l.ymphadcnoines I Lympliosarcoines
L'hypertrophie simple ganglionnaire dont il a été question (voy. p. 065), caractérisée uniquement par la multiplication des éléments corpusculaires lymphatiques et l'épaississement correspondant des cloisons et des tractus fibreux ganglionnaires, se rencontre rarement à l'état isolé. Le lymphadénome type, le lymphosarcome, sont multiples, généralisés, atteignant la plupart des ganglions du corps, comme dans les lymphadénies simples, s'accompagnant ou non de leucocythémie. Le tissu morbide du lymphadénome ressemble extrêmement à la forme encéphaloïde de certains sarcomes et épithéliomes. Il a été certainement confondu, sous le
GANGLIONS L Y M P H AT I,Q U ES
om de cancer, avec beaucoup d'autres tumeurs ayant une apparence iialogue, mais une composition histologique différente. J'en ai parlé en ■aitant des amygdales (page 79).
Pour qu'une tumeur ganglionnaire soit un lympliosarcome, il faut qu'il ait à la fois développement du lympliadénome et une très-grande quanté de noyaux et de cellides embryo-plastiques, ou de corps fusiformes l^ec et sans noyau : lympliosarcome vrai (Ranvier), adénosarcome (Bill- )th).
, Les lymphadénomes et lymphosarcomes ont l'apparence de l'hypertrohie ganglionnaire et de l'adénite chronique. Ils deviennent très-volujiineux, du volume du poing et même plus. Le microscope seul peut lire décider la nature des tumeurs ganglionnaires avec prédominance tes éléments lymphatiques ou avec production exagérée de cellules et de )rps embryonnair^îs ou embryoplastiques. La détermination exacte de as tumeurs est des plus difficiles.
i Les sarcomes nucléaires d'aspect encéphaloïdc sont fréquents dans les Hnglions lymphatiques, par propagation de sarcomes préexistants ; mais sarco-fibrome, la tumeur fibro-plastique de Lebert est plus rare. Sur Il relevé de soixante faits de tumeurs fibro-plastiqucs cutanées, Burlaud a noté que trois fois l'engorgement des ganglions (1).
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;i. — KpUheliomcs des ganglions lyniphatiques.
Les épithéliomes sont les néoplasmes qui se propagent le plus rapidclent aux ganglions lymphatiques, surtout l'cncéphaloïde et le squirrhe,
M) Burlaud, Elude sur lea tumeurs fihro-plastiques du tissu cellulaire, thèse de Paris, 18G8.
AIM'AHEIL bK LA (; I II G U L A T 1 U i\.
puis répitliôlioHie pavimenteux et cylindrique. Les variétés colloïdes, le cancer villeux (Wedl), le cancer ostéoïde sont plus rares et exceptionnels.
Les cancers ou épithéliomes et sarcomes sont rarement primitifs dans ^ les ganglions et presque toujours secondaires. Il faut aussi distinguer! ceux qui viennent directement des organes rapprochés (cancers succès-' sifs, Broca), de ceux qui se montrent dans des points éloignés et se ratta-;' chent à la diathèse (cancers métastatiques).
Les épithéliomes des ganglions lymphatiques peuvent être très-volu-i mineux, ils perforent les organes avec lesquels ils sont en contact et ces organes ne sont envahis qu'après la perforation. On n'a pas trouvé tracei de pancréas au milieu d'un amas ganglionnaire dégénéré. Le canceri ganglionnaire comprime les veines, le larynx, la trachée, les bronches, etc.
L'épithéliome ou le cancer successif des glandes (Broca) venant des' tumeurs primitives s'accompagne parfois de formes différentes; c'est ainsi que l'encéphaloïde donne le squirrhe des ganglions. Ce fait noté l)ar tous les auteurs montre la transformation des épithéliomes occa-l sionnant les diverses formes de cancers ganglionnaires. '
L'évolution des épithéliomes ganglionnaires est généralement rapide. Parfois la capsule enveloppante, fdjreuse, résiste ; le ganglion est ramolli et son intérieur pulpeux, avant que la tunique extérieure soit perforée (1). Celle-ci 'étant rompue par les progrès de l'épithéliome, on trouve une ouverture donnant issue à une matière grisâtre et le fond de l'cxcavatioD a des parois végétantes carcinomateuses.
