Épîtliélioines nianiniaire.'îi
Les épithéliomes ou cancers mammaires ordinaires offrent les variétés : : squirrhe, encéplialoïde, colloïde. L'épithéliome pavimenteux a lieu r propagation des lésions du mamelon et de la couche cutanée aux l^rties profondes.
iLe cancer fibreux on sqiiirrheux de la mamelle est fréquent. La meur est d'abord dure, petite, durant longtemps dans cet état, avec 'S prolongements ramifiés et divergents, dus à l'envahissement des mphatiques superficiels. D'autres lumeurs de même nature apparaissent itoui'. Parfois le squirrhe à évolution lente prend des allures rapides; y a en ce cas une multiplication cellulaire fort grande. J'ai donné . 303 et fig. 70), une idée du cancer du -foie assez analogue au cancer ammaire, d'abord dur et devenant mollasse. Je n'y reviendrai pas. Le squirrhe peut être atrophique ; d'autres fois, le cancer squirrheux t en cuirasse et ne s'ulcère que lentement. Les lymphatiques et les [nglions axillaires peuvent n'être envahis que fort tard. A mon avis, le cancer squirrheux est épithélial, naissant par l'épithébm multiplié et dégénéré des acini et des conduits. Quand les cellules ultipliées ont détruit la paroi qui les contenait et se sont répandues itour, comme dans l'épithéliome labial, les cellules pénètrent dans les dsseaux lymphatiques et arrivent jusqu'aux glandes lymphatiques cilaires.
L'épithéliome ou le carcinome du sein peut affecter aussi la forme dite icéphaloïde ou médullaire, ne différant histologiquement du squirrhe ue par une modification dans la disposition de ses éléments : il y a beau- )up plus de cellules. L'élément vasculaire y est aussi plus richement ^présenté, ce qui rend compte des hémorrhagies infiniment plus fréuentes dans l'encéphaloïde.
La mamelle lésée par l'encéphaloïde acquiert parfois des dimensions normes. Au début, la tumeur est le plus souvent irrégulière, bosselée;
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878 A1»1>AUEIL DE LA GÉNÉUATION.
ces bosselures sont molles; elles viennent bientôt soulever la peau qu lui adhère, s'amincit, se couvre de varicosités et s'ulcère, laissant à nJ *'''f une masse fongueuse qui l'ail saillie en l'orme de champignon. Ces ion gosités donnent lieu à des hémorrhagies qu'il est difficile d'arrêterl L'envahissement est plus rapide que pour le squirrhe ; les ganglion axillaires sont pris de bonne heure, et se comportent comme la tumeu du sein; les deux ulcérations se rejoignent et sécrètent un pus fétide j mal lié, très-abondant. | Le carcinome de la mamelle prend quelquefois la forme colloïde ov mélanique.
Il n'est pas rare de trouver des productions analogues à l'épithéliorai de la mamelle dans d'autres organes, plus particulièrement dans la ce ; lonne vertébrale, ce qui rend compte des paraplégies douloureuses obser], vées en même temps que le cancer du sein.
Cornil et Ranvier ont décrit un carcinome villeux du sein (1), etili font remarquer combien il ressemble à un épithéliome. Le début probabk est à la surface des conduits galactophores ; la forme des cellules se rappi'oche, disent ces auteurs, des épithéliomes à cellules cylindriques Pour moi, qui regarde tous les carcinomes comme des épithéliomes, j(i trouve là une confirmation de mes idées sur ce sujet. Je la trouve aussi dans les épithéliomes infectants admis par Labbé et Coyne, débutan néanmoins de la manière la plus nette par les acini et les canaux galac j
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tophores (2). La distinction des carcinomes et des épithéliomes est, et lesji me semble, illusoire. pU'f
Tuberculose et Syphilis de la niamcllc.
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La iît6emtiose mammaire n'est pas prouvée chez la femme ; j'ai examiné deux fois de prétendus tubercules mammaires. Le premier fait se rap-i portait à un fibrome avec des points calcifiés et le second à de petites cofiections glandulaires flétries, revenues sur elles-mêmes et renfermant lie saoi des globules de graisse bien reconnaissables ; il s'agissait de petites ivî'^\%\ meurs par rétention lactée. !
