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iScrofulose et Tuberculose des fosses nasales

La scrofule détermine dans l'intérieur des fosses nasales une inflam-

Îaation ou coryza strumeux, des éruptions pustuleuses et des ulcéraions.

Latuberculisationavec des granulations spéciales et des dépôts caséeux est hors de doute. A. Laveran vient de publier récemment un fait que je transcris :

Homme, quarante-trois ans, succombant à la dernière période de la phlhisie pulmonaire. Les deux poumons sont criblés de tubercules ; cavernes volumiaeuses au sommet gauche. La partie antérieure du poumon droit est seule épargnée; elle ne contient du moins qu'un petit nombre de tubercules. Cœur sain; caillots blancs fibrineux dans le cœur droit. Latestins avec des ulcérations tuberculeuses au nombre de six ou sept, au-dessus de la valvule iléo-capcale. Foie gras. Pas de tubercules dans la rate, le foie, les reins, ni sur le péritoine; il n'a pas été possible d'enlever le cerveau ni le larynx; il n'a pas été possible non plus d'ouvrir largement les fosses nasales pour examiner l'état des parties profondes, mais on a pu enlever l'ulcération nasale avec la partie inférieure de

11a cloison du nez.

Examen histologique. l" Ulcération de la narine droite (coupes faites sur la pièce durcie) : au niveau de l'ulcère, l'épithélium a complètement disparu, on ' trouve que du tissu embryonnaire et des fibres élastiques qui ont résisté au 'processus inflammatoire, mais qui sont dissociées par des éléments de nouvelle formation. Sur quelques points, on distingue des granulations tuberculeuses, iides petites masses granuleuses, avec leurs zones de prolifération. L'extrémité du 'tcartilage du lobule du nez est attaquée ; les tubercules paraissent avoir érodé la substance hyaline du cartilage, puis avoir pénétré dans les capsules cartilagineuses les plus superficielles. Les bords de l'ulcération sont infiltrés de cellules embryonnaires. On distingue çà et là quelques granulations tuberculeuses. Dès qu'on s'éloigne un peu de l'ulcère, on retrouve l'épithélium intact, avec les culside-sac qui logent les bulbes pileux et les glandes profondes qui ne sont pas [altérées. 2° Coupes faites sur la cloison des fosses nasales au-dessus de l'ulcère et comprenant toute l'épaisseur de cette cloison. La muqueuse qui tapisse le côté droit de cette cloison (côté de l'ulcération) présente un épijthélium normal ; les parties profondes de la muqueuse sont infiltrées sur quelques points, d'éléments embryonnaires. Pas de tubercules bien caracté- : risés. Le cartilage de la cloison n'est pas altéré, non plus que la muqueuse

410 APPAREIL DE LA RESPIRATION

qui le tapisse à gauche... L'origine des ulcérations tuberculeuses n'est pas contestable (1).

O. — Hyphilîs des fosses nasales.

La syphilis arrive à produire dans les fosses nasales des ulcérations, suite de la fonte de tumeurs gommeuses ou syphilomes. Fournier et Mauriac (2) ont élucidé plusieurs points de la syphilis nasale (Voyez Ulcérations nasales, page 4-0-4) .

s. — Morve nasale.

La morve, maladie par excellence du cheval {morbus), suivant la remarque de Littré, et le farcin (farciminium) , qui gonOe et farcit les membres qu'il alfecte, se communiquent du cheval à l'homme, chez lequel ils ne viennent jamais spontanément. La maladie virulente, contagieuse, peut être redonnée au cheval par inoculation. Ses manifestations multiples sont très-variables, d'où les noms de morve aiguë et chronique, de farcin aigu et chronique ; mais la maladie est une, malgré la diversité des formes : le virus morveux est toujours identique.

Les manifestations de la morve humaine se montrent sous forme de suppurations, d'éruptions de la peau ainsi que des muqueuses de l'appareil respiratoire, aboutissant rapidement à l'ulcération. De même les muscles, les articulations, les vaisseaux lymphatiques et leurs ganglions sont envahis.

