‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 96 sur 317 · Ecliinocoqiie») du foie à ky»«tc.<!i alvéolaires · texte numérisé non relu

Ecliinocoqiie») du foie à ky»«tc.<!i alvéolaires

Ces kystes alvéolaires sont encore connus sous le nom de tumeurs à Échinocoques inuUiloculaires ; eWes consistent en cavités revêtues d'une enveloppe résistante, creusées dans le foie et divers autres organes, et* formant ainsi des alvéoles remplies d'une substance d'aspect gélatineux. ||| D'abord prise pour du cancer cette substance gélatiniforme est en réalité i formée de membranes liydatiques repliées sur elles-mêmes et renfermant des Pchinocoques. La tunique dure, surajoutée, s'ulcère et se détruit sur plusieurs points faisant aussi communiquer entre elles les alvéoles isolées.

Le foie offre une augmentation de volume variable ; la surface est bosselée, fort inégale dans les endroits où siègent les tumeurs alvéolaires, ordinairement dans le lobe droit. Il existe de la périhépatite ayant produit des adhérences de la face convexe avec le diaphragme. A la coupe, on trouve que les kystes constituent des collections variables entre le volume d'un grain de mil et celui d'une pomme et même d'une tête d'adulte. La . dureté est parfois considérable, cartilaginiforme, comme pierreuse ou crétacée, très-inégalement répartie. La dureté est marquée à la périphérie, le centre étant au contraire toujours plus mou, quelquefois diffluent ou vide. Les alvéoles sont extrêmement nombreuses, et leur volume varie ' depuis 30 pt jusqu'à celui d'une lentille, jusqu'à 6 millimètres de long sur 3 millimètres de large (Virchovv) ; Friedrich en signale de la grosseur d'un pois ; j'en ai vu de plus considérables, comme une amande. Il est bon de remarquer ici que les alvéoles de grande dimension offrent, sur des parois inégales, les marques d'ulcérations et qu'elles résultent de la réunion i d'alvéoles secondaires.

La forme arrondie ou elliptique des alvéoles rappelle aussi celle de fentes, d'étoile à branches inégales, suivant la communication des alvéoles les unes avec les autres. Souvent, une cavité centrale est l'aboutissant d'alvéoles isolées réunies à elle par un travail d'ulcération : cette cavité centrale peut avoir un grand volume, la grandeur d'une noix, d'une orange ou du poing, et représente une caverne anfractueuse, avec des diverticules de tous côtés. Les parois sont inégales, villeuses ou rugueuses, avec des cloisons ou des tractus, très-variables d'étendue et de dimensions, allant d'un côté à l'autre. La couleur de la paroi est jaune, parfois rougeàtre ou verdâtre, ou ardoisée. L'intérieur des grandes cavités renferme un liquide visqueux ou une bouillie jaunâtre, grisâtre ou verdâtre,

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avec du pus, des détritus de vésicules et des pigments hiliaires ou lii'matiques. Les alvéoles ont des masses gélatinilbrmes sur les parois, laissant souvent un espace vide : les masses molles sont des poches tantôt entières, tantôt déchirées, qui s'étaient dans Teau et montrent des granules à la surface (fig. 9i).

Le tissu du Ibie entourant les tumeurs alvéolaires es! condensé ; au delà, il est mollasse et congestionné. La capsule de Glisson est épaissie do plusieurs millimètres ainsi que les prolongements lohulaires et tous les endroits au contact de la tumeur ; les enveloppes fibreuses ou cartilaginiformes ont des prolongements dans le tissu sain du foie et ont été vues

Fig. 91. — Kystes liydatiques alvéolaires du foie *.

elles-mêmes avec des alvéoles. La capsule de Glisson peut aussi être hypertrophiée et fibro-cartilagineuse autour des vaisseaux, elle les resserre et en I rétrécit la lumière à un degré parfois excessiL On a trouvé la veine cave î comprimée et devenue imperméable, d'autres vaisseaux de moindre volume avec des coagula fibrineux; parfois les parois érodées laissaient pénétrer des masses du tissu morbide et montraient alors des cavités j alvéolaires à Échinocoques. Les veines porte, cave, sus-hépatiques, les

I * Fig. 91. — Kystes alvéolaires hydatiques. aa, grands alvéoles formés par la réunion d'autres I plus petits. L'intérieur est rempli de substance gélatiriiforme hydatique, repliée sur elle-même ; j b, cloison en partie détruite; c, alvéole à contenu granuleux; (/, tissu conjonctif, ou lamineux| I entourant les alvéoles. Grossissement, 80 diamètres. (J. Carrière.)

