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VAISSEAUX LYMPHATIQUES

!S artérioles centrales sont gonflés, variqueux, distendus ; il y a du pus tdes granulations nombreuses dans l'intérieur du vaisseau. L'épithéliura isculaire est gontlé, souvent bombé, granuleux. Le pus trouvé dans un vaisseau lymphatique ne prouve pas que celui- [ soit enflammé ; le pus est apporté des organes où il s'est formé dans les 3seaux lymphatiques (Cruveilhier). L'intégrité complète des parois le rouve dans un certain nombre d'observations.

Dans la lymphangite utérine, accompagnant si souvent la métrite puerérale, les lymphatiques des bords latéraux et supérieurs de l'utérus sont onflés, dilatés ; leurs tuniques sont distendues, on trouve des sinus lymhatiqiies, des lacs purulents, revêtus d'une membrane vasculaire (Aurai, Cruveilhier, Lucas-Championnière). On voit, en outre, des cordons 'un blanc jaunâtre, de la grosseur d'une plumé de corbeau, dans les gaments larges. Le liquide contenu est du pus phlegmoneux ou sanguiolent, parfois très-fibrineux. Les membranes des lymphatiques sont ouges, moUes, infiltrées; le tissu conjonctif ambiant est lui-môme atteint. In phlegmon diffus, une suppuration avec sphacèle, entoure les réseaux t les vaisseaux lymphatiques.

Il est utile de remarquer d'une manière générale que les altérations des lymphatiques, ainsi que la suppuration des réseaux et des troncs, s'arjètent ordinairement aux premiers ganglions qui sont eux-mêmes atteints, .es vaisseaux afterents sont assez souvent à l'état sain, et quand ces vaiseaux contiennent du pus, on le retrouve, par exemple, dans le canal horacique, sans que celui-ci soit enflammé.

L'inflammation du canal thoracique est liée aux lymphangites utéines ; elle a été aussi observée à l'état isolé. La tunique interne était 'ouge, villeuse (Gendrin) ; la tunique externe elle-même, fortement fascularisée, épaissie, faisait corps avec le tissu ambiant. L'intérieur flu canal, rempli de pus, était obstrué par une matière plastique, routeâtre et gélatiniforme. Ces descriptions de Gendrin auraient besoin de 'onfirmation.

Dans l'inflammation suivie d'adhérence des parois, le canal s'oblitère (voy. Oblitération des vaisseaux lymphatiques). Les lymphatiques collatéraux suppléent le canal oblitéré, le réservoir de Pecquet se dilate alors jusqu'à présenter 5 centimètres de diamètre (Worms).

L'angioleucite aiguë, dont je viens de donner un aperçu, affecte sûrement les troncs vasculaires (angioleucite en cordons, trajective, troncujlaire) ; elle occupe les réseaux (angioleucite en plaques, réticulaire). V a-t-il, en outre, une angioleucite radiculaire, ou des racines, ou des espaces lymphatiques, admise par plusieurs auteurs? Certains œdèmes, des leucophlegmasies, des érysipèles, des érythèmes cutanés, etc., trouve-

656 Al'PAHËIL DE LA CIRCULATION.

raient leur origine dans ces lésions, que je me contente d'indiquer saûs y insister davantage et sur lesquelles l'avenir prononcera.

't. — I^yiiiitbangite chronique.

La lymphangite chronique avec épaississement. des vaisseaux el induration de leurs parois se voit dans les épaississements du derme. On trouve des angioleucites anciennes des troncs et des réseaux. Les troncs lymphatiques i enflammés sont souvent raccourcis et tendus. Les adhérences des troncs, leur transformation hhreuse, persistent indéliniment, et la suppléance qui se fait autour d'eux par des vaisseaux parallèles ne nuil pas autant i que l'on pourrait croire au cours de la lymphe. L'augmentation de volume avec nodosités des troncs lymphatiques du cordon a été observée dans les orchites chroniques (A. Gooper). Il en est de même des vaisseaux du mé- ; sentère à la suite d'ulcérations intestinales (Andral).

L'éléphantiasis que Alard rapportait, dès 1821, à une angioleucile il chronique a été depuis cité comme un exemple de cette inflammation ;l lymphatique radiculaire, mais sans démonstration absolue.

. Alard, De l'inflammation des vaisseaux absorbants, lymphatiques, etc., 2° édit , in-8, IS'i^.

