l^yi>hili!<i ovarienne
La syphilis ovarienne est certainement fort rare. Lancereaux cite deux cas de gommes ou de syphilomes, sans détails microscopiques ; le même auteur parait considérer comme syphilitique la sclérose qu'il a
(1) SiLL.\iiD, Des tubercules de l'ovaire el des trompes, thèse de Paris, 1861.
APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
observée cliez les femmes encore jeunes. Elle me paraît résulter aussi d'une ovarite (voy. p. 81 6). Alfred Fournier a vu quelques ovaires avec des cicatrices , mais sans sypbilomes évidents; il n'admet pas avec certitude la syphilis ovarienne. H. Lebert a observé des gommes ovariennes (i) coïncidant avec celles du cœur.
Kystes de l'ovaire.
Les kystes ovariques constituent les plus communes de toutes les
FKj. 227. — Kyslc uniloculaire de Tovaire gaucho *.
lésions de l'ovaire et les plus importantes. Dans la plupart des néoplasmes déjà passés en revue, on peut trouver des kystes; mais ceux-ci
(1) H. Ledeut, Traité d'aiiat. jiathol. générale et spéciale, t. I, p. 770, jiL lxviii, et t. Il p. 658, pL cxcii, 1855-1861.
* FiG. 227. — • Kyste uniloculaire et sans adiiérences de l'ovaiie gauche, déviant l'utérus m à droite, tandis qw le col utérin est incliné à gauche, du côté de l'ovaire malade et dont le repli péritonéal qui comprend la trompe tg, les vaisseaux sanguins et lymphatiques ainsi que les nerfs de Tovaire, constitue le pédicule. L'ovaire droit od, et la trompe droite, dt, sont à l'étal normal (Kœberlé, Nouveau Dictionnaire de médecine).
OVAIRE
[oDstitiient à eux seuls des affections ovariques spéciales, à détermination souvent difficile. L'ovaire et le rein sont les organes où les kystes !e développent le plus fréquemment.
Les kystes de l'ovaire sont extérieurs à la membrane d'enveloppe ou
FiG. 228. — Kyste multiloculaire de l'ovaire droit *.
feitués dans l'épaisseur même du parenchyme. Les premiers sont les kystes péri-ovariens , analogues aux kystes extra-tesliculaires, placés aujtour de l'épididyme ou du cordon spermatique. Ils n'avaient pas échappé là Cruveilhier, qui les désignait sous le nom de kystes extra-ovariens (1) jet les rapportait à des dilatations de l'organe vestigiaire de Rosenmiiller.
I (1) J. Cruveilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, t. III, p. 306, 1856. j, * FiG. 228. — Kyste multiloculaire de Tovaire droit od, retenu vers l'excavation pelvienne [Igauche par des adhérences pelviennes op. La trompe droite est très-allongée til; la niatrice 7?i |et la trompe ont été entraînées à droite par le développement progressif de la grande loge occu- 1 pant le côté droit de la tumeur. A gauclie, on voit des kystes proligères d'un volume variable
indiqués par des lignes ponctuées, og, ovaire gauche; tg, trompe gauche fKœberlé, Nouveau
Dictionnaire de médecine).
APPAREIL DE LA GfiNÉRATION.
Ces kystes très-fréquents, pouvant acquérir depuis le volume d'une petite 1 pomme ou d'une orange à celui d'un fœtus, ont un contenu séreux. C'est à eux que se rapportent les faits de guérison par la ponction simple communiqués par Panas à l'Académie de médecine (1).
Les kystes intra-ovariens , ou kystes ovariques proprement dits, sont ! dissemblables entre eux. Les uns ont une pocbe uniloculaire, un contenu j séreux, peu visqueux (fig. 257); les autres ont des pocbes multiples j (fig. 228) , un contenu visqueux ou colloïde très-épais et une structure ï compliquée. Il est indispensable d'établir des divisions dans ces divers | kystes, qui peuvent être : A, uniloculaires; B, multiioculaires à contenu 1 épais, gélatiniforme, plus ou moins coloré; G, kystes dermoïdes.
