‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 118 sur 162 · K018 DC JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

K018 DC JÉRUSALEM

Baudouin IV, malade, abdique en faveur de Guy de LusIgn^n, époux de Sibylle, sœur de Baudouin. Forcé d*abandonner le trône, Lusignan va régner à Chypre, que lui cède Richard qui en fait la couquête.

il*' SiÈCLB. 543

Guy de Lusignan.

Amaury. •— Ce «uccesseur de Lusignan épouse Isabelle, veuve de Henri, comle de Ghampag^ne, qui avail le litre de roi de Jérusalem.

GVEamsiis.

Saladin, suUan d'Egypte. (Impôt de la dime saladine.)

Maleck-Adhet, son frère.

Renaud de Châtillon.

Léopold, duc d*Au triche.

Conrad, fils du marquis de Monlferrat.

Josselin de Montmorency.

Guillaume, archevêque de Tyr.

Le dac de Souabe.

Quatrième Croisade.

IN8TIOATSUAS.

Grégoire yil.

Guillaume, archevêque de Tyr.

Innocent lll. — Foulques de Neuilly. -^ C'est Innocent III qui fonda l'Inquisition et les ordres mendiants des Franciscains et des Dominicains.

Innocent III blâma hautement les croisés d'avoir détrôné un empereur chrétien , au lieu d'aller combattre les infidèles. Il lança une excommunication et se rétracta. Il prévit que les Latins ne conserveraient pas longtemps l'empire de Constantinople.

P&IlfCSS.

Philippe- Auguste, roi de France.

Alexis Gomnène, fils d'isaac l'Ange.

ousaniEas.

Dandolo, doge de Venise.

Eudes, duc de Bourgogne.

Thibaut et Louis, comtes de Blois.

Thibaut, comte de Champagne, commande l'armée; il meurt et on nomme à sa place :

Boniface, comte de Montferrat, à qui succède .*

Baudouin, comte de Flandre.

Baudouin est élu empereur à Constantinople , en 1204, après la prise de cette ville par les croisés, sur l'empereur Alexis Ducas, dit Murzulphe, assassin d'Alexis. Ils fondent ainsi l'empire des Latins, qui finit après cinquante-huit ans de durée.

Baudouin II, de la maison de Courtenay, est détrôné par Michel Paléologue. Ce prince était uo des successeurs de Lascaris, descendant lies empereurs grecs, et qui avait fondé un empire particulier à Nicée. Michel retourna à Constantinople.

Le dernier de cette famille, Constantin XI Paléologue , mourut les armes à la main, en combattant Mahomet il qui prit Constantinople CQ 1453.

Cinqaième Croisade.

IffSTSOATBVKS.

Innocent lll, Honorius III.

Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem.

P&INCEB.

André II, roi de Hongrie.

Jean de Brienne.

Hugues de Lusignan, roi de Chypre, qui mourut quelque temps après la retraite du roi de Hongrie, de sorte que Jean de Brienne resta seul chef de la croisade.

Sixième Croisade.

IttSTiaATBVaS*

Grégoire IX.

Eudes de Châteauneuf, <îardina1.

PRIHCE*

Saint Louis, roi de France.

Gvsa&isus.

Robert, comte d*Artois, frère de saint Louis. U fut tué à la bataille de la Massoure.

Alphonse de Provence, frère de saint Louis. Mile et Sala, fils de Saladin.

Saint Louis est fait prisonnier, et rend Damiette pour sa rançon.

Septième Croisade.

IHSTIOATEVR.

Urbain IV.

PaiNCBS.

Saint Louis.

Ptiilippe le Hardi , fils de saint Louis. .

OVERKIfillS.

Alphonse de Provence , frère de saint Louis. Il meurt à Sienne , en revenant en France.

Tristan, fils de saint Louis. Il meurt de la peste , à Tuni3 , avec le roi, son père.

Lecture. — Détails sur les croisades, dans notre Histoire de France (l) et dans Michaud.

