec l'ongle, et ils éclatent sous une pression un peu forte.

L'anatomie pathologique démontre que les calculs biliaires se détruisent : plusieurs ont leurs couches entamées, d'autres disparues, on en trouve avec des corrosions rappelant la carie des os. Il est donc avéré qu'ils se fractionnent, et on reconstitue plus ou moins les calculs anciens déjà brisés dans la vésicule. Ces faits sont importants et doivent aider pour le choix des moyens à opposer à la lithiase biliaire.

Les calculs peuvent se trouver dans toute l'étendue des voies biliaires. Le siège ordinaire des gros calculs biliaires est la vésicule, le canal cystique et le canal hépatique. Dans les radicules et les conduits biliaires sont des grains bruns ou noirs, constituant le sable ou la gravelle biliaire. D'autres fois la bile épaisse tient en suspension des grains pulvérulents ; les liystes dont j'ai parlé, résultant de conduits biliaires oblitérés (voyez Dilatation des voies biliaires, p. 350), sont fréquemment remplis de petits calculs.

Il est rare de trouver des calculs volumineux dans les branches du canal, hépatique, mais il est assez fréquent de voir siéger le calcul dans l'ampoule de A'ater, commune aux canaux cholédoque et pancréatique. Une variété de siège assez curieuse est celle des calculs pariétaux, toujours de petit volume, siégeant dans les pertuis des conduits biliaires et semblables à des granules ou des graines de certaines plantes.

Les calculs sont tantôt libres et mobiles, tantôt fixes et arrêtés sur un point des voies biliaires, où les maintient un rétrécissement; d'autres fois ils sont absolument immobiles, adhérents et enchatonnés ou enkystés. Les calculs avec encroûtement des parois sont ceux c{ui sont le mieux fixés ; d'autres fois un revêtement épithélial ou muqueux, sorte de pseudomembrane, les recouvre. Des prolongements de la muqueuse sont encore observables dans les calculs poreux.

D'autres fois les ectasiesdes voies biliaires renferment des calculs; enfila ceux-ci, par perforation, peuvent se trouver plus ou moins loin dans le parenchyme hépatique, dans la cavité abdominale, dans la veine porte (voy. p. 354).

Dans l'enchatonnement du calcul ou de plusieurs calculs de la vésicule^ les parois de cette dernière sont épaissies, et rappellent les parois vésicales hypertrophiées. Des saiUies et des poches logent les calculs; il y a

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parfois des ulcérations et des trajets fistuleiix. Si un très-gros calcul distend la vésicule, les parois forcées forment une enveloppe kystique, les fibres musculaires sont atrophiées et les membranes sont infiltrées de graisse.

Les calculs peuvent se trouver dans les matières des vomissements, soit qu'ils passent du duodénum dans l'estomac, soit qu'ils viennent dans le ventricule en suivant le trajet d'une fistule hépato-gastrique. La présence des calculs, concrétions et sable biliaire dans les garderobes est très-facile à comprendre, celle des mêmes calculs dans les urines s'explique seulement par les fistules hépato-rénales (voy. p. 354-).

La configuration intérieure, la structure, la texture, ou l'arrangement moléculaire des calculs biliaires est en rapport avec leur composition. Il en existe deux variétés bien distinctes : la disposition striée ou rayonnée, la forme de couches ou de lames superposées et concentriques (voy. fig. 98 et 99).

La surface de la coupe d'un calcul sti ié offre l'aspect d'aiguilles pyramidales, partant d'un centre ou noyau (tig. 98). Dans les calculs transparents il n'existe pas de noyau intérieur. Les calculs lamelleux ont souvent un noyau central et des couches nombreuses concentriques. La couche moyenne est granuleuse , l'extérieure ou corticale est plus homogène. Le noyau est ordinairement constitué par du mucus, par des matières colorantes biliaires ; il est plus foncé que la périphérie, noirâtre ou brun, parfois on en trouve plusieurs. D'autres fois le noyau est .un caillot fibreux sanguin, une épingle, un débris d'Ascaride ou de Distome (voy. Parasites du foie), un noyau de fruit.

Les couches corticales se détachent comme des coques irrégulières, ou les tuniques d'un oignon, quand on brise les calculs volumineux; ces couches sont blanchâtres, brunes, verdâtres, tantôt alternativement pâles et foncées.

En résumé, les calculs sont homogènes, compactes, ou au contraire cristallisés en totalité ou en partie; le noyau central est entouré de rayons et d'une couche de revêtement disposée en lames concentriques. Le noyau est simple, unique ou multiple. Cruveilhier a décrit des calculs en géode ou avec une cavité centrale.

