INTESTIM GRÊLE ET GROS INTESTIN, RECTUM
L'intestin, faisant suite au pylore et se terminant à l'anus, comprend, dans son ensemble, les séries de l'intestin grêle et du gros intestin, séparées par la valvule iléo-csecale. Malgré des différences anatomiques dans la muqueuse de ces diverses portions, l'anatomie pathologique du tube intestinal peut être présentée à la fois, en ayant soin d'indiquer des parlicularités spéciales à telle ou telle partie. Comme pour l'œsophage, beauroup de lésions influent sur le calibre du conduit, et les lésions dites de ranalisation sont très-fréquentes dans l'intestin.
Inflammations simples, aiguës ou chroniques des intestins. 1 . — Entérites aiguës simples, catnrrbales ou phlesiiioneuses.
Vinflanimation superficielle ou catarrhale ne laisse après elle, sur le cadavre, que de légers changements anatomiques. Les vaisseaux, qui étaient distendus par le sang, sont encore dilatés, arborisés, surtout au bord libre des valvules conniventes de l'intestin grêle et sur les surfaces élevées de la muqueuse du gros intestin. La même disposition a lieu autour des plaques agminées. La membrane muqueuse est un peu plus épaissie, infdtrée de liquide, les glandules sont plus gonflées, leur contenu plus abondant ; les follicules clos sont dans l'état dit psorentérique (Bailly), c'est-à-dire qu'ils font une saillie ou un relief plus ou moins marqué, et qu'ils représentent une sorte d'éruption.
La surface de l'intestin est recouverte par un enduit formé de mucus opaque, neutre et alcalin, dans lequel on reconnaît des cellules d'épithélium cylindrique ou prismatique, mais ordinairement les cellules se détruisent rapidement après la mort. Des globules muqueux et purulents s'y trouvent et sont observables dès que l'inflammation est un peu forte ; cette couche muco-purulente doit être observée avant le lavage.
Hoiiiine, vingt-huit ans, mort le quatrième jour, à la suite de bi'ûlures étendues sur une grande partie du corps. L'intestin après avoir été fendu le long de son
bord adhérenl, puis étalé avec soin, permet de voir la membrane muqueuse rouge, surtout autour des glandules et des plaques de Peyer, finement arborisée, tant par places, que dans une grande partie de l'étendue du duodénum, du jéjunum, de l'iléon et des côlons. La muqueuse est friable et s'enlève en lambeaux peu étendus, de un ou deux centinièlres. Les membranes sont tuméfiées, infiltrées, avec saillie prononcée des follicules clos. Sur plusieurs endroits il y a des ecchymoses, par extravasation sanguine.
En certains points vers le bas de l'intestin grêle la rougeur est uniforme sur le bord libre au sommet des villosités. Il n'y a pas de saillie nette des glandes de Peyer. Ces plaques sont reconnaissables mais non élevées. Le tissu conjonctif sous-muqueux est un peu épaissi. Nulle part il n'existe d'ulcération. Point de concrétions muqueuses ni de fausses membranes.
Le nuicus opalin et visqueux revêtant la muqueuse est neutre ou même alcalin vers la fin de l'intestin grêle. Il montre à l'examen microscopique des cellules épithéliales cylindriques et prismatiques et des leucocytes à deux ou trois noyaux gonflés ayant 0"",010 à 0'"°,012 - 10 [x k beaucoup de vibrioniens et de
bactéries.
Dans le gros intestin, on voit une saillie des glandules closes sur le fond de la muqueuse, mais sans ulcérations, ni érosions, et au microscope, sur des coupes, l'intestin montre une infiltration purulente de la muqueuse, l'épithélium est détruit à la surface, les follicules de Lieberkulin sont plus écartés qu'à l'état normal par une infiltration protéique interfolliculaire. L'intérieur des follicules est plus abondant. Les vaisseaux sont très-nombreux et dilatés.
Après durcissement, on constate nettement le développement vasculaire, l'ec-' chymose sur plusieurs points du tissu muqueux, l'infiltration interfolliculaire. Les vésicules closes sont parfaitement reconnaissables, distendues, mais sansi rupture des parois.
L'inflammation intestinale porte diflférents noms, suivant la portion oùl elle siège ; toutefois, il est assez rare qu'elle soit bornée à un point exclusif; la duodénite, la jéjunite, l'iléite coexistent ordinairement ; les typhlite, colite, rectite ou proctite, sont plus souvent isolées. Mais si, à l'estomac, j'ai pu ne pas tenir compte des divisions de pylorite et de cardiatite, je dois montrer les particularités que présentent les inflammations intestinales localisées.
La duodénite olîre les caractères de turgescence et de rougeur que j'ai signalés d'une manière générale ; la muqueuse est plus mofle, plus gonflée, tachetée ou d'un rouge uniforme, comme veloutée; les glandes de Brunner sont tuméfiées. On trouve parfois de légères érosions superficielles. Le gonflement de la muqueuse propagé à l'ampoule de Vater obstrue plus ou moins l'orifice du canal cholédoque, se propage aux conduits excréteurs biUaires, et de la sorte empêche l'écoulement de la bile, en provoquant un ictère dit catarrhal.
