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Atrophie «les artères

L'atrophie des tuniques artérielles dans leur ensemble est liée à un état congénital. Rokitansky signale le sexe féminin comme plus exposé (2). Dans un cas l'aorte était diminuée de volume et n'était pas plus grosse qu'une iliaque et même une carotide. Le corps est dans un état relatif d'atrophie, surtout les organes génitaux. Les artères au-dessus d'un membre amputé sont atrophiées à la suite de la perte de ce membre.

(1) A. FoERSTER, Handbuch der jmtholooisclien Analomie, Zweite Auflage, t. II, p. 726, 1863.

(2) C. Rokitansky, Lerbuch der paihologisclien Analomie, Dritte Aullage, t. II, p. 385.

ARTÈRES

! Dégénérescences et néoplasmes des artères.

fi . — Bégéncrescence graisseuse ; Atliéroinc artériel.

La dégénérescence graisseuse des artères peut être primitive ou seconiaire. Elle est très-fréquente, comme lésion protopathique dans l'aorte, lu-dessus des sigmoïdes et elle parait commencer près du cœur, pour de à s'étendre le long du gros vaisseau artériel. Les parties altérées ne sont )as saillantes, ou à peine en relief, elles forment des taches allongées i)lanchâlres ou jaunâtres.

Examinées sur des lambeaux de membrane enlevés à la pince, ou sur les coupes longitudinales, parallèles à l'axe de l'aorte, on trouve au mi- Toscope des îlots de granulations et de gouttelettes de graisse remplisant les cellules plates et ramifiées, propres à la tunique interne artérielle voyez fi g. 157, B).

FiG. 157. — Dégénérescence graisseuse des artères *.

L'altération graisseuse des tuniques artérielles, ou leur stéatose propreaent dite, est plus souvent secondaire que primitive ; elle accompagne outes les artérites prolongées, endartérites et mésartérites. On la voit rès-bien sur des coupes transversales où l'on constate que les cellules de 1 membrane interne sont atteintes (fig. 157, B) et pareillement, que les granulations et gouttelettes graisseuses sont déposées autour des fibres nusculaires de la tunique moyenne et entre les fibres et les lames élasjiques. Les fibres musculaires sont infiltrées de granulations grisâtres ou aunâtres solubles dans l'éther et la térébenthine (fig. 157, A).

Dans une artère en voie de dégénérescence graisseuse, la plaque géla-

* Fig. 157. — Dégénérescence graisseuse des tuniques dans les artères cérébrales; A, mélalorphose graisseuse des cellules et fibres musculaires de la tunique moyenne; B, Granulations raisseuses déposées dans les cellules plates et ramifiées de la membrane interne. Grossissement 00 diamètres (Virchow, Pathologie cellulaire).

Al'PAUElL DE LA GIUCULATION.

tiniforme devenue dure et sclérosée montre un tissu vaguement fibroide (fig. 158). La tunique interne épaissie a ses éléments cellulaires infiltrés de granules graisseux, formant un point opaque, jaunâtre, qui s'agrandit et devient un foyer athéromateux (fig. 158, d).

Fig. 158. — Endartérite chronique avec foyer athéromateu-X *.

Vathérome volumineux ou foyer athéromateux siège dans la tuniqu« interne ; il est recouvert par une mince portion de la membrane la plul superficielle de cette tunique. Le pourtour est souvent plus épais et formJ

relief, le centre est déprimé; l'ensemble d| l'athérome intact rappelle l'aspect de la pus| tule variolique ombiliquée.

En ouvrant un foyer d'athérome et eij pressant sur lui on en exprime une bouilliS ou un dépôt épais et blancbâtre comme d« mastic de vitrier (voyez fig. 156, a). CettI bouillie, de même que le détritus des foyeii athéromateux ouverts, est formée de granuf lations graisseuses, de débris d'éléments del Détritus e.\trait d'un tuniques ramollics, ayant la forme de grui meaux plissés, de cristaux d'acides gras el de lamelles de cholestérine très-reconnaissables lorsqu'elles sont vu^ de face (voyez fig. 159).

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Fig. 159.

foyer athéromateux artériel

* Fig. 158. — Coupe perpendiculaire à une plaque d'cndartérite avec foyer atiiérninateuît» 4|o|(j a, tunique interne, très-épaissie en c, vaguement llbroïde, avec un dépôt granulo-graisseu;] athéromateux en d; b, limite des tuniques interne et moyenne. Grossissement 25 diamètre (E. Rindneisch). il|

** Fig. 159. — Bouillie athéromateuse artérielle, a, a, granulations et gouttelettes graisseuse! i'| provenant de la métamorphose graisseuse des cellules de la tunique interne ainsi que des fibres mus culaires de la tunique moyenne; b, amas plissés, granuleux, provenant du tissu ramolli des men| branes artérielles; c, plaques ou tablettes rhomboïdales de ciiolestérine, vues à plat; c', c', mêm< plaques vues de profil et par la tranche. Grossissement 300 diamètres (Virchow, Patholog' cellulaire).