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Néoplasmes et Dégénérescences des vaisseaux lymphatiques,

A. Lympliangiomes. — Les réseaux lyniphaliqucs ectasiés ou dilatés

ibrment, comme les capillaires sanguins, des amas néoplasiques anaogues aux tumeurs érecliles (page 634). Le li/mphangiome simple, ;Avec dilatation des réseaux lymphatiques, est constitué par une grande quantité de cavités agglomérées, communiquant entre elles, formées par pes vaisseaux lymphatiques ectasiés, et dont les parois sont tour à tour Wincies, ou au contraire accrues par un dépôt anormal- de tissu conjonctif ou lamineux. L'intérieur est tapissé d'épithélium ; le contenu 3St de la lymphe.

Les lymphangiomes siègent à la langue, aux lèvres, au cou, à l'aine, m périnée, etc. Les transformations qu'ils éprouvent sont des dilatations impullaires considérables, des rétrécissements et des kystes par isolenent des cavités vasculaires, après oblitération partielle des vaisseaux. ;ies kystes sont analogues à ceux des mevi (voyez page 686 et lig. 175).

13. Épithélionies . — Les diverses variétés d'épithéliomes ou de cancers ies viscères s'accompagnent de lésions des vaisseaux lymphatiques qui jroviennent des réseaux tant superficiels que profonds. Les lymphatiques ronculaires sont très-visibles, doublés et triplés de volume. Leur intérieur ïst rempli de cellules et la coupe donne un suc miscible à Feau. On rouve des nodosités secondaires et enfin une dégénérescence dans les parois mêmes des vaisseaux, mais bien plus rarement qu'on ne pourrait le iupposer.

Le charroi des éléments épithéliaux par les vaisseaux lymphatiques des ^rganes frappés d'épithéliomes n'est pas douteux ; les ganglions afférents |!n témoignent (voy. Pigmentation et Néoplasmes des ganglions lymphaiques). Cependant la dégénérescence cancéreuse envahit les ganglions ans que le lymphatique offre lui-même de lésions de la paroi. Il est alors )lutôt en état d'inflammation, mais sans production épithéliale ou carcilomateuse proprement dite (Raynaud, Troisier, Debove).

On ne peut mettre en doute l'épithéliome des gros troncs lymphatiques, iindral l'a décrit sur la paroi du canal thoracique, dans un cas de cancer }e l'utérus : il y avait cancer secondaire, la surface interne du canal était )arsemée d'un grand nombre de petits corps blanchâtres, gros comme les lentilles et faisant une légère saillie dans- l'intérieur. Ces tumeurs [talent en continuité parfaite avec le [tissu de la paroi et présentaient en pparence une structure analogue à celle de la tumeur utérine. Rokitansky :t Wagner ont vu le cancer des lymphatiques. Wagner l'a constaté chez

A 1' 1» A l; 1 1 L DE LA C 1 liC 1 1. A T 1 0 1\.

qiialre malades atteints tous de cancer de l'estomac. Il y avait sur la plèvre et dans le parenchyme pulmonaire un réseau de cordons noueux, d'un gris jaunâtre, renfermant une matière analogue à celle des masses du cancer. Les parois étaient transformées en cordons pleins, sans cavité distincte, sur plusieurs endroits avec des bourgeons pédiculés. Le cancer lui a paru venir sur place (?).

G. Tuberculose. — Chez les sujets qui succombent à la tuberculisation pulmonaire, les lymphatiques sont parfois remplis de matière jaunâtre, caséeuse, mais ce n'est que de la lymphe épaissie. On voit aussi ces vaisseaux indurés par places, noueux, sinueux et augmentés de volume, très-rarement sur les membres et plus fréquemment dans les organes internes.

On constate alors, dans les parois mêmes des vaisseaux, des nodosités

plus ou moins marquées, saillantes à la surface extérieure ou intérieure, et alors rétrécissant l'entrée du vaisseau (fig. 186) et même l'obstruant.

Les lymphatiques du poumon, de l'intestin et du système nerveux cérébro-spinal, présentent ces altérations, avec les éléments du tubercule plus ou moins reconnaissables dans leurs diverses parties.

Chez un enfant atteint de tuberculisation de tous les ganglions raésentériques, Vulpian et Bastien (1) ont trouvé les chylifères distendus par une substance jaunâtre, qui n'était pas de la matière tuberculeuse, mais du chyle stagnant et épaissi.

