Unngi-ène de la ra(c
La gangrène de la rate, de même que celle du foie, est nne lésion* extrêmement rare. Dans certains foyers purulents, L. Colin a trouvé des! fragments de rate sphacélés, ressemblant à un morceau de cambouis,' d'une couleur gris noirâtre, de consistance très-molle, d'une odeur fade» ou nauséeuse, mais non fétide. i
Dans d'autres cas, la fétidité est réelle, très-accusée. On a vu la capsule! décollée; la pulpe déliquescente, d'un gris livide, ou d'un noirij terne, tirant sur le verdâtre, avait une fétidité horrible et caractéris-^ tique. Il est probable que le plus souvent la gangrène splénique apouri origine une embolie gangréneuse, car je viens de montrer quedevéri-il tables séquestres de la rate existent ordinairement sans odeur de gan- 1 grène. I
On a décrit comme gangrène splénique des splénites suppuratives, quand le déiritus de la rate est mêlé à du pus et du sang exhalant une odeur fétide. Les infarctus ramollis à la périphérie (abcès infarctueux) et d'autres infarctus, avec le milieu détaché comme un séquestre, ont été pris à tort pour de la gangrène de la rate.
Hypertrophie et Atrophie spléciques.
1 . — Ilypcrtropliio <lo la rate ; Hyperspléiiîc ; ^plénomégalie ; Hyporadénic
f^plénique.
Sous le nom dliypertrophie de la rate, terme vague pour la plupart des auteurs et indiquant seulement une augmentation de volume, on trouve décrites toutes les congestions, les intumescences avec lésion de la charpente fibreuse et de la pulpe proprement dite, les états hyperadéniques, et même les altérations par néoplasmes. Il est aujourd'hui indispensable de préciser plus nettement les lésions spléniques; on devrait préférer au mot hypertrophie un mot n'offrant à l'esprit que l'idée du volume exagéré, tel que : hypersplénie (ûTrÈp excès, ctttHv rate) ou splénomégalie (o-ttHv rate, piyaç grand). Le mot hyperadénie répond à l'idée d'hypertrophie des éléments glandulaires, c'est-à-dire à l'hypergenèse des cellules lymphoïdes ou épithéliales renfermées dans le stroma trabéculaire.
Enfin si on emploie le mot hypertrophie, il est indispensable de le faire suivre d'une détermination des éléments hypertrophiés et le mieux serait de le remplacer par : hypersplénie ou splénomégalie, quand on veu^ un terme vague et non précis.
GLANDES VASCULAIRES SANGUINES
J'ai déjà dit (voy. Foie, p. 293, Hypertrophie en général, p. 557) he les auteurs allemands, et Virchow en particulier, appelaient hyperpla-
0 l'augmentation de volume des éléments. Le mot d'hypergenèse invienl parfaitement pour la multiplicalion de nombre. Il est à craindre
lie pendant longtemps encore le mot hypertrophie ne soit une cause
k malentendus.
11 y a donc hypertrophie réelle, soit hyperplasie, soit hypergenèse,
utes les fois qu'il y a soit une augmentation de volume, soit une multi- •jication des éléments normaux de la rate. La lésion offre des formes ènchées. Dans la première, il y a tuméfaction aiguë de l'organe avec
nioUissement lié à l'hyperhémie. La rate a augmenté rapidement de |lume, conservant sa forme normale, avec sa consistance amoindrie, a couleur est foncée, noirâtre, parsemée de foyers miliaires ou de ramolisement rouge. Si, à l'aide d'une injection, on expulse le sang des vais- :aux, si de plus on examine au microscope, on trouve une multiplica- )n et une augmentation de volume des éléments de la pulpe.
Dans la seconde forme, il y a induration. On en voit le type dans la rate dudéenne chronique : cet organe est très-volumineux, dur et, sur une l'upe, on trouve le tissu sec, décoloré. La pulpe, la substance adénoïde atrophie, le tissu conjonctif trabéculaire et interstitiel est très-deveippe et augmenté de nombre et de volume.
J'ai dit, et je répèle ici, que les altérations morbides étaient souvent trèsifl]ciles à dénommer d'une manière précise et que l'anatomie patholoique seule ne donnait pas toujours la détermination causale. Il est 'rtain que plusieurs rates paludéennes ressemblent extrêmement aux ,.tes cirrhotiques, et que parfois la distinction sera impossible si les ;iitécédents du malade font défaut.
Dans V hyper adénie leucémique la lésion de la rate consiste en une Vpertrophie souvent considérable (1), La rate peut mesurei" jusqu'à
1 centimètres de hauteur et peser 3 kilogrammes et plus; ordinaireent elle a conservé sa forme. Dans le tiers des cas environ, elle offre «s adhérences avec les organes voisins, la capsule est ordinairement fus épaisse et plus opaque.
Sur la coupe, le tissu se montre d'un rouge violacé (couleur acajou) [surface luisante et sèche; sa consistance est ferme, dense, les travées bro-celluleuses sonthypertrophiées et apparaissent sous forme de tractus lancs (fig. 190) ; d'autrefois le tissu est friable. Les gros vaisseaux sont
(1) Voyez pour la bibliographie très-étendue : E. Isàmbert, article l.eucocylliémio (Diction- }ire encyclopédique des sciences médicales, 2° série, t. Il, p. 365, 1869). — Jaccoud et Labadie- VGKAVE, article Leucocythémie {Nouveau Dictionnaire de méd. et de chirurgie pratiques,
XX, p. 488, 1875).
FiG. 190. — Coupe d'une rate hypertrophiée leucémique (Rinrino isch).
élargis ; les glomériiles hypertrophiés se montrent sous l'aspect de points blancs plus ou moins volumineux : de là un aspect marbré de la rate
On rencontre assez souvent (fig. 190) des noyaux ayant l'apparence d'infarctus hémorrhagique, el qui plus tard deviennent blanchâtres et même caséeux.
Avec le microscope, au début de la maladie, on trouve une multiplication des éléments normaux (trame fibreuse et glomérules) ; ces derniers» sont parfois le siège d'une lésion amyloïde.t Sur une coupe. -durcie par l'acide chromique,ii les corpuscules dits lymphatiques s'échappentj| avec facilité du stroma réticulé. Dans certainsj infarctus blanchâtres, on ne trouve que des glo-i bules blancs : ces mêmes globules remplissent les capillaires et la veine splénique, qui coirl tient souvent des caillots blancs et décolorés.^ Enlîn, dans le sang de la rate, on a constaté des ; cristaux qui paraissent formés de cholestérinsJ et d'autres cristaux dont la nature est peu connue. • Il