Hémorrhagies médallaires: nématomyélle
Vhématomyélie, ou hémorrhagie intra-médullaire, a lieu dans le tissu propre de la moelle, ou plutôt dans la substance grise. A Toeil nu, on constate que l'hémorrhagie siège sous deux formes : celle de foyers, celle d'infiltration sanguine.
Les foyers d'hémorrhagie ont un volume variable, la grosseur d'un pois, ou moins ; d'autre fois ils sont fort étendus, par exemple à la région dorsale, ou même depuis' le bulbe jusqu'à l'extrémité. Tantôt uniques, tantôt multiples, ils siègent à différentes hauteurs de la moelle, mais surtout à la région cervicale. Ces foyers hémorrhagiques occupent toujours la substance grise; ils compriment, écartent les faisceaux blancs pour apparaître parfois sous la pie-mère avec l'aspect d'une tumeur noirâtre. Les foyers, d'abord centraux, peuvent même, en dissociant les faisceaux blancs, rompre la méninge et produire une hémorrhagie méningée secondaire.
APPAREIL DE L'INNERVATION
Dans les foyers récents, le caillot est cruorique comme dans l'hémorrhagie cérébrale ; on trouve avec le microscope les éléments du sang mélangés avec la substance nerveuse médullaire. Les parois du foyer sont déchiquetées , on aperçoit du sang dans la gaine lymphatique des vaisseaux ; on peut rencontrer aussi dans ces vaisseaux des anévrysmes miliaires (Liouville) . Déplus, on trouve des corps granuleux, des débris d'éléments nerveux, des leucocytes, qui démontrent que la myélite précédait ou coexistait avec l'hématomyélie.
Dans les foyers anciens, on rencontre les mêmes aspects que dans l'hémorrhagie cérébrale (voy. p. 985). Tantôt le caillot est revenu sur luimême, retenu dans une seule loge; tantôt le foyer présente un tissu lacuneux etaréolaire. Des cicatrices dures et ocreuses, celluleuses, fibreuses, restent à la place des vieux foyers qui rarement se convertissent en kystes. Enfin, on constate parfois la coexistence de foyers anciens et de foyers récents.
Si l'hématomyélie a été secondaire à la myélite, les tubes nerveux ont des cylindres d'axe sans myéline et parfois très-épaissis, les cellules névrogliques sont multipliées, le reticulum est plus épais. Les cellules multipolaires grises sont devenues très-grosses, globuleuses, avec le noyau et le nucléole bien visibles. Les vaisseaux capillaires sont moniliformes ou ectasiés, à parois épaisses avec multiplication de noyaux. Je signalerai enfin les dégénérescences ascendantes des faisceaux postérieurs et descendantes des faisceaux latéraux de la moelle, à partir du foyer hémorrhagique (Liouville).
L'hématomyélie est-elle toujours secondaire à une myélite, comme le pensent Gharcot et Hayem ? Je crois cette opinion trop exclusive, et, dans la moelle comme pour le cerveau, il me parait exister des hématomyélies primitives, dues à des anévrysmes miliaires, bien que l'hématomyélie secondaire à une myélite soit la forme la plus fréquente.
Œdème de la moelle; Hydromyélie.
V œdème de la moelle, consistant en une infiltration de sérum, est une lésion rare coexistant avec l'œdème cérébral et due à une stase de liquide dans les méninges.
hlnjdromyélie non congénitale, caractérisée par la dilatation du canal central de la moelle avec refoulement ou tassement des tissus périphériques, est constamment due à une lésion épendymaire. On trouve, en effet, l'épendyme fort épaissi ; les éléments en sont multipliés, remplis de granulations. Souvent l'intérieur du canal central est irrégulièrement granuleux, le liquide renferme des cellules desquamées. Je ne pense pas