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Entérites dan!!i les fièvres et le.s maladies aiguës

Le catarrhe intestinal aigu accompagne presque constamment les fièvres éruptives. Il est caractérisé anatomiquement , comme je l'ai déjà dit, par le gonflement avec hyperémie de la muqueuse et un infiltrât sérogranuleux, par la desquamation épithéliale, le gonflement variable des follicules et la production d'exulcérations.

Dans les maladies inflammatoires : pneumonie, pleurésie, rhumatisme, méningite, les lésions gastro-intestinales sont fréquentes, mais elles sont également secondaires ou sous la dépendance d'un état général.

3. — Entérite pseiido-menibraneiise ou pseudhyniénïc|ue, concrétions gélatiniformes intestinales.

V entérite pseudht/ménique ou pseudo-membraneuse existe en dehors de toute diphthérie septiqu-e ; elle est caractérisée par des matières membraniformes, blanchâtres, plus ou moins longues et résistantes, ofl"rant une trame fibroïde, lâche et renfermant des cellules intestinales altérées, ainsi qu'un grand nombre de granulations moléculaires, de graisse, etc. Il faut distinguer soigneusement ces productions des concrétions muqueuses et gélatiniformes (voy. p. 161).

Les pseudhymènes de l'intestin ont la forme de lanières, de rubans ou de tubes représentant parfois le calibre interne de l'intestin. Presque toujours les masses pseudo-membraneuses sont enroulées, et il faut les placer dans de l'eau pour apprécier leur véritable forme : on voit alors leur disposition en lames ou en tubes. Leur couleur est d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, et souvent elles sont entourées et comme engluées par un mucus épais. Elles peuvent offrir des stries ou des taches sangui-

nolentes à leur surface, mais ces stries ne proviennent en aucune manière (le vaisseaux développés dans leur intérieur. Quant aux deux faces des fausses membranes étendues du tube digestif, l'une est ordinairement villeuse et tomenteuse, tandis que l'autre est unie. Celle-ci répond à la partie libre et non adhérente du dépôt pseudo-membraneux. La résistance ou la ténacité de ces fausses membranes est très-variable : on les déchire avec assez de facilité, surtout quand elles ne sont pas très-pénétrées de matière muqueuse. Quelquefois les fausses membranes ixiLestinales ont la forme de petits grumeaux et de lamelles. Villermé a vu rendre une grande quantité de ces matières à la suite de la colique de Madrid ; un de ces fragments, moulé sur l'intestin, formait un tube de trois pouces de longueur. On a signalé aussi des fausses membranes, souvent assez épaisses, recouvrani une grande partie et parfois même la totalité de la surface interne de l'intestin dans certains cas d'entérite subaiguë, et plutôt encore dans l'entérite chronique. Andral avait vu deux fois la surface interne du rectum et une fois celle d'une partie du côlon tapiss('es par une couche demi-concrète, semblable à une crème épaisse, dans laquelle aucune forme d'organisation ne pouvait être découverte et qui ne pouvait s'enlever en tube. Ces dernières fausses membranes peu consistantes forment la transition des productions couenneuses intestinales aux concrétions gélatiniformes que je vais bientôt décrire.

Voici une observation peu connue d'entérite pseudo-membraneuse observée chez une femme. Elle peut prendre place après les faits que je viens de rappeler :

Une dame de quarante ans éprouvait, depuis chi(| ans, un sentiment de malaise, de l'anorexie, une soif continuelle, des diiiestions difiiciles, des vomissements muqueux de temps à autre ; ces symptômes avaient résisté aux purgatifs, aux toniques et aux sangsues. Tout <à coup se déclare une gastro-entérite caractérisée par des vomissements violents de matières jaunâtres, une vive douleur à l'épigastre et à l'iiypochondre gauche, une soif ardente, une grande fréquence et une extrême petitesse du pouls; la sécheresse et la clialeur acre de la peau, la tension et la rénitence de l'abdomen. Deux saignées et phisieiu's applications de sangsues, des boissons émollientes parvinrent à calmer ces accidents; mais la constipation ne céda qu'avec peine à des lavements répétés; enfin, le septième jour, après des coliques excessivement aiguës, la malade rendit, au nnlieu de matières liquides jaunâtres, des lambeaux membraneux, de forme irrégidière, de plusieurs centimètres de longueur, de trois millimètres d'épaisseur d'une couleur blanchâtre, comme gélatineux, très-friables, présentant (run côté une surface hérissée d'inégalités, et de l'autre, une surface jaunâtre et lisse; les évacuations se répétèrent le lendemain et les jours suivants; elles furent toujours suivies d'un soulagement marqué. Au bout de quinze jours, la guérison était complète. Le poids total des lambeaux pseudo-membraiuMix a été évalué à

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près de trois kilogranimes, et l'étendue de leur surface devait égaler celle du tid)e intestinal (1).

