SIÈCLE DES DÉCOUVERTES
CABACTÈ&E. — Partout la royauté domine et devient absolue ; Tunité politique et administrative s'établit , et les lettres renaissenl dans l'Occident.
ÉVJÊNEMENTS.
MAHCS. — 1420. Traité de Troyes. — 1429. Jeanne d'Arc à Orléans. — 1 438. Pragmatique sanction. — 1472. Siège de Beauvais. — 1477. Charles le Téméraire.
AS«LBTSRii6. — 1458« Gucrre des Deux Roses. — 1485. Avéoemeot des Tudors.
avssiB. — 1462. Iwan WasiUewiiz,
AI.LBMAG1IB. — 1415. ies Husilles. — 1438. R^gne dUlbert II d*Autriche.
BOMORis. ^ 1 444. Bataille de Varna. ^ 1458. M àthias Corvin.
TUAQuiB. ^ 1400. Bataille d'Ancyre. «^ 1453. Prise de Constant!* nople par Mahomet IL -* I46S. Mort d'Alexandre le Grand.
sspAOUB. — Réunion des royaumes d'Aragon et de Gastille. — 1494. Elablissement de l'Inquisition en Espagne. — * 1493. Les Mores chassés.
iTALis. ~ 1400. Maison des Médicis à Florence. -^ 1451. Maison des Sforce à Milan. — 1480. Guerre d'Italie sous Charles Vlil, Louis XI( el François W.
1ÈTAT SB l'sgliab depuis Boniface VIIL — Etat du mabométfsnie.
BicouvsRTBs. — 1435. Imprimerie à PurU, — Peinture à Vhuile, — 1460. Gravure êur cuivre. ^Première manufticiure (le soie. — 1474. Première opération de la pierre, — 1495. Usa^ de Valgèhre. —1414. Arquebuse. — 1440. Carrosse. — 1440. Chapeaux de feutre. — 1462. Livres imprimés, — 1463. Feux d'artifice. —1486. Découverte du cap de Bonne- Espérance. — \A^%. Découverte de l'Amérique. -<- 1493. Bulle d'Alexandre yL — 1498. yasco de Gama. — 1500. Alvarez Cabrai.
DIÊVELOPPCMENT.
France.
Traité de Troyes. — Rien n'était plus affligeant que la situation de la France sous le règne de Charles VI. Dorant la minorité du roi, ies concussions du duc d'Anjou et la déprédation du trésor royal firent éclater Tinsurrection parisienne des Maillotins , qui ne fut réprimée que par les armes ; roppression s'étendit sur toute la France, et les Ëtats firent en vain quelques tentatives ponr reprendre Tautorité qui leur échappait. La démence du roi , qui devenu majeur avait d'abord essayé de rétablir l'ordre et la paix , ploi.gea la France dans de nouveaux malheurs. Deux factions, celles des Bourguignons et des Armagnacs (Orléanistes) , qui se disputaient la régence, partageaient la cour, et mettaient le trouble dans le royaume. Jean sans Peur, oncle du roi, fit assassiner à Paris Louis, duc d'Orléans, propre frère de Charles Vi ; il fut assassine lui-même sur le pont de Montereau, sous les yeux du Dauphin (depuis Charles Vil). Les Anglais profitèrent de ces divisions pour recommencer la guerre. Henri V, roi d'Angleterre, gagna la fameuse bataille d*Azincourt, en 1415, à la suite de laquelle ii fit la conquête de la Norman-
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4ie. On vît alors un faneate changement: Isabeau de Bavière abandonna le parti d'Orléans et son fils le Dauphin , pour se jeter dans la faction des Bourguignons. Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur, décidé à venger la mort de son père , dont il accusait le Dauphin , se ligua avec TÂngleterre, et Isabeau eut rindignité de suivre son exemple. Par le traité de paii conclu à Troyes (1420) , il fut arrêté que Catherine de France , fille de Charles VI, épouserait Henri V, et qu*à la mort du roi , la cou* ronne passerait au roi d'Angleterre et à ses enfants, à Texclusion du Dauphin qui fut déclaré déchu de ses droits au trône , et exclu du royaume. Henri V mourut, heureusement pour les Francis , à la fleur de Tâge (1422), et sa mort fut suivie.de près de celle de Charles VL Alors Henri Yl, fils de Henri Y et de Catherine de France , fut proclamé roi d'Angleterre et de France : il établit sa résidence à Paris, et eut pour régents ses deox oncles y les ducs de Bedford et de Glocester; de son côté, le Dauphin se fit proclamer roi , sous le nom de Charles YH ; il Dépossédait plus guère que le Berri.