Résultats des Croisades. — Outre que les croisades sauvèrent pour un temps l'Europe de l'invasion des Turcs qui la menaçaient, elles eurent plusieurs autres résultats indirects et éloignés qu*îl est bon de faire connaître.

Résultats politiques. — Les princes trouvèrent dans les croisades les moyens d'agrandir leurs domaines et de fortifier

(1) 1 voL in- 18. Bruxelles, Uauman et C^

ll®SIt.CLE* CiS

lear autorité. Ces expéditions diminuèrent la puissance des grands vassaux , par conséquent délivrèrent le monarque de rÎTaux redoutables, le peuple d'oppresseurs tyranniques, et un Boovel ordre de choses dut nécessairement découler de cet affaiblissement du pouvoir des barons, de cette altération du système féodal. En effet, les domaines de cette foule de seigneurs qui partirent pour la Terre-Sainte et qui ne reparurent jamais, furent vendus ou confondus avec les fiefs attenants; ceux qui revinrent, ou bien avaient vendu leurs biens avant de partir, ou furent obligés de les vendre à leur retour, ou même les trouvèrent entre des mains qui s'en étaient emparées : et ainsi fut accéléré , sinou produit , le mouvement qui tendait à ramener tout à Puni lé monarchique et à former un ordre moyen qu'enfantèrent bientôt les affranchissements et rétablissement des communes. Mais si la noblesse perdit en puissance et en richesses, elle gagna en illustration, et la chevalerie, développée dans les guerres, répandit son éclat sur toute PËurope. C'est alors que furent inventées les armoiries et que prirent naissance les noms de famille.

Résultats commerciaux et industriels. — De nouvelles relations commerciales donnèrent de nouvelles jouissances aux habitants de l'Ënrope. La navigation fit de grands progrès, et en mettant plus souvent en contact des peuples différents et éloignés, en ouvrant aux spéculations une plus vaste carrière, en facilitant les échanges, donna une haute activité au commerce et lui fit prendre de grands développements. De nouvelles industries furent importées en Europe , et des villes maritimes, s'emparant du commerce de TOrient, devinrent à la fois riches et puissantes. Telles furent la ville de Marseille et les républiques de Venise, de Gênes et de Pise. L'agriculture y gagna la culture du mûrier, du blé de Turquie et de la canne à sucre.

Résultats littéraires et scientifiques. — On apprit à connaître des peuples, des religions, des institutions ignorées jusqu'alors; la vue s'étendit avec l'univers : la civilisation arabe, alors à son apogée, la civilisation grecque, qui, quoiqu'on décadence, était encore supérieure à la nôtre, ne purent qu'exercer une heureuse influence, c C'est un lieu « commun , dit M. Guizot, que de dire que Tcsprii des voya-

S4d 11^ SIÈCLE.

« geurss'afTrancliît, qae rhabltade d*observer des peuples dl- « vers, des mœurs, des opinions différentes, étend les idées, t dégage le jugement des anciens préjugés ; le même fait s'est « accompli chez les peuples voyageurs qu'on a appelés les « croisés, et le résultat a été un grand pas vers TaiTranchisse- « ment de Tesprit , un grand progrès vers des idées plus éten* c dues, plus libres. > L'Egypte et Gonstantînople devinrent les sources de nos connaissances : TEgypte pour les sc'iences naturelles et exactes, et pour la médecine surtout qui emprunta aux Arabes le traitement de certaines maladies et des spécifiques mystérieux ; Constantinople pour ce qui dépend des arts. Des croisés introduisirent en Europe des manuscrits précieux, arabes, grecs, syriaques; une tendance assez forte vers Tétude, rinslruction et les découvertes utiles, commença à se manifester; le talent fut honoré , et Ton ne se vanta plus de son ignorance, comme d'une condition de noblesse. La poésie prit un caractère nouveau d'où résultèrent les romans chevaleresques , les chants des troubadours, et les grands la cultivèrent eux-mêmes. En on mot, les relations continuelles de peuples qui avaient toujours été séparés , et l'échange mutuel des connaissances favorisèrent le développement des lumières et avancèrent la civilisation générale.

