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gescenl ou irrégulièrement dilaté ne revient plus sur lui-même, il est fixé dans sa position. On trouve dans le cerveau, là où le capillaire est engaîné dans un lymphatique, des dilatations, parfois une rupture, et le sang se répand dans la gaîne lymphatique (voy. Hémorrhagie des capillaires).

Les plaies, les tumeurs enflammées, montrent les parois et le pourtour des capillaires inliltrés de noyaux et de néocytes emhryoplastiques, qui arrivent à produire les bourgeons charnus ainsi que les éléments des cim^ trices. Il se forme, sur la paroi des capillaires, des prolongements cellulaires qui s'avancent, se réunissent à des prolongements voisins et fina' lement constituent des anses. Ces prolongements, creux à leur centre livrent passage aux globules sanguins en circulation.

Là néo-formation de vaisseaux capillaires est assez fréquente. J'ai signal(! les réseaux des vaisseaux pulmonaires et intercostaux à la suite de tubercu lose superficielle, dans les adhérences pleurales (page 530). Il en a éti ainsi dans les greffes de tissus transplantés (Bert, OUier). Les néoplasie; végétantes présentent des vaisseaux de récente formation, souveD pourvus de varicosités et de dilatations ampullaires.

Les vaisseaux nouveaux dérivent des anciens capillaires ; on n'a pa sûrement constaté leur développement, de toutes pièces, comme Kalten brunner et Gruveilhier l'ont supposé, suivis en cela par Frey et Billroth Les bourgeons et les anses prolongés se rendent au contact d'autres boui geons et se réunissent à eux. Dans les néo-membranes, j'ai observé de prolongements stelliformes. Rokitansky signale de longs bourgeons e forme de massue, prolongement des capillaires des plèvres. Les globuk sanguins ne paraissent pas, dans l'état adulte, se produire aux dépens d cellules embryonnaires, qui deviendraient libres au sein de vacuoles aller gées, finissant par communiquer ensemble et avec les anciens capillaires

Néoplasmes et dégénérescences des vaisseaux capillaires, 1. — Héiiianj^ioiHCS : Tiiinciii'iS érectilcs 5 jlTievi,

Les tumeurs composées d'un lacis de vaisseaux et se laissant distendi par le sang ont porté les noms de loupes variqueuses (.l.-L. Petit), an( vrysmes par anastomoses (J. Bell), de tumeurs fongueuses sanguini (Boyer, Roux). Dupuytren les a appelées tumeurs érectiles. Ce sont encoi les télangiectasies de Walther et les tumeurs vaso-capillaires de Gerd

Le terme cVangionome (F oUïn) et mieux d'a^^gfiome (Yirchow) répond la classification et à la terminologie générale des tumeurs; il désigne tout les tumeurs érectiles, soit capillaires, soit artérielles, soit veineuses. L angiomes sanguins sont des hémangiomes, par rapport aux angiom lymphatiques ou lymphangiomes.

VAISSKAliX (;API1.LA IIIES

Mais, si les capillaires conslitiient, par leur développement excessif ou considérable, les angiomes types ou nœvi qui peuvent aussi, comme je l'ai établi depuis lonji'temps, être artériels ou veineux, il s'en laïU quc toutes les tumeurs riches en vaisseaux soient des angiomes. Dès qu'on trouve des éléments cellulaires ou des fibres interposées aux vaisseaux (sarcomes, lipomes, myomes divers et léiomyomes télangiectasiques), on a une tumeur composée et non point un angiome vrai.

Les angiomes simples ou nœvi se distinguent en ce qu'ils ne sont formés que de vaisseaux capillaires, sans fibres musculaires et n'ayant qu'une seule rangée de cellules à noyaux longitudinaux. Mais ces tumeurs à composition si simple sont l'exception ; le plus souvent on trouve les vaisseaux de diverses variétés de capillaires, admis par llenlc et Ch. Robin, ayant de 30 fi à 70 y. de diamètre et même de 70 y. à 150 y-, qui se rapprochent des artérioles et des veinules.

Avec le microscope, sur des coupes durcies, on constate un lacis de vaisseaux capillaires à parois épaisses, assez transparentes, formées de cellules à noyau volumineux. Ces capillaires sont flexueux, ressemblant assez à des tubes enroulés ; la lumière centrale n'est pas toujours facile à constater cpiand les globules sanguins ont disparu, mais je l'ai toujours vue quand je l'ai cherchée. Je ne crois pas que les bourgeonnements des vaisseaux dans les angiomes et les néoplasmes soient d'abord pleins et se canalisent plus tard, je les crois tout d'abord canaliculés à leur centre.

Dans les angiomes renfermant des vaisseaux artériels et veineux, la coupe de ces vaisseaux est plus considérable que celle des capillaires. Sur les sections longitudinales et transversales, on constate une épaisseur plus grande, on reconnaît les couches superposées de cellules ainsi que de fibres musculaires lisses et d'autres conjonctives ou lamineuses.