D. Dégénérescence graisseuse et dégénérescence calcaire. — Les vaisseaux lymphatiques du tronc et le canal thoracique, en particulier, subissent des dégénérescences ou altérations dites régressives. Les parois s'infiltrent de graisse ou de sels calcaires. Le canal thoracique est calcifié et

* Fig. 186. — Coupe d'im vaisseau lymplialiquc pulmonaire atl"iiit de tuberculose, et dont la lumière est rétrécie. lumière d'un vaisseau encore peu dégénéré; rt, a, corpuscules tubcrcu-. Icux s'étendant aux cloisons alvéolaires (Uindileisch, Histologie pathologique).

(I) Vi'i.i'iAN et Bastikn, Comples rendus de la Société de biologie, 3' série, t. //[, p. !2J, 1861

V A l s s E A r X 1- Y M I' li AT 1 U i; E S.

dur comme un pelit tuyau résistant de polypier. Le processus de ces deux transformations, graisseuse ou calcaire, ressemble beaucoup à celui des artères pour raliiérome artériel.

Lauth a cité l'exemple d'une carie des os du bassin où les lymphatiques étaient remplis de matière osseuse (?) ou calcifiée.

Dilatation des vaisseaux lymphatiques.

La dilatation des gros troncs lymphatiques et du canal thoracique a été notée plusieurs fois. Morgagni a vu ce dernier gros comme une plume d'oie et avec les valvules insuffisantes dans plusieurs cas d'hydrothorax.

La dilatation des troncs, ou varices lymphatiques, a été divisée par Cruveilliier en cylindroïdes et ampuUaires. Les varices lymphatiques cylindroïdes ont des parois épaisses et forment des cordons durs, noueux, disposés en chapelet, parallèles, parfois anastomosés en mailles allongées. Leur volume peut dépasser celui d'une plume de corbeau ; coupés, ils restent béants comme une artère. Les varices lymphatiques ampullaires ont des parois qui ont cédé sur plusieurs points ; il en résulte des dilatations irrégulières, ressemblant tout à fait à des varices veineuses et occasionnant sur le trajet des vaisseaux lymphatiques des tumeurs molles, dépressibles, d'un volume variable et parfois très-grandes.

Le siège des dilatations lymphatiques est à la partie interne des cuisses, au^irépuce, sur le gland, à la langue, aux lèvres. Quand la dilatation des troncs s'étend jusqu'aux ganglions, ceux-ci forment une masse molle, spongieuse, creusée de lacunes et à parois épaisses, pouvant atteindre le volume du poing.

Quand la dilatation porte sur les réseaux lymphatiques, on remarque de petites élevures à la partie interne des cuisses, sur les côtés du ventre, etc. Desjardins a comparé ces élevures à l'aspect de grains de sagou cuit. Les vésicules ou élevures sont translucides et se vident par la compression ; leur disposition est en séries ou en groupes. Les vésicules rompues donnent lieu à un écoulement, parfois considérable, de lymphe.

Les dilatations des lymphatiques profonds et des radicules sont encore à l'élude. La macroglossie avec prolapsus (voy. p. 58) a été considérée par Virchow comme une dilatation des lymphatiques profonds linguaux.

11 n'est point irrationnel de rapporter, avec E. FoUin, certains cas de tumeurs laiteuses et d'écoulement de lait aux dilatations lymphatiques avec lymphorrhagie. Tel est le fait observé par Yidal (de Cassis) d'un liquide lactescent extrait de deux tuniques vaginales. Dans le fait dû à Lebert, il se formait sur le scrotum de petites ampoules qui, en se rompant, don-

APPAREIL DK LA CIRCULATION

naienl issue à un liquide tantôt lactescent, ou ressemblant à du lait véritable. Zanini rapporte qu'il s'écoulait de la cuisse d'une femme un liquide blanc, qu'il regardait comme du lait et qui était très-probablement de la lymphe.

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Oblitération des vaisseaux lymphatiques.

Le canal thoracique, à la suite des inflammations aiguës, a été vu oblitéré; il en résulte des adhérences, une rétraction et finalement la transformation en un cordon fibreux imperméable. Des dépôts crétacés et calcaires s'y trouvent et font dans la cavité du canal des bouchons ou des calculs (Sherb). L'obstruction du canal peut encore résulter de la compression de tumeurs anévrysmales, ganglionnaires ou néoplasiques.