Résultats religieux. — Si Ton s'en tient au premier coup d'œil, il semble que les croisades accrurent la puissance temporelle des papes en même temps que leur puissance spirituelle. En effet, en même temps qu'ils font reconnaître leur suprématie aux patriarches de Jérusalem et d'Ântioche , ils éloignent les empereurs , détruisent leurs prétentions, empêchent leurs entreprises contre le saint-siége, et, placés à la tête de la chrétienté, acquièrent de nouvelles principautés et paraissent les maîtres des rois qui , à leur voix , quittent leurs Etats et traversent les mers. Mais, au fond, l'époque des croisades fut le* commencement de la décadence du pouvoir temporel de l'Eglise. Rome, devenue un lieu de passage pour une grande partie des croisés, fut visitée par presque toute l'Europe. On assista au spectacle de ses mœnrs et de sa politique , on reconnut souvent l'intérêt personnel dans les débats religieux, et ces considérations, jointes au développement intellectuel des peuples , à l'extension , à l'accroissement

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deslamières, inspirèrent à des hommes audacieux des sentîmenis de fierté ei une hardiesse jusqu^alars inconnus. Aussi voît-on , depuis les croisades, diminuer sensiblement l*effet de ces excommunications terribles qui faisaient trembler les rois et courber la tête aux peuples, et tes papes eux-mêmes, reconnaissant TElat des esprits y furent moins prodigues de leurs analhèmes.

Lecture. — Histoire des croisades, par MIchaud. — Histoire de la civilisation européenne , par Guizot.

Angleterre*

JLB8 HORMANDB SN ANGLBTBRRIS, NoUâ aVOUS VU leS DanoiS

repoussés ou soumis par AlFred le Grand. Après sa mort les querelles des rois et du fameux Dunslan, qui de simple moine devint arctievéquc de Canlorbéry, nia l'infaillibililé du pape, détrôna un de ses souverains, gouverna Pautre par la crainte et lui suscita des rivaux iorsqu*!! sembla vouloir secov.er le joug ; ces querelles avaient afiFaibli le royaume, et les Danois proiStèrent de cet affaiblissement pour faire de nouvelles tentatives. Ils avaient été plusieurs fois repoussés, quand Siiénon, dit Tingesheck ou à la barbe fourchue , roi de Danemark» sp présenta et s'empara du comté dTork. Etheired acheta plusieurs fois la paix, et subit Timpôt dudanegsld ou argent danois ; mais, ayant fait massacrer par trahison tous les Danois qui se trouvaient dans ses Etats, Suénon reparait pour venger ses compatriotes, s'empare du trône malgré les efforts d*Edmond , fils d'Ethelred , qui le bat plusieurs fois et avec lequel il est forcé de partager TAngleterre. Puis, Edmond ayant été assassiné, il se fait proclamer seul roi, en 1014, et Etheired est obligé de se réfugier en Normandie, auprès de son beaupère, Richard II. Suénon étant mort. Canut le Grand, son fils, lui succède (1017). Un moment il perd le trône qu'Edouard, fils de Tancien monarque saxon, est parvenu à ressaisir, le partage avec lui, et après l'assassinat de ce prince, se fait reconnaître souverain de toute la Grande-Bretagne. Il rétablit les lois d'Alfred, si chères aux Anglais, et règne avec gloire. Deux de ses fils ayant successivement fait détester la domination danoise à l'Angleterre, Edouard le Confesseur, prince saxon , est rappelé et remonte sur le trône de ses pères. Il règne vingt ans en paix avec plus de bonheur que de gloire. A sa mort, deux rivaux se disputent son trône: Guillaume le Bâtard, due de Normandie, qui appuie ses prétentions sur un testament, et Harold^ né de la fille de Canut le Grand et du seigneur Godwin qui exerçait , sous le dernier roi saxon, la même influence que Hugues le Grand sous les derniers Carlovingiens. Guillaume passe en Angleterre pour ,faire yaloir ses droits , et la bataille de Haslings met en présence les deux concurrents. Harold y perd la vie, et peu après Guillaume est solennellement proclamé roi. Ce prince fit des réformes nombreuses; il confisqua les biens de la noblesse anglaise, en forma des fiefs et des baronnies qu^il donna aux seigneurs normands, et le français devint