. La syphilis mammaire primitive atteignant le mamelon sous forme de \ chancre est fréquente chez les nourrices, ainsi que les accidents secon- i daires ; mais ces manifestations sont à proprement parler cutanées. 1 h\ Les syphilomes dans la syphilis tertiaire atteignent plus profondément | Eilii!
I iltflD
(1) Cornil et Ranvikh, Manuel d'histologie pathologique, 3° partie, p. 1667-166'J, 1870. j
(2) Labbé et Coynk, Traité des maladies bénignes du sein, p. 351 et 360, 1876. I (l|t,
I MAMELLE. 879
Irlande eL surtout son tissu péiipliériquc. L'anatoraic patholoL;ique en est point complète. Je puis relater loutel'ois un fait signilicatif obrvé par Gosselin. Une femme manifestement syphilitique présentait le tumeur de la mamelle qui glissait sur les parties profondes. Cette ,meni', large comme une pièce de dix centimes, disparut sous l'inlluence 1 traitement spécifique. La peau était rouge et un peu violacée à son iveau. Le syphilome avait été qualifié de gomme étalée du sein par le ofesseur Gosselin.
Hyperhémies, Hémorrhagies de la mamelle.
Les hyperhémies mammaires sont physiologiques à l'époque mensuelle, et on les observe parfois très-considérables autour de l'hypeiophie ou des néoplasmes.
Les hémorrhagies de la mamelle sont Iraumatiques ou spontanées.
ms les contusions peu fortes, de petits vaisseaux sont rompus et forment i!S ecchymoses ou une petite bosse sanguine. Les contusions violentes ni aplatissent ou écrasent la glande peuvent déterminer en arrière de la lamelle une collection sanguine qui la soulève, comme dans les abcès l'tromammaires. Ces foyers hématiques deviennent souvent le point de "■part de phlegmons.
Les hémorrhagies spontanées surviennent pendant les règles, et le sang ;ut s'écouler par le mamelon; chez les nourrices, le lait peut être coré en rose. Dans diverses tumeurs, Nélaton a signalé ces écoulements î coloration hématique ayant lieu par le mamelon : c'est tantôt du sang ir, tantôt un liquide comparé à de la bière, tantôt du colostrum rosé, e petits polypes des canaux galactophores, des tumeurs bénignes et des 'stosarcomes donnent surtout lieu à ces écoulements. Les hémorrhagies oondantes se produisent sur les surfaces ulcérées des néoplasmes à grand 3veloppement sont redoutables ; j'en ai vu récemment un exemple mortel . j sang peut s'épancher dans les kystes mammaires, surtout dans ceux -li ont les parois couvertes de végétations.
Parasites de la Itlafflelle.
Davaine l'apporte des exemples (i) de kystes hydaliques mammaires à 'chinocoqucs. 11 faut remarquer ici qu'en présence de tumeurs cvstiques ïammaires, le diagnostic anatomique est indispensable pour établir si le
(Ij C. Davaine, Traité des enlowaires, e/c, \>. 809 ul 848-850, 1877'.
8^1) AI'l'Al! EIL DE LA G ÉN liP. ATIUN.
kyste est réellement pourvu, soit de l;i membrane liydatique, soit d'éclii nocoques ou de leurs erochets.
La filaire a été observée dans la mamelle, au Sénégal.
Vices de conformation
L'absence des deux mamelles ou d'une seule est possible, elle coïncidi avec des malformations de la paroi thoracique antérieure ou avec l'abi senee de l'utérus, des ovaires. Les mamelles restant rudimentaires od été observées.
Il n'est pas très-rare de trouver des mamelles surnuméraires de moindri volume que les mamelles normales. Quand il y a trois mamelles, la troiijî* sième est située sur la ligne médiane, au niveau des autres ou plus a dessous. On a vu de petites mamelles au-dessous d'une mamelle normalw^ sur le dos, sur la cuisse. Lorsqu'il y a quatre mamelles, elles sont supe^ posées deux par deux ou bien sur une même ligne : les médianes vol mineuses et normales, les deux autres de chaque côté, dans les creux axil-j laires. !*
Le mamelon peut manquer ou être imperforé. D'autres fois, il exist plusieurs mamelons sur la même mamelle.