Les tumeurs sanguines ou angiomes de petit volume, conpues sous le nom de nœvi (1), formées surtout ou uniquement de vaisseaux capillaires, se développent sur tous les points de la peau et très-rarement des muqueuses. Leur forme est aplatie, à base élargie, à surface lisse ou mamelonnée, chagrinée ; elles sont molles à la pression. Parfois cette forme devient remarcpable et représente une demi-sphère, une moitié de fruit, de cerise, de framboise, de fraise, de groseille, ayant peu de relief. Leur production a donné lieu aux interprétations les plus ridicules, beaucoup de femmes les rapportent à des envies qu'elles ont eues pendant leur grossesse et dont leurs enfants portent les marques. Quelques-uns de ces angiomes offrent l'aspect d'une petite crête ou d'un mamelon irrégulier. Toutes ces tumeurs pâlissent par la pression et ne communiquent

(1) A. Laboulbène, Sur le Nœvus en général, eic, tliùse de Paris, n° 38, p. 21, 1854.

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aucun mouvement d'expansion à la main qui les touche. Ces wœw peuvent guérir spontanément ou par la compression.

Les nœvi saillants à composition mixte, renfermant des capillaires et des artérioles ou des veinules, se développent en angiomes artériels ou veineux. Les premiers, de dimension variable, mais plus considérables: que les nœvi capillaires, sont saillants, turgescents et pénètrent profondément dans les tissus; leur couleur est rouge ou rosée. Les angiomes veineux ont une forme mal circonscrite, diffuse, large, aplatie, rarementbombée avec des reliefs et des bosselures ; la coloration est foncée, vio-| lette ou bleuâtre. I

Dans les angiomes capillaires anciens on trouve des dilatations tantôl' régulières, tantôl latérales et partielles. D'autres fois, avec des ectasiesj véritables, il y a des déchirures et le sang s'est extravasé entre les vais-i! seaux. De plus, le tissu conjonclif ou lamineux interposé s'est épaissi, con-i dansé, et les angiomes sont enveloppés d'une gangue fibreuse de forma-ij tion nouvelle. Enfin, le tissu fibreux sclérosique peut comprimer les: capillaires et les oblitérer, le nœvus est alors un petit fibrome.

FiG. 1 74. — Angiome ca|iiUaire *.

La modification la plus remarquable des angiomes est la transformation l<ystique(i), sur laquelle j'ai insisté dans ma thèse inaugurale. Les aréoles

* EiG. 174. — Angiome ou tumeur érectile capillaire de la peau; on voit les anastomoses des vaisseaux formant des lacis compliqués, parfois très-serrés, en bas de la ligure. Grossissemeiil 20 diamètres. Figure demi-schématique.

(Ij A. L\BOULBÈNE, Sur le Nœvus enr/énénil et sur une modification particulière el non décrite, observée clans un nœvus de la paupière supérieure, thèse de Paris, n" 38, p. 55, 1854.

VAISSEAUX CAPILLAIRES

jen se dilatant, puis en s'aboiichant les unes avec les autres, forment des

1* cavités communiquant encore avec les vaisseaux, mais plus tard l'orifice de communication s'oblitère et le sang se coagule puis éprouve des modifications régressives. A la suite d'infiammations provoquées par les caustiques, par le séton, les nœvi capillaires offrent des kystes séparés, remplis d'un liquide huileux ou séreux. Dansle fait d'un wœvtts proéminent de la paupière supérieure gauche opéré par Laugier, j'ai constaté ce fait de la manière la plus évidente.

Les angiomes peu volumineux et capillaires montrent à la coupe une sorte d'éponge fine qui, malaxée dans l'eau et débarrassée du sang, présente à l'œil nu ou à la loupe une suite d'ouvertures très-fines. On voit finalement que de petits vaisseaux disposés en lacis, ou anastomosés, constituent ces tumeurs néoplasiques (lig. I74).

Homme, vingt-cleiix ans, entré à la Pitié pour une tumeur de la paupière supérieure gauche, en occupant presque toute l'étendue et la faisant paraître boursouflée (fig. 175, 4, n). La tumeur est violacée, un peu brunâtre, avec une cicatrice blanche ; elle est opérée par Laugier.

La tumeur enlevée ressemble un peu au stronia de l'ovaire ; elle est fibreuse, dense, renfermant une grande quantité de graisse et une foule de petites vésicules, demi-transparentes, rapprochées les unes des autres, de la grosseur d'une tête d'épingle jusqu'à celle d'un très-petit pois. La couleur du tissu ambiant est d'un blanc jaunâtre ; celle des vésicules est jaunâtre, claire, demi-translucide. Le tissu fibreux, entremêlé dans tous les sens, constitue la trame de la tumeur, et renferme dans ses intervalles ou ses aréoles le tissu graisseux et les vésicules (fig. 175, 4, g, gd).

