Atrophies musculaires
Les atrophies musculaires ne sont point identiques et résultent dé auses diverses ; elles sont tantôt simples, tantôt de nature inflammatoire, antôt avec dégénérescences (i). '
A. Atrophie simple. — A l'œil nu, les muscles sont mous, pâles, et
* FiG. i!76. — Pseudo-hypertrophie des fibres musculaires avec formation interstitielle de 'graisse, dans la paralysie pseudo-hypertrophique des muscles, a, fibres musculaires en voie l'atrophie ; b, rangées de cellules adipeuses paralli;les aux fibres musculaires atrophiées. Grossissement 300 diamètres (E. Rindfleisch).
* FiG.277. — Coupe transversale des fibres musculaires représentées en long dans la fig. 27G. Les fibres déjà atteintes d'atrophie sont séparées par des cellules adipeuses. Grossissement 800 diamètres (E. Rindfleisch).
(1) Ch. Robin, Note sur l'atrophie des éléments anatomiques {Comptes rendus de la Société de biolo(jie, t. I, p. 5, 1854). — E. Hayem, Recherches sur l'anal, path. des atrophies musculaires {Mém. de l'Acad. de méd., avec planches, t. XXXII, 1878).
APPAREIL DE LA LOCOMOTION
entre les faisceaux musculaires on voit des lignes jaunâtres qui indiquent une surcharge graissteuse ou adipose simple; D'autres Ibis', surtout dans l'inanitiation rapide, le muscle est violet ou rouge vineux ; cette teinte est due à la stase du sang dans les capillaires. Sur cette coloration générale se détachent des fibres plus pâles. L'ensemble de la masse musculaire est d'une mollesse pâteuse avec un certain de^ré de viscosité aux doigts.
L'examen avec le microscope montre la libre musculaire atrophiée, amoindrie en) largeur, avec ou sans dégénérescence granuleuse ou graisseuse ; les noyaux du sarcolemme ont diminué de volume et sont aplatis; le tissu interstitiel paraît au contraire épaissi (fig. 278). En résumé, la libre musculaire a diminué de volume et s'est ramollie, perdant même sa striation.
B. Atrophie de nature inflammatoire, û — Elle se présente sous deux formes : celle i| de sclérose simple ou de scléro-adipose, y Dans la sclérose simple, la consistance m muscle est augmentée , un tissu fibreux plus ou moins abondant sépare les faisceaux des fibres musculaires. Avec la scléro-adipose, le muscle apparaît plus volumineux qu'à l'état normal, par exemple, dans la paralysie pseudohypertrophique (voy. p. 954), et sous l'aspect d'une masse jaunâtre. Avec le microscope, on trouve les fibrilles musculaires atrophiées à un degré plus ou moins avancé. f,
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Fig. !278. — Fibres musculaires altein tes d'atropliie simple avec épaissiS' sèment du tissu interstitiel. *
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C. AtropJiies dégénératives. — A fœil nu, tantôt le muscle est décoloré, couleur chair de poisson ou chair de grenouille, tantôt la couleur est jaune opaque par stéatose. La consistance du muscle a diminué notablement. Dans ces atrophies et sur un môme muscle, on peut trouver les dégénérescences granuleuse, graisseuse, pigmentairc, vitreuse et vitrograisseuse. Les noyaux des corpuscules musculaires du sarcolemme sont souvent multipliés, mais atrophiés et semblables à de petits bâtonnets. L'évolution des atrophies est variable : les unes sont temporaires, avec un processus régénérateur , par exemple dans celles des maladies infec-
* Fig. 278. — Fibres musculaires atteintes d'atropliie simple avec cpaississement des fibres conjonctives ou lamineuses interstitielles, a, a, fibres musculaires à divers degrés d'atrophie j avec multiplication des noyaux; 6, b, libres de tissu conjonctif. Grossissement 350 diamètres
I MUSCLES. 957
uses ; d'autres atrophies sont permanentes, surtout celles qui sont d'oine nerveuse.
Néoplasmes musculaijpes.
A. Le sarcome n'est jamais primitif dans les muscles, mais on le trouve u' propagation dans les faisceaux musculaires et sous toutes ses variétés. i sarcome fasciculé est le plus fréquent de tous ; mais le sarcome celluire d'aspect encéphaloïde, le sarcome mélanique, muqueux ou lipomaux, gi'aisseux, télangiectasique, ont été observés. Les faisceaux muscuires comprimés par le développement du sarcome sont en général teints soit d'atrophie simple, soit d'atrophie avec dégénérescence graileuse ou granulo-graisseuse (1).
B. Les fibromes musculaires formant tumeur proviennent non point du mg épanché dans les hématomes musculaires (voy. Hémorrhagies des luscles), mais d'une production anormale de tissu conjonctif fibreux. Ils ! développent sur des points où les muscles sont soumis à des pressions lécaniques répétées. La cirrhose musculaire ne s'accompagne pas ordiairement de fibromes ; les cicatrices musculaires épaisses leur sont au con- ■aire fort semblables, si elles ne sont point calcifiées.