Les lésions morveuses du tégument consistent en pustules se rapprochant anatomiquement des boutons varioleux (Elliotson, Rayer, Cornil) ou forment de petits abcès; on voit aussi des bulles analogues au rupia, contenant de la sérosité sanguinolente, le derme sous-jacent est sphacélé. Au-dessous de la peau, les abcès farcineux sont fréquents à la poitrine et aux membres, ils forment des collections du volume d'une noix à celui d'un œuf, renfermant du pus jaunâtre, mêlé de sang ou de lambeaux mortifiés.

Dans les muscles, les abcès commencent par des ecchymoses, des épanchements de sang (Cornil), les fibres musculaires sont en dégénérescence cireuse. Autour des abcès, les muscles ont leurs fibrilles en dégénérescence graisseuse, enfin le liquide des abcès est formé de globules purulents.

(t) A. Laveran, Ulcérations tuberculeuses des fosses nasales, etc. {Union médicale, n°' 35 et 36, 1877).

(2) G. Mauriac, De la sijphilose laryngo-nasale {Union médicale, février, etc., 1877).

FOSSES NASALES. 411

j/appareil lymphatique, très-lésé chez le cheval, l'est bien moins chez l'homme et présente les lésions de l'angioleucite; les ganglions ne sont pas toujours tuméfiés, mais on les a néanmoins trouvés suppurés dans des cas de morve aiguë. Les veines sont plus rarement enflammées chez lliomme que chez le cheval.

j L'état des fosses nasales a de tout temps frappé les observateurs : elles Bont le siège principal de la morve. La muqueuse de Schneider est couverte de pus ou de muco-pus; elle est épaissie, avec des taches ecchymotiques, des pustules, des ulcérations (voy. fig. iii).

FiG. 114. — Lésions de la Morve chez rhomme *.

l L'épithélium est souvent détaché, la muqueuse gonllée est imprégnée de globules de pus et les ulcérations, constituées par des pertes de subjstance irrégulières, sont garnies de détritus granuleux. Les vaisseaux sont bouchés par des coagulations. Sousles pertes de substance la muqueuse est décollée, les cartilages et les os sont à nu ; ils se nécrosent, s'éliminent, occasionnant des perforations entourées de rebords fongueux. Les sinus ethmoïdaux, maxillaires et frontaux sont eux-mêmes altérés de la sorte; la muqueuse ne constitue plus par places qu'un détritus brunâtre. Dans la

I * Fig. 114. — Coupe des fosses nasales nignlrant sur la cloison médiane les lésions de la [morve humaine; n, coupe des téguments du nez ; /, lèvre supérieure; u, u, ulcérations profondes, celle du milieu avec perforation; d, d, d, pustules et dépôts purulents. (Collection Rayer.)

APPAREIL DE LA RESPIRATION

cavité buccale, Cornil a vu la base de la langue, les amygdales, le voile du palais, la voûte palatine altérés ; la membrane muqueuse de la voûte avait ses glandules dilalées et formant un relief comme des sudamina.

Le larynx, la trachée, les poumons sont presque constamment altérés dans la morve.

Le tube digestif n'est pas ordinairement lésé. Le foie peut être stéatosé, ainsi que le rein; la rate gorgée de sang ; la parotide, comme les organes précédents a été le siège d'abcès, suite de pyohémie.

Les articulations sont fréquemment atteintes, remplies de pus ainsi que les gaines tendineuses. Quand les abcès avoisinent les os, alors le périoste des os du crâne et du visage (Virchow), celui des tibias, du radius (Tardieu) se dénudent et la nécrose en résulte. Virchow^ admet une ostéo-myélite t morveuse.

Les lésions des centres nerveux doivent certainement exister, mais elles sont encore mal connues. Les globules blancs du sang sont en multiplication considérable, les globules rouges sont plus visqueux et ont moins de tendance à se disposer en piles ou en colonnes.

Nous n'avons que des données insuffisantes sur l'élément virulent de la morve ; Hallier y a signalé un micrococcus ; Chauveau regarde les élé- ■ ments figurés, les corpuscules élémentaires, comme agents virulents ou chargés de la virulence. Il a constaté que ces corpuscules peuvent être lavés sans perdre leurs propriétés spécifiques et que leur séjour dans l'eau ne lui communique pas la virulence lorsqu'ils ont été enlevés.

