‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 241 sur 317 · C.«RTIL.40ES · texte numérisé non relu

C.«RTIL.40ES

Les cartilages, tantôt revêtant les extrémités articulaires, tantôt formant la charpente résistante de plusieurs organes, comme le larynx, le nez, Torcille, ont deux aspects différents : celui de cartilage hyalin et celui d<ï fibro-cartilage. Les cellules cartilagineuses ou.chondroplastes, rarement sphériques, presque toujours ovoïdes et allongées, enveloppées d'une seconde* enveloppe externe ou capsule propre, sont placées dans une substance fondamentale amorphe ou fibroïde.

Inflammations; Ulcérations ; Mortification des cartilages. 1. — Inllaïuination des cartilages, €lion<lritc.

La chonclrite aiguë, dont l'histoire anatomique est de date récente et qui a été surtout étudiée par Broca, Redfern et 0. Weber dans les cartilages diarthrodiaux, est caractérisée par des lésions de la substance fondamentale des capsules et des cellules cartilagineuses.

Si on peut examiner le cartilage d'un moignon désarticulé, on voit que celui-ci perd sa transparence : au lieu d'être hyalin et bleuâtre, il devient terne, opaque et jaune; la synoviale bourgeonne autour de lui et

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finit par envoyer des prolongements qui le recouvrent. Avec le microscope, on constate sur la coupe mince du cartilage de ce moignon qu'il s'est fait, par chondrite, une multiplication des cellules et des capsules produisant des cellules nouvelles. Celles-ci restent embryonnaires ou bien se transforment, s'incrustent de sels, etc. Il y a ainsi division des cellules, production de cellules secondaires, ramollissement et segmentation de la substance cartilagineuse.

Les chondrites des cartilages costaux, des disques intervertébraux, des cartilages du larynx, montrent les capsules et cellules multipliées, s'entourantde capsules secondaires et formant des agglomérations de tissu \ cartilagineux nouveau avec ossification par places, par ex.emple dans le cartilage thyroïde des sujets atteints de phthisie chronique (voyez p. 434). Cette ossification se produit souvent lorsque l'irritation est continue el peu intense ; on s'explique ainsi l'ossification du cal des cartilages costaux, même chez les animaux (Ollier). La substance fondamentale s'altère dans la chondrite en se ramollissant ou en se transformant en une masse gélatiniforme. Elle s'infiltre de granulations granulo-graisseuses ; d'autres fois elle se fendille en petites lamelles et prend l'aspect fibroïde ou fibreux. C'est même dans les intervalles des fentes que s'avancent les vaisseaux pénétrant ce cartilage altéré (0. Weber).

s. — Ulcération «les ear(ilag<^s. ( IJjjj

Vulcération des cartilages, absorption ulcéroïde (Brodie, Broca), se ml produit de la manière suivante : la surface cartilagineuse articulaire l devient rugueuse, présente des excavations, puis de vraies ulcérations. é On constate avec le microscope que les chondroplastes de la surface s'hy- \é pertrophient avec amincissement de leur paroi et multiplication cellu- laje laire, les capsules communiquent les unes avec les autres, en atrophiant liqo la substance fondamentale, et, lorsque ces cavités s'ouvi'ent à la surface j articulaire, on voit finalement qu'elles occasionnent des pertes de sub- \ stance avec production de bourgeons charnus. L'ulcération en général ne s'étend pas jusqu'à l'os. Dans les cartilages de la trachée, de la cloison ^ nasale, la substance fondamentale de la surface de l'ulcère est ramollie et jaunâtre ; suivant Redfern et Broca, on trouverait des leucocytes dans les chondroplastes profonds du cartilage. i

La destruction velvétique des cartilages sera décrite plus bas avec les lésions articulaires. !

p. Broca, Recherches sur la. patliologie des cartilages (BibL de la Soc. anatomique de Paris, 18i8-1851, et Résumé par Leudet, Bibl. de la Société anatomique, t. XX!, p. 438-452, 1851. — ^elc P. Redfern, On anormal Nutrition in articular Cartilages, Ldinburgh, in-8, 1849. — Ch. Robin tj|

CARTILAGES

[obs. sur le développement de la substance et du tissu des os et du cartilage (Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie, p. 119, 1850). — Béuaud, Sur quelques altérations des cartilages d'encroûtement (Comptes rendus de la Société de biologie, t. III, p. 22 et suiv., 1851. — EuGÈNe BoECKEL, article Cartilage (Nouveau Dictionnaire de méd. et de chir. pratiques,

|t. VI, p. MO, 18G7). — Cu. Legros et Ch. Rorin, article Cartilages (Dictionnaire encyclop. des

jsciencos médicales, t. XII, p. 728, 1871).

