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Syphilis do la langue

La syphilis linguale, dont il convient de dire quelques mots, est parfois difficile à reconnaître par l'anatomie pathologique seule.

LANGUE

Le chancre Ungualsiége sur la poiule ou aux bords libres, et cliez Tenfant sur le lîlet principalement; sa grandeur varie de quelques millimètres à i et 2 centimètres. Le fond et les bords sont indurés, ils sont comme enchâssés dans les tissus linguaux (iilcus elevalum). L'adénite est précoce sur les ganglions de l'angle du maxillaire. Ces chancres se transforment souvent, sur place, en plaques muqueuses secondaires.

Les plaques muqueuses linguales, parfois constituées par de simples taches rouges, mais lisses et entourées de papilles turgescentes, sont le plus souvent saillantes, convexes, d'où le nom de tubercules plats. La forme arrondie ou elliptique s'observe surtout sur les bords ; la surface est souvent fissurée, ou bien deuxplaques voisines et accoléessont séparées par un sillon.

Les plaques grises, d'aspect laiteux, de la syphilis constitutionnelle sont un mélange d'excoriations et de taches blanches ou grisâtres, suivant la remarque de Gubler.

La gomme ou tubercule syphilitique commence par être une tumeur dure, d'une évolution lente, acquérant le volume d'une noisette ou d'une noix, se ramollissant au centre; elle siège dans le parenchyme et surtout vers la base. La muqueuse s'amincit, devient violacée, et alors la gomme se vide en fournissant un pus ichoreux ; il en résulte une ulcération profonde, laissant écouler de la sanie, rongeant, perforant l'organe et amenant des cicatrices vicieuses.

Les ulcères syphiliticjues de la langue peuvent ressembler beaucoup à l'épithéliome superficiel ou profond ulcéré ; le traitement est la pierre de touche.

Le musée pathologique de l'hôpital Saint-Louis possède des modèles en cire de la syphilis linguale et de l'épithéliome de cet organe qui sont très-remarquables. Je recommande leur inspection; elle fera encore mieux connaître les ulcérations linguales qu'une description toujours moins saisissante qu'une reproduction d'après nature.

Blzenet, Du chancre de la bouche, son diagnostic différentiel (Thèse de Paris, 1858). — Lagmeau fils, Tumenrs syphilitiques de la langue (Gazette hebdomadaire, 1859). — Saison, Diagnostic des manifestations secondaires de la sypiiilis sur la langue (Tiièse de Paris, 1871). — S. Ch.vpuis, Des tumeurs gommeuses de la langue (Th. Paris, n" ^97, 1873). — A. Fourniei!, Leçons sur la syphilis chez la femme; Sypliilides de la bouche, etc., in-8, 1873.

S. — Ulcérations simples linguales, ulcères chroniques locaux.

Ces ulcérations, différentes de celles qui sont dues à une cause générale telle que la syphilis ou . la tuberculisation , reconnaissent pour cause une action mécanique, un fragment de dent cassée déchirant la muqueuse linguale, une pièce de prothèse, ou bien l'action du tabac, du labouluène. 4

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tuyau de pipe ; on a aussi signalé le passage fréquent du fil de lin sur la langue des iileuses, etc.

La surface ulcérée est grisâtre à fond granuleux, les bords sinueux ne sont pas ordinairement très-élevés, ils saignent facilement. La partie profonde de l'ulcération chronique est généralement indurée, par production abondante de tissu néo-conjonctif ou embryoplastique.

La cessation de la cause amène rapidement la guérison de ces ulcérations qui n'ont rien de spécial au point de vue anatomique.

O. — Tumeurs Hnguales, polypes, tumeurs érectiles, kystes, lipomes, fibromes.

Polypes. — Les productions désignées autrefois sous ce nom sont des végétations d'apparence verruqueuse plus ou môins saillantes, et qui occupent généralement la base de l'organe, mais qui, cependant, ont été observées sur toute sa surface.

Le microscope montre des papillomes, avec une simple hypertrophie des papilles et de leur gaîne épithéliale. Gossclin a opéré un épithéliome qui avait la forme d'un polype nettement pédiculé. (Compend. de Chir., t. III, p. 706.)

Du reste, ces productions sont presque toujours de nature syphilitique et appartiennent à la période secondaire de la maladie. Elles se montrent fréquemment dans la période de réparation des plaques muqueuses, les fibromes pédiculés ont très-souvent été désignés sous le nom de polypes linguaux.