L'imperméabilité du canal thoracique produit, au plus, une dilatation des lymphatiques chylifères et des ganglions mésentériques (Virchow). Mais ordinairement le cours de la lymphe n'est pas entravé comme on le pourrait croire, et il se fait par des voies collatérales. Une oblitération de troncs assez volumineux viscéraux, ou des membres, par un néoplasme, ne paraît pas avoir une importance pathologique considérable.

Dans les cas d'obstruction et surtout d'oblitération des canaux lympha-

VAISSEAUX LYMPHATIQUES. Gfil

tiques, la lymphe contenue dans le canal thoracique ou les vaisseaux stagne longtemps; elle s'épaissit, devient d'un blanc crémeux et jaunàti'e,

I d'une consistance savonneuse. Rokitansky en rapporte un remarquable

! exemple :

j Femme, soixanle-deux ans, morte d'une affection cardiaque. Les lympliai tiques du poumon étaient dilatés, distendus, blanchâtres, légèrement flexueux ;

les chylileres et le canal thoracique lui-même présentaient un aspect analogue. (Tous les vaisseaux étaient remplis d'une matière blanche, grasse, savonneuse, se I délayant dans l'eau; cette matière était formée principalement de granulations [graisseuses, agglomérées, de cristaux de margarine et de quelques cellules

ayant un noyau distinct (1).

Dans les cas de cancer ('2) et de tuberculose des ganglions lympliatiiques, le contenu des vaisseaux lymphatiques peut n'être que de la lymphe ou du ciiyle épaissi.

Plaies et fistules des vaisseaux lymphatiques.

La plaie d'un tronc lymphatique volumineux, d'un ganglion, ou bien jd'un lympliome, donne lieu à un écoulement assez abondant de lymphe, ou lymphorrhagie ; il peut en résulter une fistule lymphatique, une ulcé- ,ration rebelle, déjà vue par Ruysch (S). La rupture spontanée d'une varice lymphatique produit le même accident.

j Le siège principal des listules lymphatiques est à la partie interne du cou-de-pied, au pli du coude, etc. Le liquide est alcalin, légèrement blanchâtre. La lymphe renferme des globules rouges, altérés et petits, et des jgranulations graisseuses.

I L'écoulement de la lymphe tantôt intermittent, tantôt continuel, irrite la peau et finit par l'ulcérer (Sappey). Plusieurs ulcères persistants des membres inférieurs reconnaîtraient cette cause ; ils sont caractérisés par l'abondance extrême de leur sécrétion lympho-puriforme, par l'augmentation de celle-ci en comprimant le pied vers la jambe, par la difficulté ide la cicatrisation, enfin la nature même du liquide fourni (i).

(1)C. IXoKn XN&K\, Lehrhuch lier paUwlogisclien Anatomie, Qimd II, S. 388, Drittu Aiillage, 1850. (i!) Wagner, Der Kreha (1er Lymphfjefiisse der Pleura und Limgen {Archiv der Ileilliuride, p. 539, 1863).

1(3) Ruysch, Observationes anaiomicœ rariores, n" 41, La Haye, 1005. (4-) BiNET, Varices et plaies des Ujmphaliques superficiels, llièsp de Paris, 1859. — Boulanger, De la Lijmpliorrhagie, etc., thèse de Paris, n" 388, 1870.

Al'l'AI! Kl L I)K LA C. 1 11 CU L A T I 0 N.

SECTION VI

Les ganglions ou glandes lymphatiques reçoivent des vaisseaux de ce nom et en émettent, de telle sorte qu'ils sont placés sur le trajet de ces vaisseaux. Tous les ganglions sont entourés de tissu lamineux ou conjonctif, feutré, serré, mais que traversent les vaisseaux propres du ganglion et les vaisseaux sanguins. Les vaisseaux afférents lymphatiques s'ouvrent dans un lacis caverneux ou cavitaire formé de trabécules (tissu conjonctif t réticulé revêtu de cellules endothéliales ; mailles caverneuses lymphati- i ques et follicules). En définitive, les ganglions lymphatiques ne sont que i des cavités spéciales à mailles larges ou caverneuses, périphériques, et d'autres centrales, plus étroites ou folliculaires, placées sur le trajet des , vaisseaux de cet ordre. Ces ganglions, d'une struclure glandulaire, dans ' i lesquels les éléments épithéliaux dominent et où la lymphe éprouve des ; | modifications encore peu connues, ont des altérations bien plus accusées i | que celles des vaisseaux lymphatiques. Les ganglions arrêtent dans leurs |

