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Kpithélioincs , Tuberculose, iSypbilis des muscles

A. Les épithélioynes musculaires ne sont pas primitifs. Ils viennent ar propagation ou généralisation; on voit dans les faisceaux interfasciiilaires des plaques ou des infiltrations de tissu soit squirrheux, soit nréphaloïde, soit de l'épithéliomc tubulé. Il en est ainsi dans le squirrhe c la mamelle pour les muscles pectoraux et intercostaux ; de même pour 'S muscles labiaux ou linguaux avec l'épithéliome labial ou buccal. Le reur est atteint d'épithéliome secondaire par infection et parfois avec la jrme mélanique (voy. p. 561).

Les faisceaux musculaires résistent quelque temps à l'infdtration pithéliale, puis il y a multiplication des noyaux et des cellules du sarco- 3mme, avec disparition de la substance striée, qui passe par l'état granuloraisseux ou qui disparaît rapidement.

B. Tuberculose. — Je ne crois point qu'on ait signalé de cas authenique de tuberculose musculaire .

C. La syphilis des muscles commence à se manifester au début de a syphilis par de la myosalgie et un certain tremblement, parfois de la lontraclion. La lésion n'est pas bien déterminée; il est probable qu'elle !st une myosite (1).

Les altérations syphilitiques tertiaires des muscles sont dues à une léoformation de tissu fibreux, à des gommes ou syphilomes. Les gommes

(1) Le Dentu, Mijosite syphilitique du muscle jumeau (Gazette des hôpitaux, 1875). — G. A. loussET, Considérations sur la sijphilis musculaire, thèse de Paris, 1875.

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

musculaires sont fréquentes dans les membres des extrémités supérieures du cou, du sterno-mastoïdien, du trapèze, des muscles du mollet et delà cuisse. La langue, le pharynx, le larynx, le diaphragme, ont offert dans leurs fibres musculaires des productions gommeuses ; enfin on en a trouvé dans le cœur. Les gommes musculaires sont d'une grosseur variable, oblongues, diffuses ; elles sont assez dures, rougeâtres ou d'un blanc jaunâtre ; leur étude histologique n'est point complète et demande de nouvelles recherches. Il est probable que le tissu périfibrillaire est atteint avant la fibre primitive du muscle.

Hypérhémies , Hémorrhagies musculaires.

Les hi/perhémies musculaires ne laissent que peu de traces après la V mort ; cependant on trouve les vaisseaux avoisinant les fibres d'un muscle hyperhémié remplis [de globules sanguins et dilatés ou ectasiés, dans le voisinage des abcès musculaires, des tumeurs, etc.

Les hémorrhagies musculaires dépendent soit d'une cause générale dyscrasique : scorbut, purpura, hémophilie, leucocythémie, fièvres graves, soit d'un traumatisme ayant amené l'épanchement sanguin : contusion, plaie, rupture musculaire.

L'hémorrhagie est d'un volume variable, sous forme de points ou de foyers étendus. En sectionnant le muscle avec précaution, on voit une masse sanguine d'un rouge sombre, tantôt diffuse, tantôt localisée, tantôt de forme ovulairc, spliérique, ou en plaques irrégulières. Par la palpation on ne sent plus la mollesse normale musculaire, mais une résistance due, à la coagulation du sang extravasé.

Avec le microscope et sur des coupes qui ont durci dans l'alcool à '40 ou degrés, on voit que les faisceaux musculaires sont séparés par des globules rouges extra et intravasculaires ; il y a donc coagulation du sang dans les vaisseaux et dans les interstices du périmysium. Sur les portions de la coupe portant sur une rupture musculaire, on voit uncoagulum sanguin séparant les faisceaux fibrillaires, tandis, qu'il y a une infiltration sanguine entre les faisceaux à une distance variable du foyer. De plus, les fibres dans les hémorrhagies traumatiques sont peu altérées, à peine granuleuses ; mais,!dans les hémorrhagies des fièvres et deutéropathiques, on constate des dégénérescences diverses qui sont souvent la cause de la rupture ou de l'épanchement sanguin.

A la suite de l'hémorrhagie le sang se résorbe, et parfois en très-peu de jours, éprouvant les modifications habituelles; il se coagule, se décompose en granulations moléculaires qui sont reprises par la circulation.

MUSCLES

L'infarctus embolique des muscles est une lésion très-rare, survenant i la suite d'endocardite, d'endartérite. Dans ces cas, on voit des masses \yant la forme de cônes plus ou moins opaques et blanclullres, dissémiaées dans les muscles, tranchant sur la rou2,eur de ces derniers (1). Avec le microscope, on voit les faisceaux musculaires qui ont conservé leur strialion, mais parsemés de granulations graisseuses et de grains pigmentaires. Les vaisseaux sont remplis d'éléments, mais sans extravasation de globules rouges, contrairement à ce qui arrive pour l'hémorrhagie. Les lésions vasculaires sont, du reste, les mêmes que dans tout infarctus.