I 3. — niortilication des cartilages.

La mortification, appelée aussi nécrose des cartilages, se voitfréquemment après les désarticulations chirurgicales. Legros a signalé Télimi- Ination de tout le cartilage de la cavité glénoïde, après -une désai'ticula- :tion.On trouve encore la nécrose du cartilage, parfois tombé, détaché, dans une articulation close, quand une tumeur ou une ostéite épiphysaire ^s'étendait jusqu'à la jointure. Dans ces cas, la substance fondamentale ! est ramollie, devient diftluente ; les cellules secondaires sont détruites, I mais les capsules primitives ont résisté.

A l'œil nu, la substance fondamentale a perdu sa transparence, elle est [ un peu grenue, jaunâtre ; avec le microscope, on voit les chondroplastes f agrandis, renfermant moins de cellules, qui toutes sont devenues graisseuses et déformées ; on trouve aussi quelques noyaux épais, un peu hypertrophiés, grenus et irréguliers.

Le cartilage mortifié, mais tenant encore à l'os, présente les mêmes lésions, toutefois moins accusées ; parfois la surface libre de ce cartilage est couverte d'une mince couche de tissu fibreux, non vasculaire, adhérente, détachée ou se détachant par lambeaux.

Les cartilages du larynx se mortifient à la suite des fièvres graves, des ulcérations diverses, et le processus reconnaît pour cause ordinaire une ]>érichondrite suppurée. Enfin il faut distinguer les fragments de cartilages détachés dans l'arthrite déformante et continuant à vivre dans le liquide articulaire, des cartilages mortifiés dans des arthrites purulentes.

Dégénérescences diverses des cartilages.

A. La dégénérescence granulo-graisseuse des cellules du cartilage est tout autre que l'adiposité physiologique. Cette dégénérescence s'accompagne de la destruction de la capsule et de la cellule, avec ramollissement et fendillement de la substance fondamentale (fig. 208) . Ce sont là des lésions de nutrition, et non de phlegmasie.

B. La dégénérescence calcaire débute par les capsules, et le dépôt s'étend ultérieurement à la substance fondamentale, envahissant peu les cellules elles-mêmes. C'est la crétification ou calcification cartilagineuse.

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

G. X^' ossification vraie ou dégénérescence ossifiante est palhologiqiiepour les cartilages hyalins articulaires. La transformation du tissu cartilagineux permanent en tissu osseux est plus rare qu'on ne l'admet généralement. Dans les cartilages du larynx et d'autres cartilages qui s'ossifient à la suite de lésions du voisinage, les corpuscules osseux doi-

vent être recherchés au microscope, et non confondus avec les dépôts calcaires ou les dépôts uratiques.

D. La dégénérescence uratique de la substance fondamentale consiste en productions d'aiguilles cristallines d'urate de soude, qui sont fixées dans la substance intermédiaire du cartilage. 0

E. La dégénérescence muqueuse est physiologique pour les cartilages costaux; elle est pathologique pour d'autres cartilages, où elle s'accompagne d'une segmentation de la substance fondamentale.

* FiG. 268. — Dégénérescence granulo-graisseuse d"uu cartilage. On voit à gauche de la figure des capsules cartilagineuses peu remplies de granulations de nature grasse ; en bas, les chondroplasles sont déformés, et en haut ils sont remplis de granulations assez fines. La substance intermédiaire est très-segmentée. Grossissement 450 dianiclrcs (Ch. Robin).

CARTILAGES

Hypertrophie et Néoplasmes.

Il 1. — Hypertrophie des cartilages; Ecciiondroses.