trabécules des parties solides, végétales ou minérales. ^ |

Inflammations diverses des ganglions lymphatiques; Adénites. |

L'inflammation aiguë des ganglions lymphatiques, adénite ou lympha- | dénite aiguë, montre au début ces organes augmentés de volume, deve- m nus plus gros, arrondis ou ovoïdes et quelquefois aplatis par compression ii réciproque. Ils sont donc tuméfiés parfois, comme un œuf de pigeon ou de ! i poule, et plus durs. Après cette première période, l'enveloppe fibreuse per- i i met de constater par la pression que l'intérieur est mollasse. De plus, le i tissu conjonctif ou lamineux de l'enveloppe est œdématié, avec les vais- , i seaux dilatés, présentant même de petites ruptures ou ecchymoses. O^'and on a coupé ou fendu les ganglions, on les écrase alors avec facilité, le ; doigt les pénètre aisément; leur couleur est d'un rouge foncé; ceux des jij bronches sont ardoisés ou noirâtres. Dans la dysenterie, ils ont, après le vingtième jour, l'aspect du sang demi-fluide entre les lames du mésen- i 1ère (1). Si l'inllammation est violente, le tissu périphérique est altéré;

(1) Thomas, Hecherchea svr la dysenterie (Archives fién. de médecine, 2= sério, t. VU, p. 455).

GANGLIONS LVMlMlATKjrES. 661]

il en résulte une inflammation adhésive faisant que les ganglions se réunissent et s'accolent les uns aux autres pour ne former qu'une seule masse.

La première période de l'adénite, ou période d'induration, est reconnaissable, au microscope, par l'hyperhémie ganglionnaire, surtout dans la portion caverneuse. Les éléments cellulaires ne sont pas très-atteinls.

Dans la deuxième période, caractérisée ])ar le ramollissement et l'aspect splénisé, on voit de l'hyperhémie considérable et de l'œdème. Les deux portions extérieure et centrale des ganglions sont confondues; le raclage enlève un suc lactescent sur la coupe. Ce suc est composé de cellules épithéliales à un ou plusieurs noyaux. Les fibres conjonctives des ganglions sont grosses, très-augmentées de volume, ayant six <à huit fois plus de largeur qu'à l'état normal. Les cellules à noyaux multiples, dites cellules gigantesques, sont facilement apercevables, ainsi qu'une quantité variable de leucocytes.

On voit très-bien, dans la fièvre typhoïde, par exemple, chez les sujets qui succombent rapidement, les deux substances des ganglions inésentériques confondues ; on dirait l'aspect d'un sarcome ou carcinome encéphaloïde. Le microscope, sur des coupes fraîches ou durcies, montre l'épaississement trabéculaire et les cellules épithéliales, à plusieurs noyaux, devênuos cellules géantes, ayant 0""",015 à 0""",0'20 — 15 ii. à :20 p, et même plus. Les leucocytes et les hématies, ces dernières provenant (riiéinorrliagies, sont facile: à reconnaître à leurs réactions par l'eau qui les gontle, ainsi que par l'acide acétique qui les prdit extrêmement et qui linit par les faire disparaître.

La suppuration collectée, qui caractérise la troisième période de l'adénite, est fréquente et observable surtout sur les ganglions des membres. On trouve le pus disposé dans de petits foyers multiples, qu'on voit bien sur une coupe. Dans des ganglions plus fortement atteints le pus en foyer a fini par envahir toute la masse ganglionnaire, et il ne reste que quelques fibrilles trabéculaires. La suppuration est moins fréquente dans les ganglions viscéraux ; on la voit dans la fièvre typhoïde, la dysenterie, la lymphangite utérine. On trouve dans le ganglion fendu une quantité de petits points jaunâtres, épars, renfermés chacun dans une petite cavité. En pressant sur le ganglion, on fait sourdre un liquide filant et du pus. Quand les points purulents sont très-nombreux et rapprochés, il y a une cavité avec une matière purulente et sanguinolente. Louis a vu, au quarante-neuvième jour d'une fièvre typhoïde, un ganglion mésentérique formant une poche purulente à parois tellement minces qu'elle paraissait prête à se rompre. Enfin, après une inllammation suppurative prolongée, la coque fibreuse du ganglion se ramollit, se perfore et le pus s'épanche dans le tissu voisin.