Parasites des muscles.

Les parasites des muscles sont les Hyclatides à Échinocoques, les Cys- .ticerques et la Trichine.

Les Hydatides des muscles n'offrent rien de spécial et ce qui a été dit de leur enveloppe kystique ainsi que des Echinocoques (voy. p. 329 et fig. 87-90) me dispense de tout détail nouveau.

Les C^/siicer^wes peuvent se développer chez l'homme engrande quantité dans les interstices des muscles. Boyron, I dans sa thèse (2), rapporte les exemples de personnes portant des centaines de Gysticerques dans les tissus sous-cutanés. LesCystitcrques ont été trouvés, de plus, dans les viscères, à la surface du cerveau, ainsi que j'aurai soin de l'indiquer; mais les faisceaux musculaires et le tissu conjonctif ou lamineux des interstices des muscles sont les endroits où ils se développent parfois en quantité innombrable (Delpech, E. Lancereaux, Davaine).

La fig. 280 montre la disposition des vésicules allongées du cysticerque. On remarque entre les fibrilles des corps ovales, longs de 10 à 15 millimètres dans leur plus grand diamètre, larges de5 à 6 millimètres environ, et constitués par une poche d'apparence séreuse, ellipsoïde, remplie de liquide et dans laquelle on

(1) CoRNiL et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, 2' partie, p. 486, 1873.

(2) Boyron, Étude sur la ladrerie chez l'homme comparée à celte affection chez, le porc, thèse de Paris, 1876.

* FiG. 280. — Fibres musculaires renfermant les vésicules du Cgsticercus cellulosœ. A droite, on voit deux vésicules oblongues et isolées du kj'ste adventif ; elles sont pourvues d'une ouverture par où ranimai porte au dehors la tête et le cou.

Laboulbène. 61

Fig. 280 — Fibres musculaires renfermant les vésicules du Cysticerque. *

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

aperçoit par transparence le parasite renfermé à l'intérieur. L'animal invaginé n'est autre que le cysticerque ladrique, qu'on a appelé encore : Cysticerque de la cellulosilé, ou Cyalicercus cellulosœ.

Les Cysticerques ont une double enveloppe : l'une extérieure, kyste adventif et indépendante de l'animal; l'autre, qui n'est autre que l'animal lui-même, à l'état vésiculairc, replié ou ^invaginé, c'est-à-dire rentré, ou renversé sur lui-même. Les enveloppes présentent une ouverture, une sorte dehile oudepertuis entouré d'un cercle blanchâtre, par où sort l'animal quand il projette au dehors sa tête et son cou (fig. 281, à gauche) , sous forme d'un très-petit tubercule blanc. On arrive quelquefois, par la pression, à faire sortir de la vésicule caudale, le cou du Cysticerque invaginé comme le serait un doigt de gant retourné. On a alors sous les yeux (fig. 281) le Cysticerque tel qu'on le voit pendant la vie de l'animal avecla

Fig. 281. — Cysticerque de yrandeur naturelle et grossi.

tête hors de la vésicule. Cette tête, petite, presque carrée ou tétragone, avec les angles arrondis, offre quatre ventouses, une partie avancée, ou proboscide, placée au milieu et pourvue d'une double couronne de crochets disposés sur deux rangs serrés. Au-dessous est un cou plissé. Le tissu est parsemé de corpuscules calcaires (fig. 281).

La ressemblance frappante de la tête du Cysticerque ladrique avec celle du Ténia armé ou Tœnia solium (voy. p. 241) avait été notée par les premiers observateurs de ces animaux. Il est démontré aujourd'hui que le Cysticerque n'est que le premier état de ce Tœnia, si commun chez le porc et heureusement exceptionnel chez l'homme (1).

* Fig. 281. — Cysticerque ladrique de grandeur naturelle à gauche, et en dessus avec la tèle et le cou sortis au dehors. Au milieu, l'animal est très-grossi, montrant la tète avec les quatre ventouses, la double couronne de crochets et suivie du cou ridé. A droite, deux crochets, un de chaque rangée, extrêmement grossis.

(1) A. Laboulbène, Sur les Tœnias, les Echinocoques elles Bothriocéphales de riioinme {Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 2= série, t. XIII, p. 54-60, avec figures, 1876;

MUSCLES

La Trichine est un ver nématoïde heureusement à peine observé en France et, à l'état de larve, spécial aux fibres musculaires (fig. 382). La Trichine n'a d'abord été connue que dans cet état non sexué; les kystes qu'elle forme dans les muscles à fibres striées avaient été observés depuis R. Owen, sans qu'on pût savoir ce que devenait le petit ver inclus. Zenker, Virchow, Leuckart, Davaine, etc. (1), ont donné la démonstration de sa transformation en Trichine adulte dans l'intestin (fig. 283). Je vais d'abord décrire la Trichine adulte, ainsi que je l'ai fait pour les helminthes intestinaux (voy. p. 239) ; les migrations de l'embryon me conduiront naturellement à l'état enkysté.

