Polypes, kystes pci-itonéniix, etc
A. Les polypes ne sont pas formés par un tissu spécial, mais par des sarcomes, des libromcs, des lipomes, ou des tumeurs mixtes qui se pédiculisent et parfois se détachent et deviennent libres dans la cavité péritonéale. L'intérieur est parfois creusé de cavités, il forme alors des vacuoles ou des loges remplies de liquides de consistance diverse : séreux, séro-purulents, hématiques etc. (voyez Kystes du péritoine).
B. Lapignientaiion elles masses pigmentées mélaniques péritonéales ont l'apparence de plaques diffuses ou de tumeurs plus ou moins grandes; elles sont bien plus rares chez l'homme que chez les animaux.
Çi.L&?> plaques et rféjjô^s pigmeniafrt^s proviennent d'hémorrhagies et se trouvent soit sur la face pariétale, soit sur la face viscérale des organes. Après les hémorrhagies péritonéales, les endroits teintés par le sang peuvent offrir une teinte brune, rougeâtre ou ardoisée ; il en est de même sur les néohymènes et les pseudhymènes anciennes.
D. La production hétérotopique de corpuscules de Pacini ou de Vater a été signalée. Cornil a trouvé une fois sur le péritoine diaphragmatique d'une femme âgée, morte à la Salpôtrière, des corpuscules ayant 1, 2 et 3 millimètres de longueur, végétant en grande quantité. Ils étaient arborisés, plusieurs partaient d'un pédicule commun ; ils présentaient leurs lames concentriques et leur fdct nerveiîx central absolument comme la terminaison des nerfs de la main et du pied (2).
(1) WiCKHAM Legg, Lijmphomes du péritoine, ctc (Sl-Barlholomeiu's Hospital Reports, t. XI, p. 72, 1875). = Weichselbaum, Eine seltene Geschwulstform des Mesenteriums {Chijlangioma cavernosum) (Archiv fiir path. Anat. und Physiol., mit Taf. t. LXIV, 1875). — Sabourin, Adénolijmphocèle du mésentère (Bull, de la Soc. anat. de Paris, p. 339, 1876).
(i) Cornil et Uanvier, Manuel d'histolorjie pathologique, p. 967, 1876.
PÉRITOINE
E. Les masses calcifiées, les petites concrétions calcaires du péritoine ne sont pas communes, elles sont formées par des dépôts de molécules calcaires (phosphate et carbonate de chaux) dans du tissu fibreux ou iibro-graisseux. L'aspect cartilagineux et osseux n'est pas le signe d'une production histologique appartenant réellement à l'os ou au cartilage.
¥. Kystes du péritoine. — Les kystes péritoncaux sont très-variables et ils ne sont pas fort rares. Ils proéminent sous le péritoine ou bien ils se trouvent dans sa cavité, tels sont les kystes séreux, colloïdes ou myxomateux. Les kystes ovariques séreux provenant de l'organe deRosenmuller seront décrits avec les annexes de l'utérus.
Les kystes hydatiques ou à échinocoques, péritonéaux, coexistent avec des kystes de même nature du foie, ou bien ils sont isolés dans le grand épiploon, dans le mésentère etautres replis (voyez Parasites du péritoine).
Les kystes dermoïdes renfermant des matières grasses, des os, des dents, des cheveux, ont été trouvés dans le péritoine en dehors des grossesses extra-utérines.
Les kystes péritonéaux peuvent être hématiques et il en sera question plus bas (voyez Hématocèles péritonéales), mais dans certains cas le sang^ est renfermé dans une cavité formée au milieu d'une tumeur. Edmond Simon a publié dans les Bulletins de la Société anatomique un bel exemple de sarcome du grand épiploon avec kyste hématique, et Genouville a rappelé dans un rapport sur cette observation les caractères des kystes hématiques ainsi nommés par Velpeau, qui ne s'était occupé que des collections sanguines résultant de traumatismes.
Homme, quarante-quatre ans, mort du choléra, à l'hôpital Saint-Antoine. Lnmédiatcment au-dessous des parois abaominales et dans le grand épiploon se trouve une tumeur qui descend de l'estomac au détroit supérieur du bassin, au-devant des intestins. Elle mesure 25 centimètres d'étendue transversale, eî 15 à 18 d'épaisseur. Elle a une teinte bleuâtre non uniforme qu'elle doit à une semi-transparence de ses parois. Sa surface lisse et légèrement bosselée est surmontée intérieurement de deux prolongements épiploïques intacts. Par sa partie la plus élevée, elle est adhérente daus une très-petite étendue à la grande courbure de l'estomac, à 1 décimètre environ du pylore. Au niveau de cette adhérence, on trouve les fibres musculaires parfaitement intactes. La coupe de cette tumeur fait voir qu'elle est constituée par une vaste poche fibreuse, dont les parois sont épaisses de plus de 1 millimètre et recouvertes superficiellement par les lames dédoublées de l'épiploon. Cette poche contient dans ses deux tiers inférieurs et postérieurs un vaste kyste rempli par du sang coagulé, couleur de rouille, granuleux et sans stratifications. Ses parois sont fibreuses, assez minces et se confondent extérieurement avec la poche fibreuse. Ce kyste envoie quelques diverticulums irréguliers, en haut, dans une masse grisâtre, comme érectile, tant elle est creusée de canaux. Cette masse constituée par un tissu mou, friable,.
APPAREIL DE LA DIGESTION
assez analogue à de la substance céi-ébrale, qui aurait macéré quelques jours dans l'alcool, est sillonnée de canaux très-larges, à surface lisse contenant du sang liquide. Dans plusieurs points de son étendue, on rencontre d'autres petits kystes sanguins renfermant des caillots à divers degrés d'altération.
L'examen microscopique de la substance blanche grisâtre fait voir qu'elle est constituée par des éléments fibro-plastiques (noyaux et corps fusiformes).
Les artères gastro-épiploïques présentent leur volume normal, les veines correspondantes ne paraissent pas non plus modifiées. On ne peut découvrir dans aucun organe la moindre trace de généralisation de cette tumeur (1).
Les kystes hématiques du grand o^piploon forment donc des tumeurs qui . descendent jusqu'au-dessus du bassin, la surface estlisse, bosselée, adhérente parfois à l'estomac. Le volume est très-variable, mais elles sont souvent uniques et assez volumineuses. Les parois sont tantôt épaisses, d'aspect fibreux, recouvertes par les lames de l'épiploon, tantôt minces et transparentes, ou bien dures, épaisses, cartilaginiformes ou crétacées. La poche contient du sang coagulé, couleui- de rouille ou brunâtre, sans stratilications, altéré, brunâtre, noirâtre, marc de café ou lie de vin. Leskysîes peuvent avoir des diverticidums placés dans diverses directions; sur quelques points on rencontre des masses grisâtres à canaux plus ou moins larges renfermant du sang liquide ; sur d'autres points on trouve d'autres petits kystes. Ces collections peuvent être envahies par la suppuration.
L'examen au microscope fait reconnaître les éléments du sang épanché, globules et fibrine, plus rarement du pus.