L.\DOLLBÈNE
APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
lait, dans un espace limité, une mollesse remarquable avec apparence de fluctuation.
La tumeur occupait l'excavation pelvienne en la remplissant, plus une grande partie de la cavité abdominale. L'utérus, sain, très-allongé, déformé, était situé au-devant de la tumeur à laquelle il adhérait en arrière; ovaire et trompe gauches dans l'état naturel. L'ovaire droit est remplacé par l'énorme tumeur au-devant de laquelle la trompe, prodigieusement allongée, était transversalement étendue et adhérente. On ne dislinguait plus le pavillon.
Des veines énormes, plus grosses en grand nombre que la veine basilique, occupaient la surface du corps fibreux. De plus, la tumeur était enveloppée par un kyste également fibreux, faiblement séparable, qui pouvait être divisé en plusieurs feuillets entre lesquels marchaient des veines considérables.
La coupe de la tumeur a offert un tissu fibreux? extrêmement serré, dont les* filaments s'irradiaient du centre à la circonférence. A la partie centrale étaient des vaisseaux énormes dont plusieurs admettaient le petit doigt. Ces vaisseauxi étaient intimement unis au tissu fibreux ambiant, à la manière des sinus délai dure-mère... Aucune production enkystée ne s'était mêlée à la production!! fibreuse, mais il s'en faut bien ({u'il en soit toujours ainsi (1).
Celte description, qui rappelle un grand nombre de traits propres aux i corps fibreux utérins, fait penser qu'il s'agissait d'un léiomyome ou d'un libromyome.
Kœberlé signale et figure une tumeur fibreuse de l'ovaire droit
(voy. fig. 224) , accompagnée d'ascite et de suppuration. Cette dernière lésion me paraît bien exceptionnelle ; je ne partage point les
(I) J. Cruveilhiër, Traité d'anatomie pathologique générale, t. III, p. 705, 1856.
* FiG. 224.. — Tumeur fibreuse de l'ovaire droit F, ayant un foyer de suppuration dont h\ cavité communique par plusieurs ouvertures S avec la cavité péritonéale C, qui était le siège d'une péritonite chronique avec ascite. L'ovaire normal 0 est situé au voisinage de la troinpeT, dans la concavité de sa courbure (Kœbprlé, Nouveau Dictionnaire de médecine).
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dées de Kœberlé sur les lîbro-myomes, qui pour lui seraient problémaiques (i).
C. Enchondrome. — Scanzoni a "trouvé un enchondrome au milieu d'une tumeur fibreuse. Kiwisch en a observé deux cas: dans l'un, l'ovaire droit était du volume du poing-, composé par une masse cartilagineuse dure et hyaline. Gruveilhier a rencontré fréquemment les chondromes ovariens, il en a vu de la grosseur d'un pois chiche et d'autres dépassant la dimension du poing. Il signale l'association de l'enchondrome avec les kystes.
D. Concrétions calcaires. — En dehors des substances osseuses et des dents trouvées dans les kystes ovariques, la poche de ceux-ci est parfois jinscrustée de sels calcaires. On voit aussi dans des vésicules ovariennes des masses ressemblant à du plâtre ou à des pierres. Dans un cas, [l'ovaire volumineux et dur offrait des points d'ossification ou de calcification? (Leclerc). Meckel signale une espèce d'ossification des vésicules Ide de Graaf (2).
E. Lymphadénonie. — Gornil et Ranvier ont signalé le lymphadénome secondaire de l'ovaire (3). Kœberlé admet des kystes lymphatiques ovajriens, avec développement de vaisseaux lymphatiques (voy. plus bas , Kystes de l'ovaire).
F. Papillomes. — Les tumeurs papillaires ovariques, tumeurs verru-
Fia. 225. — Papillomes de l'ovaire gauche *.
(1) Kœberlé, article Ovaires (iXoiiveau Dict. de méd. et de chir. pratiques, t. XXV, p. 508, 1878).
(2) Velpeau, article Ovaires (Dictionnaire de médecine en 30 volumes, t. XXII, p. 598, 1840).