A. Kystes uniloculaires , à contenu séreux. — On doit reconnaître actuellement des variétés distinctes dans les kystes à une seule poche. 1° Les uns proviennent d'une hyclropisie de la vésicule de de Graaf, et Cazeaux avait pressenti la dilatation de ces vésicules, petits kystes en i miniature prêts à se former. Cruveilhier a suivi dans une série de faits l'évolution de ces kystes, depuis la grosseur d'une cerise, d'une i pomme, jusqu'à une grande poche. Rokitansky a enfin démontré qu'il ' s'agissait pour certains kystes de la dilatation hydropique de la vésicule de de Graaf, car dans ces kystes encore peu développés on trouve un ovule dans chacun d'eux. Ces kystes ne sont pas généralement très-volumineux, i
2" Les grands kystes uniloculaires et uniques, composés d'une paroi formée du revêtement péritonéal, de la membrane extérieure ovarienne, fibreuse et d'une couche interne épithéliale, à cellules plates, ne paraissent pas résulter du développement exagéré d'une vésicule' ou ovisac. il est très-probable que ces kystes proviennent de la réunion de plusieurs kystes préexistants. Cruveilhier a signalé expressément des kystes dont il fait une sous-variété, et qui sont cloisonnés. Le kyste est ainsi dans un étal intermédiaire; il offre un nombi-e variable de cloisons incomplètes ou de brides plus ou moins considérables qui ressemblent à des arcsboutants soutenant et reliant entre elles les parois du kyste (2).
3° On trouve encore des kystes uniloculaires flasques, pouvant en imposer pour une ascite, et dont le contenu séreux n'est pas considérable et ne distend pas la poche. '
Les kystes uniloculaires à parois végétantes et à contenu visqueux me paraissent distincts absolument des kystes uniloculaires précédents. La considération de la poche unique n'est pas majeure; il faut tenir compte de la paroi et des points où se trouve un tissu de néo-formation; ces
(1) F. Panas, Sur une variété particulière de kijstes séreua ovariques (Bull, de l'Acad. de médecine, 10 mars 1875, et Archives de Tocologie, avril 1875).
(2) J. Cri'veilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, t. 11!, p. 399, 1850.
OVAIRE
;ystes renlrenl donc dans les catégories de kystes proligères à contenu ipais. Voici, d'après Cruvsilhier, une observation typique de kyste ova- |ique, uniloculaire, séreux :
Femme morte avec un kyste de l'ovaire gauche atteignant l'épigastre en haut, ieposant sur le détroit supérieur comme sur une base et plongeant, par une por- Kon rétrécie, dans l'excavation du petit bassin qu'il remplissait en grande lartie.
Les rapports du kyste avec la paroi abdominale étaient directs et imméiats ; les viscères et les intestins étaient placés à droite et à gauche, en rrière du kyste; l'utérus, situé au-devant de la partie intérieure, avait subi une éformation remarquable : il avait été entraîné obliquement en haut et à jauche par la trompe gauche, la moitié gauche du corps s'était allongée et Représentait une corne utérine des femelles à utérus bifide. La moitié droite u corps de l'utérus n'avait subi aucune élongation, aucune altération dans sa Drme, le col utérin était sans museau de tanche, la traction avait elTacé sa artie vaginale. L'orifice utérin était placé au centre du vagin terminé en culle-sac. La trompe utérine occupait la région antérieure du kyste. La vessie, ans la partie gauche, avait été entraînée en haut avec l'utérus ; les uretères arcouraient les parties latérales et inférieures du kyste.
La portion pelvienne du kyste ovarique était intermédiaire au vagin et au ,ectum ; des liens celluleux assez lâches unissaient la partie supérieure du ectum placé en arrière à la partie correspondante du kyste. Le vagin avait la laroi postérieure refoulée jusqu'à la vulve. , L'ovaire droit présentait un kyste du volume d'un œuf de dinde.
La surface du kyste était blanchâtre, opaline avec une innombrable quanité de vaisseaux sanguins. Ces vaisseaux étaient considérables, aplatis, à larois extrêmement minces, largement ramihés, dépourvus de flexuosilés... ; PS plus considérables occupaient la paroi postérieure du kyste... Il a été facile [le séparer le kyste en deux lames ou couches, l'une superficielle et l'autre irofoiide. La superficielle était la plus mince, revêtue par le péritoine et ontenant les vaisseaux les plus considérables, semblables à des sinus veineux k' la dure-mère... La couche fibreuse profonde, très-épaisse, très-résistante, irésenlait à sa face interne, en contact avec le liquide, line multitude de vaiseaux rameux, peu considérables.
Le liquide contenu dans la poche était séreux, parfaitement limpide et omme de coutume très-chargé en albumine (1).
j B. Kystes composés, proligères, mulliloculaires , à contenu épais, gélatineux. — Un trouve plusieurs variétés dans les kystes composés et proligères : i" les kystes aréolaires ou vesiculaires sont formés de poches )etites, de vésicules ou aréoles, remplies d'une matière filante comme du îlanc d'œuf. Les vésicules sont parfois indépendantes, mais plus souvent
fl) J. Cruveilhier, Traité (l'anatoiiiie pathologique (jénérale, t. III, p. 404, 4856.
APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
communiquent les unes avec les autres. Les vésicules représentent à h coupe les cellules d'une ruche; les orifices de communication sont petits et faits comme à l'emporte-pièce. Les cloisons sont formées de dem lamelles, dont chacune appartient à la cellule correspondante : ces lamelles, tantôt fibreuses, résistantes, dures, tantôt fines, transparentes et très-ténues. Les aréoles les plus considérables, surtout quand elles sonli oblongues, offrent des valvules ou replis transversaux, tantôt parallèles tantôt perpendiculaires à la paroi. Deux valvules juxtaposées représentent la disposition des valvules des veines.
On voit quelquefois un grand kyste uniloculaireavecun tissu aréolaire kystique placé au-dessous. Cruveilhier a représenté cette disposition (i),
2° Les kystes poligères, kystes uniloculaires à contenu gélatinifornie.< et auxquels se rattache l'épithéliome myxoïde de Malassez, sont les kystee qui acquièrent le plus de volume. Ils sont formés ordinairement par un
FiG. 229. — Kyste colloïde de l'ovaire *.
kyste principal et plusieurs secondaires (tig. 2:29), réunis par du tissu sarcomateux ou lamineux, ou par une enveloppe commune. Tantôt les pa-
(1) J. Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, livraison XXV, pl. 1".
* FiG. 229. — Loges kystiques à contenu colloïde développées dans le stroma de Tovaire. | aa, kystes volumineux à paroi recouverte d'une couche épitliéliale incomplète et dont le contenu ; après durcissement de la pièce a un aspect strié et fissuré comme les mucus concrets; b, kyste j avec de rares cellules épithéliales, traversé par des fibres conjonctives ou lamineuses: c, kyste j avec des cellules détachées de la paroi; d, cellules dilatées, infiltration du tissu conjonctif, 1 premier degré de la production kystique; ee, stroma infiltré de petites cellules. Grossissement 200 diamètres. (E. Riiulfleisch, Histologie.)
OVAIRE
rois sont, indépendantes , tantôt il y a un cloisonnement. Ces parois se composent de plusieurs couches : une externe, qui est du tissu conjonctif |avec des veines volumineuses et des artères hélicines, une couche sous- Ijacente formée par des lamelles assez semblahles au tissu sclérotical et même de la cornée, enfin une membrane interne couverte de végétations, de plaques, devillosités (1), et tapissée par des cellules endothéliales. Les cellules de cet épithéliome subissent diverses altérations en sécrétant du jmucus; les unes sont caliciformes, d'autres sphériques; parfois même on {trouve des cellules à cils vibratiles.
Le contenu de ces kystes proligères est un liquide muqueux, filant comme du blanc d'œuf, ou gélatiniforme, ou collant comme de la gomme [liquide, qui se gonfle dans l'eau, se coagule dans l'alcool et présente de nombreuses stries. Dans cette masse colloïde, on retrouve les diverses es- Ipèces de cellules ci-dessus indiquées, et disposées en séries parallèles (fig. 229). L'analyse chimique faite par Méhu a montré de la paralbumine, idonnant la consistance gélatiniforme, de l'albumine, de la métalbu-
FiG. 230. — Kystes agminés des deux ovaires *.
Ijmine. Eichwald y note de plus de la peptone muqueuse, de la mucine, de |lapeptone albumineuse. Le liquide est parfois couleur de chocolat ou
(1) CoRNiL et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, partie, p. 310 et 3* partie, ' p. 1126, 1876.
* FiG. 230. — Kystes agminés des deux ovaires. OD, ovaire droit; T, trompe droite ; OG, ovaire gauche; S, surface de section de l'ovaire droit et de l'ovaire gauche (Kœberlé, Nouveau Dictionnaire de médecine).
APPAREIL DE LA OÉN ÉP. ATIOÎS.
plus OU moins brun ; dans ces cas, on trouve des leucocytes et surtout des sortes de villosités disposées sur la paroi interne, très-vascularisées, avec déjeunes vaisseaux à parois embryonnaires, qui se rompent en causant les bémorrliagies.
Il n'est point prouvé qu'un kyste multiloculaire puisse se diviser en deux; mais deux kystes placés à côté l'un de l'autre communiquent évidemment par rupture de la cloison de séparation.
