Hypertrophie et atrophie dos lèvres et des Joncs
L'hypertrophie des lèvres seules constitue la macrochélie {t^axpU grand, )(;tr)o; lèvre), elle est commune chez les crétins et peut coïncider avec celle des joues et de la langue. La lèvre double est renforcée en arrière par un bourrelet muqueux. Dans un cas de lèvre double, la tumeur a été trouvée formée de tissu lymphatique par Billroth et par Dolbeau.
Vhypei'trophie simple des joues est liée à l'éléphantiasis.
Vatrophie des joues et des lèvres accompagne ordinairement l'atrophie générale du visage.
. s. — Néoplasmes, parasites des Jones et des ièrres.
Les tumeurs et les néoplasmes des lèvres et des joues peuvent consister : 4° dans le développement exagéré des papilles ou papillomes ; 2» en épithéliomes connus aussi sous les noms de cancroïdes et de cancers, ceux des joues peuvent acquérir un développement considérable ; 3° de tumeurs érectiles, angiomes capillaires ou veineux ; 4-" le fibrome, Venchondrome, le lipome ont été signalés aux joues et aux lèvres. Toutes ces néoplasies seront successivement étudiées plus tard, je me borne actuellement à signaler leur existence possible aux joues et aux lèvres. 5° Les glandes labiales et buccales hypertrophiées, devenues énormes et colloïdes, ont parfois leur conduit excréteur oblitéré, et alors elles forment des kystes glandulaires.
LABOVLBÈNE. 2
18 APPAREIL DE LA DIGESTION
Les parasites, très-rares dans ces régions, sont des échinocoques, el des cysticerques.
Hyperhémies. — Hémorrhagies.
Les parois buccales sont normalement plus vasculaires chez l'enfant nouveau-né et dans les premiers temps de la vie, les papilles sont plus développées, plus saillantes. On constate alors un état hyperhémique pouvant faciliter les hémorrhagies, et un premier degré d'inflammation aiguë, nonseulement dans la cavité buccale, mais encore dans toute l'étendue du canal intestinal et de la muqueuse bronchique.
Je ne mentionne présentement que pour mémoire, les colorations diverses dues à l'hyperhémie buccale dans les maladies fébriles générales : rougeole, scarlatine, fièvre typhoïde, de même les vésicules varioliques, les enduits divers qui peuvent revêtir l'intérieur des joues, Il va en être question en traitant de la langue et du pharynx.
Les hémorrhagies buccales du scorbut et de l'hémophilie se manifestent à la face interne des joues ou ordinairement sur les gencives, soit par des ecchymoses, soit sur des surfaces saignantes; il en sera bientôt traité à propos des gencives.
Vices de conformation, monstruosités de la bouche et des lèvres.
Les principaux vices de conformation de la cavité buccale consistent : en l'absence de la bouche ou astomie, ( a privatif, sto^x, bouche), de la mâchoire supérieure atéloprosopie {àrùriç, incomplet, Tf/JôffWTrov, visage), ou de la mâchoire inférieure agnathie («privatif, -/vâ&o?, mâchoire), atélognathie {àxzlh; incomplet, et yviOo;, mâchoire).
L'absence des lèvres seules est connue sous les noms d'achélie, ( « privatif, y^uloç, lèvre), d'atélochélie, (àrcHî, incomplet, j^eD.o?, lèvre); la petitesse extrême sous le nom de microchélie, (pcxpèc, petit, ^^cîO.oî, lèvre).
Ces termes s'expliquent d'eux-mêmes par leur étymologie.
La petitesse de la bouche portée au plus haut degré occasionne la microstomie, (fAi^f^ôs, petit, crop-a, bouche) ; la brièveté extrême de la mâchoire inférieure rend cette mâchoire brachygnathe (,5ûaj^u;, court yvâO^s;, mâchoire); de même il y a macrostomie (f-taxpà?, grand, cTôfia, bouche), quand le développement de la cavité buccale est exagéré.
Le bec-de-lièvre est constitué par la division congénitale des lèvres; il est presque toujours situé à la lèvre supérieure, cependant la lèvre inférieure est elle-même atteinte de fissure congénitale.