LABOULBÈNE. q„i

APPAREIL DE LA DIGESTION

artères hépatiques présentaient des cavités cloisonnées renfermant des Échinocoques à tous les degrés de développement. Les lymphatiques (Yirchow) et les canaux biliaires (Frerichs) ont otïert dans leur intérieur des vers vésiculaires.

Avec le microscope, on trouve autour des kystes, comme substance fondamentale, un tissu tîbreux ou lamineux à fibrilles et à cellules caractéristiques, parallèles, ou entre-croisées ; autour des alvéoles, les fibres et le tissu lamineux sont très-souvent devenus granuleux, avec dépôts de substance calcaire ou bien en dégénérescence graisseuse. Des pigments, biliaires et des cristaux sanguins, des grains de mélanose occupent les points ulcérés ; le foie montre des cellules altérées, l'emplies de granulations et parfois de graisse.

La substance gélatiniforme offre, de la manière la plus nette, l'aspect des membranes hydatiques ordinaires (voy. page 329 et figure 87) et des lamelles superposées caractéristiques. La face externe est lisse ; la face interne, fertile, est pourvue d'échinocoques encore adhérents ou libres (fig. 89) dans les alvéoles en activité. Les alvéoles flétries et les membranes déchirées présentent des granulations graisseuses, des grains de pigment biliaire, des lamelles de cholestérine et des cristaux du sang; quand il n'y a pas d'Échinocoques reconnaissables, on trouve des crochets qui montrent l'existence antérieure et irrécusable de ces helminthes.

Dans le poumon, dans le péritoine, on trouve souvent les mêmes kystes hydatiques alvéolaires; et, pour moi, il résulte de cette étude que les hydatides à Echinocoques peuvent être multiples, flétries, ratatinées, à enveloppe calcaire, communiquant entre elles et s'étant propagées par les lymphatiques, par les voies biliaires, avec une grande facilité. 11 y a donc parfois une grande multiplication hydatique et non une hydatide solitaire à simples prolongements.

BuHL, lUiistrirte Miinchener Zeitung, t. I, p. 102, 1852, et Zeitschrift fiir rationnelle Medicin, t. IV, p. 356, 1854.. — Zeller, Alveolar koUoiil der Leber, Diss. inaiig. Tubingen, 1854. — ViRCHOW, Verliandl. des piiysikalisch medicinischen Gesellschaft. V^'iirzburg, t. VI, p. 84, 1856. — Griesinger, Archiv fur Heilkunde, t. VI, p. 547, 1860. — Féréol, Bulletin de la Société ! médicale des hôpitaux, p. 236, 1867. — J. Carrière, De la tumeur hydatique alvéolaire (tumeur à Échinocoques multiloculaires), thèse de Paris, n» 101, 1868. — Ducellier, Étude clinique sur la tumeur à Échiriocoque multiloculaire du foie et des poumons, 1868. — Rappeler, Zur Ca- | suistik des multilocularen Echinococcusgeschwulst der Leber (Arciiiv der Heilkunde, 1869). — I Prongeanski, De la tumeur à Échinocoques du foie, multiloculaire et ulcéreuse, thèse inaug. j Zurich, 1873. — Haffter, Échinocoque multiloculaire du foie (Archiv der Heilkunde, p. 362, 1875).

*• — liînguatiilc ou Pentastome du foie.

Un parasite à l'état de larve, différent de l'Échinocoque, mais vivant comme lui dans un kyste, est la Linguatule ou Pentastome denticidér

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dont il a été déjà question pour l'intestin (voy. page 245). Le Pentastome a d'abord été trouvé au Caire par Pruner, puis en Allemagne et en Autriche, où il paraît assez fréquent; je ne crois pas qu'on l'ait signalé en France. L'espèce trouvée en Egypte est le P. constrictum.