A. Vhi/jwrtrophie réelle et généralisée, avec augmentation soit de nombre, soit de volume des éléments normaux du cartilage, se produit

jsur beaucoup de cartilages permanents, mais elle est rarement simple. On constate avec le microscope des chondroplastes plus gros et une multiplication des cellules, et aussi une plus grande quantité de la substance fondamentale (Ch. Robin). Les cartilages costaux, ceux de la trachée, augmentent de volume jusque dans l'extrême vieillesse ; en même temps ils deviennent plus jaunâtres, plus opaques ; parfois il se fait une résorption de la substance cartilagineuse avec production de cavités remplies de médullocellcs, de noyaux embryoplastiques, de myéloplaxes. D'autres j fois les cartilages de la trachée et des bronches s'ossifient par places ; de là (proviennent des noyaux osseux qui sont éliminés et forment des broncholithes (Leroy) (voy. p. 473). Ces ossifications vraies ne se produisent que par exception dans les cartilages diarthrodiaux (voy. p. 931).

B. V hypertrophie partielle des cartilages a reçu de Viichow le nom û' ecchondrose , pour la différencier des chondromes ou productions cartilagineuses anormales, hétérotopiques (voy. Tumeurs cartilagineuses, p. 934).

Les ecchondroses sont donc toutes les tumeurs cartilagineuses développées aux dépens des cartilages préexistants et formées elles-mêmes de tissu cartilagineux. Elles restent ordinairement assez petites et elles peuvent se calcifier ou même s'ossifier. Les ecchondroses se montrent autour des cartilages articulaires, dans les arthrites diverses, où elles constituent des sortes de petits polypes. On les a observées sur les cartilages costaux, les disques intervertébraux, la symphyse du pubis. Gintrac a décrit l'ecchondrose du cartilage cricoïde et Virchow celle d'autres parties du larynx. J'ai figuré des ecchondroses de la trachée (voy. p. 4-53 et fig. 121).

Il est très-probable que certaines exostoses des sutures du crâne, des trous de conjugaison, chez de jeunes sujets, ont été des ecchondroses qui se sont ossifiées irrégulièrement.

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

S. — Cliondromes.

Les néoplasmes carlUaghienx doivent être distingués avec soin des productions cartilaginiformes et dures, avec lesquelles les anciens auteurs les confondaient très-souvent. L'examen microscopique a permis de les reconnaître sûrement, et Jean Millier a constitué le groupe réel des tumeurs cartilagineuses, qui ont été fort étudiées par Cruveilhier, Vogel, Lebert, Virchow et Dolbeau.

Les cliondromes peuvent se développer soit dans les os (enchondromes), soit dans les parties molles. Le cliondrome des os est trois fois au moins le plus fréquent; il se trouve surtout dans les doigts, les métacarpiens, les os du bassin, les mâchoires, le fémur. Le chondrome des parties molles affecte principalement la parotide et le testicule.

Le siège des chondromes est au dehors du tissu cartilagineux préexistant, et c'est en cela qu'ils diffèrent des ecchondroses. Dans les os, ils se forment au milieu du canal médullaire central ou dans les espaces spongieux. Ces enchondromes forment des masses diffuses, rarement lobulées, et leur surface est entourée d'une coque osseuse ; finalement ils arrivent jusqu'au périoste. Les péricliondromes se développent sous le périoste en dehors de l'os, des phalanges par exemple ; l'os est d'abord isolé de la masse néoplasique, ordinairement lobulée. Parfois les deux formes sont réunies dans les chondromes des extrérnités, qui peuvent être des enchondromes ou des périchondromes primitifs.

J'ai observé un fait de périchondrome du médius enlevé par Laugier (fig. 269) :

Homme, vin"t-huit ans, ouvrier ciseleur, avant été obligé de cesser son état et opéré par Laugier. La tumeur enlevée (fig. 269) occupe le médius de la main droite, et comprend les deux premières phalanges. Après l'avoir dépouillée des parties molles, je constate qu'elle est formée de lobes, au nombre de trois ou quatre principaux de chaque côté, et subdivisés en lobules séparés par un tissu cellulaire ou fibreux mince. Il est facile d'éiuicléor, pour ainsi dire, plusieurs lobules de la grosseur d'une tète d'épingle, d'un grain de plomb à un petit pois.

En fendant ces lobules, je les trouve homogènes, assez hyalins ; plusieurs ont des trabécules dures. Ils ne sont pas adhérents à l'os, mais séparés par une couche cellulo-fibreuse. Toutefois, la masse est réellement sous-périôstique ; le périoste est rejeté au dehors. La coupe de l'os (fig. 269, c) montre que celui-ci ne renferme pas d'enchondrome. Du reste, une section complète et médiane faite plus tard ne laisse aucun doute à ce sujet; les articulations elles-mêmes étaient saines.