Plusieurs théories ont. été proposées pour expliquer la pathogénie de ces kystes. Yirchow, Waldeyer, pensent qu'il s'agit d'un travail particulier survenu dans les tubes ovariques décrits ])ar Pfliiger pendant la vie intrautérine, et je partage cette opinion pour expliquer un grand nombre de, faits et les kystes dits agminés (fig. 230). Wilson Fox admet qu'il arrive d'abord une soudure des végétations de la paroi interne, et que c'est là que se forment les kystes. Malassez a vu que ces kystes naissent dans leS: villosités au centre desquelles on voit des amas cellulaires, dont les plus centi'ales sont transformées en cellules muqueuses qui, en se détruisant,' forment une cavité ; c'est à peu près le mode indiqué par Fœrster. Dui reste, Malassez croit qu'il s'agit d'une néoformation, d'une hétérotopiei qu'il nomme épithéliome myxoïde (voy. p. 826).
Les kystes multiloculaires et à contenu gélatineux déterminent le plus souvent des péritonites adhésives, qui rendent difficile l'opération de l'o-
variotomie. On les trouve ordi-
nairement dans un seul ovaire, ' mais parfois cet ovaire est lei siège d'un gros kyste, tandis:!
qu'il en existe de petits du côté , opposé. I
C. Kystes dermoïdes de To- j vaire. — Ce sont des lésions 1 congénitales, dont le mode de j production est encore discuté, i Leur volume varie d'epuis celui ! d'un œuf jusqu'à la grosseur d'une tête d'adulte. La paroi j interne de ces kystes présente | des régions où il existe des parties constituantes de la peau : papilles, | follicules pileux avec poils et cheveux (fig. 231), glandes sébacées et sudoripares. De plus, on constate d'autres éléments de divers tissus: i
* Fig. 231. — Kyste dermoide de Povaire dont la paroi interne a contient : trois dents b, et j une touffe de cheveux c, implantée sur un tubercule, présentant un grand nombre d'orifices de glandes cutanées (E. FoUin).
Fig. 2.31. — Kyste derinoïdo ovarien
OVAIKE.
des dents, avec leurs follicules dentaires ou implantées dans leurs os (fig. ^32). Kohlrauch pense que le développement est le même qu'à la mâchoire. Ce sont des dents incisives, canines et molaires ; on en a compté jusqu'à trois cents, ce qui infirme la théorie de l'inclusion fœtale. Il est fréquent de rencontrer dans la paroi Ides kystes dermoïdes, des plaques osseuses, des os sans dents ou bien avec des rebords représentant une alvéole.
On y rencontre également des portions de cartilage, du tissu musculaire slrié, et même du tissu nerveux avec des tubes à double contour et des cellules nerveuses.
Fragment osseux provenant d'un kyste de l'ovaire *.
FiG. 233. — Kyste dermoïde de Tovaire avec torsion du pédicule **.
* FiG. 232. — Pièce osseuse pourvue de quatorze dents, trouvée dans un kyste dermoïde de l'ovaire droit surune femme de soixante-douze ans (Heurlaux, Nouveau Dictionnaire de médecine).
** FiG. 233. — Kyste dermoïde de l'ovaire droit, K, dont le pédicule, tvt, est tordu de deux tours circonférentiels. Le kyste est retenu en haut contre la paroi abdominale, pa, par des adhérences pariétales ap, ap, ap; une autre partie de ces adhérences a lieu avec le pédicule aiZ, et avec le ligament large du côté droit, Ud. La partie droite du kyste présente des éraillures ss et des suffusions sanguines par déchirures de ses parois; og, ovaire gauche; llg, ligament large du côté gauche; m, matrice déviée, entraînée à droite par les adhérences ail et up iKœberlé, Nouveau Dictionnaire de médecine.)
830 APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
Le pédicule tordu ou enroulé des kystes ovariques signalé par Rok: tansky a été observé plusieurs fois et figuré par Kœberlé pour un kyst dermoïde (fig. 233). On a vu, dans un cas de rupture de kyste dermoïdf une touffe de cheveux flottant librement dans la cavité péritonéale, à tn vers la déchirure; des cheveux et des détritus épidermiques étaient épai à la surface de l'intestin et de l'épiploon, enclavés en partie sous uc couche d'exsudat fibrineux de péritonite.
J'ai publié un fait de kysle ovarique gauche, avec productions derm ques et poils (i). Depuis cette époque, j'en ai observé un second doi voici l'observation et la ligure :
Femme, trente-sept ans, ayant eu deux enfants bien portants, et morte de pneri nonie double à l'hôpital Saint-Anloine. A l'autopsie, en examinant la cavité, abdcj minale et les divers organes contenus, je constate que l'ovaire droit est très-volil!