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1. Geoffroy Saint-Hiiaihe, Histoire dos anunuilies do rorganisatioii, t. I, p. 710, Paris, 183'2'
— ScHLOEZER, Uobor die angeb. Missbildungcn der woibl. Geiiitalicii, Disserl. inaug., Erlaiigen ; 18i2. — Marroïte, Mamelles siipploiiientaires, etc. (BuUotins do la Société médicale dos liôpi taux de Paris, t. 1, p. 21, 1819). — Birkett, The Diseases of liie Breast, p. 21, Londoii, 1840'
— Eudes Deslonchamfs et Rayer, Mamellos supplémentaires chez la femme (C. R. de la Sociéti! de biologie, t. IV, p. 9, 1852). — E. Leclerc, Obs. d'une femme ayant trois mamelles (Gazetli Hllll des hôpitaux, p. 339, 1852). — • Scanzoni, Die Kranklieiten derweiblichcn Briiste und s. w.,8.46 i jj, Prag, 1855. — A. Velpeau, Traité des maladies du sein, 2" édition, p. 3, 1858. — Handyside ; , Quatre mamelles observées chez un homme (Journal of Anatomy, vol. VII, 1872). — A. PuECH De la glande mammaire et de ses anomalies (Mémoires de PAcadémie du Gard, 1876). — 0. GaRu LAND, Mamelles supplémentaires situées symétriquement dans la région axillaire, etc. (Edinburj med. Journal, p. 47, 1877). — Goderain, Études sur les mamelles surnuméraires, thèse de Paris ' n" 266, 1877.
Aperçu général sur les tumeurs. — L'examen relativement facile el' multiplié des néoplasmes de la mamelle a fait constater dans cette gland cl sa périphérie la majeure partie des tumeurs. Je crois actuellement util d'indiquer brièvement la caractéristique et la classification des tumeur^ diverses, dont il a été si souvent question au sujet des organes déjà décrits.
Le mot tumeur, désignant une tuméfaction, une grosseur, une augmentation de volume {twnor), a servi pour les lésions des organes les plus disparates entre elles. Les déplacements par hernies, les collectionsi
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MAMELLE
iquides sanguines ou purulentes, les dilatations des canaux excréteurs et ies vaisseaux étaient des tumeurs aussi bien que les productions anormales des tissus. L'anatomie chirurgicale étudie encore les tumeurs à ;e point de \ne, par exemple dans les régions inguinale, crurale, axil-
Eaire, etc.
Je considère comme un progrès réel la séparation des collections li- [uides, des rétentions des produits sécrétés, des déplacements d'organes, etc., avec les masses de tissu de nouvelle formation. Ces masses, jde grosseur variable, sont des néoplasies ayant une tendance à persister, souvent à se développer outre mesure, à s'accroître en un mot. Les néoplasies sont également différentes des produits inflammatoires, qui ne persistent pas, qui disparaissent par suppuration ou par résorption, ainsi que des infarctus, des altérations nécrobiotiques (voy. p. 652).
L'aspect, la forme, la configuration des vraies tumeurs, des néoplasies ou des néoplasmes, font apprécier leurs caractères visibles à l'œil nu et qui leur ont fait appliquer des noms ordinaires qu'il est bon de rappeler, parce qu'ils se trouvent dans la plupart des descriptions.
Une tumeur est plus ou moins isolable de l'organe pouf lequel elle constitue une fausse hypertrophie. Elle est plongée dans le tissu ambiant, où elle en émerge en quelque sorte.
' La forme des tumeurs est aplatie, ou globuleuse, ou allongée, avec toutes les variétés intermédiaires, lisse, bosselée, mamelonnée, etc. lOn trouve une nodosité, une induration principale bien ou mal limitée, s'étendant parfois en infiltrations au en traînées. D'autres fois, c'est une fplaque très-étalée. La tumeur saillante et sessile constitue la tubérosité conique, à sommet aplati, ou bien évasé, ombiliqué, cratériforme. La ttumeur à pédicule large forme des sortes de champignons ou gros fongus, 'à extrémité dilatée. La tumeur avec pédicule grêle ou étroit, et avec l'extrémité allongée, renflée en massue, représente le polype ou le papil- |lome, qui devient un papillome dendritique lorsque plusieurs petits Ipolypes ou tumeurs papillaires s'insèrent les uns sur les autres. Les kystes généralement arrondis, d'origine très-variable, surviennent fréjquemment comme complications dans les néoplasies; ils offrent une paroi et un contenu.