Avec le microscope, je constate que les fibres réunies eu faisceau et formant la charpente de la tumeur sont des fibrilles larges de 0"'"' 001 = 1 [j., et devenant gélatineuses et très-transparentes par l'action de l'acide acétique. La graisse contenue dans les mailles du tissu fibreux est formée par des vésicules ayant de 0'""'01 à 0'""'0i etO"'"05. Les parois des vésicules sont minces et le contenu est soluble dans l'éther. Ces vésicules sont exactement arrondies, réfractent fortement la lumière ; leurs bords sont foncés, noirâtres, leur centre brillant, couleur d'ambre jaune. Quand ces vésicules sont rompues, leur contenu prend la forme de plaques irrégulières ayant le même aspect et la même coloration qu'elles (fig. 175, 2 et 3, V, v, v, v).

Les petits kystes sont formés d'une enveloppe reconnaissable à un faible grossissement et d'un contenu qui paraît être de nature grasse ou huileuse. Avec un grossissement plus considérable, on reconnaît que cette enveloppe est uniquement constituée par des fibres dites du tissu cellulaire, pressées les unes contre les autres (fig. 175, 3). Le contenu des petits kystes est un liquide ayant l'aspect des gouttelettes huileuses ; il est peu soluble dans l'eau, soluble dans l'éther ; il a la forme de globules arrondis, à contours nets, foncés, à centre brillant. 11 s'étale souvent en plaques, comme dans les éléments de nature grasse représentés figure 175, 4, gd. De plus, avec un fort grossissement, on trouve en suspension

AI'l'AlîEIL IJK l-A CIl'.C.ULATION.

dans ce liquide des granulations -gTisàtres, Irès-finos, Irès-pâles, ayant O""'0Ol à 0"""002 =1 à 2 ij.. Elles sont, ou bien libres et isolées, ou agglomérées, réunies sans ordre, n'ayant pas de ligure déterniiuée. 11 n'existe ni globules sauguins, ni lamelles, ni noyaux d'épitliélium dans ce liquide.

FiG. 175. — Naevus ancien et saillant de la paupière supérieure *. ,

Les angiomes "capillaires des viscères sont disposés ordinairement sow la forme d'angiomes caverneux, et leur structure rappelle celle de; corps caverneux érectiles de la verge. Au lieu du simple plexus capiL laire, on trouve des aréoles larges et irrégulières; toutefois ces der nières dérivent de la dilatation de capillaires préexistants. Les cavités de vaisseaux prennent des aspects extrêmement variés, de fente lacunaire de massue, d'étoile à plusieurs branches rondes. L'enveloppe de vaisseaux est assez épaisse et surtout entourée de tissu conjonctif oi lamineux. On y trouve même des fibres musculaires et des fdets ner

* FiG. 175. — Naevus capillaire ancien de la paupière supérieure gauche. 1. n, Ce naevus dj grandeur naturelle et 2, coupe de la tumeur enlevée, montrant un tissu fibreux et de petiij kystes pleins dans les intervalles; 3, aspect d'une partie de la tumeur vue à un faible grossissej ment; stronia fibreux et?), î», kystes ouverts; 4. (y, gouttelettes huileuses et plaques grasses g(j provenant du liquide des kystes et des vésicules graisseuses du tissu ambiant.

VAISSEAUX. CAPILLAIRES. 6:)7

eux. Je donne, d'après Rindfleiscli, la coupe d'un angiome caverneux le l'orbite (fig'. 176) et d'après Morel et jross, celle d'un angiome du l'oie (fig. 177), En résumé, les angiomes caverneux qui )nt été appelés fongus hématocles , sont ionc des tumeurs érectiles à vaisseaux correspondant tous entre eux et constituant jne tumeur aréolaire. Les cloisons des an-

giomes caverneux sont formées de fibres «r,»^!^^-"^** amineuses , parfois de libro-cellules musculaires et reçoivent même des filets perleux. Elles sont revêtues d'épithéli«m à Qoyau renflé. Sur des coupes durcies par l'alcool, on voit les travées de l'angiome BOUS forme de mailles polygonales rejnplies fig. 17o. — Tumeur caverneuse de 'par des globules rouges, avec peu de glo- i orbite

bules blancs. La circulation de ces tumeurs est des plus actives.

Fig. 177. — Angiome du foie

* Fig. 176. — Coupe d'une tumeur caverneuse ou angiome caverneux de l'orbite. Grossissement 300 diamètres. (E. Rindfleisch.)

** Fig. 177. — Tumeur caverneuse du foie. A, espace caverneux, résultant de la ddatation considérable d'un vaisseau ; B, B, B, B, vaisseaux en voie de dilatation; C, G, nombreux capillaires de formation nauvellc ; D, D, gangue fibreuse qui entoure les vaisseaux dilatés. Grossissement 100 diamètres. (îilorel et Gross, in Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie, t.' XIII, art. Tumeurs érectiles.)

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