Le Pentastome a été observé à la face supérieure du foie, tantôt au lobe gauche ou au lobe droit, parfois à la face inférieure de l'organe. Il est logé dans un kyste fibreux et facile à énucléer, long de 10 à 12 millimètres. On voit parfois deux ou trois de ces kystes. L'animal y est recourbé. Sa longueur est de 1 centimètre à 1 centimètre et demi.

Le P. denticulatum est légèrement brunâtre, à tégument épineux. Le corps est aplati, ovale, renflé en massue et en avant. La bouche est sous l'extrémité antérieure, de forme ovale, à bourrelet chitineux. De chaque côté on voit deux crochets jaunâtres recourbés. L'anus est situé en arrière.

On a constaté que la Linguatule n'est que le F"^- 9-- - L'iig^atuic du premier état du Pentastoma tœnioides, qui vit

dans les fosses nasales et les sinus frontaux du chien. Son arrivée dans le foie de l'homme n'a pas encore été déterminée (1).

Vices de conformation du foie.

En général rares, les malformations du foie ou ses déplacements congénitaux consistent principalement dans le manque du foie ou dans sa petitesse excessive, sa forme ronde, le nombre des lobes plus grand qu'à l'éta! normal, enfin les lobes parfois séparés du reste de la masse du foie et se trouvant isolés dans les replis du péritoine.

Le foie peut être placé au dehors de la cavité abdominale dans les cas de hernie ventrale et s'il y a absence du diaphragme, enfin il siège à gauche dans l'inversion viscérale.

Meckel, Handbuch fies pathologisclien Anatomic, t. I, p. 002-606, 1811. — Rokitansky, Lehrbuch der pathologisclien Anatomie, t. III, p. 243. Dritte Aullage, 1861. — Kieselbach,

* FiG. 92. — Linguatule du foio, premier état du Pentastoma tœnioides. A, animal vu par la face inférieure; à côté de lui, à droite, ligne indiquant la grandeur naturelle; B, un de ses crochets buccaux isolé. (Moquin-Tandon.)

I (1) Fr.-Th. Frerichs, Traité des maladies du foie, etc., 3= édition, p. 631, 1877. — C. Davaine, iTraiié des entowaires, etc., 2'= édition, 1877, p. 2i0 et Synopsis, n°" 102, 103.

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Dissert, inaugiir. Hanau, 1830. — Tli.-Kr. Frerichs, Traité pratique des maladies du foie, 3*^ édition, p. 42 et suiv. 1877.

VOIES BlLl.^IRES.

Les canaliculcs, les conduits et les canaux biliaires représentent en s'unissant entre eux des tuyaux de plus en plus volumineux, arrivant dans le sillon transverse du foie et formant un seul canal cholédoque s'ouvrant dans le duodénum. De la paitie latérale de ce canal excréteur unique vient le canal cystique, dirigé à droite, terminé par un renllement en ampoule ou vésicule biliaire, servant de réservoir à la bile dans l'intervalle des digestions. L'ensemble de ces organes constitue les voies biliaires dont les lésions doivent être exposées actuellement.

Inflammations des voies biliaires, a. — Inilamination catarriinle aigu<>.

L'inflammation aiguë des conduits et des canaux biliaires porte le nom (Yangiocholite et celle de la vésicule le nom de cholécystite.

Dans les cas exceptionnels on il a été possible de la constater, cette inflammation catarrhale des voies biliaires, occupant surtout le canal cholédoque et la vésicule, ressemble aux catarrhes aigus des autres muqueuses. Ordinairement, la muqueuse biliaire conserve un peu d'injection vascidaire, mais celle-ci peut même avoir disparu; la membrane est gonflée, molle, recouverte d'un mucus épais. On a admis en Allemagne des bouchons de mucosités épaisses dans le canal cholédoque près du duodénum, par où l'inflammation catarrhale s'était propagée. Le boursouflement du tissu muqueux est incontestable, mais les produits inflammatoires peuvent-ils remplir les voies d'excrétion et faire obstacle à l'écoulement de la bile? Je le pense, mais je n'ai pas constaté l'obstruction admise par Yulpian.