La coupe de la plupart des petits lobules est nette; une fine tranche, mise sous

CARTILAGES. 9>55

le microscope, montre des chondroplastes, avec des cellules incluses. Les cavités ont environ 0"'"',0I à 0"'"',0i = 10 à -40 p.. Les cellules incluses sont bien visibles; leur noyau est gros, réfringent; plusieurs ont une apparence granuleuse. Il y a quelquefois deux et trois cellules dans une seule cavité ou capsule. Aucune cel-

,lule n'a de prolongements irrégu-

jliers et ramifiés comme les ostéo-

(plastes.

Les trabécules sont manifestement constituées par du tissu osseux avec des ostéoplastes caractéristiques. Les parties fibreuses isont formées de fibres du tissu cellulaire ou lamineux et de fibres élastiques.

En raclant la tumeur sur les nodules les plus volumineux et un peu moins durs, j'enlève un suc un peu visqueux, non lactescent, dans lequel , avec le microscope, je ne trouve que les cellules cartilagi- ' neuses déjà signalées , mais sans

■ aucun élément nouveau.

Les chondromes peuvent ac-

■ quérir un très-grand volume ; on en a vu de '1™,75 (Lugol et iNélaton) et même de ii'^lo de cnconférence (Philip, (à^ampton). La tumeur cartilagineuse n'est pas con-

i stamment homogène, et l'on vient de voir qu'elle renferme du tissu conjonclif, circonscrivant des lobules et des aréoles. Parfois il s'y trouve, plus rarement qu'on ne l'a dit, du tissu osseux ; le centre est incrusté de cavités. Dè plus, des vaisseaux s'y rendent, ce qui diffère encore la néoplasie du cartilage normal. Les chondromes éprouvent du ramollissement et ils deviennent presque gélatiniformes.

Les variétés histologiques des chondromes sont déterminées par le tissu cellulaire ou fibreux surajouté : sarco-chondromes , fibro-chondromes ; par le tissu osseux : ostéochondromes, ostéochondrophytes (Cruveilhier), chondromes ossifiants. Les adénochondromes se trouvent dans les éléments périglandulaires. Des chondromes très-remarquables offrent des chondroplastes ramifiés, dont les prolongements sont anastomosés et rappellent le tissu cartilagineux des mollusques céphalopodes.

* Fro. 269. — Chondrome ayant envahi les phalanges du doigt médius de la main droite ; e, e, enchondromes lobulés et formés de masses cartilagineuses pures ;t, t, tendons fléchisseur profond et fléchisseur superficiel du doigt médius; c, coupe de l'os, non altéré intérieurement.

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

i. Cruveilhier, Tumeurs ostéo-cartilagineuses ; ostéo-chondrophytes (Anatomie pathologique du corps humain, t. Il, livraison XXXIV, pl. IV et V, 1828. — Traité d'anat. pathologique géné- j raie, t. III, p. 779, 1856. — J. Muller, Ueber den feineren Bau, und die Formen der Krank- | hal'ten Gescliwi.tlste, Berlin, 1838. — Gluge, Anatomisch-mikroscopische lintersuchungen zur I allgemeinen und speciellen Pathologie, Jena, 184-1. — Atlas der pathologischen Anatomie,. Band I : Das Enchondroma oder die Knorpelgeschwulst, Jenn, 1850. — Herz, De enchondromate, Dissert, inaug. Erlangen, 1843. — H. Lebert, Physiologie pathologique, Paris, 1845. — Traité d'anat. path. gén. et spéciale, t. I, p. 216, 1857. — G. Range, De enchondromate. Dissert, inaug., Halis, 1848. — Fichte, Ucher das Enchondrom, Diss. inaug., Tubingen, 1850. — Burnett, Rech. microscopiques et histologiques sur l'enchondrome (Archives gén. de médecine, 4° série, t. XXX, p. 79, 1852). — A. Nélaton, Note sur l'évolution des tumeurs cartilagineuses décritessous le nom d'enchondrome, ostéo-chondrophytes, etc. (Gaz. des hôpitaux, 1855). — 0. Fayau, Documents pour servir à l'histoire de l'enchondrome, thèse de Paris, n° 61, 1856. — Leten- NEUR, Observ. d'énorme enchondrome de la cuisse et du bassin (Journal de la section de médecine de la Soc. acad. de la Loire-Inférieure, vol. XXXIII, p. 351, 1857). — Baum, Decarcinomate osteoide, Dissert, inaugur., Bonn, 1858. — E Favenc, Étude sur l'enchondrome, thèse de Paris, 1857. — DolbeÀu, Mémoire sur les tumeurs cartilagineuses des doigts et des métacar- ) piens (Archives gén. de médecine, b" série, t. XII, p. 448 et 669, 1858). — Tumeurs cartilagineuses de la parotide (Gaz. hebd. de méd. et de chir., t. V, 1858). — Mémoire sur les tumeurs cartilagineuses des màclioires (Moniteur des hôpitaux, 1859). — Mémoire sur les tumeurs cartilagineuses ou enchondromes du bassin (le Progrès, 1859 et 1860). — De l'enchondrome des glandes sébacées (Gazette des hôpitaux, p. 491, 1860). — Dauvé, De l'enchondrome du testicule (Bull, de la Société de Chirurgie, 1861). — Paget, Lectures on Tumours, p. 171, London, 1853.