Je vais donner, d'après Kelsch, une observation de morve farcineuse aiguë:

Muqueuse de Schneider rouge, tuméfiée ; cloison avec de nombreuses ulcérations lenticulaires, arrondies, grisâtres, mêlées de pustules de mêmes dimensions, encore intactes; cornets fongueux, fongosités d'un rouge lie de vin, venant boucher à droite l'ouverture nasale antérieure.

Cavités avoisinantes du nez remplies de mucus filant et louche, mais sans autre altération.

Larynx ayant au-dessous de la corde vocale inférieure droite la muqueuse parsemée de pustules miliaires de la grosseur d'une tête d'épingle, deux pus- , tules pareilles à la hauteur du troisième anneau dans la trachée; trois nou-i! velles pustules volumineuses, une avant la bifurcation de la trachée et deux au< niveau de la bifurcation.

Le parenchyme pulmonaire est très-congestionné, œdémateux avec des noyaux diffus de pneumonie catarrhale au bord postérieur. Cavité pleurale sans liquide, ni adhérence.

Il existe de nondjreuses collections purulentes dans les faisceaux musculaires*' du jambier antérieur droit, un foyer ayant 8 centimètres de hauteur, le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré de pus sur la jambe droite. Jambier antérieur gauche avec deux colleclions purulentes comme à droite ; pus eu foyer dans la

FOSSES NASALES

légion musculaire hypothéiiar de la main gauche, articulations métacarpoplialangiennes remplies de pus. Triceps brachial droit renfermant un abcès ilu volume d'un œuf de pigeon. Cerveau, cœur, foie, rate et reins congestionnés, mais sans collections purulentes.

Examen histologique. — La cloison des fosses nasales décalcifiée par l'acide [licrique montre, sur des coupes durcies par la gomme, l'alcool et avec le picrocarminate, l'épithélium cylindrique conservé partout, quelques cellules sont devenues vésiculeuses. Le quart superficiel de la muqueuse est envahi par des globules de pus infiltrés, le pus est formé de petites cellules embryonnaires pourvues d'un seul noyau et de noyaux libres. Cette traînée ne confine pas immédiatement à l'épithélium, elle en est séparée par un liséré régulier.

Dans les couches profondes jusqu'à la cloison osseuse, cellules répandues partout dans le tissu conjonctif muqueux, mais moins serrées que dans la couche sous-épithéliale où elles se touchent ; ces cellules plus volumineuses, allongées, parallèles à la surface de la muqueuse, à renflements ayant 2 ou 3 noyaux (cel- ■iules plates du tissu conjonctif gonflées et en prolifération).

Les ulcérations consistent en pertes de substance irrégulières, plus larges que 'inofondes, comblées en partie par un détritus granuleux, à corpuscules de pus. [.es pustules intactes forment de petites tumeurs arrondies à la surface de la muqueuse, recouvertes par l'épithélium, remplies de globules de pus et de noyaux de petites dimensions. Sur les bords, les globules sont moins pressés et ise continuent avec l'infiltration purulente ambiante.

I Les glandes en grappe si nombreuses de la muqueuse pituitaire sont très- |rarement saines ; les acini sont saturés de mucus, la substance conjonctive des lobules est infiltrée de leucocytes serrés , et certaines glandes sont tellement altérées que les acini sont dissociés par le pus. L'épithélium est hyperplasié, îconfondu avec le pus du tissu conjonctif; des amas de pus sont substitués au tissu glandulaire. Le canal excréteur est en pleine suppuration et encombré de leucocytes qui l'oblitèrent.

I L'endothélium des lymphatiques est gonflé, la lumière remplie de globules iblancs et de lymphe coagulée. Vaisseaux sanguins non altérés, mais avec un I nombre plus considérable de globules blancs qu'à l'état normal. I Les lésions des muscles consistent en destruction des fibres et production du pus. Les poumons ont un développement exagéré de leur trame conjonctive et

offrent les principales formes de pneumonie, soit fibreuse, soit épithéliale,

colloïde ou purulente (1).

