I. • — - Orchite aiguë
L'inflammation simple testiculaire, ou orchite aiguë, venant après des traumatismes légers, une blennorrhagie ou succédant à des oreillons, n'est guère observable que sur le malade. L'orchite généralisée porte le nom à'orcinte; celle qui est partielle occupe principalement l'épididyrae et est appelée épididymlte. '
TESTICULES
Dans l'orchite, la glande testiculaire est augmentée de volume, doublée Li triplée ; il s'est produit une hyperhémie accompagnée de lymplianite et d'une suffusion séreuse dans l'intervalle des fibres co.njonctives Il lamineuses, comme il s'en produit une dans la tunique vaginale, plte cavité séreuse présente les altérations que j'ai décrites pour la leurésie aiguë (voy. p, 5:^9).
Dans l'orchite blcnnorrhagique, on suit la marche de l'inflammation 3nant du canal déférent de l'épididyme gonflé, en même temps que le quide s'épanche dans la tunique vaginale. Ce liquide, extrait par la onction avec la lancette, montre au microscope de la fibrine, des gloules rouges et blancs du sang ainsi que des cellules épithéliales déforléos, remplies de granulations grisâtres, protéiques, et parfois jaunâtres, raisseuses.
Curling et Gaussail ont eu l'occasion d'examiner le testicule affecté 'inflammation partielle blennorrhagique (1). Voici le résumé de leur escriplion :
La tunique vaginale est plus ou moins distendue par la lymphe ou de la majière albumineuse infiltrée de sérosité rougeàtre qui établit des adhérences lolles entre les surfaces opposées de la membrane. Ces adhérences sont si peu 'sistanles qu'on les déchire facilement avec le doigt. La séreuse est pourvue !■ vaisseaux rouges et déliés qui se portent dans diverses directions et forment 11 réseau très-serré. A une période plus avancée, on voit un certain nombre e ces vaisseaux se porter de la surface libre de la tunique vaginale aux fausses lenibranes qui forment les adhérences.
Le volume de la glande est un peu augmenté, souvent même il ne l'est pas du )ut et la tumeur est en réaUté constituée par le gonflement de l'épididyme et épaiichement de la cavité séreuse (i).
Marcé a observé avec Gosselin le testicule d'un malade qui avait suclombé au choléra huit jours après le début d'une épididymite blennorrhagique :
I Homme, vingt-deux ans. La résolution de l'orchite était avancée; la queue de 'épididyme seule contenait des traces de l'inflammation, elle était gonflée et ormait une masse dure du volume d'un i;ros haricot.
ji Après avoir été fendue, cette masse a offert une substance jaune, uniforme, ilépourvue de vaisseaux sanguins, au milieu de laquelle on distinguait cepenflant les flexuosités de l'épididyme, augmentées de volume. La coloration [aune était due au dépôt de matière plastique dans la cavité même et dans |a paroi de ces circonvolutions, mais il ne se trouvait pas de dépôt semblable
(•1) T.-B. Curling, Traité pratique des maladies du Zes(tc((?e, etc., Irad. Gosselin, p. 278, 1857.
791 APPAREIL DE LA GÉNÉRATION. '
dans le tissu cellulaire extérieur. Avec le microscope, Charles Robin et Gosseli ont trouvé beaucoup de granulations graisseuses, des globules granuleux d'ir flammation et quelques globules de pus. L'exsudation inflammatoire, dans c fait, occupait la cavité même et la paroi épididymaire (1).
L'orchite aiguë, qui ne s'est point terminée comme cela est ordinaire pai la résolution, occasionne, par multiplication des éléments cellulaires ( fibreux épididymaircs, des épaississements néoplasiques. On doit com battre ces indurations redoutables. On trouve dans les cas graves de nodosités qui rétrécissent ou compriment les canaux vecteurs du sperme Les spermatozoïdes cessent même d'apparaître (Gosselin) quand l'occlu' sion est complète et bilatérale.
Dans Yorchite varioleuse que j'ai observée plusieurs fois sur le vivant r l'hôpital Saint-Antoine où j'étais chargé du service des varioleux , j'a,' constaté du gonflement et de la douleur péri-testiculaire. Une seul; fois, j'ai pu voir les testicules atteints chez un malade succombant ai sixième jour :
'iji
Homme, trente-ct-un ans. La tunique vaginale renferme des fausses mem branes molles et de la sérosité citrine, mais sans apparence de pustules varioi tiques. La tunique albuginée ne paraît point épaissie. L'intérieur du testicul fendu en deux présente en plusieurs points un aspect jaunâtre, un peu rosé sur d'autres points de petites ecchymoses. Avec le microscope, je constate qm les tubes séminifères renferment beaucoup de noyaux et de cellules à conteniifipr granuleux s'éclaircissant par l'acide acétique. Autour des points jaunâtres, ilji II a un grand nombre de globules de pus disséminés et très-reconnaissables en C6( fi que l'acide acétique y fait apparaître deux et trois noyaux à l'intérieur. L'épidi- j( dyme ne paraît pas altéré, ni épaissi, ni distendu, non plus que le canal déférent .
Béraud a distingué avec soin les lésions de l'orchite varioleuse j qui occupent l'extérieur du testicule et de l'épididyme (orchite vario- 1 ^ leuse périphérique) et celles qui siègent dans le testicule même (orchite!]. varioleuse parenchymateuse) (2).
Les abcès testiculaires aigus sont rares, et ils proviennent de l'inflammation suppurative du parenchyme testicnlaire, interstitielle et probablement lymphatique. Le pus forme des infiltrations dans la glande, dont il désorganise la structure délicate (Curling) ; d'autres fois , il donne lieu à
(1) Marcé, Gaielte des hôpitaux, 1851. — L. Gosselin, in Curling, Traité prat. des maladies du testicule, etc., p. 279 (note), 1857.
(•2) B. BÉRAiiu, Recherches sur l'orchite et l'ovarite varioleuses {Archives gén. de médecine, t. I, p, 271, 1859).
TESTICULES
Js collections distinctes, mais qui n'ariivenl que dilïicileinent à s'ouvrir ;"extérieur à cause de la densité de la tunique albuginée. Lorsque l'inl|,mmation a cessé, les parties fluides du pus se résorbent et les parties âides restent, en formant une masse qu'on a souvent prise pour des dé- |ts tuberculeux (voy. Orchite chronique et Tubercules du testicule). |La suppuration a lieu quelquefois dans l'épididymite, autour de la aeue de cet organe et de la portion réfléchie du canal déférent. Ces abcès l onent s'ouvrir à la partie la plus déclive du scrotum. L'ouverture de l'abcès peut rester pendant longtemps ulcéreuse et réouverte de bourgeons charnus.