Ces apparences diverses des tumeurs, néoplasies ou néoplasmes, el beaucoup d'autres qu'il m'a semblé inutile de rapporter, ne peuvent suffire en aucune manière pour les distingiieroupourlesclasser. L'examen histologique est indispensable, et cet examen, souvent long, toujours délicat, parfois extrêmement difficile, doit être pratiqué avec le plus grand soin. Les tumeurs sont rarement composées d'un seul tissu; ordinairement leurs éléments, fibres ou cellules, sont multiples, très-différents entre eux, et c'est la prédominance des uns, l'importance des autres, qui doit entrer
Laboulbène. 56
APPAUEIL DE LA GÉNÉRATION
en ligne de compte et caractériser la tumeur. Charles Robin, Cornil et Ranvier, plus récemment Latteux, ont insisté avec raison, en PYance, sur ces particularités, et exposé longuement la méthode ainsi que les pré- i cautions à prendre dans l'examen des tumeurs. Je renvoie le lecteur à leurs ouvrages pour la partie technique proprement dite (1) ; je vais présentement exposer la classification des néoplasmes avec leur synonymie parfois confuse et presque inextricable.
Toute tumeur néoplasique provient d'un élément normal de l'organisme dévié simplement de son type primitif. L'expression d'hétéromorphe, appliquée à un néoplasme, n'a pas de sens exact et ne saurait indiquer un élément sans analogue et surajouté. Le tissu formant une tumeur trouve son type dans un tissu de l'organisme, soit à l'état embryonnaire, soit adulte (J. Mûller).
Pour désigner les tumeurs, on a employé les expressions métaphoriques les plus diverses, et ceux qui reculaient devant les expressions de cancer (crabe) ou de molluscum, ont accepté les dénominations de gliome (glu) ou de psammom'e (sable fin). Je ne m'arrêterai pas à la critique facile des classifications anciennes; je ne transcrirai pas celles de Cruveilhier, de Broca, de Virchow, de Fœrster, de Cornil et Ranvier, de Lancereaux, etc.; j'arriverai directement à un exposé sommaire et histologique, en adoptant la désinence ome pour chaque classe ou catégorie principale. i
A. Sarcomes. — Ces tumeurs sont formées par- des éléments cellulaires embryonnaires, par un tissu analogue au tissu embryonnaire ou embryoplastique. Leur synonymie est très-embrouillée ; ce sont : les tumeurs fibreuses albuminoïdes de J. Mûller, les tumeurs fibro-plastiques de Lebert. Charles Robin les désigne en majeure partie sous le nom de tumeurs embryoplastiques, ainsi que de tumeurs à médullocelles et à myéloplaxes (voy. Os). Paget les nomme : recurring fibroid et niyeloid tumours. Virchow en a voulu séparer ses gliomes et ses psammomes. Lancereaux, rejetant le mot sarcome, appelle les tumeurs qui nous occupent : fibromes embryonnaires, globocellulaires et fusocellulaires.
Les sarcomes ont pour masse constituante principale tantôt des cellules arrondies, pressées, reunies par une petite quantité de substance intermédiaire amorphe, tantôt des cellules allongées et fusiformes, à noyau allongé, entremêlées de noyaux libres. On trouve ainsi le tissu embryonnaire ou embryoplastique sous ses deux aspects principaux. Les éléments
(1) Ch. Robin, Traité du microscope, etc., Paris, 1871. — Cornil et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, p. 106-313, 18G9-1876 ~- P. Latteux, Manuel de technique microscopique,
MAMELLE. 883
Icellulaires unis k des vaisseaux forment ordinairement la masse des tumeurs sarcomateuses ou embryoplastiques.