I^a pyohéraie, la morve, la tuberculose et la syphilis forment un groupe naturel (J. Renaut). Ces maladies infectieuses ont pour caractère commun des inflammations nodulaires, avec tendance à la mortification des éléments anatomiques. J. Renaut a le mérite d'avoir reconnu et rapproché les lésions de la morve humaine de celles qui se trouvent chez le

(1) Kelsch, Note sur la morve farcineuse aiguë chez l'homme (Archir. de physiologie normale et pathologique, t. V, p. 734, 1873).

APPAREIL DE LA r.ESPIRATION

cheval : les nodosités morveuses de ce dernier se rapprochent de l'infection purulente plutôt que de la tuberculose proprement dite.

La morve est caractérisée par une production de pus dans la plupart des systèmes organiques : muqueuses aériennes, poumons, téguments, vaisseaux, os. Les nodosités morveuses ne sont pas aptes à se conserver dans l'organisme : elles compriment les vaisseaux et les tissus se mortifient à leur voisinage ; que la morve soit aiguë ou chronique, il y a toujours formation de pus et mortification ultime.

. A la suite de cette description de la morve chez l'homme, j'ajouterai quelques détails sur la morve du cheval, d'après Zundel (i) et les articles récemment publiés dans les dictionnaires de Médecine (2).

Les lésions nasales: boutons, ulcérations ou chancres morveux, avec sécrétion dite jetage; les boutons morveux et farcineux, les lymphangites ou cordes farcineuses, les adénites produisant le glandage, sont caractéristiques de la morve et du farcin des solipèdes.

Dans la morve chronique et dans la morve aiguë, c'est ordinairement dans l'appareil respiratoire et les organes lymphatiques annexés que se trouvent les altérations anatomiques. Les boutons, les chancres morveux, existent sur la cloison nasale, les cornets, souvent d'un seul côté avec adénite ou glandage unilatéral. Le repli interne de l'aile du nez est un lieu d'élection de ces lésions. Les boutons ou nodosités sont isolés, peu nombreux ou parfois disposés en séries, gros comme un grain de millet ouun petit pois, placés sous la muqueuse ou le tissu sous-jacent. Les petites nodosités ont une teinte jaunâtre, plus pâle que la teinte normale de la muqueuse. Le bouton de morve est d'abord dense, gris et translu- < ' cide, et plus tard il devient opaque et d'un blanc jaunâtre. L'épithélium qui le recouvre se détache et la partie centrale du bouton, devenue caséeuse et friable, est éliminée en laissant une cavité ulcéreuse, entourée par une induration et qui linalement constitue le chancre morveux. Quand les chancres morveux sont rapprochés, ils se confondent, les bords sont dentelés et ils produisent de larges ulcérations revêtues ou non de bourgeons charnus et de rares cicatrices incomplètes. Les tissus sous-jacents fi aux ulcérations morveuses sont indurés ; le périoste de la pituitaire est gonflé, quelquefois ossifié; les os peuvent être épaissis, mais poreux, peu consistants, d'autres fois il y a hyperostose avec stalactites et fragilité de l'os. ,

• (I) A. Zundel, article Morve {Dictionnaire de médecine, de chirurgie et d'hygiène vétérinaires (le Hurtrel d'Arboval, -1' édition, t. 11, p. 559, 1875).

(2) H. BouLEY et J. Renaut, article i1/o/w)e { Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, -1' série, t. X, p. 146 et US, 1876. — A.TardieucI Martineau, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XXIlt, p. 81, 1877.

FOSSES NASALES

Le larynx, la trachée, les bronches sont le siège de lésions identiques à celles de la pituitaire, mais moins fréc{uentes et qui ont été bien étudiées par Tardieu. Les poumons offrent des lésions remarquables (voyez Poumons).