— Lectures on surgical Pathology, p. 488, London, 1863. — R. Virchow, Die Krankhaften Geschwiilste, Band I, S. 435, Berlin, 1863, et trad. Aronssohn, t. I,p.436, 1867.— A. IIeurtaux, article C/ionrf)'o?ne (Nouveau Dict. de méd. et de chir. pratiques, t. VII, p. 498, 1867). — Legros et Ch. Robin, article Cartilage (Dict. encyclop. des sciences médicales, t. XII, p. 728, 1871).;

— Robin et Littré, art. Chondrome (Dictionn. de médecine, 14« édit., Paris, 1878).

Plaies et fractures des cartilages.

Les plaies cartilagineuses n'offrent point de réaction apparente immédiate, et, au bout de plusieurs semaines, la plaie semble dans le même état que le premier jour. On constate néanmoins, avec le microscope, les modifications cellulaires de la chondrite (voy. p. 929).

Broca a signalé la réparation des plaies cartilagineuses par du tissu fibreux ; il pense même que ce fait est général. Les plaies des fibro-cartilages guérissent par cicatrice fibreuse.

Les fractures des cartilages ont été observées sur les côtes, le larynx, etc. Les divisions sous-cutanées et les fractures des cartilages costaux se réunissent par un cas fibreux ou osseux (Malgaigne), ou formé aux dépens du péricbondre et des tissus voisins.

La régénération cartilagineuse est fort discutée; elle a été suivie dans les cartilages avec péricbondre. A la suite des plaies, Richet nie la cicatrisation, tandis que Legros etPeyraud auraient constaté que le péricbondre pouvait reproduire du cartilage; la régénération des éléments du cartilage dans le cartilage diarlhrodial n'aurait lieu que si la plaie est faite près

ARTICULATIONS

le la synoviale. Ainsi, les solutions de continuité des cartilages pourraient e cicatriser à l'aide d'une régénération cartilagineuse.

Dans la fracture du cartilage, les deux bouts cartilagineux restent l'abord indépendants ; mais, sous le péricbondre, il peut se former une lirole osseuse; il y a aussi réunion par tissu fibreux. Broca et Ollier ont lu la réunion fibreuse des bouts cartilagineux, mais ils nient la régéné- ■ation des éléments du cartilage.

SECTION m

Les articulations diarthrodiales , ou diarthroses mobiles , offrent les ;artilages hyalins recouvrant les os et une membrane synoviale périplié- 'ique pourvue de franges synoviales, mais qui ne recouvre pas la surface ;ontiguë des cartilages.

Les cartilages d'encroûtement ont, de la surface libre à leur profonleur, des capsules plates, puis des capsules arrondies unicellulaires; plus 3as encore, des capsules allongées renfermant plusieurs autres capsules. La couche profonde du cartilage est calcifiée, elle s'unit à l'os par des enbncements et des saillies.

La synoviale séro-tlbreuse renferme des fibres lamineuses ou conjoncives, des fibres élastiques; elle est tapissée par des cellules aplaties, inalogues à celles des séreuses ; elle est pourvue de replis analogues à des iK'sentères en miniature, avec des vaisseaux et des plexus très-volumi- Jt'ux. Des prolongements frangés partent des replis de la synoviale; ils 5ont recouverts de plusieurs couches d'épithélium , quelques-uns offrent même des cellules de cartilage.

Inflammations articulaires ; Arthrites.

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