I Les variétés du sarcome sont très-nombreuses. On l'appelle sarcome cncéphaloïde ou cancer encéphaloïde quand la masse ressemble à la substance cérébrale ramollie, formée de cellules rondes : c'est le fibrome dobocellulaire de Lancereaux, le sarcome à cellules rondes de Billroth, — Le sarcome fasciculé est plus épais, plus résistant, plus charnu que le précédent, avec les cellules allongées, fusiformes : c'est le fibrome fusocellulaire de Lancereaux, la tumeur fibro-plastique de Lebert. — Le sarcome myéloïde ressemble à la moelle des os; Ch. Robin y a montré la fréquence de grandes cellules à plusieurs noyaux, tumeurs à myéloplaxes.
Le développement ultérieur de beaucoup de sarcomes aboutit à la production de fibromes, et la limite entre ces deux néoplasies est parfois difficile, une portion étant sarcomateuse, l'autre fibroïde et même fibreuse. De plus, les sarcomes arrivent non à l'état adulte, mais à des formations de tissu nouveau : sarcome ossifiant, sarcome névroglique ou gliome (Virchow) ; sarcome angiolithifjue (Cornil et Ranvier) ou [psammome (Virchow). Ces derniers sont pour moi des épilhéliomes. D'autres l'ois, la dégénérescence colloïde ou muqueuse se produit, ou bien de la graisse, des grains mélaniques ou des poussières calcaires s'infiltrent dans les cellules embryonnaires du sarcome. On a ainsi : des sarcomes muqueux, sarcomes lipomateux, sarcomes mélaniques, sarcomes calcifiés. Si les vaisseaux deviennent très-nombreux et ectasiés, le sarcome est télangiectasique ; enfin, quand des kystes se produisent dans l'intérieur d'une tumeur sarcomateuse, on l'a désigné souvent sous le nom de cysto-sarcome.
B. Fibromes. — Les fibromes (Verneuil) ont été nommés tour à tour stéatomes (J. MiiUer), tumeurs fibroïdes, desmoïdes, mnomes, de îvoc, ^ fibre (Paget), fibromes adultes (Lancereaux).
Les fibromes sont formés par des masses fasciculées de fibrilles du tissu fibreux, conjonctif ou lamineux, entremêlées de cellules. Suivant la juste remarque de Cornil et Ranvier, il ne suffit pas qu'une tumeur contienne du tissu conjonctif ou lamineux et des vaisseaux pour être un fibrome vrai, typique, il faut qu'elle ne renferme rien autre. Les fibromes simples sont rares comparés aux fibromes composés. Les masses des fibromes vrais sont blanches ou rosées, parfois comme nacrées, sèches. Les fibres sont longitudinales, ou onduleuses, ou enroulées.
Les variétés des fibromes sont : les fibromes molluscoïdes ou colloïdes, ou myxomateux, ou muqueux, molluscum fibrosum; — les fibromes graisseux ou lipomateux; — les fibromes calcifiés ; — les fibromes papillaires ; — les fibromes des cicatrices, kéloïdes, etc.
884 APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
A la suite des sarcomes et des fibromes, je dois dire un mot des papilloines. La plupart des néoplasies peuvent présenter la forme papillaire, mais les plus fréquentes sont constituées par les fibromes, ainsi que le fait remarquer Rokitansky. Les fibromes papillaires végétants de la mamelle (voy. p. 873 et 874), les excroissances papillaires du derme cutané et de beaucoup de muqueuses, intestinale, anale, utérine, etc., forment des fibropapillomes ou des sarcopapillomes de diverses variétés, soit cornés, soit myxomateux, soit kystiques. Les polypes sont presque toujours des fibromes ou des myxomes, simples ou composés, kystiques, ou avec complication d'adénome.
C. Myxomes. — Le tissu lamineux ou conjonctif, avec interposition - ^ de substance colloïde ou muqueuse, tel qu'on le trouve dans le cordon i' .'^ ombilical, dans le corps vitré et diverses parties de l'embryon, est le type ' des tumeurs dites : myxomes, tumeurs colloïdes simples ou composées. ' / Les myxomes, collonema, tumeurs colloïdes ou gélatineuses diverses des auteurs, forment des masses tremblotantes, parfois volumineuses, parcou- ^ | rues par des vaisseaux. Elles sont remplies d'un liquide visqueux, res- ' * semblant à une solution de gélatine ou de gomme arabique et renfermant peu d'éléments cellulaires ou de fibres. '^^
Les variétés du myxome sont : le myxome à fibres lamineuses simples, et le myxome à fibres élastiques, fibromyxome ; — le myxome lipoma. teiix ; — le myxome télangiectasique ; — le myxome polypeux kystique; ! "^^^ — le cystomyxome, môles hydatiques placentaires.