Les tumeurs ganglionnaires épithéliales peuvent encore s'abcéder et s'enflammer (2). Les cancers mélaniques, ou les sarcomes et les épithéliomes mous et pigmentés, sont remarquables en général par leur généralisation rapide.
<!. — Viiborculoi^e <lc!« gatij^lions lyniphatiiiuc»*.
La tuberculose des ganglions existe chez la moitié des phthisique^ pulmonaires (Louis), et dans la forme granuleuse aiguë, la proporlion est encore plus grande (Papavoine, Leudet).
La granulation grise tuberculeuse ganglionnaire est très-fréquente, mais difficile à observer; elle se présente dans tout l'intérieur des
(1) A. Laiioiilbicne, Tumeur épilhéliale de la joue, dex lèvres, épilhéliome des ganglions sommaxillaires, etc. (Bulletins de la Société anatomique de Paris, 38° année, t. XXVIl, p. 373. — P. liiiocA, Rapport sur robservation précédente (Bull, de la Société analomique de Paris. t. XXVn, p. 379. 1853). — Duret, Z>e la propagation du carcinome aux ganglions lijmphaliqno [Bull, de la Soc. anal, de Paris, p. 107, 1875).
(2) P. BiioCA, Traité des tumeurs, t, I. p. "l'i-l, 18(1(1.
GLIUNS I.YMI'Il ATIQUES.
landes, sur la longueur des vaisseaux qu'elle entoure à la manière d'un iineau ou d'un petit rentloment fusiforme. Le vaisseau est rempli de orine coagulée, passée à l'état granuleux et les cellules cndothéliales mt gonflées et multipliées. Autour de la granulation, le tissu formant (S travées est remplacé par un amas de cellules tassées, et les cellules bithéliales proprement dites sont agrandies, multinucléées, ayant l'as- 2Ct dit gigantesque.
Le tubercule caséeux, résultant de la dégénérescence granulo-graisseuse t3S cellules du tubercule, donne aux ganglions l'aspect d'une masse jau- Atre avec des points noirâtres, ou marbrée comme le Iromage de Rojefort. Examinée au microscope, elle se décompose en cellules épithéjiles gonflées, à un ou plusieurs noyaux et granuleuses ; en cellules dites fmphatiques, dégénérées; en noyaux, en granulations protéiques et graiskises; en cristaux et amas de matière grasse. Ces éléments cellulaires i)nt isolés par des travées de libres lamineuses, ou bien ils sont réunis \p. grandes masses, les fibres des travées caverneuses du ganglion lymhatiquc ayant disparu.
lîeaucoup de ganglions tuberculeux et d'autres enflammés cbroniquelent et remplis de pus épaissi sont confondus sous le nom de ganglions p'umeux ou scrofuleux. L'anatomie patliologique d'un ganglion caséifié je permet pas de différencier alors la tuberculose de la scrofulose de ce anglion.
Les ganglions caséifiés se vident comme des abcès par rupture de la jjnique externe, ou bien leur contenu se condense et les éléments cellullires, devenus graisseux, se résorbent ou se calcifient. Les éléments onjonctifs se multiplient et deviennent fibreux et sclérosés. On trouve es masses semblables à du mastic, ou des concrétions pierreuses, au lilieu de ganglions indurés et ratatinés, réunis parfois ensemble.
En résumé, on trouve dans les ganglions lymphatiques les granulations rises, demi-transparentes, et les masses jaunes tantôt miliaires, tantôt olumineuses. Le tubercule est disposé en points isolés, périphériques u centraux, pouvant occuper la masse ganglionnaire entière, i La glande lymphatiq^ue tuberculeuse est entourée de vaisseaux qui !ie la pénètrent pomt. La tuberculose des ganglions est très-rarement iirimitive; elle est remarquable chez les enfants, dans l'abdomen où lie forme le carreau, ainsi que dans le thorax, où elle constitue l'adéno- )athie bronchique tuberculeuse (Baréty).
Thaon, De l'inflammation caséeusc des ganglions lymphatiques (Bull, de la Soc. anat. de ^aris, 5'^ série, t. VIII, 1873). — A. IUréty, De l'adénopatliie tracliéo-bronchiqiie, etc., tlièsc le Paris, n" 388, 1874'. — J. Moelleh, De la dégénérescence cnséeuse des glandes lymphatiques Dis'ert. inaugur., Bonn, 1875).
tili Al'l'ARElL DE LA CI U CUL AT 1 0 iN.