Jeanne d*Arc. — Le comte de Dunois, fils naturel du duc d*0rléan8, et le connétable de Richemond, aidèrent Charles Yif à conquérir son royaume, et lui firent mériter le surnom de Yictorieux ; mais la célèbre Jeanne d'Arc fut le principal agent de cette conquête. Simple bergère , elle alla à Chinon annoncer au roi que le ciel la destinait à le faire sacrer à Reims; ce qu*eUe exécuu en effet , après avoir complètement vaincu les Anglais à Orléans. Prise par eux au siège de Compiègne ( Oise ) , elle fut brûlée à Rouen, comme sorcière, en 1431. Bientôt les Anglais furent entièrement ex(iulsés du royaume par Charles YH. De toutes leurs conquêtes il ne leur restait plus que la seule ville de Calais.
• PAÂGUATiauE SANCTION. — La pragmatique sanction de Bourges, ' en ratifiant les décrets du concile de Bàle, qui restreignaient la puissance papale, confirma les libertés de TËglise gallicane. Elle rétablit Télection des évèques, et abolit les impôts levés sur le clergé sous le nom é'annatei et de réserves^ Elle arrêta Tabus des appels à la cour de Rome » et multiplia les cas é^appel , comme d'abus des tribunaux ecclésiastiques à la jurîdictios royale. Suspendue par Louis XI « qui voulait mettre le pape
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dans ses intéréls, elle fut entièrement abolie par le concordat de François I"' avec Léon X , en 1516.
Lectube. — Détails sur Jeanne d'Arc. -— Hùioîre de France, de Michelet. — Chronique de Jean ChaiTiier, — Histoire de Charles r IL
OBSERVATIONS
Il faut remarquer que le règne de Charles Vit prépara et fit prêtsentir celui de Louis XI. Tous les matériaux étaient prêts, Louis les mit en œuvre , et , par sa politique habile et profonde, fit tourner au profit de la royauté ce qu'aurait pu , sous un roi moins habile et plus faible, s'approprier la démocratie déjà si forte et si entreprenante sous les trois successeurs de Philippe de Valois. L'établissement de la milice permanente et la levée d'une taille perpétuelle pour subvenir à Tentretien des troupes sans Tintervention des Etats frayaient la voie à la monarchie absolue. Le parlement, qu'en l'absence de ces mêmes Etats le peuple regardait comme son protecteur, gagnait en considération et en puissance, et déjà prétendait au droit d'examiner les ordonnances royales et de nefuser l'enregistrement : le procèa. du duc d*Alençon lui fournit le moyen de s'arroger les droits d'une cour des pairs. Mais Charles VU , qui voyait ses empiétements, Véloîgna de l'administration en créant le conseil d'Etat, qui depuis devint le conseil exécutif, lui fit perdre ainsi sa haute influence sur la direction des affaires et le réduisit à quelques doléances dont la royauté puissante ne fit aucun cas. La féodalité sous le nom de praguerie, rébellion de quelques princes du sang et d'une partie de la noblesse , chercha à recouvrer quelques-uns de ses droits; mais détruite dans les guerres précédentes, elle n'était plus assez forte et fut réprimée avec énergie. Louis XI lui portera le dernier coup, et il ne restera plus en face que la royauté «t le peuple,