G. Angiomes. ^ Les tumeurs vasculaires, angiomes simples ou cavereux, des muscles ne sont pas communes, si l'on en excepte les tumeurs rectiles des lèvres, de la langue, propagées aux couches musculaires. . Després, dans sa thèse de concours (2), en a réuni plusieurs exemples. i,a constitution histologique de ces angiomes est celle des tumeurs cavereuses analogues ; on connaît une douzaine d'angiomes des muscles.
D. Lipomes. — 11 faut distinguer la transformation graisseuse ou stéa- 3ie, et même la surcharge graisseuse des muscles, des tumeurs graisseuses iégeant soit entre les fibres musculaires (3), soit contre l'aponévrose et ii'nétrant dans le muscle. Les lipomes ont été vus à la langue (Laugier, 'ollin), dans l'épaisseur du muscle semi-membraneux (Volkmann), sous 'aponévrose du couturier (Farabeuf). J'en ai observé un de la grosseur
(1) SoKOLOw, Ueher die Entwickelung der Sarcoms iiiden Muskeln {Arcitiv fur patliol. Aiiat. ind Phijsiol., t LVII, 1873).
{"D A. Després, Des tumeurs des muscles, thèse d'agrégation, Paris, 1860. — E. Vincent, Anïionic caverneux du muscle grand pectoral {Lyon médical, n. 52, 1877).
(3) Ch. Remv, Lipomes intramusculaires {Bull, de la Société analomique dé Paris, 11 février l87Gj.
APPAREIL DE LA LOCOMOTION
d'une noix, placé exactement entre les fibres du muscle biceps chez un malade mort de pnenmoçie double à l'hôpital Saint-Antoine.
Homme, quarante-huit ans, très-fort, très-vigoureux, portant sur le milieu du bras gauche une petite tuméfaction profonde , non fluctuante, et qu'il dit être venue lentement. L'état très-grave du malade ne permet pas d'avoir des rensei- f gnements plus précis.
A la nécropsie, en fendant avec précaution les téguments du bras gauclie, puis le muscle biceps dans la masse médiane, j'arrive sur une tumeur moins grosse qu'elle ne paraissait à travers la peau, d'une couleur jaune et tout à fait semblable à un lipome. Cette tumeur, du volume d'une noix, est ferme, constituée par des
lobules de tissu graisseux. Elle n'adhérait pas fortement aux fibres mus- i|| culaires, et j'ai pu assez facilement ) :, l'énucléer. Toutefois j'ai retrouvé, en la fendant, quelques faisceaux musculaires pénétrant dans l'intérieur et la parcourant dans le sens !
longitudinal.
Avec le microscope, j'ai constaté la présence de quelques fibres con- 1!' jonctives ou lamineuses, larges en W moyenne de 0,001 à 0,002 de rail- {« li mètre = 1 à 2 ; des fibres musculaires, rouges, striées, ne paraissant pas atrophiées, ayant en moyenne de
FiG. 279.— Lipome miiscLilaire du biceps bracliial *. q„„„ q^q ^ Qmm 050= 30 à 50f;., et
enfin d'un très-grand nombre de vésicules adipeuses de toute grandeur, n'offrant point de noyau visible (voyez fig. 279). Le volume variait de 0""",01 à 0""", 02 et 0"-,15 = 10 p. à 20 et 150 p.'
Ces vésicules étaient toutes adipeuses et de nature grasse, car elles se dissolvaient dans l'éther et la térébenthine. Elles n'avaient nullement, même, pour les moyennes, l'aspect de corps amyloïdes ou de sympexions, ni les réactions de ces corps, ainsi ([ue je m'en suis assuré.
E. Les myxomes musculaires sont fort rares et rarement isolés. Le plus souvent ils font partie de tumeurs composées ; ce sont des myxomes lipomateux.
F. Les chondromes musculaires ne sont pas primitifs, mais ils enva- «j hissent le lissu conjonclif intramusculaire, à la main par exemple.
* FiG. 279. — Éléments d'un lipome inter-musculaire du muscle biceps du bras gauche. Les vésicules adipeuses, d'un volume variable, n'étaient point mélangées d'autres corpuscules (Grossissement 400 diamètres.
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MUSCLES
G . Les ostéomes el les productions calcaires simples des muscles ont ( jà élé décrits en partie pour la myosite ossifiante (voy. p. 950). Autour ( S articulations atteintes d'inflammation chronique, et dans les masses uisculaires deltoïdiennes ou dans les adducteurs des cuisses, on trouve ]^ plaques connues sous les noms d'os des fantassins ou des cavaliers, ( plus généralement sous le nom d'os des soldats.
Ces plaques osseuses sont caractérisées à la vue simple par leur aspect niforme, et le microscope les fait reconnaître lormées des vésicules et I Unies osseuses ordinaires, mais avec plus d'irrégularité dans l'arrange-
ent des éléments, qui constituent un os véritable.
Des sortes d'aiguilles osseuses très-allongées se voient parfois dans les mdons et dans le corps des muscles longs, rappelant des dispositions ana- 'miques normales chez quelques animaux.