‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 259 sur 317 · Méningite cérébrale aiguë · texte numérisé non relu

Méningite cérébrale aiguë

La méningite aiguë, ordinaire, est la phlegmasie simultanée de la pie-mère, du tissu cellulaire sous-arachnoïdien et de l'arachnoïde. Quand les produits sont purulents, néoplasiques, ou séro-fibrineux, on dit que la méningite est simple ; quand il y a coexistence de granulations tuberculeuses, on dit qu'il y a méningite tuberculeuse; celle-ci sera étudiée à part (voy. plus bas, Méningite tuberculeuse).

Les lésions de la méningite simple siègent à la convexité ou à la base, et sont limitées ou diffuses; on aperçoit une vive injection de la pie-mère, les grosses veines sont turgescentes, les vaisseaux sont entourés d'une couche opaque grisâtre, qui tranche sur la teinte violacée ou d'un rouge ^ vif de la pie-mère. Avec le microscope, et en examinant cette couche, on trouve des leucocytes nombreux qui existent dans le tissu cellulaire et dans les gaines lymphatiques des vaisseaux.

L'exsudat est d'abord une sérosité lactescente qui s'accumule dans les espaces sous-araclmoïdiens antérieur et postérieur. Ordinairement il y a un mélange de pus et de fibrine, formant alors des plaques hom.ogènes, verdâtres ou jaunâtres, opaques, plus épaisses au niveau des sillons des circonvolutions, où elles peuvent avoir 5 à 6 millimètres d'épaisseur. On les trouve encore autour des origines des nerfs crâniens, des deux côtés, quelquefois d'un seul côté, au niveau de la protubérance et du bulbe..

Si on enlève les fausses membranes ou pseudhymènes méningitiques, on trouve au-dessous la substance nerveuse piquetée de rouge ; il y a, en ce point, un vaisseau entouré d'une couche purulente ; il existe souvent de l'encéphahtc superficielle. On constate des adhérences entre la substance nerveuse et la pic-mère, qui entraîne avec elle la substance nerveuse (méningo-encéphalite).

Les ventricules sont peu altérés dans la méningite simple, mais parfois ils contiennent de la sérosité floconneuse, louche, même du pus dans certaines méningites rhumatismales ou pyogéniques. Ces liquides anormaux produisent alors du ramollissement de l'épendyme cérébral par macération ou par imbibition.

Heupin, Meningitis ou inflammation des membranes de rencépiiale, etc., thèse de Paris, n° 391, 1803. — Parent-Di'CHATELET et Martinet, Recherches sur l'inflammation de l'aracii-

ENCÉPHALE

ôïde cérébrale et spinale, Paris, 1821. — Bayle, Traité des maladies du cerveau et de ses embranes, Paris, 1836. — Coignet, Essai sur la méningite des enfants, thèse de Paris, n°417, 837. — GuERSANT, article méningite (Dict. en 30 volumes, t. XIX, Paris, 1831)). — Hope, Die ntziindung des Gehirns und der Gehirnhaiite aus dem Engl. von L. Schmidtmann, Berlin, 1847.

RiLLiET et Bakthez, Traité des maladies des enfants, t. 1, p. 101, Paris, 1853. — W.-A. Ham- OND, Acute cérébral meningitis {X Treatise on diseases of tlie nervous System, New-York, 1871), aduction française par Labadie-Lagrave, Paris, 1878. — A. Laveran, Dictionnaire encyclopédique es sciences médicales, 2« série, t. VI, p. 635, 1873. — Jaccoud et Lakadie-Lagrave, Nouveau ictionnaire de méd. et de chir. pratiques, t. XXII, p. 148, 187G;. — Labarrière, Essai sur la îningite en plaque ou scléreuse limitée à la base de l'encéphale, thèse de Paris, n" 52, 1878.

S. — Paeliyméningitcs, innauiiiintions de la «liire-iiièi'C crânienne.

A. La pachyviéningite externe, ou scléroméningite de Gintrac, proienl de diverses lésions pathogéniques : altérations osseuses traumaiques du crâne, tumeurs, etc. La dure-mère est épaissie, doublée, trilée d'épaisseur; de plus, il y a parfois coïncidence de lésions des veines, Je thromboses, de phlébites suppurées. On a signalé l'cndocrànite yphilitique (Bertrand) comme étant une pachyméningile externe, mais e plus souvent toute la membrane s'enflamme à la fois, et en même temps 1 se produit d'autres lésions (voy. Syphilis cérébrale).