Siège de Beacvais sous Loms XI. — Charles VII $*était laissé mourir de faim dans la crainte d'être empoisonné par son fils , qui lui succéda sous le nom de Louis XI. Fils et père cruel et méfiant, mais ferme en ses desseins, Louis accrut considérablement le pouvoir royal , en diminuant Tautorité des possesseurs de grands licfs, dont plusieurs périrent sur Téchafaud ; de sorte que le peuple, plus heureux quand il n*a qu'un seul maître, vit son sort amélioré sous ce règne si fatal aux grands. Rusé et cruel, il opéra de grandes choses avec de petites gens 9 etpnt fies ministres et ses conseillers parmi les hommes du peuple , souvent de la plus basse extraction. Ce n*est pas qu'il ménageât beaucoup le peuple lui-même, car souvent il fit jeter à Teau dans un sac là jeune liberté bourgeoise; cependant, le peuple, tout en le méprisant, lui resuit attaché, parce qu*en immoiani
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Taristocralie il flattait la passion démocratique contre Taqaelle elle avaii si longtemps lutté. La ruse et ta corruption furent toujours ses armes» et obligé de combattre la féodalité qui voulait relever encore la tête sous le nom de ligue du bien fntblicr et qui cette fois (les temps étaient changés) croyait devoir se cacher sons un nom populaire, il ne voulut la vaincre qu'en semant la division entre les ligueurs, et en violant la foi des traités. Il promettait tout, et quand le danger était passé, il ne tenait rien. €e fut lui qui, aussi superstitieux que cruel, établit Vangelusen commémoration de la mort de son frère le duc de Guyenne, à qui il avait été obligé de céder la Guyenne pour le détacher de la ligue , et qu il est soupçonné d'avoir empoisonné. Mais c'est dans ses longues querelles avec Charles le Téméraire que se dévoile toute son astuce. Un jour elle manqua de lui être funeste; il avait poussé la fourberie jusqu'à se mettre entre les mains de son ennemi , et la tour de Péronne faillit avoir un Charles le Simple. Le duc de Bourgogne , après lui avoir rendu la liberté à de dures conditions, ravagea la Picardie pourse venger de la mauvaise foi de Louis, qui n'avait pas exécuté le traité, et vint mettre le siège devant Beauvais, héroïquement défendu par Jeanne Hachette et ses compagnes. Menacé par Edouard IV d'Angleterre, allié de Charles, il acheta la paix par le traité de Péquigny-sur-Somme , qui prit le nom de trêve marchande^ et continua dans l'intérieur du royaume son système de guenre contre toutes les libertés au profit du despotisme royal.
Sous son règne , l'Anjou et le Maine furent incorporés aux domaines de la couronne, qui fit encore l'acquisition de la Pro* vence par la mort de Charles, neveu du roi René, et d'une partie de la Bourgogne par celle de Charles le Téméraire. C'est > à lui qu on doit l'établissement des postes et des courriers, dont il se servit, dit un auteur, comme d'un moyen d'espionnage et de haute police.
OBSERVATIONS
8CB LE BÈGITB DE LOUIS XT.
le régne de Louis XI mérite d'être étudié spécialement ; c'est une des époques les plus mémorables de notre tiisioire» Une nouvelle impulsion est donnée à la politique et à la société, et les vice« comme les qualités de ce roi, au nom duquel on est fort embarrassé d'ajouter une épitbète, contribuèrent à l'éiabiûsement du nouvel ordre de
chOMt et à faire sortir la France moderne de cette Tieille France féodale qui, quoique abattue, luttait encore à terre et sur laquelle il posa un pied vainqueur; de cette vieille France ignorante qui commençait, il est vrai, à s'éclairer un peu, mais quMl lança d*un bras puissant dans la carrière de la civilisation et des lumières. On Ta appelé tyran, soit ; mais le fait est que sa tyrannie a été utile, et peut-être nécessaire, et qu'un prince du caractère de François l^, par exemple, qui fût venu à cette époque, eût pu replonger la France dans les ténèbres et les désordres dont elle avait tbnt de peine à sortir.
