AI'I'AIIEIL DL LA DIGESTION
SECTION IV
Les altérations que présente l'œsophage consistent surtout en rétrécissements ou dilatations de ce conduit qui laisse passer dans l'estomac les liquides et le bol alimentaires. L'inflammation simple et primitive y est rare ; elle offre plusieurs formes anatomiques qui vont d'abord nous occuper. Les lésions résultant de l'action des corps étrangers et celles produites par des néoplasmes sont les plus fréquentes.
Inflammations, ulcérations, gangrène de l'œsophage. 1. — Œ^ophagite aiguë.
Femme de trente-deux ans, ayant présenté les signes d'une œsophagite, sans cause appréciable autre qu'un refroidissement à la suite d'ingestion d'eau froide.
L'œsophage est revenu sur lui-même. Après avoir été fendu dans toute sa longueur, il offre principalement à la partie supérieure et inférieure les altérations suivantes: La membrane muqueuse est rouge, sans ulcération, fortement vascularisée, plus épaisse qu'à l'état normal, et ses glandules sont plus saillantes. De plus, elle est recouverte en plusieurs endroits d'une couche gluante, grisâtre ou d'un gris jaunâtre que le lavage fait disparaître. A la coupe, le tissu sous-muqueux est épais et infdtré de liquide ; il diminue de volume par une forte pression des doigts. 11 n'y a de pus appréciable dans aucun point.
A l'examen microscopique, je trouve l'enduit visqueux formé par du mucus renfermant d'abondantes cellules épithéliales et des globules de pus (leucocytes divers) .
Ce fait d'a^^sophagite aiguë est le seul que j'aie vu, et je l'ai observé dans le service de Monnerct, à l'ancien hôpital de Bon-Secours. La malade se plaignait de douleurs très-vives sous le sternum et entre les épaules ; l'ingestion des aliments était presque impossible, excepté pour quelques gouttes de liquide. Elle succomba brusquement à une rupture vasculaire, ayant formé un caillot cérébral considérable, avec irruption dans les ventricules latéraux.
MONDIÈRE, Recherches sur riiillammation de l'œsophage et sur quelques points tle raiiatomie pathologique de cet organe. (Thèse de Paris, 1829, et Archives génér. de médecine, 1830j. —
œSOPHAGE.
Billard, Traité des maladies des nouveau-nés. Paris, 1837, 3" cdit., p. 303. — Oppolzer, Wien. niedic. ■\Vociicnsthrift, n" 2, 5, 12, 1851. — Spengler, Wien. med. Wochenschrift, n° 25, 1853. Caulet, Remarques sur un cas de péri-œsophagite. Thèse de Paris, n» 224, 18()4.. — Lebert (H), Traité d'aiiat. path. gén. et spéciale, t. II, p. 158, 1861, in-fol.
•i. — ffi!«ophnsile |tIilef;nioneii!<te.
J'ai observé à la Salpètrière, dans le service de Manec, un exemple d'œsophagite avec suppuration sous-muqueuse, chez une femme aliénée qui avait avalé un IVagment de bois volumineux et pointu. Ce corps étranger s'était arrêté dans la partie inférieure du conduit et avait déterminé des accidents que rien n'a pu arrêter.
L'inflainmatioii du conduit œsophagien est bornée à sa partie inférieure, au-dessus de l'endroit oii l'œsophage traverse le diaphragme. Elle est des plus évidentes. La muqueuse est érodée; dans l'intervalle situé entre le chorion muqueux et les muscles, le tissu est imbibé par un licpiide purulent. Ce liquide est collecté dans une étendue de quatre centimètres et d'autres petits abcès moins considérables existent autoiu", en grand nombre. Il n'y a pas de perforation. Le microscope fait reconnaître dans ce liquide des globules de pus abondants (leucocytes de diverses variétés et à plusieurs noyaux), des granulations moléculaires, des globules de graisse. De plus, les fibres lamineuses sont gonflées ; des éléments embryo-plastiques sont nombreux et présentent parfois deux noyaux pour une seule celbde.
Les fibres musculaires sous-jacentes sont infiltrées de matières protéiques grisâtres, quelques-unes renferment des granules graisseux.