(3) CoRNiL ET Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, 3° partie, p. 1123, 1876.
* FiG. 225. — Tumeurs papillaires sessiles et pédiculées de l'ovaire gauche devenu kystique. Ces papillomes dendritiques, parfois implantés sur le point de rupture des vésicules de de , Graaf, communiquent aussi à l'intérieur avec des végétations papillaires tapissant la paroi internp des kystes (Kœberlé, iVouî'eajt ZJich'onnaire f/e merfeciwe).
Al'PAKElL DE LA GÉNÉRATION.
queuses, sont assez rares. Elles restent ordinairement très-petites, et existent souvent avec des dilatations kystiques (fig'. 225). A la face externe des ovaires elles forment des vcgétations dendritiques, sessiles ou pédiculées, tantôt en amas et tantôt plus ou moins éparses. Les végétations sont externes, siègent souvent sur la cicatrice des follicules de de Graaf et y sont nettement insérées (Kœberlé). Ces végétations internes paraissent provenir de la couche épithéliale des vésicules de de Graaf, et ces tumeurs ne paraissent pas récidiver après avoir été enlevées intégralement.
•s. — Kpitliélioiiie!^ ou Carcinomes de l'ovaire.
h'épithéliome, ou cancer ovarien, est primitif ou secondaire. Le cancer I primitif atteint parfois et même dépasse le volume d'une tête d'adulte. La variété la plus commune est Fencéphaloïde ; les variétés les plus
rares sont le squirrhe et le colloïde.
Ordinairement, un seul ovaire est | atteint ; mais parfois la lésion est dou- ' ble, avec prédominance d'un côté. • L'épithéliome encéphaloïde se mon- j tre sous la forme d'une tumeur plus j consistante que dans les autres orga- ■ nés, ce qui est dû à la prédominance de l'élément fibroïde qui domine dans la structure de l'ovaire. La tumeur j est entourée par une capsule fibreuse, ; qui dégénère souvent et présente des ; végétations ou des bourgeons épithé- I liaux. Le péritoine lui-même, dans une étendue variable, participe à h dégénérescence, de telle sorte que l'on a une péritonite cancéreuse tan- ! tôt circonscrite, tantôt généralisée (fig. 226). Sur une coupe à l'œil nu, on i voit une section blanche, blanc grisâtre et opaque; par le raclage, on obtient un suc miscible à l'eau.
Avec le microscope, on retrouve la structure des épithéliomes encéphaloïdes; la charpente est constituée par des cloisons fibreuses avec des fibres musculaires lisses et les variétés ordinaires de cellules et de noyaux, j
* Fig. 2c'6. — Coupe d'un épilhéliome ovariquo. Le revêtement péritonéal est le siège de ] papilles dont l'une, située à gauche de la figure, montie le développement anormal de cellules épithéliales dans son épaisseur. Grossissement 300 diamètres (E. RindAeiscli). '
l''iG. 2'26. — Épithéliome de l'ovaire *.
OVAIRE
)arfois implantées à la surface végétante des cavités. Dans l'ovaire cancé- •eux comme dans d'autres organes également atteints, les vaisseaux peu lenl acquérir un développement considérable, de manière à produire- 'épithéliome ou cancer hématode. On trouve encore, au milieu de ces 'masses néoplasiques cancéreuses, des kystes, qui tantôt ont précédé le cancer et qui tantôt se sont développés avec lui.
t L'épithéliome ovarien secondaire se montre après un cancer de l'utérus, du rectum ou d'un autre viscère ; dans ces cas, le cancer est jfiodulaire; cependant, dans le cancer par propagation, on peut observer 'une infiltration diffuse du tissu épitliélial carcinomateux.
L'ovaire offre les diverses autres variétés de l'épithéliome. Klebs e' |Rindfleisch y ont observé des épithéliomes primitifs à cellules cylindriques. Mais, le plus souvent, l'épithéliome, tant à cellules cylindriques qu'à cellules pavimenleuses, arrive d'une manière secondaire. Il est de même |f»our les cas d'épithéliome mélanique, constamment secondaire.