ESTOMAC
L'inflammation intestinale arrivant jusqu'cà la production de petites collections purulentes, ou d'abcès des parois, est rare. Becquerel a pul)lié un fait de pus infiltrant le duodénum ; il y avait là une entérite plileginoneuse :
Fille de dix-huit ans, succombant avec les symptômes d'une péritonite aiguë. A l'ouverture de l'abdomen, signes anatomiques d'une péritonite, de plus infiltration purulente des ganglions du mésentère et des parois du duodénum. Ces dernières étaient remarquablement épaissies, d'une teinte grisâtre et laissaient sninler un pus phlegmoneux, par la pression. Il y avait quelques ulcérations superficielles de la muqueuse.
Cette altération ne s'étendait ni au-dessus ni au-dessous du duodénum ; seulement l'intestin grêle présentait par places comme des plaques épaisses d'infiltration purulente semblables à celles du duodénum. Il n'y avait nulle part de tubercules (1).
Viléite ou Viléo-jéjunite est un type d'inflammation intestinale que le revêtement muqueux de l'intestin grêle et la tuméfaction des follicules lymphatiques solitaires rendent plus ou moins accusé. t]es dernières giandules, par la multiplication de leurs éléments cellulaires, augmentent da grosseur; leur volume égale et souvent dépasse celui d'une tète d'épingle. Dans les cas d'inflammation violente ou spécifique, ils éclatent et s'ulcèrent (voy. Fièvre typhoïde).
La typhlite {cœcite) est une des inflammations intestinales qui se propagent au dehors, et on a iûovsh pérityphlite suppiirée. Localisée au caecum et surtout à l'appendice vermiforme, tantôt spontanée, plus souvent provoquée par des corps étrangers (matières fécales durcies, pépins de fruits, etc.), l'inflammation, d'abord bornée à la muqueuse, peut s'étendre plus profondément. Des ulcérations se produisent, et s'étendent dans le tissu conjonctif sous-muqueux. La péritonite coexistante peut ou bien provoquer des adhérences extérieures, ou bien le pus se forme et s'étale en arrière dans le tissu lamineux revêtant l'aponévrose iliaque (fascia iliaca), rarement au-dessous de cette même aponévrose, d'où les deux variétés d'abcès pérityphliques de la fosse iliaque. Dans ces cas, une cavité irrégulière, à parois grisâtres ou noirâtres et pleine de liquide purulent, entoure plus ou moins le cœcum, ainsi que l'appendice vermiforme; le pus peut se faire jour dans divers points des intestins tantôt par un ou plusieurs orifices, tantôt par la fosse iliaque ou au-dessous de l'arcade crurale; d'autres fois dans le rectum, le vagin, la vessie, etc. Duncan a vu ouverture très-exceptionnelle dans la veine cave.
(1) Becquerel, Cas d'infilti ation purulente des parois de l'intestin grêle. (Bull, de la Société anatomiqut de Pai-is, t. XV, p. 395, 1840).
APPAREIL DE LA DIGESTION
La pérityphlite est donc Finflammation du tissu conjonctif ou lamineux, qui se trouve entre le cœcum plus ou moins revêtu par le péritoine et le fascia iliaca et plus rarement du tissu conjonctif sous-aponévrotique avoisinant ; cette inflammation primitive ou secondaire est fréquemment purulente et même gangréneuse, surtout quand elle résulte i d'une perforation de l'appendice vermiculaire ou iléo-cfecal, avec écou- j lement des matières putrides. jj
Vappendice vermiculaire ou vermiforme pourvu de nombreux folli- ! cules clos offre des lésions catarrhales ou purulentes, surtout quand il renferme des matières fécales durcies, des corps étrangers, pépins de | melons, etc. On le trouve gonflé; les parois sont épaissies, parfois ulcérées; la lumière est plus ou moins obstruée par l'accolement des parois. D'autres fois, il est transformé en kyste. i
Les perforations peuvent donner lieu à la sortie du contenu dans l'abcès périphérique qu'elles ont provoqué. Presque -toujours des adhérences se sont établies antérieurement entre l'appendice et des points voisins. L'abcès peut s'ouvrir dans l'intestin, et, plus tard, l'appendice vermiculaire, dont les bords sont grisâtres, ramollis et gangrenés, perd de son volume, se réduit, se rétrécit et se couvre de cicatrices 'qui le < font presque disparaître ; les adhérences anomales deviennent plus tard l'occasion d'un étranglement intestinal.
La colite, ou inflammation des côlons, est fréquente et s'accompagne du gonflement, de l'ulcération superficielle de la muqueuse et de l'agrandissement des follicules solitaires. Elle est très-grave chez les nouveaunés, et, chez les adultes, dans les pays chauds, elle passe facilement à , l'état chronique. '
Je donnerai, dans un article spécial, les altérations anatomiques du ] rectum, et, par conséquent, la proctite ou redite et la périproctite.
Dans la majeure partie des inflammations intestinales que je viens de passer en revue, les ganglions lymphatiques sont aflectés. Leur gonflement, leur rougeur hyperhémique, leur suppuration parfois, doivent être signalés.
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ESTOMAC
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