I B. Pac h (/méningite interne; hématome de la dure-mère. La pachy-

tnéningite ordinaire n'est autre qu'une inflammation aiguë ou sub-aiguë

de la dure-mère crânienne. Elle est caractérisée par la production d'une éo-membrane ou néohymène. On trouve à la surface de petites saillies ourgeonnantes formées de vaisseaux nombreux, autour desquels il se

'orme une néo-membrane mince et très-vasculaire, mais si fine, qu'il faut asser le doigt sur la face interne de la dure-mère pour la reconnaître ou

a soulever. Parfois la néohymène se montre d'une teinte rouge ou violette, oloration due à l'infiltration des hématies, elle ressemble à une tache de ang; plus rarement elle est opaque, blanche ou jaunâtre. Ces néo-memranes sont composées souvent de couches superposées, qui sont le résul-

at de pousses successives. Virchow a compté vingt de ces stratifications, hacune de ces couches, étalée sur une lame de verre, montre un riche éseau de vaisseaux sanguins, à parois embryonnaires, et qui se rompent

acilement en produisant des hémorrhagies interstitielles ; alors les mailles ont occupées par du tissu lamineux infiltrés d'hématie. Si les couches

amellaires sont anciennes, on voit autour des vaisseaux des cristaux d'héatoïdine et du pigment d'un rouge brunâtre.

Le siège le plus ordinaire des néohymènes de la pachyméningile est la oûte du crâne, près de la ligne médiane; une des faces adhère à ladurenère, l'autre est en contact avec le cerveau, dont elle est séparée par 'arachnoïde et la pie-mère.

APPAREIL DE L'INNERVATION

Quand les vaisseaujide la néo-membrane se sont rompus, l'hémorrhagie peut être assez abondante pour constituer un kyste hématique nommé hématome de la dure-mère. L'hémorrhagie se fait entre les couches membraneuses ; on a cru, pendant longtemps, que dans toutes ces hémorrhagies le sang s'entourait d'une couche de fibrine qui enkystait, c'est un fait très-exceptionnel. Les parois du kyste sanguin, ou hématome, ont une épaisseur variable, et sont en rapport avec la dure-mère et l'arachnoïde; c'est cette paroi arachnoïdienne, qui a été prise pour le feuillet pariétal dé la séreuse, ou bien pour une fausse membrane, ce qui est inexact.

Les hématomes de la dure-mère renferment 30 à 60 grammes de sang, rarement 400 à 500 grammes; leur forme est celle d'un ovale à grand diamètre antéro-postérieur, leur siège de prédilection est la convexité du cerveau (lobes antérieurs et moyens). Ils sont uniloculaires ou multiloculaires; les uns renferment du sang frais, les autres des caillots rétractés, ailleurs on ne rencontre que de la sérosité roussâtre (Virchow) : ils compriment le cerveau et l'atrophient parfois ; autour d'eux on voit des ecchymoses de la pie-mère. L'hématome est quelquefois double et alors symétrique.

HoussARD, Observation d'un kyste considérable développiî dans la cavité de l'arachnoïde, etc. (Bibliothèque médicale, t. LV, p. 67 1817). — Virchow, Das Hœmatom der Dura-Mater (Verhandl. der phys. med. Geselschaft zu Wiirzburg, t. 1, 1851 et t. VII, 1857). — D. Rrunet, Recherches sur les néo -membranes et les kystes de l'arachnoïde, thèse de Paris, n° 84, 1859. — Schuberg, Das Hœmatoma durae matris bei Erwaclisenen (Archiv fijr pathol. Anat. und Physiol., Band XVI, 1859). — GuiDO Weber, Ueber das Hœmatom der Dura-Mater (Archiv der Heilkunde, Rand 1, . S. 441, 1860). — VULPIAN et Charcot, Sur les néo-membranes de la dure-mère (Gaz. hebdomadaire, 1860). — A. Laboulbène, Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneuses, fausses membranes de l'arachnoïde, p. 249-255, Paris, 1861. — E. Lanc.EREAUX, Des liémorriiagies méningées, etc. (Archives générales de médecine, 1863), — Piratais, De la pachyméningite hémorrhagique, thèse de Strasbourg, n" 763, 1863. — J. Christian, Étude sur la pachyméningite, thèse de Strasbourg, 1864. — Laborde, Sur les kystes sanguins de l'arachnoïde (Gaz. méd. de Paris, 1865). — HoUDOUX, Contribution à l'étude de la pachyméningite, thèse de Nancy, n" 28, 1876.

Méningites tuberculeuse et syphilitique.

Page 1