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Syphilis des ganglions lyniplintiquos

On peut admettre trois périodes, ou trois formes principales, dans la syphilis ganglionnaire, en laissant de côté, bien entendu, le bubon vénérien. Dans la première période delà syphilis constitutionnelle, le ganglion est hyperhémié et avec une imbibilion séreuse ; dans la deuxième, les éléments épilhéliauxsont en multiplication ; dans la troisième, on constate l'état fibreux, l'état caséeux, ou la présence de gommes.

Du premier au second degré, les ganglions sont épais, mous, avec des points ou des taches grisâtres. La coupe montre une surface d'un blanc t gris, avec un reflet clair assez brillant et humide. Quand la caséification se produit au second degré, les ganglions deviennent d'un gris jaunâtre, puis entîn jaunâtres, par altération granulo-graisseuse des éléments ! cellulaires. Avec les accidents tertiaires, les ganglions s'atrophient et s'indurent, les glandes sont réduites aux trabécules, les épitliéliums glandulaires ont disparu ; la nutrition générale souffre de cet état gan- ] glionnaire spécial.

Les ganglions atteints pendant la période secondaire de la syphilis constitutionnelle sont les ganglions inguinaux et cervicaux postérieurs, et même ceux d'autres régions, si le travail pathologique a été porté sur eux par des lésions primitives. Dans la troisième période, ce sont les gan- ! glions prévertébraux, iliaques, lombaires et fémoraux, très-rarement les ganglions bronchiques qu'on trouve lésés.

e. — Dégénérescences colloïde, amyloïdc ou cireuse.

A. Dégénérescence colloïde ; myocomes . ■ — Chez les sujets avancés en âge, on trouve quelquefois les ganglions transformés en une masse molle, '. amorphe, réfringente et d'aspect colloïde. A la loupe et avec de faibles grossissements, on voit une grande quantité de petits kystes. Cet aspect | rappelle celui de la glande thyroïde ayant ses follicules un peu hypertro- î phiés. Les cellules des ganglions en transformation colloïde ou myxo- ■ mateuse se colorent bien par le carmin. ;

I éi

B. Dégénérescence amyloïde ou cireuse. — La dégénérescence cireuse | p des ganglions (1), assez rare, coexiste presque toujours avec une pareille ,

(!) ViRCHOW, Die ami/Ioiile Degeneratioii der LijmpMruse (Verhandliingen der physilMlisch. , ,^ medicinisch. Gesellscltafl in Wiinburg, liaiid Yll, s. 222, 1857). ^

GANGLIONS LYMPHATIQUES

altération de la rate, des reins, du foie, chez des sujets cachectiques ou atteints de suppuration prolongée. Les ganglions sont volumineux, vascularisés et plus durs. A la coupe, on trouve dans l'altération au début les couches corticales décolorées, remplies de grains translucides rappelant l'apparence de la fécule de sagou et formant, des taches apercevables à l'œil nu. Le ganglion finit par être bien plus dense, gris ou gris jaunàlre. La périphérie de la glande est entièrement altérée et le centre reste encore intact.

Avec le microscope, on remarque des amas de grains réfringents, irréguliers, lassés les uns contre les autres, entourés par le réseau des trabécules. Le diamètre des corps amyloïdes est en moyenne de 0"',03 = 30 p-, mais il peut atteindre 40 f- et plus. Au contact de la solution iodée, les corpuscules amyloïdes sont brunâtres ou couleur acajou, ils deviennent violacés par une addition légère d'acide sulfurique. L'altération des ganglions porte sur les cellules glandulaires altérées d'une manière spéciale. Les corpuscules réfringents qui rendent les ganglions lymphatiques ^"omme cireux, ont été nommés sympexions par Charles Robin, qui les a décrits et figurés avec grand soin (voyez figure 187). 11 a. fait ressortir leur faible pouvoir réfringent, leur forme irrégulièrement arrondie, leurs

FiG. 187. — Corps amyloïdes des ganglions lymphatiques (Charles Robin) *.

côtés sinueux; ils sont parfois taillés en forme de facettes et soudés aux points de contact (voy. Rein, Dégénérescence amyloïde).

