‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 46 sur 317 · lH}'Oiiies, Hbroiiies, adénomes, lymphoiues, cte · texte numérisé non relu

lH}'Oiiies, Hbroiiies, adénomes, lymphoiues, cte

A. Myomes. — L'hypertrophie musculaire ne constitue pas seule les myomes de l'estomac. Les tumeurs que l'on trouve dans l'intérieur du ventricule, et qui sont formées par du tissu musculaire, ont ordinaire-

APPAREIL DE LA DIGESTION

ment l'apparence de polypes. D'abord interstitielles, ces tumeurs, du volume d'un pois ou d'une amande, font saillie du côté de la muqueuse et se pédiculisent ensuite. Souvent elles sont multiples; j'en ai observé quatre sur un même sujet ; elles étaient de ] a grosseur d'un pois, leur consistance était ferme, un peu élastique.

En disséquant ces myomes, on les trouve reliés avec des faisceaux musculaires ; le microscope y fait constater des fibres musculaires stomacales avec un noyau qui est parfois difficile à voir. Les contours des fibres lisses ont quelquefois une série d'ondulations ou de nodosités.

B. Lipomes. — Les lipomes sont ordinairement pédiculés, arrondis ou oblongs, peu considérables, constitués, au microscope, par des fibres lamineuses et des cellules remplies de gouttelettes ou d'une grosse goutte huileuse. Ils sont souvent multiples. Le tissu adipeux, néoplasique, arrive dans la cavité stomacale tantôt en refoulant la membrane muqueuse, et tantôt il se porte du côté du péritoine, en écartant les fibres de la tunique musculeuse.

C. Fibromes ; papillomes. — Les fibromes de l'estomac ont souveni, comme les précédentes tumeurs, la forme de polypes; ils sont, au début, profondément situés et, plus tard, on les trouve revêtus de la muqueuse plus ou moins liyperlrophiée dans ses glandules. Rokitansky les croit plus fréquents dans la région du cardia et vers la petite courbure.

Le microscope fait constater, dans les fibromes, les fibrilles ordinaires du tissu fibreux ou lamineux, ayant de 1 à 2 de large, parfois des éléments embryo-plastiques sous forme de cellules ou de noyaux.

Les j)cipillomes d'aspect villeux viennent de la muqueuse ; ils peuvent être pédiculés, avec une consistance mollasse; ils sont très-développés parfois dans la région pylorique. Ce sont des productions fibrillaires, jeunes, fuso-cellulaires, revêtues de leur épithélium cylindrique. Gornil et Ranvier (1) ont représenté des papilles de nouvelle formation, parfois très-allongées sur la muqueuse stomacale.

D. Adénomes. — • Les adénomes de l'estomac ne sont pas rares ; ilsproviennent d'une hypertrophie ;;péciale et d'un bourgeonnement des glandules stomacales, d'où résulte une saillie polypeuse. Les petits adénomes de l'estomac sont mollasses et vasculaires.

A la coiipe, il n'y a pas de suc; au microscope, on trouve des amas de cellules cylindriques ; d'autres cellules sont hypertrophiées et devenues rondes, réfringentes. Sur des coupes durcies, on voit des tubes en long, ave(»-

(1) Gornil et Ranvier, Manuel d'Iiisiolorjie paUiolotjique, t. I, p. 288, fig. 152, ai p. 21)8, fig. 157, 1869.

ESTOMAC

des ciils-de-sac plus ou moins étagés et espacés. Le (issu conneclif intermédiaire est tantôt très-peu abondant, tantôt, au contraire, hypertrophié; souvent les ceUules sont en transformation colloïde ; sur la section en travers, les tubes sont bordés de cellules cylindriques. La rétention du liquide dans les glandules oblitérées les fait ressembler aux œufs de Naboth, c'est-à-dire aux follicules fermés et dilatés de la muqueuse du col utérin. Lancereaux a représenté un cas curieux d'adénome stomacal (I).

L'état villeux de la surface coïncide souvent avec la dilatation kystique ; de là des états complexes. Virchow, Cornil et Ranvier ont donné des figures d'adénomes kystiques avec développement du tissu connectif et des •glandules {loc. cit., lîg. 150 et 157). Les polypes muqueux ne sont trèssouvent que des adénomes avec kystes plus ou moins développés des glandes gastriques, revêtus par une muqueuse épaissie et très-vasculaire.

Les follicules gastriques hypertrophiés, dans la gastrite chronique, et devenus kystiques, nous ont déjà occupé (voy. fig. 2^). Ils peuvent alors, en augmentant de volume ainsi que les éléments conjonctifs environnants, constituer, ainsi qu'il vient d'être dit, les polypes muqueux. On voit d'abord un soulèvement de la muqueuse, surtout sur les replis de l'estomac mamelonné ou à colonnes, puis une tumeur du volume d'un pois, d'une amande et même plus. On trouve parfois un grand nombre de ces petites productions, fixées au nond^re de 5 à 6 ou 10, sur une base commune. La teinte est rougeàtre, la consistance molle. Les tubes à pepsine sont dilatés, d'autres forment des kystes remplis de mucus ou de cellules déformées. Le tissu conjonctif intermédiaire est souvent infiltré et largement cloisonné.