Dupuy, Rodet, Will, Dieterichs, etc., avaient assimilé la morve et le

FiG. 115. — Éléments anatomiqiies de la morve du cheval *.

fercin à la tuberculose humaine. Virchow, Saint-Cyr, Gerlach, Trasbot et Cornil ont regardé la néoplasie morveuse comme une granulation, un granu-

* FiG. 115. — Éléments corpusculaires des néoplasies et des ulcérations morveuses du cheval, a, éléments et corpuscules fiisiformes; b, corpuscules arrondis, la plupart nucléaires; c, éléments corpusculaires, cellulaires et nucléés ; d, ensemble des éléments morveux pris dans une ulcération nasale, les uns sont fusiformes, les autres arrondis; e, cellules épithéliales cylindriques et ciliées, la plupart modifiées ; f, grandes cellules nucléolées, formant des agglomérations morveuses. Grossissement, 300 diamètres (d'après Gerlach).

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lome formé de cellules analogues à celles du tissu conjonctif ordinaire. C'est dans ce sens que Guerlach a décrit des éléments néoplasiques ou corpuscules morveux (fig. 115), tantôt à cellules fusiformes (fig, 115, a) \ et tantôt arrondies ou d'aspect varié (6, c, d, e, /). j

Pour Trasbot,dont Cornil adopte l'opinion (1), les granulations morveuses sont formées par un épaississement de tissu granuleux, ayant des ^ fibres continues avec le tissu conjonctif voisin, à réseau serré, dans chaque maille duquel sont trois ou quatre noyaux embryo-plastiques. En somme, on trouve de petites cellules au sein d'une substance vaguement j fibrillaire. Les éléments cellulaires s'atrophient au centre des nodules et il serait impossible de distinguer l'un de ces produits de la morve équine d'une granulation tuberculeuse humaine.

J. Renaut admet que les lésions morveuses débutent dans les fosses nasales, la trachée et les bronches, par des nodules inflammatoires, s' accompagnant d'énormes congestions, d'exsudation fibrineuse et d'hémorrhagies. Des globules blancs du sang, à contenu plus ou moins distinct, à noyaux bourgeonnants, sont plongés dans une masse granuleuse. Les éléments du nodule morveux meurent, se caséifient, s'éliminent et il en résulte une ulcération morveuse. Ces intéressantes questions seront reprises et complétées à l'article : Morve pulmonaire.

La corde morveuse ou les cordes morveuses sont des lymphangites inflammatoires simples ; la glande de morve constituant le glandage est une adénite avec inflammation diffuse ordinaire. Les mailles du tissu L réticulé des ganglions sont gorgées de globules blancs, les cellules endo- | théliales propres du ganglion se multiplient. Les ganglions lymphatiques j sont, dans la morve chronique, gros, lourds, devenus homogènes et caséi- J fiés à la coupe (voyez Ganglions lymphatiques).

En sus de ces lésions pour ainsi dire fondamentales de la morve équine, on trouve les collections purulentes des sinus et l'épaississement de leur membrane, les indurations pleurales, pulmonaires, une altéra- i tion du sang caractérisée par une leucocytose remarquable.

Avant de terminer, il convient d'insister expressément sur ce fait que les lésions morveuses résultent de l'introduction d'un virus identique déterminant des lésions différentes bien qu'analogues, chez l'homme, le cheval et d'autres animaux. Tantôt, chez l'homme comme chez le cheval,. ' c'est une tumeur et un ulcère primitif, dit chancre farcineux, avec une traînée de lymphangite et adénite avec abcès et suppurations diverses ; tantôt c'est la localisation plus marquée de la même maladie dans les fosses nasales et l'appareil respiratoire, nommée plus spécialement alors morve aiguë et chronique. Mais dans tous les cas ces lésions de la morve

(I) Cornil et Ranvier, Manuel d'hislologie pathologique, l^' partie, p. 213, 18G9.

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variables suivant les espèces animales n'ont pas de caractères anatomopathologiques absolus, propres, pathognomoniques ; c'est leur ensemble, leur résultante qu'il faut considérer pour se prononcer. Les granulations morveuses n'ont pas plus d'éléments morveux spétùaux que le tubercule ou la syphilis.