«*• !!• 0IÊCLB.

la langue de la e<Nir el du gourernemene; il établK la loi du courre- (IOStT'' ^ "^"™* ^*"' ""^ fi^"***''® ^^^^^^ Philippc.l«, roideFwDtt

■MPIR8 9*oRiBifT. — L*etnpire grec, inondé par les croisés ayenglément soumis au pontife ennemi de ce trône, se sauve par rhtbilelé d'Aleiis Comnène. Il jouit de quelque tranquillité sous cet cmperear «I bien vengé de la haine des Latins par Tliibtoire que nous a laissécn . . ' P'^'.îî^/f *,""* illustre par son esprit que son père l'était pâr« lalents (1118). Jean Comnène, dit Caio Jean, lui succède ; ce prln« barbare qui, par superstition, refusa la sépulture à son père, melei fuite les Turcs et le» Hongrois , se couvre de gloire en Asie el meurt atteint d une flèche empoisonnée lorsqu'il se préparait à de nouydte victoires (U43). *^ "^

Allemagne.

MAisoir ra FRAXcoiriB sALiQUE. — Cette maison succéda I celle de Saxe; elle était contemporaine des premiers Capétiens. C» rad II en fut le premier empereur. L'empire s'agrandit duroyau» d'Arles et des deux Bourgognes, que Rodolphe IIl, fatigué des reiotta continuelles de ses grands vassaux, lui avait léguées, et «'éKafi jusqu'au Rhône et au Jura. Mais deux événements hâtèrent la désuni* de la monarchie: 1« la querelle des investitures que nous avoni« sous Hem i IV 5 2« l'indépendance que cette querelle valutaux seigoBB et aux princes allemands. Nous remarquons encore que sous Henri iil, fils et successeur de Conrad II (I039), s'éleva la guerre de LorniK. à I occasion de Frédéric II , duc de cette province. L^empereur, ip* avoir vaincu les prétendants , donna la Haute-Lorraine à Gérarf, comte d'Alsace, duquel on fait descendre la maison impériale de Unrame. Henri lll, doué des plus nobles qualités , parvint à réalisera partie les desseins de son père ; il sut se faire respecter par les grai* vassaux, et disposa en maître de la couronne des pontifes, malgréfc crédit croissant du moine Hildehrand, devenu le conseiller du pipe ^^^^J^' — }^^^^Sneùe Henri IV (Î056-1106) , qui se termine d'Ut manière déplorable pour ce prince, est un des plus féconds en hi» mènes importants pour Tordre social ; les fautes d'une première «ih cation exercèrent une fâcheuse influence sur la vie de Henri IV, (W le caractère était un mélange de grandeur et de faiblesse, de coiirap el de timidité, de légèreté et d'audace, de violence et d'hésitaiion.Sï première faute fut de se brouiller avec les vassaux et les Etals dtSi» qui, malgré les succès que Henri remporta sur eux, l'engagèrent aiee la cour de Rome dans des discussions que la guerre des invesUUin» vint envenimer (1074)-.

Espag;iie.

DÉMEMBASMENT DU CALIFAT OS GORDOUE. — DepaîSÎOPÇ-

temps de sanglantes dissensions divisaient le royaume musulnuo*

la Péninsule; à chaque instant V's émirs et les gouverneurs serévol-

aient contre le souverain, le déposaient, le massacraient, en metlaiest

1 autre à sa place, s'y mellitiofit eux-mêmes ou se déclaraient iiHlé-

«t^» SiÈCLG. t49

peodanit. Enfin, après des crises nombreuses, le califat de Gordoue fut démembré et Hescham III en fut le dernier calife. De lOlO à 1031, H se forma successivement neuf royaumes indépendants, qui furent ceaz de Murcie, Badajoz , Grenade, Saragosse, Majorque, Valence, Séyille , Tolède et Gordoue. Ces petits Etals furent souvent en guerre les uns contre les autres ; les nouveaux conquérants qui dévastèrent PEspagne en réunirent plusieurs ; mais ce morcellement de la puissance arabe favorisa les progrès des chrétiens, entraîna et accéléra la ruine des enfants de Mahomet Le royaume de Grenade est celui qui se soutint le plus longtemps, et il ne périt qu*au quinzième siècle, sous les coups de Ferdinand le Catholique.