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D. Lipomes. — Les lipomes, ou adipomes de J. Gruveilhier, ne sont ' ?''H'' pas de simples accumulations de graisse, ni la simple dégénérescence '^^^ graisseuse des organes. Les tumeurs formant les lipomes sont des masses jaunâtres, assez rarement lisses, plutôt lobulées, circonscrites, ne disparaissant pas chez le malade qui maigrit. Les lipomes peuvent s'enflammer , ou se sphacéler. , 1 '
Le lipome a l'aspect du tissu cellulo-adipeux ordinaire. Ses variétés *i't sont : les lipomes myxomateux; — le lipome fibreux, tumeur adipo- «li*] fibreuse de Gruveilhier, stéatome des anciens auteurs ; — lipome télan- ^'fitri giectasique ou érectilc ; — le lipome calcifié ; — le lipome saponifié. i *
E. Cliondromes. — Les chondromes sont constitués par des masses de T •* tissu cartilagineux, venues sur les cartilages préexistants (ecchondroses) ' 'fe ou au contraire développées dans des endroits où normalement on ne trouve pas de cartilage (chondromes vrais). Gertains chondromes ont la plus grande analogie avec le tissu cartilagineux des mollusques céphalopodes.
MAMELLE
Les chondromes internes situés dans les os (enchondromes) ou sous le périoste (périchondromes) sont lobulés ou diffus et formés de masses parfois assez considérables, tantôt blanches, hyalines, tantôt fibrocartilagineuses. Les cellules cartilagineuses sont nettes comme chez l'adulte ou embryonnaires (voy., plus bas, Cartilage).
' Les variétés des chondromes forment : les chondromes hyalins unilobulés ou multilobulés ; — les chondromes diffus; — les chondrosarjcomes ; — les chondrofibromes, périchondromes ; — les chondromes ossifiants ou les ostéochondromes ; — les chondromes à cellules ramifiées.
F. Ostéomes. — Les ostéomes doivent être distingués en ceux qui se |produisentsur les os (exostoses eténostoses) et en ceux qui se développent loin de ceux-ci, au milieu d'autres organes ou parenchymes.
Les variétés principales des ostéomes sont les ostéomes éburnés ; — les ostéomes compactes; — les ostéomes spongieux (voy., plus bas. Os). Aux ostéomes se rattachent les odontomes (Broca) , qui se développent sur les dents ou à leur pourtour.
G. Calciomes et Mélanomes. — Les productions calcifiées accidentelles ou calciomes, se trouvant dans beaucoup d'organes à la suite de processus morbides, compliquent les néoplasies, mais ne les constituent point à elles seules.
La mélanose existe normalement dans les cellules de la choroïde et dans le pigment des cellules de la couche profonde dermique de Malpighi (1). A l'état pathologique on trouve ce pigment dans les sarcomes, les épithéliomes et d'autres éléments cellulaires anormaux. Rarement il forme chez l'homme des masses, mélanomes ou tumeurs mélaniques, tandis que celles-ci sont assez fréquentes chez le cheval (2).
II. Myomes. — Les myomes ou tumeurs musculaires sont constitués tantôt par des fibres striées, tantôt par des fibres lisses. De là deux diviiSions principales de myomes qui sont : 1° les rhabdomyomes ou myomes jà fibres striées, et 2° les léiomyomes ou myomes à fibres lisses, consti- |tuant les corps fibreux de l'utérus (voy. p. 849).
j Les léiomyomes offrent des variétés ; ils sont lobulés ou non : léiojmyomes lobulés ; — léiomyomes diffus. D'autres fois, on les trouve calcifiés ou pénétrés de vaisseaux très-nombreux : léiomyomes calcifiés, [pierres utérines; — léiomyomes télangiectasiques. Parfois enfin les fibres
(1) Ch. Robin, article Mélancse {Dictionnaire encijclopédique des sciences médicales, 2° série, t. VI, p. 372, 1873).
