‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 45 sur 317 · Gastroiiiaiacic · texte numérisé non relu

Gastroiiiaiacic

Le ramollissement gélatiniforme n'a qu'un intérêt historique. Cruveilliier l'avait décrit comme propre aux sujets succombant dans un grand état de faiblesse, dans des aftections graves, l'état puerpéral, etc., surtout chez les enfants mal nourris. La membrane muqueuse tuméfiée, demi-transparente, grisâtre, se réduisait en pulpe sous la pression des doigts. Il y avait, dans ces faits, une digestion des parois muqueuses gastriques, arrivant peut-être avant la mort et se continuant après dans de fortes proportions.

Les ramollissements blanc et noir admis par Rokitansky ne diffèrent du précédent que par la coloration différente des parties de l'estomac : dans l'un, la coloration rappelle celle du blanc d'œuf légèrement cuit; dans l'autre, la coloration provient de détritus formés avec l'hématineou le pig" ment du sang altéré et sorti de ses vaisseaux. Il n'y a donc, dans la gastro-

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inalacie de formes diverses, rien de plus qvi'ime altération par fluidification de tissu et le plus souvent cadavérique.

Hypertrophies et néoplasmes de l'estomac. 1. — Hypertrophie générale et partielle; atrophie: linltc.

\J hypertrophie générale des tuniques de l'estomac est comparable à celle de l'œsophage, portant tantôt sur la couche musculaire, tantôt sur le chorion muqueux, et alors rétrécissant la cavité en rétractant tout l'estomac. De la sorte est produite une hypertrophie concentrique. Dans les cas où toutes les tuniques sont hypertrophiées, on les distingue sur la coupe et à l'œil nu.

h' hypertrophie partielle est plus fréquente dans la région pylorique; du reste, il est rare que, dans ces cas, il n'y ait pas de lésion concomitante : souvent le développement de papillomes ou de kystes accompagne l'état mamelonné de la muqueuse, car cette hypertrophie de

FiG. 21. — Glande tubuleuse (le l'estomac com- FiG. 2^. — Glande tiibuleuse de l'estomac

mençant à se rétrécir devenue kystique**,

et à devenir kystique *.

certains éléments comprime les organes glandulaires ou favorise le développement de tumeurs.

* FiG. 21.— La glande lubuleuse située à gauclie est resserrée aux points cet 6; «, membrane limitante épaissie; d, dégénérescence graisseuse du contenu (W. Fox).

**FlG. 22. — Kyste formé par une glande tubulcuse et rempli d'épitbélium prismatique, a, tube gastrique adjacent dont le contenu est en dégénération graisseuse; b, h, membrane limitante épaissie (W. Fo.x).

APPAREIL DE LA DIGESTION

Ainsi, dans l'hypertrophie générale ou partielle de la muqueuse de l'estomac, suite ordinaire de la gastrite chronique, on trouve l'état mamelonné de cette muqueuse relevée en plis et, suivant l'expression de Trousseau, l'estomac à colonnes. La saillie des giandules est manifeste, des végétations polypiformes se produisent, mais, plus tard, quelques-unes des glandes tubuleuses se sont modifiées ; elles se sont resserrées par places (voy. fig. 21); d'autres sont devenues hystiques, par suite de l'oblitération du conduit vers la partie supérieure, c'est-à-dire au moment où elles vont atteindre le bord libre de la muqueuse stomacale (Voyez figure 22).

Vatrophie des tuniques stomacales est l'état opposé à celui qui vienl d'être indiqué. Parfois plusieurs éléments sont en voie d'atrophie à côté d'autres éléments exubérants ou hypertrophiés. Alors, pendant que le derme muqueux devient prédominant, plusieurs giandules sont en développement kystique, à côté d'autres qui se trouvent en régression ou en dégénérescence graisseuse.

Un fait remarquable et aujourd'hui bien observé est celui de l'état grais seux des tubes ou des glandes à pepsine, suivi de leur atrophie partielle ou générale. 11 ne faudrait donc pas admettre que l'état mamelonné fût toujours un indice d'hypertrophie ; celle-ci est souvent accompagnée de l'atrophie concomitante.

Les tubes gastriques peuvent avoir une partie de leur surface interne envahie par de la graisse sous forme de granulations et même eïc goutte-

ra T) h

Fig. 23. — Muqueusn et glandes tiilniloiises de Fie. 24. — Giandules de l'estomac en voie l'estomac en dégénérescence graisseuse d'atrophie

lettes (voy. tlg. 23), leur orifice communique largement avec une couche granulo-graisseuse, et finalement (fig. 24) une grande partie, tant des tubes

Fig. 23. — Glandes tubuleuses à contenu granulo-graisseux, siirtout dans leur l'ond et vers leur orifice devenu indistinct; a, tissu interstitiel et b, derme muqnenx (W. Fox).

FlG. 24.. — Glandes tubuleuses, avec la membrane limitante épaissie, c, et remplies de granulations graisseuses, a, petites masses de pigment; h, h, globules graisseux libres (W. Fox).

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i;astnques à pepsine que des glandules muqueuses, sont, détruits, d'abord en partie puis totalement. On comprend que, dans ces cas, les fonctions de l'estomac soient compromises, et que l'atrophie des glandules tubulaires de la muqueuse amène tous les accidents d'une dyspepsie opiniâtre.

Rokitansky admet une atrophie spontanée, marastique, avec disparition des glandes à pepsine. Il la considère comme très-rare.

Sclérose stomacale ; Unité. — A la suite de l'abus de l'alcool, il peut arriver que par iniiltration plastique et puis néo-formation conjonctive, un véritable état scléreux se produise. Cet état, regardé par Brinton comme propre aux buveurs, envahit une partie, surtout vers le pylore, ou la totalité de l'estomac ; il est caractérisé par le développement exagéré de la trame conjonctive interstitielle. En somme, c'est une inflammation chronique, moins nouvelle qu'on ne Ta dit, et ayant des rapports avec certaines formes de cirrhose hépatique et rénale.

Voici le résumé des lésions, d'après Brinton :

L'estomac présente une teinte grisâtre et une opacité particulières, tenant à la tunique péritonéale, de teinte plus foncée qu'à l'ordinaire. Le poids de l'estomac est accru ; les parois dures ne s'affaissent pas et résistent comme une grosse artère ou une poire en caoutchouc.

L'épaisseur est six à huit fois plus grande qu'à l'état normaL Malgré cet épaississement, les dilTérents tissus restent encore distincts les uns des autres. Mais les couches musculeuses, le tissu cellulo-fdM'eux, la membrane muqueuse, tout a pris un air de ressemblance anormale. Ces tissus doiventl'augmentation de leur épaisseur à la présence d'une même substance, dont l'infiltration uniforme est un des caractères de la lésion. La dissection montre, dans la masse bleuâtre formant les parois, un tissu dur, demi-élastique, fibreux, ressemblant aux cicatrices indurées ou aux bords des ulcères simples.

Au microscope, on trouve une niasse fdjreuse, à l'état rudimentaire, plus ou moins mélangée avec les tissus normaux de l'estomac, composée de fdameuts ondulés, plus ou moins distincts; les vaisseaux y sont rares; on n'y voit pas de fibres jaunes ou élastiques, mais çà et là quelques cellules et quelques noyaux,

Brinton a proposé le terme : linilis, linite, pour désigner cet état scléreux, qu'il distingue de la gasliite interstitielle, de l'hypertrophie simple et de l'infdtration fibroïde.

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