Sous le point de vue politique, il acheva de détruire les éléments désordonnés de la féodalité et d'asseoir la monarchie triomphante sur les ruines de raristocralie. Son idée fixe, le travail constant de sa vie, fut, en effet, rabaissement de la haute noblesse et la centralisation du pouvoir dans sa personne. Eludiez son règne ; tout ce qu'il fit en bien et en mal vient de cette préoccupation , tend vers ce but. Il visait, ^omme Pa dit l'histoire, à mettre tes rois hors de page, et il y a réussi. Initié dans sa Jeunesse, pendant qu'il était en révolte contre son père, aux secrets et aux intrigues des grands, il tourna contre eux leurs confidences quand il fut monté sur le trône, et s'en servit pour les déjouer ou les écraser. Il fut le créateur de la politique, qu'avant lui remplaçait la force, et il fit par les négociations ce qu'il D^aurait pu faire par les armes.
Sous le rapport social, il créa Tadministration, les manufactures, les grands chemins et les postes, rendit permanents les offices de la judicature, songea à établir l'uniformité des coutumes et l'égalité des poids et mesures, introduisit et protégea l'imprimerie, dont on voulait punir les inventeurs comme sorciers^ et qui devint un des plus puissants agents de la liberté du monde ; enfin, il sut fortifier le royaume à la fois par les armes et la politique, et mit la royauté en état de supporter les événements du siècle suivant et même d'en triompher, en l'élevant au-dessus de tout ce qui gênait sa marche ou interceptait son action. Ce fut lui qui le premier porta le titre de roi très'chrétien.
LscTDBE. — Tragédie de Louis XI, par Casimir Delavigne ; Quentin Durward, par Waiter Scott ; Histoire de Louis XI, par Duclos. — Chroniques de Philippe de Comines.
Charles le Téméraire, a Grandson. -^ Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, irrité contre les Suisses qui s'étaient réunis à la France et à rAutriche pour lui déclarer la guerre , profita de ce qu'ils étaient abandonnés par leurs alliés, et entra dans leur pays. Bientôt il s'empara du château d'Yverdun , défendu par une faible garnison bernoise ; le château de Graiidsoo résista plus longtemps, mais la trahison en ouvrit les portes au duc. Quoiqu'il eût accordé à la garnison une libre retraite dans
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la conventioD conclue avec elle, il la fit toute périr dans de cruels supplices. Saisis d'horreur à cette nouvelle» les confédérés , forts de vingt mille hommes, marchèrent « sans hésiter, snr Grandson, contre une armée trois fois aussi nombreuse. Au point du jour du 5 mars 1476, les soldats de Luceme, de Schwitz et de TOberland bernois se montrèrent comme avantgarde dans les vignobles situés entre le lac de Neuchâtel et la chaîne du Jura. Après avoir fait leur prière, ils commencèrent Tattaque ; les Fribourgeois et les Bernois avancèrent d'un pas ferme, conduits par un guerrier expérimenté, Jean de Hallwyl : cette avant-garde s'était déjà battue vaillamment pendant plusieurs heures» et beaucoup de sang avait coulé , lorsque le gros de l'armée confédérée parut sur les hauteurs à l'éclat du soleil du midi. Du haut des collines retentit le son éclatant du cor d'Unter^ralden et le sombre mugissement du taureau d'Uri; on vit s'approcher les bannières flottantes de Zurich et de Schaffouse : c Quelles sont ces troupes? demanda le duc. — c Ce sont les hommes devant lesquels TAutriche a fui, répondit c le duc d'Ëstain. — Malheur à nous! s'écria le duc, une poi- < gnée de ces hommes nous a fatigués depuis le point du jour i jusqu'à cette heure : que deviendrons-nous maintenant vis- « à-vis de leur multitude? i La terreur s'empara bientôt de ses troupes; en vain Charles s'opposa aux fuyards; loin de pouvoir les arrêter, il fut entraîné par eux. Les Suisses , acharnés , les poursuivirent jusque fort avant dans la nuit ; le butin qu'ils firent fut immense , car le camp du duc de Bourgogne était presque un camp de plaisance et de luxe. Il essuya une nouvelle défaite à Morat, et trouva la mort sous les murs de Nancy. Avec lui s'éteignit la seconde maison de Bourgogne , qui avait brillé d'un si haut éclat et fait trembler les rois de France ; le duché fut réuni à la couronne. Marie, son unique héritière, épousa Maximilien d'Autriche, et lui porta en dot la Flandre et la Franche-Comté, qui devaient être plus tard un long sujet de guerres entre les empereurs et les rois de France.