CAVITÉ BUCCALE
Le bec-de-lièvre simple, c'est-à-dire sans complication, est rarement médian, presque toujours latéral et gauche. La solution de continuité est placée au point de jonction de l'os incisif et du maxillaire supérieur; elle s'étend plus ou moins sur la hauteur de la lèvre, et peut atteindre la narine. Le bec-de-lièvre inférieur est toujours médian. Le bec-de-lièvre double est bilatéral, et avec un petit lobe médian plus ou moins développé.
Le bec-de-lièvre compliqué offre non-seulement la division des parties molles, mais celles du rebord alvéolaire et de la voûte buccale jusqu'au .voile du palais; on a ainsi de larges fentes antéro-postérieures, et qui sont labio-alvéolaires, labio-palatincs et uvulées.
La gueule-de-loup est caractérisée par l'atrophie des os intermaxillaires; la gueule-de-lion consiste en une fente qui, de l'angle des lèvres, se rend à la pommette et jusqu'à l'angle externe des yeux<
SaiMMERiNO, Abbildiing und Beschreibun"; ciniger Missgeburtcn. Mainz, 1791, in->folio, avec 12 planch. — Knape, Monst. Iiiiman. desciipti Berlin, 1823; — Hesselbach, Beschreibung der pathologiscbon Wiirzbiirger Priiparate. Gicssen, 182i, in-8. — Otto, Seltenc Bcobachtungcrl zur Analomie, Physiologie und Pathologie gehijrig. Breslau, 18"2i. — Monstr. soxcentorunt descrip. anatomica. Vratislavi;c, 1811, n" 386. — Isidohe Geoffroy Sain't-Hilaire, Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation chez l'homme et chez les animaux, ou Traite de tératologie, 1. 1, Paris, 1832.^ Paul, Bulletin de la Société de Gand, 1857. — Gressy (Al.), Des imperforations et atrésies congénitales delà face. Thèse de Paris, 1857. — Larcher, Journal dé l'anatomie et de la physiologie^ De l'homme et des animaux. 1868. — Hamy, L'os interirlaxillaife de l'homme à l'état normal et pathologique. Thèses de Paris, 1868. — Magitot (E.), Études tératologiques, de la Polygnathic chez Phomme (Annales de gynécologie, 1875).
Bec-de-lièvre simple. — Muralt, Ephemer. act. nov. curiosor., 1715. — Butcher, Quarterly Journal of médical science. Dublin, 18G0. — BouissoN, Becherches sur les fissures congénitales des lèvres. Variétés nouvelles tribut à la chirurgie, t. II. Montpellier, 1861. — Pelvet, Mémoire sur les fissures congénitales des joues (Gaz. méd. de Paris, 1861).— Dec-de-liévre compliqué. — ■ Heister (L.), De labio leporino. In-i. Hclmstadt, 1714. — Isid. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire générale et particulière des anomalies de l'organisation, ou Traité de tératolo^^ie, 1. 1. Paris, 1832. — Laroche, Essai d'anatomie pathologique sur les monstruosités de la face. Paris, 1823. — Gratiolet (P.), Des scissures anormales de la paroi supérieure de la bouche et du bec-de-licvre en particulier (Ann. franç. et étrang. d'anat. et de physiol., t. III, 1839).— Denonvilliers, Michon, Gi'ERSANT, Verneuil, etc.. Bulletin de la Société de chirurgie, 1856, 1857, 1859. — Bichet, Depal'l, id., 1861. — Boymier, Du bec-de-lièvre, son anatomie pathologique et son étiologie. Thèses de Paris, 1859. — Virchow, Ueber Missbild. am Ohr und im Bereiche d. erst. Kiemenbogens (Arcliiv: fiirpath. Anat., t. XXX et XXXII, 1861).— Demarquay, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. IV, Paris, 1867). — Callen'DER, Philosoph. Traiisact. London, 1869. — Chré^ tien (U.), Des fissures congénitales de la voûte palatine et de leur traitement. Thèse de Paris,