D. Lymphadénomes. — Les tumeurs lymphoïdes de l'estomac, dites lymphadénomes, ont un aspect particulier. Ce sont des saillies bosselées, ayant 2 à 5 centimètres de long et 2 à 3 d'épaisseur, grisâtres, oflVant souvent des taches rougeâtres, résultant d'ecchymoses ; elles ont la surface molle, avec des saillies contournées, rappelant les circonvolulions intestinales; elles sont fort souvent ulcérées. J'ai vu de ces tumeurs chez des sujets en apparence assez bien portants, et qu'on avait prises, à l'autopsie, pour des cancers encéphaloïdes, auxquels elles ressemblaient extrêmement.

Les lymphadénomes de l'estomac reposent sur une base épaissie, la muqueuse est indurée autour. Après durcissement, on voit nettement, sur la coupe perpendiculaire de la tumeur, des glandes tubuleuses devenues graisseuses, et, entre elles, un tissu conjonctif réticulé, caractéris-

(1) E Lancereaux, Traité d'analomie pallwlorjique, t. I, p. 409, lig. 1875.

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tique. Les glandes, comprimées par les cellules environnanf es, s'atrophient et on ne trouve plus aloi's que le tissu réticulé du lymphadénome avec des débris de glandes, ou même ce tissu tout seul.

Lancereaux a vu quinze à vingt tumeurs grisâtres ou rosées, hémisphériques, irrégulièrement arrondies, du volume d'une petite noisette, faisant saillie à la sui'lace de la muqueuse épaissie de l'estomac (1). Cruveilhier a signalé un fait qui se rapporte à cette altération : La surfiice interne du ventricule présentait un grand nombre de replis sinueux, affectant la disposition des circonvolutions cérébrales et dirigés de l'orifice cardiaque vers l'orifice pylorique, à une petite distance duquel ils s'arrêtaient. Indépenderament de ces replis, la muqueuse épaissie de l'estomac offrait une multitude de petites giimulalions plus ou moins saillantes à la surface.

E. Angiomes. — Il n'est point sûr que de véritables angiomes pareils à celui que je ferai connaître pour l'intestin aient été rencontrés dans l'estomac. Ilokitansky a signalé des polypes télangiectasiques ; Barth a présenté à la Société anatomique une tumeur de l'estomac polypiforme, implantée au-dessus du pylore, très-vasculaire, peut-être érectile (2).

F. Productions cartilagineuses et calcifiées. — Andral mentionne dans sonAwatow/ef'fli/w?0(//gH('le fait d'une masse véritablement cartilagineuse, développée au milieu du tissu cellulaire sous-muqueux de l'estomac (3). Il semblait, en coupant cette masse, qu'on incisait un cartilage costal. Une tumeur cartilagineuse a été trouvée par Dieffenbach chez une femme qu'on croyait atteinte d'une tumeur ovarique squirrheuse. L'estomac très-épaissi était cartilagineux, et la paroi antérieure avait un pouce d'épaisseur. Malgré l'affirmation d' Andral, s'agit-il, dans ces faits, de fibromes ou d'enchondromes avec tissu cartilagineux réel, de nouvelle formation, comme nous l'entendons aujourd'hui ?

J. Webster a publié un fait d'une obstruction du pylore par un corps cartilagineux, du volume d'un bouchon de bouteille et contenant un grand nombre de pointes osseuses. Ne faudrait-il pas dire : pointes ossiformes et calcifiées ?

Yirchow a fait connaître, dans ses Archiv (t. VIII, p. 103, et t. IX, ]). 618), des concrétions calcaires siégeant dans le tissu conjonctif interi^landulaire, et entre les faisceaux des muscles lisses. Ces concrétions avaient l'aspect de points et de traînées blanchâtres.

G. Méianose. — La mélanose ne compliquant pas les tumeurs, et, de

(1) E. Lanceueaux, Truilé d'anulomie pathologique, t. I, p. 319-320, 1875.

(2) Barih, BiiUetinde la Sodéle analogique, t. XXlV, p. 4-7, 184-9.

(3) Ajjdr.vl (G.), Précis d'analoinie pallioloyique, t. I, p. 270, 1829.

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plus, étant distincte de la pigmentation simple de la muqueuse de l'estomac, est très-rai e. Andral rapporte qu'en ouvrant l'estomac d'une femme de 50 ans, morte à la Giiarité, en 18:^0, il trouva un liquide noir comme de l'encre, qui, mis en contact avec du linge et du papier blanc, leur donnait une teinte semblable à celle qu'aurait produite sur eux l'apposisition de la cboroide. La surlace interne du ventricule était parsemée d'un grand nombre de taches d'un noir foncé, toutes exactement circulaires ou ovalaires et de la grandeur d'une pièce de un franc et de deux francs. La muqueuse étaitnoire dans toute son épaisseur (1).

Il n'y avait pas eu de vomissements pendant la vie; sans doute, que l'élimination du pigment, ajoute Andral, se faisait d'une manière insensible, ou qu'elle n'a commencé que peu de temps avant la mort.

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