LxcTORB. — Biographie de Charles le Téméraire ; Histoire des ducs de Bourgogne» par M. de Barante. — Chroniques de Philippe de Cofflines.
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Ansleterre*
Guerres des Deux Rosrs. — Causes, — La guerre civile des Deux Roses est révénement le plus remarquable de Tépoque la plus désastreuse de la monarchie anglaise. Nous avons vu Richard II, le dernier des Plantagenets , détrôné et remplacé par Henri de Lancastre , son cousin , descendant du troisième fils d'Edouard 111. Richard, représentant de cette maison sous Henri VI, proBta du mécontentement excité par Tincapacité du roi et la vanité de la reine, Marguerite d*Anjou, pour faire valoir ses prétentions; telle fut Forigine de la guerre des Deux Roses, irose Rouge (maison de Lancastre), rose Blanche (maison iTork).
TABLEÂIT GÉ]VÉÂLOOI$Ui:.
EDOUARD m (1377).
Ls Prince ifoiR Lionel db Clarekce Jean Edouard
(1399). (1368). deGand. d'YoRK.
i il!
Richard H Philippa J. be Beaufort Richard
(1399). (1381). (1410). épouse Anne.
1 i J. DE B. I
Roger (1398). Marguerite deB. R. Prétendant. I I qui I
Anne. épouse Edmond R.III.Edouard IV.
Tddor« I
Henri 711 Edouard V.
.„ , épouse Elisabeth.
Elisabeth i
dTork. Richard.
DÉVELOPPEMENT
Appuyé par les communes et par le puissant comte de Warvrick, Richard prit les armes et fît Henri prisonnier à la bataille de Saint-Âlban, où périrent cinq mille royalistes avec le duc de Somerset. Le courage de Marguerite, qui vainquit à Wakeiicld où périt Richard , rétablit Henri VI sur le trône ; mais Edouard d'York soutint les prélenlions de son père , s^empara de la couronne, la perdit par la défection de Warwick, offensé
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de la condotie imprudente du jeune roî^ revînt en Angleterre avec les secours de Charles de Bourgogne, gagna la bataille de Bamet sur Warwick qui y fut tué, celle de Tewkesbury , où- Marguerite fat faite prisonnière, et le meurtre de Henri et de son filsT lui assura le trône. A la mort d'Edouard IV , le duc de Glocester, Richard III, usurpa* la couronne après avoir fait périr les enfants de son frère, s*a1iéna l*esprit de ses sujets par sa cruauté et son despotisme , fut vaincu et tué à Bosworih par le duc de Richeijond, Henri Tudor de Lancastre, qui réunit les droits desDeui Roses en épousant Elisabeth, fille d'Edouard IV.
Conséquences. — Celte guerre dura trente-trois ans (de 4452' h 1 485), pendant lesquels on dit qu*il périt près d*un million d*hommes, et environ quatre-vingts princes du sang royal; Jacques II, roi d'Ecosse, y trouva la mort. Cette querelle ne finit qu'avec la destruction des deux familles qui se disputaient le trône. Il y eut douze batailles rangées, parmi lesquelles nous distinguerons :
1^ Saint- Alban, en 1455, dans le comté de Hartfort; le doc d'York la gagna sur Henri VI.
2<* Aorthampton, en 1460, où Warwick fait un massacre horrible des Lancastres.
Z^ Wahefield, 1460, où Marguerite d*Anjou est victorieuse ; Richard y mourut ainsi que son second fils Rutland.
4* Saint'Àlban, 1461, où Marguerite délivre Henri VL
5^ Hexham, 1461 , dans le Nonhumberland , où Henri VI est fait prisonnier pour la troisième fois; Marguerite et son fils Edouard sont sauvés par des voleurs dans une forêt.