VA&TAOB DliS t!TATB DB SAWCBB LB GRABD. — La NaVdTre

s*était rendue indépendante sous Louis !«'; et depuis, constituée en royaume, elle s*agrandit des comtés d'Aragon et de Gastilie, et atteignît son plus haut degré de puissance sous le règne de Sanche le Grand. Ce roi partage, en mourant, ses Etats entre ses trois fiis. La Navarre est donnée à son fils aîné, Garcie Iv, TAragon à Ramire, la Castille à Ferdinand , les comtés de Sorave et de Ribragroce à don Gonzalès. Ramire réunit bientôt à ses Etats ceux de don Gonzalès qui mourut, et la guerre ayant éclaté entre Bermude III, roi de Léon, et Ferdinand, Bermude fut tué dans un combat, et Ferdinand, qui avait épousé sa fille, fut proclamé roi de Léon, de Galice et des Asluries.

Sanche le Grand , aussi politique que guerrier , était issu dMnigo , prince de Bigorre, du sang de Clovis ; et nous ne croyons pas inutile de faire remarquer qu*au moment où la race de Gharlemagne perdait le trône de France , la postérité des Mérovingiens restaurait celui de TEspagne. Sanche tomba dans la même faute que Glovis et Gharlemagne, en démembrant ses Etals entre ses enfants. Le» trois branches qui naquirent de ce partage s*illustrèrent par de hauts faits d'armes , et sous le règne d'Alphonse YI, roi de Gastille et de Léon, et petit-fils de Sanche le Grand, parut le fameux Rodrigue Diaz de Bivar, si connu sons le nom de Cid (chef) , effroi des Mores. Ce héros alla planter rétendard chrétien sur les murs de Tolède ; mais tous ces exploits n'empêchèrent pas l'Espagne de se débattre pendant huit cents ans , soit dans ses guerres contre les Mores , soit dans ses discordes civiles.

LES ALMonAViDEs sBVABtssiSBT l'espaonb. — Lcs Almoravides étaient une secte établie en Afrique, qui avait pour calife Vouseb' ben-Taschfyn f fondateur du royaume et de la ville de Maroc. Ils furent appelés en Espagne par Ben-Abady prince more, contre le roi de Castille, Alphonse Vl. Bientôt ils tournèrenl leurs armes contre les Musulmans, soumirent presque (oute l*£spagne et une grande partie du Portugal. Mais l'Espagne oppressée se révolte, tandis qu'une autre secte (celle des Almohades) s'élève en Afrique conlre les Almoravides qui sont dispersés et Uéiruils.

Italie.

LES HORMABBB A BAPLEs. ^ Plusicurs pulssances se disputent rilalie méridionale. Les Grecs en possèdent une partie ; mais les Napo-

850 t(" SIÈCLE.