FiG. 234. — Kyste ovarique droit, dermoïde et pileux *.
muieux, bosselé et mollasse. Il est du double plus allongé que l'utérus, quj est de volume ordinaire, long de huit centimètres. Après avoir été fendu ! l'ovaire (fig. 23i) offre des replis et des cloisonnements qui le partagent ei ■
(I) A. Laboulbène, Utérus avec hémorrhagie des trompes de Fallope et kijstepileux de l'ovair gauche (C. R. de la Société de biologie, t. IV, p. 185, 1852). \
* Fig. 23i. — Kyste dermoïde et pileux de l'ovaire, u, utérus vu en arrière ; c, col de l'uténi 1 Il orifice transversal; o, ovaire gauche normal; /, trompe; Ir. ligament rond; hk, kyste ova . rique droit, à cavité principale irrégulièrement cloisonnée et revêtue de productions verruqueuse et dermoïdes dd, recouvertes de poils.
OVAIRE
plusieurs cavités. La surface interne est recouverte en quelques points par des I épaississements en forme de tuméfactions sessiles ou de verrues aplaties (fig. 234, d, d).
La matière qui remplit les cavités de l'ovaire est variable. Dans quelques loges situées au centre et à la partie interne, le contenu est épais et gluant; dans une cavité anfractueuse, à lamelles et cloisons incomplètes, placée plus en dehors, la matière renfermée dans l'intérieur est épaisse, blanchâtre et jaunâtre, ressemblant à de la graisse figée et grumeleuse. Après avoir enlevé ces matières, je constate que la paroi est inégale; il y a par places des dépôts ru- Igueux, qui paraissent calcaires et rappellent l'athérome artériel; sur d'autres la paroi offre les saillies déjà signalées (fig. 234, d, d) et nettement pilifères. lEnfin, dans la matière graisseuse écrasée avec soin, je recueille deux fragments idurs, irréguliers, qui offrent la dureté de l'os ordinaire.
Je constate, par l'examen avec le microscope, que l'enveloppe ovarienne est tconstituée par du tissu fibreux, composé de fibres conjonctives ou lamineuses {très-serrées. Les papilles ou saillies verruqueuses sont composées de fibres conjonctives et élastiques, résistant à l'action de l'acide acétique, recouvertes d'épithélium aplati, corné, placées sur d'autres cellules moins larges et plus arrondies ; les saillies sont criblées de trous d'où parlent des poils. Ces poils nombreux et assez courts, les plus longs ayant cinq centimètres, sont implantés sur les productions verruqueuses dermoïdesde différentes grandeurs et au nombre de quatre (fig. 234, dd). D'autres poils un peu plus longs, entortillés et comme feutrés, se trouvent dans la madère grasse.
Les poils sont châtain clair, tandis que la chevelure de cette femme était châtain foncé. Ils ont une base renflée et ils sont un peu rétrécis avant de [prendre le diamètre du reste de la longueur; l'extrémité est effilée et non cassée. La surface extérieure est striée irrégulièrement en travers.
La substance grasse du kyste ovarique était formée de gouttes graisseuses de diverses formes, arrondies, aplaties, allongées et peu régulières, très-solubles dans l'éther, le chloroforme, la térébenthine. On y découvre alors facilement des cellules épithéliales aplaties.
La paroi des divers kystes ovariques imiloculaires, proprement dits, iquoique peu épaisse, de 2 à 3 millimètres, est souvent calcifiée par places ou recouverte de portions de tissu conjonctif épais, de fibres lamineuses enroulées, de tissu sarcomateux ou embryoplastique, parfois de fibres musculaires lisses. Dans les kystes proligères, dans les cystosarcomes, dans les épithéliomes myxoïdes, la paroi est végétante, inégale, papilliformc creusée de vacuoles à contenu colloïde et de sinus veineux pleins de sang. Tous les kystes ovariques peuvent, à une période de leur évolution, offrir des hémorrhagies et même des signes anatomiques d'inflammation; on Itrouve alors des hématies et des leucocytes dans leur intérieur, mêlés à |un contenu, qui est loin d'être le même.
Les kystes séreux, très-fluides, extra-ovariques, ont un liquide clair,
APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
non visqueux ni lilant, à peine citrin, alcalin ou neutre, tenant en suspen sion des cellules épilhéliales rares. Ils ne renferment pas de fibrine n d'albumine. Leur densité moyenne est de i005 à 1006 (Méhu).
Les liquides des kystes uniloculaires ordinaires sont filants, ambrés citrins, rosés s'ils renferment un peu de sang, et deviennent mousseu: par l'agitation. L'odeur est fade, la réaction alcaline, la densité de 100!' à 1018. Ils varient d'une ponction à l'autre. Ils se coagulent par la chaleu et l'acide nitrique ; ils renferment nettement de l'albumine. Avec le mi' croscope, on trouve des cellules épitliéliales altérées, des flocons grais seux , des hématies, des granulations d'hématosine. Certains de ces kyste;] offrent un liquide lactescent, provenant de matières grasses, mais ne res j semblant pas à l'hydrocèle laiteuse.