^^ Tewkeshury , 1471, dans le Glocester , où s*éteignit la famille des Lancastres. Marguerite est prisonnière, et Ton massacre son fils Edouard qui avait épousé la fille de Warwick.
7* Bosworth, 1485 (Leicester),, qui termine la guerre des Deux Roses ; Richard 111 y est tué.
Avènement des Tddors. 1485. — La maison des Tudors occupa le trône pendant tout le seizième siècle. Le règne de Henri Vil fut troublé par les tentatives de quelques faux prétendants, soutenus par les Yorkistes. Il montra , comme tous les Tadors, unegrande tendance au pouvoir absolu et fut secondé
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par un parlemenl véiial etservile. Celait en corrompant le jary et en eneoarageant la délation et Tespionnage que ses ministres se procuraient de Pargent , n*osant violer ouvertement le droit ' qa*avait la nation de voter les impôts. Marguerite', fille de Henri , épousa Jacques IV , roi d'Ecosse , alliance qui amena dans la suite les Stuarts au trône d*Ângleterre. OBSERVATIONS.
La guerre des Deux Roses , comme les guerres de France , ayant décimé la haute noblesse, fut favorable à Taccrolssemenlde la royauté qui n'avait plus à redouter Texigence de ces barons puissants et fier» qui en avaient obtenu tant de privilèges, et qui s*en servaient contre elle. Une noi^velle noblesse apparut comme en France après les journées deCrécy, de Poitiers et d'Azincourt, mais encore faible et timide* et n*08ant réclamer Théritage et les droits de celle qui avait succombé. Le peuple, d'un autre côté, fatigué de tant de secousses, avait besoin de repos, il se prêta de lui-même au joug et troqua par un consentement tacite, pour ainsi dire, une liberté agitée contre une tranquille servitude. Aussi faut-il reporter à Tavénement d*Henri Vil Porigine de la monarchie absolue en Angleterre , monarchie dont le renversement devait jeter ce pays dans de nouvelles révolutions et lui coûter encore tant de sang.
A FAiKE. — Tableau généalogique de la guerre des Deux Roses.
LscTuaE. »• Histoire d'Angleterre^ par Lingard; Histoire de Maj guérite d'Anjou^ par Tabbé Leprévost. — Rosemond, Histoire des guerres civiles d^Angleterre. — Horace Walpole, Ui&toire du régne de Richard III.
iWAir m , 'WAsiLis^KTiTZ. — On peut dire que ce prince commença la grandeur de sa nation ; il doit être regardé pour ses grandes qualités comme le second fondateur de Tempire russe. Il profita des troubles qui agitaient les Tartares du Kapstchak , pour affranchir sa
tMitrie d*un joug auquel elle éiait soumise depuis si longtemps, établit un despotisme nécessaire à la consolidation de Tunité de la Russie, et fit alliance avec des princes puissants, afin d*affermir sa domination. Il rassembla aussi les lois dans un code, introduisit le commerce dans ses Etats, disciplina les troupes et porta le premier le titre de Cjsar.
Eèpagne.
BÉUMION DES &OTAUBSES BB GASTILLE ET B*ARA60H par le
mariage de Ferdinand le Catholique^ héritier d*Aragon, avec IsU' belle de CastiUe» Henri jy, roi d'Aragon , étant mort, on plaça sa sceur Isabelle sur le trdne, et la même année, Jean I**, roi de Navarre et d'Aragon, mourut et laissa ses Etats à Ferdinand, de sorte qu*ils se Virent maîtres d*uae grande partie de TEspagne ; ils gouvernèrent
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néanmoins sépafémi^nt leurs Etats. Ce fut quelqne temps auparavant, dans les fartions provoquées par la faiblesse cl*Henrt IV, que prirent naissance les saintes hermandads ^ compagnies levées par les villes contre lés brigands qui infestaient alors la Castille. Sous Isabelle et Ferdinand elles furent un des plus puissants instruments du pouvoir royal dans ses luîtes avec la noblesse et le clergé.