liUint sont disposés à la révolle. Quarante pèlerins normands aiior^ dent en Italie, et repoussent les Sarrasins qui assiégeaient Salerne* Ils inspirèrent ensuite à leurs compatriotes le dessein de soumettre cette belle contrée. Trois cents clievaiiers, conduits par Rainulfe el^: 0«mond , étant passés en Italie et ayant éctioué dans une première entreprise, se mettent au service du duc deNaples qui, rétabli par eux dans ses Etats, donne à Rainulfe le titre de comte. Trois fils de Tancrède de Hauteville, Guillaume Bras de Fer, Dragon et Humfroî viennent dans ce pays de facile conquête. Après avoir été successivement au service deManassès, patrice grec, et de Landuife, duc de Bénévent, i(on ennemi Guillaume profile des divisions des Grecs, s*empare de la Pouille,enestnommécomteen1043,etsesoutienl dans sa nouvel le prin* cipauté contre les empereurs et les papes. Robert G uiscard, autre fils de Tancrède, succède à ses frère& dans le comté de Pouille , y réunit les deux Galabres, et prend le titre de duc. Avec Taide de Roger, il s'empare , sur les Sarrasins , de la Sicile que \m avait donnée le pape, et qui resta à Roger. Roger H , réunissant par liérilage les possessions (les deux races normandes, prend le titre de roi, se rend maître de Naples, et forme ainsi le royaume des Deux-Siciles, qui doit bientôt passer à une autre famille.

ÉGLISE

SCRI8UX! DES DEUX ÉGLISES. — Nous avons TU , au neuvième siècle, s'élever entre les patriarches de Byzance et les pontifes de Rome une querelle qui, toujours continuée depuis, amena la séparation totale des deux Eglises. L*£gllse d'Orient ne fut plus qu'une Eglise dite schismalique.

Ce fut en 1022 que Gui, moine d*Arezzo, inventa les notes de musique et les désigna par les premières syllabes de Thymne de saint Jean : Ut queani laxî$. Ce fut encore vers 1095 que futétabli Tordre de Saint-Antouie, par Gaston de Vienne (sur le Hiiône), et Guérin, son fils, qui fondèrent une association pieuse et libre, destinée à secourir ceux qui étaient atteints du mal des ardents, appelé aussi /"et* Saini^ Antoine y et qui faisait alors d'affreux ravages. En 1084, Tordre dem Chartreux fut fondé par saint Bruno, et peu de temps après, en 1098, Robert, bénédictin et abbé du monastère de Molesme, suivi d*une vingtaine de religieux qui voulaient suivre avec Texactitude la plus sévère les règles de leur ordre , se retira dans une solitude écartée ef sauvage, nommée Citeaux, la fertilisa, et bientôt sa maison, devenue célèbre, attira les regards de TEurope autant par sa sainteté que par ses lumières. Telle fut Torigine de l'ordre de Citeaux, dont saint Bernard fut Tun des plus beaux ornements. Ce fut aussi dans le commencement du onzième siècle qu'eut lieu la réforme de Gluny, dont les mœurs répandaient depuis si longtemps le scandale dans la France tout entière.

PONTIFICAT DE GAÉooiRB VII.— Péplu et Charlcmagne avaloot donné aux papes une puissance temporelle qui, depuis, s*étail considérablement accrue, Grégoire VU (Hildebrand) fut pour ses rares

il® SIÈCLE. 551

lalents élevé ao ponlîfirat, presque malgré lui et par Pinfiuence de reiopereur qu*H avait engagé à ne pas confirmer son élection, en lui ■dénonçant ses desseins. Une fois monté sur le trône pontifical, il voulat, comme il Pavait annoncé, réformer les abus et faire cesser le trafic tonteuz des investitures. C'était le droit qu*exerçaientles empereurs CD investissant les évéques de leurs bénéfices ; ils leur remettaient ta crosse et Tanneau. Le fougueux ecclésiastique défend à Tempereur de conférer les bénéfices. Henri IV refuse de se soumettre, il est excom- ■anié. Bientôt il s'humilie et n'obtient son pardon qu'en faisant péniknce pieds nus dans la cour du château de Canosse (1077). La comtesse Mathilde, qui possédait une grande partie de Pllalie, soutenait le parti de Grégoire. Ces troubles amenèrent la mort du pontife à Salerne, en 1085. Son but était de soumettre toutes les couronnes à sa tiare, et de s'attribuer une autorité universelle, tant au temporel qu*au spirituel, dans toute la caiholicité. C'était un réformateur par le despotisme ; il voulait réformer TEglise, et par elle la société civile, y introduire plus de moralité, plus de justice, plus de règle. LiCTVRB. — • Biographie de Grégoire VJIj par Villemain.

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