Les kystes proligères à contenu visqueux et tenace ou colloïde, ne gué| rissant que par l'ovariotomie, renferment une humeur tenace, semblabli' à du mucus concret, s'étirant à peine en filaments, ne s'écoulant que pei ou point par la ponction. Le liquide ou la matière contenue varie d'ui, kyste à l'autre pour la viscosité, la couleur. La réaction est alcaline. Ce matières renferment de l'urée, de la cholestérine , de la créatinine, de li leucine, etc. ; la densité est de 1034 à 10.30. La paralbumine et la métal bumine sont les substances les plus ordinaires dans ces kystes.
La coïncidence du kyste ovarique avec une ascite n'est pas très-fréf quente; Cruveilhier la regardait comme extrêmement rare. J'ai récemi ment observé à la Charité et ponctionné plusieurs fois un kyste ovarique j contenu visqueux, mais coulant, quoique lentement, par une large canulel Ce liquide, riche en albumine, offi'ait des lamelles de cholestéi ine en int nombrable quantité, et présentait dans le bassin qui le renfermait dei teintes dorées et irisées très-remarquables. De plus, ce liquide en s'écom lant produisait des reflets d'un beau jaune soyeux. Après avoir retiré ce contenu spécial du kyste ovarique, et en dégageant doucement la canulel il venaitunliquideascitique ordinaire. A l'autopsie, pratiquée par I. Straus et Alphonse Davaine, on a trouvé un cystosarcome ovai'ique comme poch(™ principale, plus des poches secondaires, et l'ascite s'était reproduite. |
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Hyperhémie ; Hémorrhagies de l'ovaire.
A. [S hyperhémie, ou la congestion ovarienne, a lieu au nioiiienl de i'éjlablissement des règles, et depuis lors à chaque menstruation. La rupture 'd'une vésicule de de Graaf accompagne cette hyperhémie. Gublera montre que dans la période aiguë des fièvres graves, il y a congestion ovarienne. On la trouve encore dans la grossesse et dans les métrites, les suites de couches, etc., etc.
L'hyperhémie chronique des ovaires dans les maladies du cœur, dans les néoplasies, peut amener une induration du tissu par i'ormation néocylique ou par augmentation des fibres du tissu ovarien.
B. Les hémorriiagies de rovaire se dévelo[)pent soit entre les époques menstruelles, soit au moment de la menstruation. Si la femme succombe accidentellement, on trouve les lésions suivantes : l'ovaire est très-tuméfié, turgescent, un peu plus consistant. Sur une coupe et à l'œil nu, on voit Icertains follicules de de Graaf ayant la grosseur d'une noisette ou d'une cerise ; dans leur intérieur se trouve du sang noirâtre, brun foncé. La ditterence entre les hémorriiagies pathologiques et physiologiques est facile à saisir; dans les premières, deux ou trois follicules profonds et superficiels, souvent cà la fois dans les ovaires droit et gauche, sont le siège de l'hémorrhagie. Les dernières sont uniques, unilatérales, s'accompagnant d'une cicatrice superficielle.
' Les hémorrhagies pathologiques coïncident souvent avec des adhérences de l'ovaire, avec de la péritonite adhésive chronique ; souvent encore il y |a coïncidence de sclérose avec des [dégénérescences muqueuses des follicules de de Graaf, comme fa montré Slavjansky. Quand l'hémorrhagie se sait dans les follicules superficiels, il peut en résulter une rupture suivie Id'hématocèle rétro-utérine. L'hémorrhagie ovarienne ayant lieu dans des ''kystes déjà volumineux est fréquente.
LABOULBliNE.
AIM'AKKIL LA GÉNÉUATION.
Déplacements de l'ovaire.
Les ovaires peuvent être déplacés et, s'élèvent en même temps qut l'utérus, quand celui-ci est gravide ou gonflé par des tumeurs fibreuses; de même dans les abaissements de l'utérus les ovaires sont attirés vers If bas de l'abdomen et vers le vagin. L'ovaire déplacé contracte ordinairement des adhérences avec les organes avoisinants, cœcum, côlon, S iliaque, rectum, trompes et utéras.
Les hernies des ovaires ont lieu par les ouvertures naturelles, mais elles sont rares (i); l'ovariocèle inguinale est la plus commune; la crurale, celle qui a lieu par l'échancrure sciatique, par l'ombilic, par le vagin, sont exceptionnelles.
Parasites des ovaires.