La composition chimique des calculs biliaires a été fort recherchée : les matières qui entrent dans ces calculs se trouvent dans la bile ou se forment par la décomposition de cette humeur. La substance la plus remarquable et dominante est la cholestérine, puis viennent les matières colorantes de la bile, soit isolées, soit mélangées à des sels calcaires, enfin des composés calcaires (cholates, giycocholates et margarates de chaux, cai'bonates terreux). Il faut ajouter des substances organiques, qui sont le mucus et les épithéliums.

Les calculs de cholestérine sont d\m blanc savonneux ou nacré, et ils deviennent jaune pâle ou orangés, quand les granules pigmentaires biliaires sont abondants. Ces calculs fondent et brûlent à la manière dos corps gras et ne laissent aucun résidu ; ils se dissolvent dans l'alcool bouillant et surtout dans l'éther, et déposent sur la lame de verre, porte-objet, des lamelles rhomboïdales de cholestérine (voy. fig. 100); ils sont insolubles dans la potasse et la soude.

Les calculs ou les matières colorantes biliaires (biliverdine, biliphéine,

j cholépyrrbine) abondent ou dominent complètement, offrent une coloration brune, noire, verdàtre, vert foncé, ou bien jaune rouge, acajou, grenat. Ces calculs brûlent sans entrer en fusion et ils laissent un résidu charbonneux. Ils sont solubles dans l'éther, ainsi que dans la potasse et la

'soude; avec l'acide nitrique ils fournissent les réactions des matières colorantes biliaires, et passent par les teintes verte, bleue, violette, rouge et jaune. La matière colorante, vue au microscope, forme des gra-

j nules ou des fragments jaune-orangé ou verdàtres. Les calculs et les concrétions calcaires formés par du mucus et des sels calcaires renferment des carbonates, des phosphates de chaux, etc., etc.

FiG. 101. — Analyse microscopique d'un calcul biliaire *.

La figure iOl montre l'analyse microscopique d'un calcul biliaire obtenue au moyen de la dissolution alcoolique par le procédé de Luton (de Reims). On y remarque les principaux éléments dont il vient d'être

* Fig. 100. — Analyse d'un calcul biliaire par dissolution alcoolique. 1, i, 1, 1, tablettes de cholestérine ; 2, 2, 2, 2, cristaux aciculés de cholate de cliaux; 3, 3, cristaux bacillaires de la même subslavice; 4, 4, i, 4, matière grasse, cristalline; 5, 5, 5, substance amorphe colorée en vert (Luton).

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question : cholestérine, cristaux calcaires, matières grasses, pigments biliaires (voy. fig. 101).

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a. — Parasites; lîistomcs ou Douves, etc.

Les parasites si remarquables des voies biliaires de plusieurs animaux ruminants, enire autres du mouton, et qui sont connus sous le nom de Douves du foie, de Distomes hépatiques, sont heureusement exceptionnels chez l'homme. On trouve encore dans le foie humain des Ascarides et des Corps particuliers, dits corps oviformes, se rapportant auxPsorospermies.

A. Les Ascarides lombricoïdes (voy. page 234) ont été trouvés dans le canal cholédoque, la vésicule, le canal hépatique et ses branches, où ils , étaient parvenus dans leurs migrations. Davaine en a réuni 37 obser- ! vations. Le plus souvent le manque d'inflammation et de stase biliaire pendant la vie montrent que la pénétration de l'helminthe a eu lieu dans l'agonie. Cependant il n'en est pas toujours ainsi. Lobstein et Bouisson ont trouvé des débris de lombrics comme noyau de calculs biliaires.

B. Les Tœnias (voy. p. 239 et suiv.) peuvent-ils s'engager dans les voies biliaires? La question est encore douteuse.

Les vésicules d'Échinocoques pénètrent, ainsi qu'il a été dit, dans les voies biliaires (voy. p. 332).

C. Les Distomes, ou Douves, (Distome hépatique et Distome lancéolé), fréquents chez le mouton et d'autres ruminants, sont heureusement trèsrares chez l'homme ; leurs métamorphoses sont curieuses, ils proviennent j de Cercaires.

a. Le Distome ou Douve hépatique, long de 20 à 30 millimètres cL large de 6 à 10 dans l'état adulte (hg. 102), de moitié moindre à l'état

FOIE. 363

de larve (fig. 103), a le corps aplati comme une feuille, oblong, ovale,

FiG.102.

- Distome ou Douve liépatique adulte.

FiG. 103. — Distome uu Douve à rétal de larve

rétréci en avant sur les bords qui sont disposés en tranchant (fig. 102 et 103), mais il est contractile et change de forme. Consistance molle ; coloration grisâtre, un peu brune.