Pour quelques auteurs, la présence du pus dans un ganglion lympha-

AI'l'AHEIL DE LA CIliCULATlOM.

lique ne serait pas la pi'euve absolue de sa suppuration. Cruveilhier et Duplay (i) ont rapporté des exemples de pus dans les ganglions sans que ceux-ci eussent ('prouvé un processus inflammatoire. Il est bien difficile d'admettre l'immunité absolue du ganglion en pareille circonstance. Le transport du pus par les vaisseaux lymphatiques et son dépôt dans le ganglion n'ont point lieu sans que les éléments voisins réagissent à leur tour.

En examinant au microscope un ganglion lymphatique suppuré, on trouve que les collections jaunâires disséminées sont formées de globules de pus impossibles à différencier des cellules lymphatiques. On enlève au pinceau les cellules, et alors les fibres du système caverneux modifiées, gonflées, plus ou moins altérées, sont apercevables.

La suppuration périphérique, entourant les ganglions, leur l'orme une enveloppe liquide, plus ou moins épaisse et pouvant s'étendre au loin. Le pus se fait jour au dehors, ou bien il éprouve les modifications d'inspissation et de résorption des éléments. Mais alors l'adénite passe ordinairement à l'état chronique.

s. — .%(lénitc cbronique.

Vaclénite chronique succédant à l'adénite aiguë ou survenant d'emblée montre à l'œil nu les ganglions gros, durs, enveloppés d'une coque résistante. Le tissu lamineux ou cellulaire entourant les masses ganglionnaires est plus dense, souvent adhérent. Sur une coupe, les ganglions atteints d'inflammation chronique sont d'un gris blanchâtre, les vaisseaux lymphatiques entourant la glande sont dilatés. Le tissu n'est pas mou, il est induré, ou bien il ressemble à de la chair lavée; il est induré, mais friable, non résistant.

Avec le microscope, on constate dans l'adénite chronique simple que les cellules sont en dégénérescence granulo-graisseuse. Les trabécules sont formées de fibres à éléments multipliés. Dans les cas de suppurations anciennes, les vacuoles sont remplis de leucocytes, ou bien le ganglion est comme une poche d'abcès froid ; plus tard les concrétions calcifiées, les dépôts tuberculeux ont lieu ; mais il ne s'agit plus alors d'adénite chronique simple. Les vestiges de glandes lymphatiques atrophiées s'observent dans plusieurs maladies et cette altération n'est point sans effet sur la nutrition générale.

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GANGLIONS LYMPHATIQUES

|ai"is, 1817. — Vki.I'EAU, Maladies tlu système lymphatique, inflammation des gantçlions ou jdénitc lymphatique (Ai'chiv. de médecine, t. X, 1836). — A. Follet, De l'adénite cervicale des pilitaires, thèse de Paris, n° 149, 1814. — II. Lebeut, Traité des maladies scrofuleuses et 'uberculeiises, Paris, 1849. — Lariîey (H.), Sur l'adénite cervicale observée dans les hôpitaux lilitaires (Bull, de l'Acad. do méd., 1849, et Mém. de l'Académie de médecine, t. XVI, 1852). - E. H. Laguerhe, Uc rinflammation des ganglions lymphatiques, thèse de Paris, 1851. — '.-E. liEBOUL, Des adénites vénériennes, thèse de Paris, 1857. — Micbaelis, Die Krankheiten 'er Lymphdriisen, etc. (Pragcr Vierteljahrsschrift, Band XV, 1858). — A. Velpeau, article tdénite (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. I, p. 694, 1864). — PiOUS- AN (L.-A.) , Des abcès rétropharyngiens idiopathiqucs et de l'adénite suppurée rétropharynieune chez les enfants, thèse de Paris, n" 105, 1869. — G. Potain, article Lymphatiques Dict. cricyclop. des sciences médicales, 2° série, t. III, 1870). — Le Dentu et Longuet, article .ympliatiqnes, ganglions (Nouveau Dict. (le méd. et de chir. pratiquer, t. XXI, p. 64 et 70,1875). -\^ AliNECKE, De l'adénite aiguë primitive, thèse de Paris, n" 165, 1877.

:t. — Sclérose Acs ganglions lymphatiques.