(2) CoRNiL et Ranvier, Manuel d'histologie patholorjique, 1'" partie, p. 329, 1869.
886 APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
musculaires ont en partie subi les dégénérescences graisseuse ou muqueuse ; on voit dans 'ces cas des léiomyomes graisseux; — des léiomyomes muqueux,
I. Angiomes. — Les tumeurs vasculaires constituées par une agglo- } mération de vaisseaux de formation nouvelle sont des angiomes, ordinairement sanguins, hémangiomes, plus rarement lymphatiques, lymphangiomes.
Les angiomes sanguins ne comprennent ni les anévrysmes (voy. p. 611), ! ni les varices (voy. p. 62G), ni les ecchymoses ou autres épanchements ! ordinaires de sang. On avait donné aux angiomes les noms de tumeurs érectiles, d'angioses, d'ecchymoma, d'angionorae (voy. p. 632). '
Les variétés d'angiomes sanguins sont : l'angiome simple, nsevi, tclan- ' giectasie; — l'angiome caverneux, nœvus cavernosus, tumeurs érectiles, ■ fongus hématode. Les angiomes se compliquent de dégénérescences diverses ou de kystes : angiomes lipomateux et cystangiomes (voy. p. 635 et ! fig. 175). Virchov^, considérant le siège des angiomes, admet des an- I giomes lipogènes, lissuraux et phlébogènes, ces derniers développés sur les vasa vasorum multipliés des veines.
Les lymphangiomes, ou angiomes lymphatiques, auxquels se ratta-ij chent beaucoup de faits de macroglossie, de macrochilie, de tumeurs i éléphantiasiques, sont rares. La distinction des lymphangiomes et des ; dilatations lymphatiques n'a pas toujours été faite ; elle est du reste très- j délicate. j
Les lymphadénomes ou tumeurs lymphoïdes, tumeurs leucémiques et : lymphadéniques (voy. p. 666 et 668) ressemblent à l'hypertrophie gan- i glionnaire lymphatique. Ces tumeurs, mal délimitées dans les organes, ont l'aspect dit enccphaloïde. A mon avis, beaucoup de ces tumeurs ne sont que des sarcomes et des épithéliomes.
J. Adénomes. — Les hypertrophies glandulaires sont décrites comme des adénomes, mais il faut qu'une production de nouveaux éléments glandulaires soit surajoutée. Les tumeurs adénoïdes (Velpeau), les polyadénomcs (Broca), les hétéradénomes (Broca), sont, à mon avis, des adénomes et non d'autres néoplasies à répartir dans les sarcomes ou les fibromes. Les tumeurs hétéradéniques (Ch. Robin) rentrent dans cette classe (voy. p. 273).
Les adénomes sont acineux, dérivant des glandes acineuses ; — tubulés; — cylindriques. Ces adénomes sont fréquemment accompagnés de kystes. Les altérations remarquables des glandes sébacées et sudoripares décrites par Broca et Verneuil sont des adénomes.
MAMELLE
' K. Névromes. — J'indiquerai bientôt (voy. Néoplasmes des nerfs) que . les tumeurs appelées anciennement névromes diffèrent beaucoup ertre j elles, étant constituées tantôt par des fibromes, des myxomes, etc. Les (j vrais névromes sont des néoplasies de tissu nerveux, composées soit de cellules grises de l'encéphale ou de la moelle épinière, soit de tubes nerveux proprement dits.
Les névromes forment ainsi des variétés : les névromes cellulaires ou Il médullaires ; — les névromes fasciculés ou tubulaires cylindriques; — ' les névromes cylindriques plexiformes (Verneuil).
L. Epithélmnes, carcinomes. — A plusieurs reprises, j'ai exprimé l'opinion que le terme métaphorique de cancer ou de carcinome, encore employé en clinique, répondait au sarcome, aulymphadénome, et surtout à l'épithéliome. Les dilatations des prétendues cellules plasmatiques, les fibromes alvéolaires, me paraissent n'avoir qu'un intérêt historique.
Les épithéliomes sont pavimenteux; — cylindriques; — glandulaires ou ^ médullaires.