I * FiG. 187. — Corps amyloïdes, ou sympexions des glandes lymphatiques du cou, atteintes de l'altération cireuse, a, b, corps isolés; d, e, f, corps amyloïdes agglomérés et pressés les uns contre les antres; c, épithélium nucléaire légèrement hypertrophié. Grossissement 400 diamètres. (Charles Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides.)

APPAREIL DE LA CIRCULATION

F. Giiyon et Ch. Robin ont publié un fait d'altération cireuse ayant envahi presque tous les ganglions du corps. La maladie ganglionnaire remontait à vingt-trois ans, lors de la mort. Les ganglions avaient l'apparence de la cire, une nuance jaunâtre, un peu rosée, une consistance demi-molle et un reflet brillant de la surface coupée. Avec le microscope on trouvait une trame conjonctive lâche, des épithéliums nucléaires, et surtout un nombre considérable de corpuscules polyédriques ou ovoïdes, irréguliers, incolores ou d'une teinte bleu pâle, transparente, mais à contours foncés, d'un diamètre variant de 0""™,01 à 0"^™,08 de millimètre ^ 10 à 80 p.

— Pigmentation; Colorations divei-»«cs; Culcilieation des ganglïon»^ lynilthatiques.

A. La mélanose simple, sans sarcome ni épithéliome, mais généralisée, peut atteindre les ganglions lymphatiques (Cornil et Trasbot).

B. La fausse mélanose résulte des colorations anormales produites par des hémorrhagies, dont les éléments résorbés donnent une teinte pari ticulière. Les ganglions tuméfiés ou durcis, parfois mous et presque difJ fluents, sont tachés de gris, de noirâtre, de rouge brun, de brun foncé. Le microscope fait constater, dans la fausse mélanose, des granules ou des grains d'hématosine arrondis, ayant de 0'°°',01 à 0""",02 = 10 k 20 p de diamètre. Ces grains, tantôt épars, tantôt rassemblés en groupes, sont interposés aux noyaux de l'épithélium glandulaire ou aux cellules. Leur teinte est d'un rouge plus ou moins foncé ou brun fauve. L'acide sulfurique les détruit en quelques heures. Ces granules d'hématosine coexistent souvent avec les grains ou les particules de charbon; leur aspect, leur coloration et l'action dissolvante de l'acide sulfurique permettent de les en distinguer d'une manière sûre.

G. Vanthracosis ganglionnaire résulte de la migration de particules de charbon qui arrivent lentement dans le tissu des ganglions. Cette pénétration de poussière charbonneuse a lieu dans les lymphatiques et les particules charriées se déposent ensuite contre les trabécules et les parois des tissus intraglandulaires.

Les ganglions bronchiques fendus sont noirs par places, par îlots, ou complètement envahis. Avec le raclage et la dissociation, on trouve au microscope que les grains de charbon sont libres et arrondis, plus souvent polyédriques, inattaquables par les réactifs. Ils ont de 0"'"',005 à O^'^O^ = .5 à AO p. Les cellules épithéliales renferment constamment des granules plus petits, larges de 2 à 8 p ; ces granules occupent toute la cellule

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OU une de ses parties, le noyau est masqué ou a disparu. On trouve de petits corpuscules dans les fibres lamineuses des cloisons réticulées.

D, La colora tion en rouge ou en noir des ganglions lymphatiques chez

FiG. 188. — Coupe d'un ganglion lymphatique axillaire imprégné de cinabre

les personnes tatouées ne saurait être mise en doute. J'ai aidé FoUin,

I omme préparateur, pour ses recherches sur le latouage et sur la coloration consécutive des ganglions, par la pénétration des particules de cinabre lit de poussières chez les individus tatoués. La coloration est artificielle et les matières colorées sont déposées dans le stroma du ganglion contre les Irabécules (fig. 188 et 189).