Les entozoaires parasites des ovaires sont des hydatides à Echinocoques. Davaine en rapporte huit exemples (2) recueillis dans la littérature médicale. Ces vers vésiculaires ont occasionné les plus graves désordres, et la plupart n'ont été reconnus qu'à l'autopsie.
Vices de conformation des ovaires.
Les deux ovaires ne manquent presque jamais ensemble , mais parfoisi on ne trouve qu'un seul ovaire. L'arrêt de développement ovarien, rappe-' lant l'état fœtal, coïncide avec celui des organes génitaux et du reste du corps. Lorsque l'utérus est rudimentaire, les ovaires sont également peui développés.
Un ovaire surnuméraire, bien caractérisé histologiquement et situé à l'extrémité interne de l'ovaire principal, a été vu par Kœberlé.
HuuoLi'Hi, Ucbcr lias Fehleii eiiizuliier Tlieile. u. Si w. ( ^bliaiidl. dcr kiiuig. Akadomiu dcr Wisseiischalt. in Berlin, 1829). — A. Chéreau, Mémoire pour servir à l'histoire dos maladies des ovaires, Paris, 1844. — Depaul, Bull, de la Société anat. de Paris, 1847. — Rokitansky, Wiener Zeitschrift, Band V, 5, 1849. — Meckel, Boitrœgc zur anat. Entwicklungsgesc h. der weibl. Génital., Erlangen, 1856. — H. Blot, Gazette méd. de Paris, n" 51, 1856. — A. Foi-msTER , Handbuch der pathol. Anatomie, zweitc Auflage, Band II, s. 376, 1863. ^ Scanzoni, Lehrb. dcr
(Ij L. G. Denel'X, Reclierclies sur la hernie de L'ovaire, 1813; — A. Boinet, Traité prat. des maladies des ovaires, etc., p. 25, 1876. — Makeig Jones, Hernie congénitale des deux ovaires (British med. Journal, sept. 1877).
(2) G. Davaine, Traité des entozoaires, etc., i" édition, p. 533 et 846, 1877.
0 VA IKK.
Ivi'iuiklieilcn lier weibl. Scxualorganc, dritle Aullage, s. 380, 1863, et trad. Dur cL Suciii, l'aris 1858. — A. PuECH, Des ovaires, de leurs anomalies (Mémoires de TAcad. de Montpellier, section Je médecine*, 1870-1871, et Montpellier médical, 1872). — KoebkrlÉ, Nouveau Dictionnaire de méil. et de cliir. pratiques, t. XXV, p. 498, 1878.
SECTION 111
ITTÉRUii
, L'utérus, ou luaU'ice, ollVe à la partie supérieure un corps ti'ès-inuseu- Jeux et un col inférieur l'aisanL saillie dans le vagin. La cavité utérine, rétrécie à l'union du corps et du col, est pourvue d'une muqueuse adhérente au tissu musculaire, Ibrmée de tissu conjonctif ou lamineux, à noyaux ovoïdes, revêtue de cellules cylindriques à cils vibratiles, et pourvue de glandes en tubes simples ou bifurquées. La muqueuse interne du col renferme des glandes sinueuses dont, les dilatations kystiques de moyen volume ont reçu le nom d'auifs de Nabotii. La muqueuse réfléchie du col, sortir de l'orifice utérin et sur le museau de tanche, olïre des papilles placées sous plusieurs couches d'épithélium pavimenteux. ' L'utérus , qui se modifie d'une manière si remarquable pendant la 41'ossesse, éprouve une exfoliation de sa muqueuse interne après chaque lélivrance.
Inflammations utérines aiguës non puerpérales. I. — Mctrite interne aiguë : Endoniétritc aiguc.
L'inflammation aiguë et isolée de la membrane mlerne ou muqueuse le l'utérus, en dehors de l'état puerpéral, mérite le nom à'endométrUe liguë. Elle peut être simplement catarrhale, et tantôt répandue dans l'inlérieur de la cavité utérine, tantôt limitée au col de l'organe. D'autres fois, l'endométrite est pseudo-membraneuse ou pseudhyménique.
A. Endométrite aiguë simple et catarrhale. — La métrite interne ou nuqucuse aiguë, niée par des auteurs de grand mérite, me paraît exister j^éellement. J'ai pu examiner l'utérus d'une femme morte par accident, et jue j'avais soignée pendant trois semaines pour une affection catarrhale uguë de l'utérus. Cette femme était bien menstruée; elle avait été prise out à coup, huit jours après ses règles, de douleurs violentes dans le oas-ventre et d'écoulement leucorrhéique un peu sanguinolent. Le col
APPAREIL UE LA GÉNÉRATION
utérin cl sa cavité cervicale étaient sains ; l'application de l'hystéromètn était facile, mais extrêmement et remarquablement douloureus.e. L'examen anatomique ne révéla pas de manœuvres ou de lésions traumatiques Voici d'ailleurs le fait :
Femmo, vingt-huit ans, ayant en deux enfants, le dernier depuis trois ans bien portante depuis cette époque, succombant écrasée par une voiture, qui lu passe sur la poitrine; elle est apportée mourante à l'hôpital Saint-Antoine.
