ÛpitUclioino ou Cancer <lc l'œttophagc
Le carcinome, ou épitheliome de l'œsophage, est le plus souvent végétant et sous l'aspect encéphaloïde ; les formes sèche, squirrheuse ou fibroïde et surtout cancroïde, y sont plus rares. Ces différentes variétés vont être bientôt décrites et précisées en traitant de l'estomac.
Dans le cancer œsophagien peu avancé on trouve des nodosités, des plaques du tissu sous-muqueux, soulevant la membrane superposée, faisant saillie dans le conduit et pouvant obturer même complètement ce dernier; puis, la muqueuse, souvent intacte ou seulement hyperhémiéeau début, s'infiltre d'éléments épithéliaux et finalement elle s'ulcère sur un point isolé ou sur toute la surface.
Une ou plusieurs ulcérations œsophagiennes sont alors constituées,
(Ij Andr.\l, Anat. patitologique, t. I, p. 21C, 1820.
APPAREIL DE LA DIGESTION
végétantes, à surface inégale, rétrécissant le conduit. De plus, Tépithéliome s'étend en profondeur, gagne les couches musculaires, atteint les parties voisines, et alors dos perforations se produisent, qui font communiquer la cavité oesophagienne soit avec la trachée, sort avec les bronches, les poumons, l'aorte et le péricarde. Béhier a présenté un remarquable tableau de ces communications anormales.
L'o^-sophage n'est peut-être jamais cancéreux du haut en bas ; on n'en connaît pas d'exemple, la tumeur restreinte prend toutes les formes: en anneau, en polype, en bourgeon plus ou moins volumineux.
Les éléments de l'épithélium dégénéré qui constitue le cancer de l'œsophage consistent en cellules de diverses formes, ordinairement arrondies, d'autres fois ovalaires ou terminées en raquette, etc. Leur diamètre varie de 0'"'",02 h 0™"\03 = ^20 à 30 p. et môme jusqu'à 35 p. et 60 fi. Souvent plusieurs cellules sont emboîtées les \mes dans les autres. Les noyaux sont uniques ou multiples, réfractant fortement la lumière, gros, mesurant 0""" ,01 cà 0"™ ,0^2 = 10 f. à ^20
Si l'élément iibreux domine, ce qui est rare, les cellules sont serrées entre des fibres lamineuses et dansl'épithéliome papilliforme, verruqueux, les cellules peuvent être enroulées, comme on l'observe à la langue et au pharynx.
Le siège ordinaire du cancer né dans l'œsophage est aux deux extrémités, tandis qu'un cancer par propagation se développe dans la plupart des points du conduit.
Voici deux exemples de cancer œsophagien, remarquables par l'absence de dilatation au-dessous des points rétrécis :
Homme, soixante-quatre ans. Tumeur de l'œsopîiage à quatre centimètres du cardia, proéminente à l'extérieur avant l'ouverture de l'organe, ne comprimant aucune partie voisine ; son bord inférieur est en forme de bourrelet, puis l'œsophage est sain.
Le calibre de l'œsophage au point rétréci est d'un centimètre. Incisée selon sa longueur, on voit que la tumeur est formée d'une substance blanche, caséiforme, fournissant un suc cancéreux. La tumeur paraît avoir commencé par le tissu sous-muqueux. Fibres musculaires très-hypertrophiées au niveau de la lésion et au-dessus d'elle. Pas de dilatation de l'œsophage au-dessus d'elle. Ganglions voisins dégénérés (Géry, Bulletin de la Société anatomique de Paris, 1853, p. 235).
Fenmie, cinquante-neuf ans, malade depuis dix mois, présentant un ganglion engorgé, dur, du volume d'une cerise, en avant du muscle sterno-niastoidien, et plusieurs autres ganglions formant un chapelet sur les parties latérales du cou.
L'œsophage est cancéreux dans huit centimètres de son étendue, laissant à peine passer une sonde de femme; parois constituées par un tissu d'un blanc
(ESOP.HAGE.
grisâtre, très-dur d'un centimètre d'épaisseur. Pas de dilatation au-dessus. Le rétrécissement commence au bord intérieur du larynx ; muqueuse œsophagienne ulcérée en plusieurs endroits. Point de comnmnieation de la trachée dans l'œsophage (Coulon, Bidletin de la Société anatomique de Paris, 1859, p. 107).
Le cancer œsophagien est rarement isolé ; s'il se montre après avoir commencé dans d'antres points, il est reconnaissable au rétrécissement qu'il produit. Soit qu'il débute par l'œsophage ou qu'il ne soit que secondaire, l'épithéliome atteint les ganglions voisins qui sont affectés dans la moitié des cas, et, par ordre de fréquence : les ganglions broncliiques, les ganglions œsophagiens et les ganglions cervicaux (Ijéhicr, Cliniq. médicale, p. 89).
Dans l'observation suivante, le point de départ d'une diathèse carcinomateuse ayant envahi le foie et les séreuses péritonéale et pleurale, a été sûrement l'œsophage devenu cancéreux à sa partie inférieure.
Femme, cinquante-six ans, morte avec les signes d'un rétrécissement de l'œsophage. Cavité buccale et langue saines. (Esophage présentant à son extrémité inférieure, dans l'étendue d'au moins quatre centimètres, des parois épaissies et transformées en un tissu lardacé, squirrheux. Muqueuse couverte de petits mamelons confluents, sans érosions. Extrémité inférieure œsophagienne offrant une large ulcération ayant l'étendue de la paume de la main, occupant le cardia et dont le foie forme la paroi antérieure. Cette ulcération profonde a les bords taillés à pic.
Le reste du tube digestif, depuis l'estomac jusqu'au rectum, présente une injection vive de la muqueuse intestinale au niveau de granulations sous-péritonéales cancéreuses. La muqueuse du duodénum, (pii a subi un épaississenient considérable, est en outre, le siège d'une dilatation des glandes de Brunner,^ lesquelles renferment une substance blanche et molle. Le foie, énorme, est recouvert de godets cancéreux.
Le microscope fait reconnaître des fibres de tissu cellulaire ou conjonctif, larges de 0,'"""001 à 0,"'"00:2 = 1 à 2 p, entre-croisées sous divers angles, des cellules à bords nets, rondes ou ovoïdes, de 10 p- à 12 p de diamètre, à nucléole réfractant fortement la lumière. Un grand nombre de granulations moléculaires d'une teinte ambrée, ayant l'aspect graisseux, occupent le champ du microscope (Charles Bernard et A. Laboulbène, Union médicale, p. 001, 1852).
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Al'l'AREll. DE LA DIGESTION.