. . Fig. 189. — Réseau d'un

L. La calc%\icahon des ganglions lymphatiques ganglion lymphatiqu.^ consiste en grains calcaires, en petits amas durs et axiiiaire imprégné de l'omme pierreux qu'on trouve dans leur intérieur, ' '"abrc "".

II n'y a point de véritables productions osseuses, mais des concrétions de

* Fig. 188. — Ganglion lymphatique axillaire imprégné de cinabre à la suite d'un tatouago I du bras. On voit en haut un gros vaisseau lymphatique replié en l'orme de vis et se divisant eu ! ramuscules. Autour sont les follicules remplis, pour la plupart, de tissu conjonctif, et plusieurs de cinabre sous forme de granulations. Grossissement 80 diamètres. (Virchow, Pathologie ! céltulaire.)

' ** Fig. 189. — Partie du réseau d'un ganglion lymphatique remplie de cinabre après !t> tatouage de la peau du bras, a, b, portions du trabécule interfolliculaire avec des vaisseaux lymphatiques; c, c, réseaux anastomotiques ; les po ts sombres sont des particules de cinabre (Virchow, Pathologie cellulaire).

APPAREIL DE LA CIRCULATION

phosphate et de carbonate de chaux, souvent rendues grisâtres par des dépôts de particules charbonneuses. Les granulations, ou leurs débris, examinées au microscope, offrent de petites masses noires, irrégiilières, qui se dissolvent avec effervescence par l'acide acélique et qui sont mêlées à des dépôts de charbon ou à des éléments cellulaires déformés et racornis.

Les incrustations calcaires des ganglions lymphatiques sont communes, à la suite de la tuberculisation de ces glandes. Les ganglions bronchiques et les ganglions mésentériques sont parfois comme pétrifiés. Gruveilhier a vu des ganglions crétacés occuper l'angle de la bifurcation de la trachée, longer la partie libre des bronches, pénétrer dans l'épaisseur des poumons avec les tuyaux bronchiques auxquels ils adhéraient. Les ganglions mésentériques renferment parfois une bouillie calcaire. Chez une vieille femme, un ganglion, en partie pétrifié, de l'aine avait atteint la grosseur d'un œuf de dinde (4).

^. — Cliondroiucs et ostcontcs des gnngliont^ lymphatiques.

A. Les cJiondromes sont peu fréquents dans le système lymphatique; Broca en cite deux exemples ('2).

Dans d'autres faits rapportés par Albers,de Bonn, sous le nom de stéatome, les ganglions formaient une masse blanche, ferme, presque cartilagineuse par places, molle en d'autres endroits, semblable à de la graisse; il s'agit là de transformation fibro-graisseuse et non cartilagineuse (1).

B. Les ostéomes véritables des ganglions lymphatiques ne sont pas établis sur l'observation rigoureuse : on a décrit des formes ostéoïdes du carcinome ou épithéliome ; mais le véritable tissu osseux, nonseulement pénétré de sels calcaires, mais avec des corpuscules caractéristiques, n'a pas été démontré suffisamment dans les ganglions, à la suite des chondromes par exemple, ou directement.

fi. — ' Transformation kystique.

Beaucoup de kystes ganglionnaires sont formés par des poches ou cavités remplies de pus, de sang ou de sérosité (3) ; ce sont d'anciens

(1) .1 Cruveilhieiî, Traité d'analomie patliotoqique générale et spéciale, t. III, p. 861, 1856.

(2) P. Broca, Traité des tvmeur.i, p. 265, in-8. — J. Paget, Accoimt of a growlh of Cartilaqe in a Teslide and ils Lympkatics, and in other parts (Med.-chir Transactions). — Lucke, Alheromciisten der Lijmphdrïisen {Arctiiv filr klin. Chirurgie, s. 256, Berlin, 1860).