D'après les recherches les plus récentes, le chien et les félins (chat, lion) pourraient être atteints de la morve, ainsi que le mouton et la chèvre, mais les espèces bovine et porcine ne l'auraient point, niles lapins, ni les oiseaux de basse-cour.

Rayer, De la morve et du farciii chez l'iiomme (Mémoires do l'Académie de médecine, t. VI, 1837). — NivET, Observation de morve aiguë chez l'homme (Gazette médicale, 1838). — BUR- GLiÉiiES et ViGLA, Observation de morve aiguë (Expérience, 1838). — Vigla, De la morve aiguë, thèse de Paris, 1839. — Lenepveu, Observ. de farcin chronique terminé par la morve aiguë (Expérience, 1839). — A. Tardieu, Obs. et recherches nouvelles sur la morve chronique (Archiv. gén. de médecine, t. Xll, p. 459, 1841). — A.. Tardieu, Do la morve et du farcin chroniques chez l'homme et ciiez les solipèdes, thèse de Paris, n° 15, 1843. — Guittet, De la morve du cheval et de sa transmissibilité à l'homme. Angers, 1858. — H. Boulev, Rapport sur la morve farcineuse chronique de l'homme (Bidlotins de r.4cad. de médecine, t. XXVI, p. 854, 1861). — Discussion (ibidem, t. XXVI, 1861). — H. Lebert, Traité d'anat. path. génér. et spéciale, t. II, planches CXCV et CXCVI. Paris, 1861. — Leisering, Zur pathologischen Anatomie des Rotzes. Dresden, 1865. — Tarnowski, De la morve et du farcin chroniques chez l'homme et de leurs complications, thèse de Paris, 1867. — Ghauveau, Isolement des corpuscules virulents (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 24 février 1868). — Christot et Kiener, De la présence dos bactéries et de la leucocytose concomitante dans les affections farcino-morveuses (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1868). — R. Virchow, Pathologie des tumeurs, traduit par Paul Aronssohn, t. Il, p. 534, 1869. — G. Leblanc, Arch. gén. de médecine, 1869. — Gaptand, Obs. de morve chez l'homme (Med. Times and Gazette, octobre 1872). — V. Brigidi, Sulia morva (Lo Sperimentale de Florence, mai 1873). — Molinier, Morve aiguë, etc. (Revue médicale de Toulouse, 1874). — J. Benaut, Lésions anatomiques de la morve équine (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, 1875). — Potain, Morve anormale chez un homme (Union médicale, n° 21, 1876), — Brouardel, article Morve et farcin chez l'homme (Dictionnaire encyclop. des sciences médicales, 2= série, t. X, p. 191, 1876). — A. Takdieu et Martineau, article Morve et Farcin (Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XXIII, p. 129, 1877).

Hyperhémies, Hémorrhagies des fosses nasales.

Vhyperhémiede lapituitaire est fréquente dans la fièvre typhoïde, dans la rougeole, etc. On la trouve autour des tumeurs diverses des fosses nasales.

! Vhémorrhagie nasale, ou épistaxis, est la plus fréquente de toutes les hémorrhagies, elle est tantôt primitive succédant à une congestion rapide, tantôt secondaire dans la fièvre typhoïde, le scorbut, les ictères malins, l'hémophilie. On a voulu admettre une altération préalable des vaisseaux, june stéatose des capillaires. Je ne l'ai jamais constatée, mais elle n'est pas impossible. J'ai vu chez une jeune fille hémophile, les hémorrhagies arrê-

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tées dans les fosses nasales se produire sur la muqueuse oculaire et, de la qastrorrhagie survenir. Aucun examen analomique n'a été possible.

Chez un malade hémophile et qui avait succombé dans mon service à l'hôpital Necker, j'ai trouvé les vaisseaux des gencives altérés (voy. p. -2/i.). Peut-être les épistaxis, en apparence spontanées, sont-elles dues à une dilatation avec minceur exceptionnelle de quelques vaisseaux, peut-être à un état d'ectasie latérale, aune fragilité des parois.