i.'iirQuiBiTioii EH ESPAGNE, établie par Ferdinand le Catholique. — L^inquisition avait pour but la recherche des personnes suspectes d*hérésie : si elles eR étaient convaincues, elles étaient punies d'une manière cruelle. L'érection de ce tribunal fut confirmée par une bulle du pape Sixte IV, qui donna aux rois de CaslitU la nomination des inquisiteurs. C'est à Séville que ces redoutables juges commencèrent leurs fonctions, et le dominicain Torguemada, qui avait persuadé à Ferdmand et à Isabelle d'établir ce tribunal dans leurs Etats, fut mis è leur téle. Il est bon de remarquer que Tinquisition ^ en commençant, était plutôt poliliqueque religieuse, destinée à maintenir Tordre plutôt qu'à défendre la foi, et que Ferdinand s*en servit comme d*un instrument du pouvoir absolu. Pendant quatorze ans, il fit le procès à plus de quatre-vingt mille hommes, et en fit brûler quatre à cinq mille, avec l'appareil des plus augustes fêtes.
BZPui.sxon DES MORES* — Les Mores ne possédaient plus que le royaume de Grenade ; leur faiblesse était évidente, et leurs divisions intestines Taugmentaient encore. Ferdinand et Isabelle assiégèrent Grenade ; le siège dura neuf mois ; au bout de ce temps, les, Mores épuisés se rendirent (1492). On leur dicta des conditions rigoureuses; ils furent contraints de changer de religion ou de passer en Afri((ue* Quelques-ans, retirés dans les montagnes des Alpuxarres,massacrèrent les prêtres qu'on leur avait envoyés. Forcés de céder, ils achetèrent au poids de l'or la permission de se retirer: cette spéculation enrichit beaucoup pour le moment le trésor du roi d^Espagne.
Ce fut pendant le siège de Grenade que le camp chrétien ayant été incendié, la reine Isabelle fit bâtir à sa place une ville, qui prit le nom de Sauia-Fé. Ce fut aussi à la conquête tle Grenade que commença* à briller l'illustre Gonzalve de Cordoue.
Italie.
VAxsoir SB ménicxs a. florevce. — Après l'expulsion de Gauthier de Brienne, duc dUthènes, qui avait été nommé capitaine du peuple, Florence resta longtemps dans une déplorable anarchie. C'est alors que s'éleva la famille des Médicis, issue du sang plébéien, enrichie par le commerce, et qui avait su se concilier la faveur populaire. Jean de Médicis, alors chef de la famille, sans aucune fonction politique, sut exercer une haute Iniluence, et devint le fondateur de la puissance de sa maison. Côme de Médicis , son fils , donna des encouragements aujc savants et aux artistcsa «t mérita le titre de Père de la Patrie.
Tableau des MétHeis. -— Généalogies de fauteur. (Voyez le 16« siècle pour les détails sur celte famille.)
MAISON DES SFO&CB A miLAH. — Philippe, fils de Jean Galéas^ étant mort, la famille des Visconti fut éteinte. Les Milanais rétablirent le gouvernement républicain ; mais, ayant donné quelque pouvoir à François Sforce, gendre du dernier roi, ce prince s'empara du duché, et commença une nouvelle dynastie.
«VERRES D'ITAUE
DEPUIS CHARLES Yin JUSQU^À FRANÇOIS 1*' INCLUSIVEMETiT. (Durée : cinquante ans. )
Les causes des guerres entreprises en Italie par trois rois de France, Charles VIII, Louis XII. François I«''^ sont au nombre de deux.
1o La donation du royaume de Naples et de Sicile à Louis X.f, en 1480, par Charles d'Anjou, duc du Maine, neveu deRené d'Anjou, et dernier prince de la deuxième maison d^ Anjou ;
âo Les droits de Louis XII et de François I» au duché de Milan par leur aïeule Valentine de Milan, fille de Galéas Visconti, duc de Milan, et femme de Louis I"" d'Orléans.