Tumeurs érectiles. — Les tumeurs érectiles artérielles sont d'un rouge vif, ayant débuté par un point rouge, congénital, longtemps stationnaire. Le développement en surface et en profondeur date de l'époque de la puberté. Tumeur molle, dépressible, réductible parla pression, légèrement pulsatile, donnant lieu par la moindre excoriation à des hémorrhagies inquiétantes.

Les tumeurs érectiles veineuses sont plus franchement sous-muqueuses que les précédentes. Couleur plus foncée, développement plus tardif, parfois seulement dans un âge avancé (Maisonneuve). Gonflement large, profond, recouvert par la membrane muqueuse amincie qui prend une teinte bleuâtre ; il donne au doigt une sensation pâteuse ; pas de battements. A l'œil nu, masse spongieuse criblée d'orifices. Au microscope, la lésion caractéristique réside dans fénorme dilatation des capillaires. Les vastes espaces sanguins ainsi formés sont contenus dans un stroma fibromusculaire (voyez Vaisseaux capillaires).

Dans la variété dite artérielle, les artérioles ont subi une grande hypertrophie; celle-ci porte surtout sur les veines, dans la variété veineuse.

LANGUE

L'anévrysme faux diffus, à la suite de plaie, et l'anévrysme circonscrit ont été constatés sur la langue.

Foucher(0.), Des tumeurs érectiles de la langue (Thèse de Paris, n° 69, 1862). — Ch. Monod, Étude sur l'angiome simple sous-cutané circonscrit (Thèse de Paris, 1873), avec planches.

Les kystes linguauœ sont rares. On a décrit des kystes pileux, des kystes séreux simples, des kystes muqueux et des kystes hématiques.

Les lipomes ou tumeurs graisseuses ont été observés plusieurs fois. La tumeur unique, rarement multiple, est sessile, et siège le plus souvent vers la partie antérieure et sous la muqueuse de la langue.

Les fibromes sont moins rares que les lipomes. Ils sont durs, leur coupe offre une surface de section blanchâtre ou rosée à fibres concentriques. Ils sont formés d'un tissu conjonctif, dense, à fibres feutrées et parsemées d'un grand nombre de noyaux ; dans certains points sont des cellules fusiformes pressées les unes contre les autres.

lO. — Gangrène de la langue, gIos»4anthrax, pustule maligne linguale.

La gangrène peut être la terminaison de la glossite profonde, ou résul ter de l'application de caustiques, etc.

Le glossanthrax, pustule maligne ou charbon malin de la langue, provient de l'inoculation directe des bactéridies de la pustule maligne. Cette inoculation résulte de l'habitude qu'ont les bouchers et les équarrisseurs de mettre entre les dents l'instrument avec lequel ils dépouillent les bêtes charbonneuses.

Dans la pustule maligne linguale, on trouve une tuméfaction dure, recouverte et entourée de vésicules pleines de sérosité noirâtre ou brunâtre, qui, après rupture, laissent une plaque noire ounoirâtre, d'aspect gangréneux.

Les vésicules et le' tissu périphérique renferment des bactéridies caractéristiques des affections charbonneuses et décrites pour la première fois

(*) Les globules du sang devenus agglutinatifs sont réunis en amas irréguliors. Los bactéridies occupant les intervalles sont droites ou coudées. Les plus courtes sont à peine visibles, les plus longues ne dépassent pas 0,02 -de millimètre. Grossissement, 350 diamètres G. Davaine).

FiG. 13. — Bactéridies du sang charbonneux chez le mouton (*).

APPAREIL DE LA DIGESTION

par Davaiiie en 1803. Les bactéridies ont la forme de filaments droits, raides, cylindriques, rarement composés de deux, trois et quatre segments, longs de 0™",0i = 10 p- pour les articles simples, et atteignant jusqu'à 0""",05 = 50 p- pour la longueur totale. Les bactéridies sont toujours immobiles dans le champ du microscope.

H. — Corps étrangers «le I» langue. Parasites.

On a trouvé dans la langue des débris d'os ayant pénétré à la suite de blessures ou de coups de feu, des dents entières, des balles de.plomb, etc.

Les parasites sont les trichines, les hydatides et le dragonneau ou fdaire de Médine, indiqués par Davaine dans son Traité des entozoaires.

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