Les hémorrhagies traumatiqiies des fosses nasales résultent de contusions violentes ou de plaies de la muqueuse; les bosses sanguines, de couleur rouge foncé, ecchymotiques, sont doubles de chaque côté de la cloison s'il y a fracture (1) et même sans fracture des os propres du nez, avec torsion de la cloison et décollement de la membrane de Schneider. Les ulcérations, les tumeurs molles néoplasiques, saignent souvent au moindre contact ainsi que par l'éternument.

Corps étrangers et parasites des fosses nasales. I. — Coi-p!« étrangers; Rliînolithes.

A. — Les corps étrangers des fosses nasales et des sinus peuvent être de diverses natures ; ils sont retenus dans les anfractuosités des cornets ou dans les cavités des sinus, et ils peuvent augmenter de volume par suite d'un encroûtement de sels calcaires. La muqueuse sur laquelle ils reposent est alors déprimée, érodée, ulcérée, ou fongueuse, recouverte de pus ou de mucus, parfois avec des ulcérations ; l'odeur d'ozène se produi fréquemment.

Ces corps étrangers sont le plus souvent de petites pierres, des noyau de fruits, des morceaux de bois : on a trouvé dans les fosses nasales de; haricots, boutons de chemise, anneaux, des boules de verre, une den incisive, un morceau d'ambre, un fragment ou éclat d'obus (Verneuil), etc Leur volume au moment de l'introduction par la partie antérieure de fosses nasales ne dépasse pas un centimètre environ. Certains corps étrar gers pénètrent par le pharynx dans la partie postérieure des fosses nasales Au lieu de tomber dans l'œsophage au moment d'être avalés, une quint de toux les projette en haut, et ils sont retenus dans les replis des corne! où ils séjournent parfois très-longtemps, sans que le malade ait conscient de leur présence.

(1) BEAUSbENAT (Simon), Des tumeurs sanguines et purulentes de la cloison des fosses nasalt llièse de Paris, n» 159, 1864.. — Denis de Casabianca, Des affections de la cloison des fosi nasales, tlièsc de Paris, 1876.

FOSSES NASALES

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B. Rhinolithes. — Les corps étrangers des fosses nasales connus sous îe nom de rhinolithes, ou pierres nasales, sont des concrétions calcaires n'ayant pas pour noyau un autre corps étranger. Leur nombre est variable; ordinairement on trouve un seul calcul, d'autres l'ois la quantité en est assez considérable. Ils se produisent à droite comme à gauche, plutôt en bas et dans le méat inférieur. Ils se développent dans les tissus frontaux et descendent ensuite dans le sinus maxillaire (Lanzoni). Les concrétions nasales peuvent boucher les narines, déplacer la cloison sur un côté, la détruire en partie, ou bien être à cheval sur elle.

La grosseur des rhinolithes varie depuis celle d'une lentille, d'une fève, d'une noix, jusqu'à celle d'un œuf de pigeon. Leur surlace rarement lisse est plutôt rugueuse, ou poreuse, et leur couleur est blanchâtre, d'un gris sale ou noirâtre. Parfois isolées, ou placées dans une coque membraneuse, les pierres nasales montrent sur une coupe médiane une disposition de tuniques emboîtées et seulement une masse irrégulière quand il y a une coque; l'intérieur peut être liquide ou albumino-graisseux.

La composition chimique des rhinolithes offre à peu près les éléments du mucus nasal. Axmann, Bouchardat et Geiger y ont trouvé des carbonates, phosphates de chaux et de magnésie, chlorure de sodium, traces de carbonate de soude et du mucus; on y a signalé aussi des traces de sulfates.

Yerneuil a fait connaître l'existence d'une matière caséeuse, fétide, remplissant les cornets et les méats au-dessus et près d'un calcul. L'examen microscopique a prouvé que cette matière résultait de l'agglomération de cellules épithéliales et de leucocytes (voy. Coryza caséeux, p. 403).

