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Concrétions calcaires

On n'a point décrit de productions cartilagineuses ou ossiformes dans l'intestin, mais on y a trouvé des amas de concrétions calcaires dues à des grains de phosphate, de carbonate et d'urate de chaux.

Hyperhémies, hémorrhagies intestinales.

La muqueuse de l'intestin est rouge et hyperhémiée cliez les nouveaunés. Chez l'adulte elle est congestionnée avec un réseau très-appréciable dans les maladies du cœur et du foie, et toutes les fois qu'il existe des obstacles au libre cours du sang dans la veine porte. J'ai déjà signalé les

(l) G. Hâyeji, Note sur la dégénérescence amulo'ide du tuhe digestif (C. R. de la Société de biologie, i" série, t. II, p. 191, 1866. — E. Ne\v.mann, Zur Histologie der ainyloulen Dannerkrankmg (Arcliiv der lleilliunde, p. 35 18G8j.

APPAREIL DE LA DIGESTION

varicosités de la cirrhose et des tumeurs (voy. Angiomes, p. 198). L'hyperhémie est constante autour des points hernies, invaginés, etc.

L'hyperhémie poussée à l'extrême et arrivant à la rupture des capillaires donne lieu à des pétéchies de la muqueuse, mais ces dernières ne sont pas dans l'intestin soumises à l'action du suc gastrique et digérées comme dans l'estomac.

Toutefois, dans le duodénum, l'influence digestive du suc gastrique peut encore persister à un certain degré et entretenir les ulcères simples de cette région. A la suite des ecchymoses intestinales, il reste des taches ardoisées et constituées par des granulations hématosiques.

Les ecchymoses de la muqueuse intestinale sont fréquentes dans les cas ■d'hémorrhagies généralisées (scorbut, purpura); j'en ai constaté deux exemples. J'ai déjà noté le piqueté noir de certaines plaques de Peyer.

Le sang, à l'autopsie, peut être trouvé fluide ou bien en caillots dans l'intestin ; de plus, le sang rendu par les garde robes est quelquefois liquide et rouge. Il provient, dans ce dernier cas, de l'extrémité de l'intestin rectum et il s'est échappé de vaisseaux hémorrhoïdaires ou d'une tumeur ulcérée.

Les mucosités sanguinolentes de la dysenterie sont caractéristiques. Les globules rouges du sang y sont faciles à trouver.

Le sang mélangé aux matières fécales est toujours reconnaissable à ses globules rouges. Au contraire, dans les selles noirâtres, semblables à de la suie, à de la poussière de charbon, ou ressemblant à du goudron et poisseuses, en un mot, dans les déjections avec melœna, les globules rouges du sang sont détruits et la matière pigmentaire hématosique existe seule. Le san^ a subi l'action des fluides intestinaux et il a été fortement altéré. Au microscope, on trouve des granulations fines, larges de 1 p. à 2 et 3 p., dont la forme est arrondie, la couleur brun foncé ou noirâtre. Ces granulations se dissolvent par l'action des acides concentrés ; il ne faut point les confondre avec les grains de charbon, qui sont inégaux sur leur pourtour et véfractaires à l'action des plus puissants réactifs, ni avec le sulfure de bismuth, qui colore les selles en noir.

Dilatation et rétrécissement de l'intestin.

A. Les dilatations intestinales, jilus fréquemment encore que celles de l'œsophage (voy. p. 101) se produisent au-dessus des endroits rétrécis ; les

INTESTINS

deux lésions sont ordinairement corrélatives. La tunique musculeuse est épaissie dans l'intestin dilaté, ou bien toutes les parties sont amincies, ou présentent une épaisseur quasi-normale. La membrane muqueuse est parfois le siège d'exulcérations.

La dilatation intestinale sans rétrécissement résulte de la distension gazeuse, les fibres intestinales étant paralysées ; elle peut être observée dans un grand nombre de maladies et après un traumatisme, etc. Cruveilhier a reconnu la dilatation intestinale portée à l'extrême pendant la vie et l'a différenciée de la tympanite péritonéale par la percussion du foie : dans la tympanite intestinale, la matité du foie est reconnaissable ; elle ne l'est plus dans la tympanite péritonéale (1).

Il peut y avoir une dilatation latérale n'intéressant pas tout le calibre intestinal ; mais alors, le plus souvent, il y a production de faux diverticulums résultant de la hernie de la muqueuse à travers les tuniques musculaires, et Cruveilhier signale leur siège dans le gros intestin, l'S iliaque, à cause des fibres musculaires longitudinales réunies en trois bandes, d'où vme force de résistance considérable; à leur niveau et une faiblesse relative entre les trois séries parallèles de fibres. On trouve alors, principalement chez les vieillards qui ont été sujets à la constipation, de petites tumeurs pisiformes et noirâtres à cause des matières fécales contenues dans leur intérieur. On voit, en les fendant, des cavités, ou cellules, parfois recouvertes de graisse. Alibert présentait plusieurs centaines de ces petites dilatations herniaires, tuniquaires, ayant toutes un orifice distinct et étroit (2). Dans ces cas, la muqueuse est recouverte directement par le péritoine et les tumeurs mamelonnées, variant du volume d'une cerise à celui d'un œuf (3), peuvent renfermer des corps étrangers et des scybales durcies, etc.

La dilatation de l'appendice vermiforme a été déjà décrite ; elle ^ été souvent désignée sous le nom d'hydropisie de l'appendice vermiculaire.