U indura lion sclérosique des gangViom, comislanl dans la multiplicaion des éléments fibreux, succède à rintlammation aiguë ou lente sans ;uppu ration collectée appréciable. Les glandes lymphatiques avoisinant es organes anciennement enflammés, les ganglions des syphilitiques, des ilcooliques, présentent cette l'orme.

La portion trabéculaire est augmentée, les cloisons sont plus épaisses," )lus fortes, et s'incrustent de pigment, de graisse ou de sels calcaires; les îellules épithéliales disparaissent de plus en plus après être devenues çranulo-graisseiises.

. La coupe d'un ganglion sclérosé est difficile à pratiquer, elle est fort réistante. La surface de section est fibroïde, on ne reconnaît plus les trabéi:ules séparées par des espaces ; on ne trouve au microscope que du tissu uso-cellulaire ou fibreux de formation nouvelle, dans lequel sont perlues les anciennes travées conjonctives normales.

Hypertrophie et atrophie; Adénie; Lymphadénie. 1. - - Hypertrophie des ganglions lymphatiques.

L'hypertrophie des ganglions lymphatiques est extrêmement fréquente, u'étude en est diftîcile pour établir la distinction des cas où le ganglion lymphatique n'éprouve qu'une augmentation d'éléments, sans altérations aotablcs, et pour en séparer les faits dans lesquels les éléments anatomijues ont dégénéré, ou se sont surajoutés.

Les ganglions simplement hypertrophiés sont plus volumineux, tantôt

m; APPAREIL DK LA (', I P. (', U L ATI ON.

termes, tantôt plus molasses d'aprèsH. Lebert (1). Les vaisseaux y sontinégalement distribués. La surtace des coupes est, ici, dense, opaque, iibroïdc; là, gélatiniforme et translucide. On voit de suite que dansées deux formes d'hypertrophie l'une est fibreuse, l'autre cellulaire.

L'hypertrophie ganglionnaire se range de plus en plus dans des catégories distinctes. On trouvera que l'adénie constitue la majeure partiejl des hypertrophies molles, mais que les diathèses scrofuleuses et syphili-i tiques au début forment aussi de fausses hypertrophies. 11 y a encore des myxomes pseudo-hypertrophiques, des épithéliomes, etc.

La lymphadénie, Vadénie, est l'hypertrophie de tous les ganglions lymphatiques et des organes dits lymphoïdes, avec ou sans augmentation des globules blancs du sang; dans ce dernier cas il y a leucocythémie sura-' joutée. L'adénie ganglionnaire, la lymphadénie est donc simple, oubiem leucocythémique, mais, en résumé, identique anatomiquement dans les deux cas.

Les hypertrophies ganglionnaires idiopathiques généralisées ont été) signalées par Ilodgkin C^), avec coïncidence d'une hypertrophie splénique et formation dans la rate de néoplasmes d'un aspect ganglionnaire lympha- , tique. J'ai observé en 1852 un fait d'adénie simple, que j'ai publié dansj les mémoires de la Société de biologie (3). En 1856, Bonfds fit voir d'une * ■ façon positive que l'adénie lymphatique n'est pas nécessairement une l leucocythémie. Depuis cette époque les faits de ce genre se sont multi- l pliés et leur analyse a été faite avec grand soin (4) . i

Dans l'adénie lymphatique simple, les ganglions sont parfois dévelop-ij pés à un degré vraiment excessif Trousseau rapporte qu'une des tumeurs j qu'il a vues avait le volume d'une tête de fœtus ; IJonlîls en a pesé une de : 2 250 grammes. Chacun des ganglions isolés est parfois gros comme un j œuf de poule. La coupe des ganglions ainsi accrus est identique à celle j des ganglions chez les sujets atteints de leucocythémie. Le tissu est rougeâtre et vascularisé; d'autres fois, dans l'altération plus avancée, il est d'un rouge un peu jaunâtre. Les ganglions sont d'autant plus mous qu'ils \ sont plus riches en éléments cellulaires.

Avec le microscope on trouve, dans les adénies types, que tantôt le stroma et les trabécules ne sont pas augmentés de volume, leurs éléments , fibreux ne sont pas multipliés ; parfois au contraire il y a une mul- \

(1) H. Lebert, in Vii'chow, Handimch der specielleii Pathologie, Band V, Alith. IL

(2) HODGKiN, On some niorhid appearances of Ihe absorbent glands and spleen {Medicn-chirurgical Transactions, t. XVII, p. 68 et lO'J, 183:2).