L'utérus est développé, mais sans exagération, sans traces de phlegmasie pé ritonéale, ni du col. Les ovaires sont à l'état ordinaire à droite et à gauche n'offrant rien en dehors de corps jaunes; les trompes ne sont pas distendues L'utérus fendu montre la cavité du col sans rougeur anormale, sans lésions sans polype; à peine existe-t-il un très-léger accroissement foUiculau'e entre les saillies de l'arbre de vie (œufs de Naboth, appréciables à la loupe). L'intérieui de la cavité utérine est libre; la muqueuse est plus épaisse qu'à l'état normal, sans ulcérations. Placée sous l'eau, elle oITre un aspect légèrement velouté avec des rougeurs pointillées plus marquées sur certains points, principalement en arrière et vers la portion droite de l'organe, enfin quelques ecchymoses peu étendues. Les orilices des trompes sont perméables.
La muqueuse est non-seulement plus vascularisée, elle est aussi plus gonflée et ramollie. En cherchant à l'enlever ou à la détacher, elle esl plus mollasse et moins résistante. A la surface est une couche légère muqueuse, grisâtre, un peu jaunâtre. Avec le microscope, je trouve dans cette couche déposée sur la mm queiise un grand nombre de cellules épithéliales et de leucocytes avec quelque globules rouges du sang. La muqueuse est infiltrée de granulations et de néocytes Je n'ai pas examiné de coupes durcies.
Les fibres musculaires utérines ne m'ont pas paru altérées. Je n'ai pas aperçu l'analogue de ce que j'ai constaté dans plusieurs cas de péricardite, c'est-à-^ dire un grand nombre de granulations entre les fibres musculaires utérines, niême pour celles placées superficiellement sous la muqueuse.
Vendomélrite aiguë et isolée de la cavité cervicale du col utérin doit être très-rare, excepté dans les cas de traumatisme ou de lésions aiguës du col. Cette endométrite isolée est, au contraire, fréquente à l'état chronique.
Vendomélrite aiguë hémorrhagique ne me paraît pas devoir être séparée de l'endomctrite aiguë simple (1). Elle témoigne d'une hyperhémie très-violente de la muqueuse arrivant jusqu'à la rupture vasculaire (fig. 235). Dans un cas examiné par West, la muqueuse ressemblait à du velours rouge.
V endométrite ineiulo-memhraneuse ou pseudhyménique est rare en dehors de la grossesse commençante. Elle résulte de l'exfoliation ou de
(1) Th. Gallard, Leçons clin, aur les maladies des femmes, in-8, p. 175, 1873.
UTÉKUS.
'élimination de la muqueuse utérine par fragments plus ou moins étendus. Je l'ai vue plusieurs fois, et j'en ai publié l'exemple ci-après, observé ivec Dutard :
Femme, vingt-quatre ans, ayant senti s'échapper par la vulve, en allant à la ;ar(le-rol)e, un corps qu'elle a pris pour un caillot de sang. Ce corps est la
FiG. 23r). — Mùlrilc interni' aignc clioz une nuiltiparc *.
'fluqueuse de l'utérus. Il offre la forme triangulaire de la cavité utérine, moins fa portion du col. On lui trouve une ouverture inférieure irrégulière, dilacérée fur ses bords, et deux autres petites ouvertures correspondant à l'entrée des rompes. La couleur est rouge.
I Examinée sous l'eau, cette pièce a une épaisseur de plusieurs millimètres. 111e estvdleuse à sa surface externe, lisse et douce au toucher à la face interne; elle-ci est ciiblée de petits orifices en partie visibles à l'œil nu. La consistance bt l'aspect font ressembler ce corps à un petit sac d'agaric ou d'amadou qui serait pli dans son intérieur et viileux à son extérieur. Sur un des points de l'inté-
* FiG. 235. — Lésions fie la niétrite interne, avec liémorrhagie. A, ooupe de la paroi anté- [ieure de l'utérus; B, ecchymoses; G, ouvertures béantes des sinus utérins; D, vacuoles sur la nuqueuse correspondant à des ouvertures glandulaires dilatées (Gallard).