I L'examen clinique des épithéliomes pavimenteux leur a fait donner les noms de noli me tangere, ulcère rongeant, cancer cutané, cancer faux, épithélioma (Hannover), cancroïde (Lebert), cancer épithélial, etc. Les variétés que le microscope fait constater sont les suivantes : épithéliomes pavimenteux lobulés; — perlés, tumeurs perlées de Gruveilhier; — tubulés, cylindroma de Billroth (voy. p. 40 et 45).
Les épithéliomes cylindriques se développent principalement sur les muqueuses (voy. p. 136).
L'apparence, à l'œil nu, des épithéliomes ou cancers glandulaires a fait depuis longtemps admettre des squirrhes durs et des encéphaloïdesmous. Ces divisions des épithéliomes répondent à leur texture. L'examen microscopique fait reconnaître dans le cancer ou épithéliome squirrheux de nombreuses fibres et peu de cellules : épithéliome fibreux, et dans l'épii théliome encéphaloïde la prédominance des cellules : épithéliome médullaire. Tout cancer fibreux, tout squirrhe, est en réalité un épithéliome fibrocellulaire.
Les variétés des épithéliomes glandulaires, soit fibreux, soit médullaires, sont les suivantes : cancer ou épithéliome lipomateux; — myxomateux, muqueux ou colloïde; — mélanique ; — hématode, télangiectasique ; — villeux; — papilleux ou fongueux; — cystique.
M. Phymomes, syphilomes. — Les productions pathologiques constituant les tubercules ou phymomes ne sont pas hétéromorphes. Elles consistent en une altération de cellules embryonnaires ou embryoplastiques qui tantôt arrivent à un certain degré d'organisation (granulations mé-
888 APPAREIL DE LA GÉNÉRATION
ningiennes tuberculeuses), tantôt deviennent granulo-graisseuses et même se calcifient (granulations pulmonaires). La granulation grise aussi bien que les gros tubercules, décrits à tort comme des pneumonies caséeuses, sont au même degré des phymomes (voy. p. 498, 511 et 513).
Au point de vue anatomique, les accidents primitifs et secondaires de la sypbilis consisteraient en inflammations cutanées, telles que les roséoles et éruptions sans tumeurs. La syphilis tertiaire formerait des néoplasies, les plaques muqueuses et les gommes ou syphilomes. Cette division est \ purement artificielle, le chancre induré, comme l'a démontré Gubler depuis longtemps, étant un sarcome ou un fibrome en miniature.
Le tissu des gommes, des syphilomes, n'est point spécial et se compose h de cellules jaunes, embryonnaires, embryoplastiques (de la variété cysto-^ blastions, Ch. Robin). La texture des gommes n'est pas plus spéciale que < leur structure. L'anatomie des syphilomes ne saurait rendre compte de tj leur physiologie pathologique. I
N. Cystomes, kystes.— Les cystomes ou kystes ont leurs analogues dans i les glandes closes vasculaires de la tliyréoïde et de l'ovaire. •
Les variétés des tumeurs kystitjues sont très-nombreuses. Cruveilhier, dans son premier ouvrage, avait distingué les kystes en : préexistants ou primitifs et en kystes non préexistants, consécutifs ou adventifs, formés autour des corps étrangers. La considération du développement des kystes : serait la meilleure base de classification, mais elle est encore impossible ;i dans l'état de la science. La division suivant le contenu est la suivante : | kystes sébacés, mélicériques, comédons, etc.; — kystes dermoïdes simples, pileux, ou avec productions osseuses et dentaires; — kystes séreux, muqueux ou colloïdes, des bourses séreuses naturelles et accidentelles, hygromas, kystes des gaines tendineuses, des cavités glandulaires naturelles ou accidentelles, thyréoïde, ovaire, foie, reins; — kystes hématiques, purulents; — kystes parasitaires.
Sous le nom de tératomes, Yirchow a décrit plusieurs faits de tumeurs composées. Ces tumeurs, la plupart coccygiennes, renferment des tissus divers : embryonnaire, cartilagineux, osseux, nerveux et paraissent le plus souvent, d'après Lancereaux dont je partage l'opinion, des inclusions fœtales (1).
(!) E. LA.NXEREAUX, Ticiité d'anatomie palhologique, t. I, p. 103 et 465, 1875.