B. Dans le rétrécissement intestinal il y a plusieurs causes prédominantes : \° les altérations de structure des. parois (tuméfactions diverses, cicatrices d'ulcérations dysentériques et autres, plissures, adhérences); 2° la pression extérieure de néoplasmes et de tumeurs, le collet d'un sac herniaire; 3° les corps étrangers, les invaginations, les tiraillements; 4° quand le cours des matières est interrompu, l'intestin revient sur luimême et se rétrécit beaucoup.

Le calibre de l'intestin peut être extrêmement réduit, au point de ne

(1) J. Cruveilhier, Traité d'analomie pailwlogique (jénérale, t. II, p. 235, 1852. (3) J. Cruveilhier, Traité d'amtomie pathologique générale, t. I, p. 59-4, 1849. (3) Cazin (Henry), Etude anatomique et pathologique sur les diverticules de l'intestin (thèse de Paris, n" 138, avec planche, 1862).

APPAREIL DE LA DIGESTION

pouvoir admettre le doigt, ou une sonde, ou un sLylet. Bouillaud rapporte un cas où le duodénum était presque entièrement oblitéré par un épaississement squirrheux. L'épithéliome ou le cancer du ca'cuin et du côlon (1), surtout à la période dite de crudité, produit la diminution du calibre amenant le rétrécissement, et ce dernier peut s'amoindrir ou même disparaître quand le néoplasme s'ulcère et se désagrège.

Les rétrécissements cicatriciels sont remarquables : nous avons déjà vu que tantôt les cicatrices sont transversales ou perpendiculaires au sens de la longueur, tantôt, au contraire, disposées suivant l'axe de l'intestin; parfois leur forme est ovale ou circulaire. Elles peuvent occasionner des adiiérences avec les parties voisines du tube digestif.

Le rétrécissement pariétal résulte souvent d'une bypertrophie partielle ou générale des tuniques celluleuse ou musculaire ; la muqueuse hypertrophiée donne naissance à des polypes.

Les rétrécissements par compression extérieure reconnaissent pour cause toutes les tumeurs abdominales situées au dehors : les tumeurs utérines, la grossesse, les kystes ovariques, les corps fibreux sous-péritonéaux (léiomyomes extérieurs), les tumeurs péritonéales, etc.

Les rétrécissements congénitaux rentrent dans la division des vices de | conformation; ils sont souvent incompatibles avec-la vie.

Déplacements divers de l'intestin, hernies, invaginations, etc.

Les déplacements de l'intestin sont nombreux et peuvent avoir lieu de plusieurs manières différentes. Tantôt une anse intestinale, ou seulement une portion de l'intestin s'engage par une ouverture naturelle, ou accidentelle, constituant ainsi une hernie; tantôt l'intestin se déplace en passant sous une bride accidentelle, ou vient se faire saisir par une fente, par unè éraillure des organes ou des tissus intra-abdominaux :ily a étranglement interne. D'autres fois l'intestin s'enroule sur son axe en produisant un volvulus, ou bien une portion du tube digestif s'engage par intussusception dans la partie située au-dessous, il se forme ainsi une invagination du bout supérieur dans le bout inférieur. Je vais successivement étudier les lésions de ces divers déplacements.

Hernies nbiloniinalcs.

A un point de vue général, la hernie est le déplacement d'un organe renfermé dans une cavité, s'effectuant à travers une ou plusieurs membra-

(I) Chanut, Du cancer du côlon, etc. (Thèse de Paris, n» 236, 1842).

INTESTINS

nés enveloppantes;. La cause peut varier : elle peut être traumatique, ou non traumatique ; l'ectopie peut avoir lieu tantôt par une ouverture naturelle agrandie, tantôt par une éraillurc voisine, ou par uneéventration, ou entîn la hernie est congénitale. Le fait anatoraique constituant la hernie est le déplacement à travers une paroi primitivement contentive. Le sac herniaire n'a point un caractère pathognomonique pour caractériser la hernie, car elle existe parfois sans lui.

Les hernies abdommales \)eu\ent être définies: des tumeurs formées par l'issue d'un viscère, ou d'une portion de viscère, hors de la cavité abdominale.

Les hernies proprement dites se font par un orifice naturel, ou par une éraillurc survenue à la suite d'un effort (par exemple, les hernies de la ligne blanche) ; dans les hernies traumatiques consécutives à une plaie abdominale récente, le prolapsus des viscères n'est qu'un épiphénomène de la blessure.

L — Dans un premier paragraphe, je vais exposer Tanatomie patholo gique des hernies abdominales sans spécialisation pour chacune d'elles. Dans un second paragraphe, j'étudierai en particulier les ectopies qui se font aux divers points de l'enceinte abdominale et qui sont: les hernies inguinales, crurales, onjbilicales, hernies de la ligne blanche, les hernies ventrales, hernies ovalaii'es, hernies ischiatiques, hernies périnéales, hernies vaginales, vagino-labiales et hernies diaphragmatiqucs.

a. Etiveloppes herniaires. — Au-dessous des diverses couches de téguments qui recouvrent la hernie, se trouve la dernière enveloppe ou sac ; c'est ce divcrticule du péritoine, fourni partie par le glissement, partie parla distension de cette séreuse, qui mérite seul une description (fig. 38).

FiG. 38. — Parties constituantes d'une hernie abdominale (*).

J'ai déjà dit que le sac peut manquer, lorsque l'organe déplacé n'est pas recouvert par le péritoine : tels sont la partie postérieure du csecum,

* Fig. ù8. — a, a, Parois de l'abdomen; /), p, péritoine; o, ouverture herniaire; s, sac formé par le iiéritoine; i, t, intestin engagé dans Touverture et recouvert par le sac péritonéal (figure scliématique).

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