FiG. 282. — Trichine dans les muscles. *

* FiG. 282. — Trichine dans les muscles. 1, portion de muscle cubital antérieur, avec des kystes de Trichine ; 2, kyste isolé, grossi; 3 et, 4, deux kystes grossis 20 fois, le premier contenant un ver, le second en contenant deux; 5, Trichine grossie 200 fois, a, extrémité céphalique, 6, extrémité caudale (d'après Owen).

Fig. 283. — Trichines adultes .

(1) C. Davaine, Traité des entowaires, etc., 2' édition, p. 732 et suiv., 1877. * FiG. 283. — Trichines de l'intestin et adultes. A, Trichine mâle; B, Trichine femelle; c, un «mbryon. Grossissement 250 diamètres (C. Davaine).

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

La Trichine adulte {t\g. 283) a la forme d'un ver très-petit ot trèsmince, cà peine visible à l'œil nu. Le corps est cylindrique, aminci en avant à partir du milieu, long de i"'™,50 chez le mâle, épais de 0'"™,04. La femelle est longue de 3 à 4 millimètres, épaisse de 0'"'",00. La partie postérieure du corps est renflée insensiblement et l'anus est terminal; cette extrémité postérieure ofire chez le màle deux appendices digités (fig. 383, A); chez la femelle, elle est sans appendices (tîg. 383, B). La vulve est placée vers le dernier cinquième de la longueur du corps; l'ovaire est unique ; les ovules ont à leur maturité 0""",02 = 20 p de diamètre. L'embryon éclôt dans l'utérus; il est long de 0'™,12, épais de 0""",007 dans sa partie moyenne, et de 0'""',003 = 3/-, près de la bouche.

La Trichine à l'état de larve, parvenue dans les muscles et enkystée (voy. fig. 382), est toujours enroulée en spii-ale, d'où le nom de Trichina spiralis (t^jî?, roi^'i-:, cheveu). La longueur est de 0'""\8 à un millimètre, et l'épaisseur de 0""",04 = 40 p.. Le tube intestinal est formé de trois portions sensiblement égales, l'anus est terminal ; dans la troisième

Fig. 28i. — Trichine enkystée, un peu altérée

l''iG. 285 et 286. — Kystes de la Ti icliine passant à l'état graisseux. *

* Fig. 281. — • Trichine enkystée, le kyste ayant éprouvé un commencement d'altération. a, paroi du kyste marquée de stries concentriques irrégulières, indiquant une texture lamellaire et parsemée de granulations ; b, cavité du kyste envahie par une matière calcaire ; c. Trichine; (/, (I, graisse accumulée aux pôles du kyste. Grossissement 100 diamètres (Bristoweet Rainey).

* Fig. 285 et 286. — Kystes de la Trichine envahis par des vésicules graisseuses ou adipeuses. Dans la fig. 285, à gauche, le ver n'existe plus, le kyste est encore visible. Dans la figure 28G, à droite, l'amas de graisse extérieur et intérieur est considérable, le kyste a presque entièrement disparu, la graisse est accumulée en doiiors et en dedans. Grossissement 100 diamètres (Bristowe et Kainey).

MUSCLES. 965

portion, ou rectale, on aperçoit un vestige de tube, organe génital rudimcntaire.

Les kystes trichineux ont une forme en ellipse allongée, une longueur de 0"'™,35 sur 0'""','2r) ; ils sont formés aux dépens du sarcolemme des fibres striées. Parfois on trouve deux et même trois Trichines dans un kyste.

La Trichine enkystée ne devient jamais sexuée. Au bout d'un temps variable, de trois mois environ, le kyste commence à s'altérer vers les deux extrémités, aux deux pôles de l'ellipse (fig. 284), puis le kyste éprouve les dégénérescences granulo-graisseuse et calcaire (fig. ^285 et:28G). La Trichine résiste longtemps dans les cliairs vivantes et même plusieurs annéss ; elle meurt à la longue, elle se détruit et le kyste, envahi par la graisse ainsi que par les sels calcaires, se rétracte, mais reste longtemps appréciable.

La chair trichinée ayant été avalée par un animal Carnivore est bientôt digérée par le suc gastrique; le kyste est dissous, la Trichine mise à nu devient libre. Au bout de très-peu de temps, deux à trois jours, elle acquiert des organes génitaux bien développés ; les mâles sont plus rares que les femelles. Après l'accouplement, le màle disparait; la femelle, remplie d'œufs qui éclosent dans son utérus, produit un nombre considérable de petits embryons qui sortent vivants et rectilignes. Ceux-ci perforent aussitôt les parois intestinales et se rendent directement dans les muscles en suivant les interstices des faisceaux de tissu lamineux ou conjonctif, plutôt que transportés par le courant sanguin. Arrivés dans une fibre musculaire, les embryons, droits jusqu'alors, refoulent le contenu du sarcolemme, s'enroulent et s'enkystent.

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