L'inflammation catarrhale de la vésicule peut exister isolément. La bile stagnant dans son réservoir devient très-épaisse , poisseuse ; le gonflement du col de la vésicule et en même temps du canal cystique s'opposent à l'excrétion ou à la sortie du contenu. Ce dernier arrive alors à laisser précipiter du mucus contenant beaucoup de sels de chaux et produit certaines concrétions biliaires dont le noyau se constitue de cette manière. '

L'inflammation cholécystique catarrhale résulte très-souvent de calculs

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préexistant dans la vésicule, et l'inflammation passe parfois à la suppuration et cà l'ulcération ; il s'ensuit encore des troubles de nutrition des parois de la vésicule, l'état fibreux ou graisseux, la calcification, etc.

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— Frerichs, Traité pratique des maladies du foie, 3° édition, p. 766, 1877.

3. — Innainmation psciido-ineinbrancusc ou iiscudhyiiiénique.

Dans les aiîections typhoïdes (i), on a trouvé la muqueuse biliaire épaissie, injectée, parfois pâle. La vésicule et les grands canaux biliaires étaient revêtus d'une couche pseudo-membraneuse, la vésicule avec un contenu trouble, de couleur cendrée, d'une réaction alcaline, d'autres fois brun foncé et semblable à du goudron. Dans des cas de choléra, de pyémie, de fièvre typhoïde, Rokitansky a signalé des exsudais sur les parois de la vésicule, y formant une enveloppe, et disposés en tubes dans les gros conduits.

Les inflammations avec pseudo-membranes dans les muqueuses biliaires peuvent survenir autour des corps étrangers, des tumeurs du foie, des calculs biliaires, et s'accompagner de suppuration ou même de perforations (Frerichs).

3. — Inffluniiiiation suppurativc ou purulente des voies biliaires.

L'inflammation suppurative des voies biliaires est caractérisée par la présence du pus dans les canaux et la vésicule; elle est liée, en dehors de la pyémie, à la présence des corps étrangers (calculs, etc.). Une des complications de la suppuration des voies biliaires est la propagation aux parois veineuses et la pyléphlébite. L'inflammation amène parfois des communications anormales, alors le sang pénètre dans les voies biliaires et, suivant Budd, l'ulcération simple de la vésicule peut être suivie d'hématémèse, comme les ulcères de l'estomac et du duodénum.

Quand les voies biliaires sont enflammées dans une grande étendue,

(1) p. HAGENMiiLLER, De la cltolécijsiile dans la fièvre lijplioide, Ihùse de Paris, n° 269, 1876.

la muqueuse offre à la surface du pus mélangé de détrilus, de dépôts biliaires ou de sang. S'il existe une oblitération par corps étranger, on peut voir jusqu'aux canalicules dilatés et en quelque sorte injectés de pus. On trouve aussi le pus dans les parois de la muqueuse, et il peut y former des collections très-petites ayant un aspect de pustules ou d'abcès en miniature. Les abcès des parois internes de la vésicule ont été trouvés plusieurs fois, et la cholécystite purulente est de la sorte : tantôt pariétale, tantôt interne lorsque, le col étant oblitéré, elle est le siège d'une véritable collection purulente à l'intérieur.

L'inflammation suppurative des voies biliaires, qui peut exister sur ou dans la muqueuse, a été vue autour des canalicules, des canaux et de la vésicule. Le pus occupe la périphérie, soit dans le tissu conjonctif sousjacent, soit après adhésion des parties contiguës entre le péritoine et la vésicule, etc. Il y a donc une angiocholite et une cholécystite internes et externes.

La péricholécystite est tantôt purulente, tantôt formée de pseudhymènes et d'adhérences lâches renfermant un sérum puriforme. La vésicule est ainsi unie au côlon transverse dans sa première partie, ou avec le duodénum assez près du pylore, ou avec la paroi abdominale antérieure. Cette péricholécystite explique les communications fistuleuses après ulcération, et la sortie possible des calculs biliaires par ces trajets anormaux.

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