(3) H. BiiUCY, Etude sur les lnjsles séreux des ganglions lymphatiques, thèse de Paris,, 11° m, 1876.

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foyers purulents ou sanguins. Dans d'autres cas, les kystes rencontrés dans le mésentère sont constitués par des sacs membraneux à cloisons fibreuses. Rokitansky pense que ce sont des ganglions dont les aréoles ont été distendues par le chyle accumulé. Dans un des deux faits suivants ne s'agirait-il pas de kystes hématiques du mésentère semblables à ceux du grand épiploon (voy. p. 385) ?

Homme, cinquante-trois ans, alTecté d'anasarque et d'une maladie du cœur, avec un foie granuleux. A l'autopsie, on trouve dans l'épaisseur du mésentère plusieurs glandes variant du volume d'une olive à celui d'une noix transformées en capsules dures, résistantes, qui renfermaient une humeur en partie claire et fluide, en partie épaisse et blanche.

Journalier, Irente-six ans, atteint de tubercules pulmonaires. A l'autopsie, on trouva entre les deux feuillets du mésocôlon un sac fluctuant, gros comme une tète d'enfant, partagé en loges distinctes et renfermant un fluide rougenoiiàtre, mélangé de masses gélatineuses. Le canal thoracique était épaissi, couvert de varicosités ; mais le sac insufflé ne parut avoir avec ce canal aucune ronnnunication (1).

Hémorrhagie des ganglions lymphatiques.

L'hémorrhagie des ganglions a la forme de petits foyers ou caillots apoplectiques accompagnant les congestions avec rupture ; ces caillots, de même que ceux (jui sont plus volumineux, sont rougeâtres ou noirâtres et montrent au microscope de la fibrine et des globules rouges du sang.

Dans les affections générales, avec la pustule maligne de la face, les ganglions du cou, même ceux du mésentère et des lombes, offrent des épanchements sanguins abondants (Sanson aîné). J'ai vu avec Panas des ganglions épithéliomateux encore assez durs de l'aisselle, parsemés d'hémorrhagies de formation à la fois ancienne et plus récente. Lobstein a signalé des épanchements sanguins considérables dans les cancers ganglionnaires rétro-péritonéaux. Frerichs a rencontré des cancers du foie avec les ganglions lymphatiques voisins pleins de sang concrété.

A la suite des hémorrhagies plus ou moins considérables, les ganglions i sont rouges, pigmentés, remplis de cristaux ou de grains d'hémaloïdine simulant une fausse mélanose (voy. p. OT-i).

(2) C. Rokitansky, Lehrbitch der palliologischen A)uilomie, dritte Aiiflage, Baïul H, S. 395,

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Parasites des ganglions lymphatiques.

On n'a trouvé que très-rarement des vers vésiculaires, tels que les liydatides dans les vaisseaux et les ganglions lymphatiques (1). Les vers nématoïdes (Hamularia) sont très-incertains, peut-être imaginaires (2).

SECTION VII

RATE, CORPS THYROÏDE, THYMUS, CAPSULES SURRÉNALES

Les ganglions lymphatiques, ou glandes lymphatiques sans conduit excréteur, forment la transition naturelle avec les glandes vasculaires sanguines, qui, suivant l'expression de Burdacli, servent à la métamorphose du sang. Le foie est lui-même analogue à une glande vasculaire sanguine par ses cellules glycogènes. L'anatomie comparée, ainsi que l'examen physiologique du sang, avant et après la sortie de chacune des glandes vasculaires, montre de plus en plus qu'il n'y a pas seulement une veine porte hépatique, mais un système veineux pareil à la veine porte pour chacune des fonctions principales et non pas seulement pour la digestion (3). Tels sont : le système porte lymphatique (les ganglions) ; le système porte intestinal (le foie, la rate) ; le système porte pulmonaire (la glande thyroïde et le thymus) ; le système porte rénal (les capsules surrénales).

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