La Douve hépatique est pourvue de deux ventouses; du suçoii" buccal vient un œsophage qui se rend à un estomac ou intestin ramifié. Appareil génital androgyne; œufs très-petits, longs de 0'"'",13, larges de 0""",09, elliptiques, déprimés, un peu transparents, avec un opercule ou couvercle (fig. 10-4).

b. Le Bislome lancéolé est allongé, trois à quatre ibis plus long que large (fig. 105), et plus petit que la première espèce. Son corps est long de 5 à 9 millimètres, large de 2 à 2""", 05, aplati, assez transparent, un peu blanchâtre, l'intestin non ramifié ; les œufs bruns ou noirs, longs Fio. 104. oiat-du de 0-,006, larges de 0"»,025

Distome hépatique **. (fig. iOO).

Fig. 105. — Dislomc lancéolé (LcuckartJ.

* Fig 103. — Distome hépatique extrait d'un abcès, a, bouche ; b, ventouse postérieure ; c, œsophage; d, ,7, rf, d, ramifications de l'intestin. Grossissement, 8 diamètres (Davaine).

** Fig. 10 i. — OEuf du Distome hépatique, traité par la potasse caustique pour en séparer l'opercule. Grossissement, 107 diamètres (Davaine).

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Les Douves inégale et âe Bush ont été retirées du duodénum (voy. p. 245).

FiG. lOC). — OEuf du Distome lancéolé *.

c. Une nouvelle espèce de Douve ou Distome a été trouvé dans le foie d'un Chinois, à Calcutta (i).

d. Le Distome hématobie est remarquable. Bilharz Ta vu en Egypte dans kl veine porte et ses ramifications; les œufs sont nombreux dans la vessie : je renvoie en conséquence la description de ce parasite à ce dernier organe (voy. Vessie).

D. Les corps ovi formes, observés par Gubler dans le foie humain, et semblables à des œufs d'helminthes du foie des lapins, sont des Psorospermies iiu t'oie *. et méritent de nouvelles recherches (fig. i07).

Vices de conformation des voies biliaires.

Le manque total de la vésicule biliaire a été observé plusieurs fois, mais en pareil cas elle manque avec le canal cyslique ; le canal cholédoque est formé par la continuité du canal hépatique.

La vésicule a été trouvée double par cloisonnement longitudinal de sa cavité, mais on a vu ausisi deux vésicules parfaitement séparées et distinctes. D'autres fois la vésicule est disposée comme un sablier, étranglée ou rétrécie dans son milieu. La position congénitale de la vésicule est parfois transversale, elle est éloignée de sa fossette, ce qui tient à la présence d'un mésentère plus ou moins lâche et étendu.

(1) M'CoNNELi,, nem(irl;!< on the ayiatomij and pallioloyical relations of a neiu species of Lirer fluke (The Lancet, il août 1875). — C. Dwaine, Traité des ento:onires, etc., 2'= édition, p. 25G, 1877.

*FiG. 106. — OEuf du Distome lancéolé, a, œuf grossi 107 fois; 6, le même grossi 340 fois; c, le même œuf traité par la potasse caustique, qui rend facile la séparation rte l'opercule (Davainel.

*' FiG. 107. — Corps oviformes du foie de lapin, a, variété minor; 6, variété major; c, le mémo après avoir séjourné dans la terre humide, le contenu s'ost divisé en quatre sphères. Grossissement, 340 diamètres (I)avaine).

PANCRÉAS

L'oblitération congénitale du canal cholédoque et la distension énorme de la vésicule, avec ictère du fœtus sont dus à des maladies intra-utérines (voy. p. 348)

Le canal cholédoque a été trouvé double. Parfois, au lieu de se rendre dans l'intestin on l'a vu déboucher dans l'estomac; d'autres fois un canal cholédoque double vient dans le duodénum et dans l'estomac, et même l'œsophage. L'insertion est aussi plus basse et anormale : le canal cholédoque allant dans le jéjunum et le côlon. Plusieurs de ces dispositions, tout à fait exceptionnelles chez l'homme, sont au contraire normales chez quelques animaux.

Le canal hépatique a été trouvé triple ; parfois le canal hépatique se rend directement dans la vésicule quand le canal cholédoque fait défaut.

SECTION IX

Le pancréas, qui sécrète un suc particulier (suc pancréatique), propre à la digestion, et dont les fonctions n'ont été connues que dans ces derniers temps, est une glande acineuse formée de lobes et de lobules, dont les altérations sont peu visibles au premier abord. Elles semblent ne produire que des changements de consistance du tissu. Nous allons voir cependant que leur histologie pathologique est intéressante; mais elle n'a pas encore été très-étudiée.

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