•l'ai examiné plusieurs fois de petites concrétions blanchâtres, variables pour ia grandeur de la dimension d'une lentille à celle de l'ongle, et rendues par des malades atteints de diverses affections inteslinales aiguës ou rhronic{ues. Dans un cas, chez un ouvrier peintre, qui avait eu des coliques saturnines et qu'on avait soumis à des purgations drastiques répétées, j'ai vu rendre une quantité notable de ces pellicules ; elles étaient contournées, à la manière des copeaux de bois mince qu'enlèvent les tourneurs. Je crois qu'il n'y a pas eu supercherie de la part du malade : il m'a remis, pendant une semaine au moins, de ces concrétions membraniformes. Leur composition élémentaire montrait une matière amorphe, et surtout de l'épithélium cylindrique et prismatique, des globules de pus (leucocytes) et une grande quantité de matières granuleuses.

Chez les enfants, on trouve, comme chez les adultes, des fausses membranes couenneuses simples du tube digestif, que Rilliet et Barthez ont décrites et qu'ils ont distinguées des productions plastiques de la diphthérie. Cette distinction n'a pas été faite pour le muguet. La plupart des auteurs ont donné le nom de fausses membranes de l'intestin et d'entérite pseudo-membraneuse aux productions du muguet développées dans le conduit gastro-intestinal

La fausse membrane intestinale se montre sous l'aspect d'une lame mince, molle, grenue et chagrinée, de couleur jaune fauve, plus ou moins foncée. Elle adhère assez peu à la muqueuse, et, lorsqu'on la racle avec le scalpel, elle ne fournit quelquefois qu'une bouillie jaune, mais distincte des matières fécales.

Aux points où elle commence, disposée par petites plaques inégales, irrégulières, rares, isolées et situées sur le sommet des valvules, la fausse membrane devient bientôt plus étendue et finit par former de larges plaques qui suivent la muqueuse dans tous ses replis et couvrent presque tout le calibre du tube intestinal. Son épaisseur va rarement au delà de i à 2 millimètres. La muc|ueuse est congestionnée sous la fausse membi'ane et au delà des bords dans une étendue variable.

La dimension de la concrétion psèudo-membraneuse est, en général, peu considérable, cependant elle recouvre parfois une grande surface. Les

(1) Christian, Obs. de (jaulro entérite conenneuse (Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, t. XXXVII, |i. 207, 1835).

(2) A. Laboulbène, Recherches cliniques et anatomiqaes sur les affections pseudo-membraneuses, p. toi et siiiv., 1861.

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APPAREIL DKLA DIGESTION.

inflammations pseudo-membraneuses de l'intestin grêle siègent presque exclusivement à sa partie inférieure ; elles se présentent sous forme grenue et presque jamais en lames résistantes. Le crecum n'offre que trèsrarement do fausses membranes, tandis que le côlon et le rectum en sont bien plus souvent recouverts.

Les concrétions gélatini formes intestinales ou, en d'autres termes, les mucosités intestinales colloïdes ont la forme de tubes allongés, de masses fdamenteuses, parfois fusiformes ou cylindriques, souvent très-volumineuses. Elles ressemblent à une gelée épaisse, leur consistance est mollasse, leur couleur jaunâtre, blanchâtre et un peu transparente, leur ténacité est forte. Quelc[uefois ces mucosités ont l'apparence de filaments anastomosés.

La masse assez homogène et alcaline de ces concrétions durcit dans l'alcool et prend une teinte opaque ; l'acide acétique lui donne un aspect strié fort net.

Ces concrétions gélatiniformes intestinales, vûes au microscope, renferment, au milieu d'une grande quantité de matière amorphe et transparente, des cellules d'épithélium cylindrique ou prismatique avec des noyaux d'épithélium libres, des granulations moléculaires, des leucocytes de diverses variétés, parfois des globules rouges de sang (hématies) et du pigment ou matière colorante biliaire, enfin des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.

Gendrin, Traité philos, de méd. pratiq., t. III, p. 23, 1842. — Barrier, Traité pratique des maladies de l'enfance, t. II, p. 36, 1845. — P. Broca, Bull, de la Société anatomique de Paris, 1854. — G. POTAIN, Bulletins de la Société anatomique de Paris, 2= série, t. II, p. 163, 1857. — A. Laroulbène, Recherches cliniq. etanatomiq. sur les alTections pseudo-membraneuses, p. 144, 1861. — Cruveilhier. Traité d'anat. path. générale, t. IV, p. 452, 1862. — Siredey, Note sur les concrétions muqueuses membraniformes de l'intestin (Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris, p. 66, 1869j. - Ch. Robin, Leçons sur les humeurs, etc., p. 557, 1874. — E. Poignard, Étude clinique sur les concrétions muqueuses membraniformes de l'intestin (Thèse de Paris, n» 99, 1875).

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