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ARTÈRES

On trouve parfois à l'autopsie le foyer d'athérome ouvert, par éclat de a membrane pelliculaire sus-jacente et trop amincie. La solution de coninuité peut n'être que peu visible, comme une fente ou une fissure. Le létritus se mêle au sang en circulation et celui-ci pénètre dans la cavité ie Tathérome; le pourtour et l'intérieur offrent alors une teinte rougeàtre )u jaunâtre, parfois brunâtre et même noirâtre, avec des bords festonnés. ]es foyers ouverts ont une forme en ampoule, ou en godet, forme carac- ;éristique ; ils peuvent être l'origine d'anévrysme, ou bien, s'ils sont très- ^uperficiels, ils s'évident et il reste une dépression à la face interne de l'artère.

Quand on pratique des coupes verticales, ou en travers, sur un foyer p'athérome, on voit que le fond repose sur les parties profondes de la punique interne, dont les éléments cellulaires sont infdtrés de graisse. De plus, les portions superficielles de la tunique moyenne sont elles-mêmes en dégénérescence graisseuse et leurs éléments en partie atrophiés. Les bords de l'athérome sont renflés et montrent une substance tîbroïde, des Qoyaux et cellules embryonnaires, des granulations graisseuses formant des athéromes microscopiques. L'altération de la tunique interne rappelle pguement la constitution de la substance propre du cartilage, la transformation est, en quelque sorte , chondroïde, mais les chondroplastes ||font absolument défaut.

Ch. Morel, Recherches sur le poiat de départ et l'évolution de l'athérome artériel, thèse de Paris, n» 118, 1855. — R. VmcHOVv, Das atheromatose Process, etc. (Gesamm. Abdhandl. zur iwissensch. Medicin, S. 492, 1856). — B.-H. Baudon et G. -M. Bop.el, De l'athérome artériel, etc., (thèses de Strasbourg, 1859, 11°" 493 et 499. — LÉCORCHÉ, Des altérations athéromateuses des I artères, thèse d'agrégation, Paris, 1869.

S. — Dégénérescence calcaire : Calcification des artères.

La dégénérescence calcaire, ou calcification artérielle, coexiste parfois avec la stéatose ; elle résulte constamment de l'artérite chronique. Dans tous les cas, des particules de sels de chaux se déposent molécule à molécule dans la matière unissante, interposée aux cellules dans la profondeur delà tunique interne, et dans la lame moyenne de la tunique moyenne. La calcification s'étend ensuite vers la partie interne, et sur une aorte, par exemple, en voie de calcification, on aperçoit des plaques lisses, des portions ayant un aspect écailleux, revêtues d'une même couche continue, ou déjà fendillée. On voit ainsi des plaques imbriquées, demi-transparentes, cassantes, peu élastiques, situées sur une partie de la circonférence ou surtout le pourtour de fartère, qui est transformé en un canal à parois rigides et non élastiques. Les plaques calcaires, parfois très-minces, peu-

APPAREIL DE LA CIRCULATION

vent être mises à nu à la surface de la tunique inlerne; sous l'effet de la circulation sanguine elles se soulèvent et peuvent se briser. Elles déterminent alors soit un coagulum fibrineux, soit un embolus qui se rend dans une division du système artériel.

Dans la transformation calcaire des artères de moyen calibre, les tuniques internes et moyennes, rigides, solidifiées par le dépôt de sels de chaux, ont un aspect spécial, ainsi qu'une dureté caractéristiques (voyez fig. 460).

L'ossification prétendue des artères, non plusi que leur cartilaginification véritable, n'ont jamaisi été démontrées. Il n'existe point dans la calcification artérielle d'ostéoplastes, caractéristiques du tissuj =lillî osseux proprement dit.

Bégénéresccnce auiyloïde.

Les petites artères, ou artérioles, sont asse^ souvent atteintes de dégénérescence amyloïde. Leui tunique moyenne est formée de cellules muscul laires lisses, et celles-ci se fondent ensemble, s« Fig. 1 60.— Artère crurale soudcut en uuc massc rendant la paroi du vaisi atteinte de calcification*. ^^^^^^ épaissc (fig. 161). On Constate au microscopi que la matière amyloïde s'infiltre d'abord dans les éléments musculairej

Fig. 161. — Dégénérescence amyloïde d'une petite artère **.

* Fig. 160. — Dégénérescence calcaire de l'artère crurale et de ses branches, a, tuniqi| interne; et h, b, tunique moyenne calcifiées. Grandeur naturelle (E. Riiidfleisch). j

** Fig. 161. — Dégénérescence amyloïde d'une artériole de la muqueuse intestinale; le tror ^ situé à gauche de la figure est encore intact. Grossissement 300 diamètres (Virchow, Paiholog cellulaire).

A KTÈRES.

lisses, conservant assez bien leurs formes. En employant l'iode et l'acide sulfuriqiie, l'artère bleuit et semble avoir été injectée.

Les artérioles de la rate, du foie, du rein, de la muqueuse intestinale sont les plus atteintes par la dégénérescence amyloïde, à la suite de la phthisie, de suppurations prolongées, de la syphilis. Leur calibre rétréci favorise la coagulation du sang qu'on y trouve.

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