Demarquay, Mémoires sur les calculs des fosses nasales, etc. (Archives gén. de médecine, 4° série, t. VIH, p. 174, juin 1845). — Hays, Bouton de verre siégeant depuis plus de vingt ans dans les fosses nasales (American Journal of med. Sciences, p. 390, 1858). — Bron, Des corps étrangers dans les narines (Gaz. inéd de Lyon, n° 36, 1867). — ■ Hickmann, Corps étranger logé depuis treize ans et demi dans la cavité naso-pharyngienne, etc. (British médical Journal, septembre 1867). — S. Duplay, Corps étrangers et calculs des fosses nasales (Tiaité élémentaire de pathologie externe, t. 111, p. 775, 1869). — Tillaux et Gillette, Calculs des fosses nasales {Union médicale, n° 86, p. 121, 1876), et Gillette, Clinique chirurgicale des hôpitaux de Paris, 1877, p. 276.

S. — Parasites des fosses nasales.

Des vers erratiques tels que des lombrics ou des trichocéphales pourraient peut-être remonter dans les fosses nasales, mais on doit accueillir avec réserve les faits d'insectes ou d'animaux qui ont séjourné dans ces cavités. On trouve dans les ouvrages spéciaux des récits de Myriapodes

Al'PAlïEIL DE LA R ES l' lU AT 1 0 N.

(Scolopendres) ayant resté long-temps à Félat parfait dans les fosses nasales ou les sinus en causant des accidents variés (1).

La présence de larves de mouches est au contraire assez fréquemment observée en France : c'est la mouche bleue de la viande {CaUiplwra vomitoria) et la mouche dorée {Lucilia cœsar) qui déi)osent leurs œufs à l'orifice des fosses nasales. Dans les pays chauds, une espèce des plus redoutables est la Lucilia hominivorax.

Les désordres produits par ces larves de mouches, dont le développement est des plus rapides, sont trop souvent effroyables et mortels : à l'érosion, à la perte de la muqueuse, succèdent la perforation des parties cartilagineuses et osseuses du nez, des fosses nasales, des sinus, de l'orbite, etc., accompagnées d'inflammation phlegmoneuse des téguments et aussi de méningite.

Tarih: Chandek Lahory, Observations on Pcnash (Edinburgh meil. Journal, octobre 1855). — Charles Coquerel, Note sur des larves développées dans les sinus frontaux et les fosses nasales de l'homme (Annales de la Société entomologique de France, 1858, et Archives de médecine, 5° série, t. XI, p. 513, 1858). — Oriosola, Giisanera de las narices (Gaz. med. de Lima, p. 50, 1858). — AuDOUiT, Des désordres produits chez l'homme par les larves de la Lucilia hominivorax, thèse de Paris, n'^ 23, 1864. — E. Gonzalès, La mosca hominivora; Dissert. Monterey, 1865. — Jacob, Affection parasitaire des fosses nasales observée au Mexique, etc. (Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, 3° série, t. XVIl, 1866). — A. Frantzuis, Présence de larves de mouches dans les fosses nasales des individus affectés d'ozùnc (Virchow's Arcliiv, Band XLIIl, p. 198, 1858). — J. Ollet, De la Lucilia hominivorax à la Guyane française, thèse de Montpellier, 1869. — A. Laboulbène, article Lucilie (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 2" série, t. III, p. 166, 1870). — G. Bonnet, Contribution à l'étude du parasitisme, thèse de Montpellier, 1870 — 0. Maillard, De la Lucilia hominivorax, thèse de Montpellier, décembre 1870. — Buchanan, Œufs de mouche dans les fosses nasales (Philadelphia Médical Times, octobre 1875). — J.-B. de Argumosa, Larves d'une mouche de Cayenne dans les fosses nasales (Cronica medico-quirurgica de la Habana, vol. I, 1876).

Vices de conformation.

L'oblitération congénitale des narines produite par une membrane obtante, et le rétrécissement, l'exiguïté considérable des fosses nasales sont les seules lésions qui méritent d'être indiquées. Le manque du nez et la cavité béante des fosses nasales privées de cloisons et de cornets sont extrêmement rares.

(1) Gervais et Van Beneden, Zoologie médicale, t. I, p. 426 et suiv., 1859. — Moquin-Tandon, Eléments de zoologie médicale, 2' édition, p. 229, 1862.

FOSSIÎS NASALKS.

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