(3) A. Laboui.béne, Observation d'hypertrophie générale des ganglions lymphatiques, otc {Mémoires de la Société de biologie, ^l" série, t. I, p. 184, 186-i).

(i) Jaccoud et Labadie-Lagrave, article Leucocythémie {Nouveau Dictionnaire de médecine et de-chirurgie pratiques, t. XX, p. 4.00-4-95, 187.')).

j GANGLIONS LYM i'HAT.lQL'ES. (107

plication excessive des éléments cellulaires. Mais, dans d'autres cas non loins fréquents, à l'examen microscopique, on constate que le réseau es trabécules ganglionnaires est accru; les fdjrcs lamineuses ou con- Dnctives se sont multipliées; les cellules et les noyaux, augmentés de ombre et de volume, ont un nucléole très-visible; beaucoup de cellules ont granuleuses. Il y a donc dans ces derniers faits une pseudo-hyperrophie.

i De plus, la rate a été vue hypertrophiée dans environ le tiers des cas 'adénie, et parfois avec de petites tumeurs lymphoïdesou deslymphomes provenant des corpuscules de Malpighi fort développés. D'autres fois, la ffinqueuse intestinale, les follicules clos intestinaux, la valvule de Bauhin, :>s parois stomacales, le rectum, la moelle osseuse, étaient épaissis ou plus jéveloppés et présentaient une agglomération exubérante de tissu lym- Ihoïde. On a constaté de plus des tumeurs hétéroplastiques lymphoïdes îlans le foie, les reins, les ovaires, les poumons, les membranes séreuses, a peau, etc.; en un mot une néoformation lymphadénique. Il On voit par cet exposé combien l'hypertrophie ganglionnaire est comlliquée par des pseudo-hypertrophies. La maladie générale appelée lym- .)]iémie, lymphadénie, adénie, produit l'hypertrophie ganglionnaire simple, mais aussi et successivement des lymphadénomes hyperplasiques, les lymphadénomes hétéroplasiques, des lymphosarcomes, des noyaux l 'iicémiques qui peuvent même éprouver deshémorrhagies, des évolutions aséeuses, etc. L'observation clinique comprend et réunit des lésions que ii'anatomie pathologique sépare. Entre l'adénie, le lymphome, le lym- 'ohadénome, le lymphosarcome, et souvent l'épithéliome ganglionnaire l'un aspect encéphaloïde, la distinction est parfois impossible pendant a vie, et même difficile sur les pièces anatomiques.

! HODGKIN, On some raorbid appcaranccs ol' tlic absorbent glands and splenii (Med.-chir. Transactions, t. XVH, 1832). — Barth, Hypertrophie généralisée des ganglions lymphatiqnes ;Bu11. de la Soc. anat. de Paris, t. XXIII, p. 278, 1848J. — Wunderlich, Hypertrophie progressive des ganglions lymphatiques (Archiv der Heilkunde, Band XVII, 1858). — Bonfils, Hypertrophie ganglionnaire générale sans leucémie (Recueil des travaux de la Société médicale d'observation, t. 1, p. 157, 1858). — CosSY, Mém. pour servir à Fhistoirc de l'Iiypertrophic simple des ganglions lympliatiques sans leucémie (Écho médical de Neufchatel, t. V, 1861). — A. Trousseau, De l'Adénie (Clinifl. méd. de l'Hôtel-Dieu, t. III, p. 55, 1865). — Hérard, Adénie ou hypertrophie générale des ganglions lymphatiques et de la rate (Union médicale, p. 196, 1865). — Près-Crassier, De l'identité de l'adénie et de la leucémie, thèse de Paris, 18G8. — Démange (E.), Étude sur la lymphadénie, etc., thèse de Paris, 1874. — Jaccoud et Lauauie- Lagrave, Nouveau Dictionnaire de méd. et de chir. pratiques, t. XX, 1875. — Johnson, Cas id'adénic (Med. Times and Gazette, juillet 1875). — J.-H. Hutchinson, Obs. d'adénie, etc (Transact. of the Collège of physicians of Philadelphia, 1875). — E. Lancereaux, Traité d'anatomie pathologique, t. I, p. .326, 1875. — Démons, Note sur un cas d'adénie (Gaz. inéil. de Borj deaux, n" i, 1877).

APPAREIL DE LA CIRCULATION

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