CONSÉQUENCES DU MOYEN AGE
, Quand Pompée et César se disputaient l'empire, Rome avaîl ' d'exister par ses vices ; sa force morale était détruite. Depuis Aoi tout se pervertit avec une rapidité effrayante ; dès Tépoque desi nins, surtout, l'empire romain allait se rapetissant de Jour en Les Barbares devaient donc l'envahir, ils n'enchaînèreut pas R ils ne conquirent que son cadavre.
Alors toutes les relations changent; les propriétés sontmored le servage, espèce de servitude adoucie, prépare l'abolition de P Tage. Malgré l'oppression inhérente à la conquête, le nouveau de justice et d^organisation sociale développe avec plus d'énergil facultés humaines; l'esprit d'association, spécialement propre Germains, se répand dans le peuple vaincu.
Dans les villes abandonnées par les grands propriétaires se les corporations. Une classe d'hommes, livrée à des travaux u triels, acquiert et mérite son indépendance. La bourgeoisie naU;i oppose une barrière puissante aux usurpations de la propriété 18 loriale. i
Les a1derm«n de Londres, les magistrats des républiques Italiennes, se rangent parmi les puissants de la terre : quelques-uns déploient des vertus héroïques. Vous reconnaissez déjà tous les germes de la liberté, de Tindustrie moderne; hardiesse, vigueur, témérité, sont les caractères derépoque. Que de personnages extraordinaires ! que d*aO" fions sublimes ! Les rois sont dignes du trône ; les hommes d'Etal ne se contentent pas dMntrigues obscures, ce sont des guerriers et des sayanfs : Charlemagne, Philippe-Auguste et saint Louis; les monarques saxons : Alfred et Canut, Richard Cœur de Lion et le prince Noir, Gerbert et Hildebrand. Quels noms ! quels hommes !
Les calamités de celte époque orageuse furent fertiles en bienfaits que ravenir a recueillis. L'Orient, avec lequel TEurope eut des rela* lions fréquentes, nous enrichit d'une foule de découvertes que nous avons perfectionnées. Legéniede Phomme, se dévouant à la recherche des moyens d'avancer Tindustrie, produisit toutes ces inventions qui ont occupé le monde. Le nombre de ces inventions est surprenant. Leur berceau n'est pas moins merveilleux. Tantôt elles traversent les mers, et des rives du Gange arrivent .jusqu*à nous; tantôt elles nais* sent dans les murs de quelque obscur monastère. On profite d'elles en oubliant leur origine.
1* Dès les premières années du moyen âge, on voit s'élever des hôpitaux j des asiles pour les enfants trouvés et les vieillards^ des maisons de retraite (sous Constantin) pour les pauvres, établissements qui, sous rinfluence du christianisme, devinrent bientôt communs à tous les peuples civilisés.
9. Quelques coulumes des Barbares, adoptées par les vaincus, ajoutent au luxe et aux jouissances de la vie; tel est l'usage des pelletérieê et des fourrures, que les Romains ignoraient.
8. Les anciens montaient à cheval sans Vétrier et sans selle : Pusage contraire date du 5* siècle.
4. On n^avait employé jusqu'au 8< siècle que le parchemin, le papyrus et les tablettes enduites de cire pour y inscrire ses pensées. Un nommé Amru, de la Mecque, imagina, vers l'an 706 de notre ère, de piler le coton pour en faire du papier. Le papier de chiffons est inventé vers 1250.
5. Pendant le cours du 10* siècle, au sein de la barbarie la plus profonde, des moines oisifs inventent les horloges. Auparavant on se servait de clepsydres, de sabliers, de gnomons.
6. Vers le !!• siècle, les bénédictins élève les premiers motf/îits d vent dans leurs domaines.
7. Vn bourgeois de Middelbourg invente les lunettes et fournit à Copernic et à Newton les instruments de leurs conquêtes.
8. L'invention de la boussole, ou plutôt la découverte de la polarité de Yaimant, se perd dans les ténèbres du 11» siècle.
9. Les Aralies, cent ans plus tard, nous donnent Valun, le set ammoniac et Veau forte, substances dont l'emploi a créé tant de nouvelles induMhes*
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L«8 Julfi élabViSMnt «n Orientée vji^tefffabrîcpies^e teinture. L*indnstrie enrichit reniée, les filles libres des Pays-Bas, et prépare la grandf ur de Florence,
10. Les signauiP employés dans la tactique navale datent de Templre grec. Véclairage et le pavage dalent de la même origine. Les
r'pmières cheminées furenjt construites à Denise, ou, selon Villani, Florence, au 13« siècle. La poudre à canon, dont les Indienà coqnaissaient le secret, fut comiauniquée aux Arabes par ces derniers et aux Européens par les Arabes au commencement du 14« siècle.
11. Vimprimerie et la gravure, qui ont une commune origine et dont la découverte fut préparée de longue main par Thabitude de graver sur bois des légendes et des images, appartiennent à la même époque.
La partie matérielle de rimprfmerie existait, mais t*idée créatrice qui devait lui donner la vie est due à .lean Guttemberg de Mayence , qui le premier employa les caractères mobiles ; c'est de 1i36 à 1459 que les premières tentatives en furent faites à Strasbourg ; Faust, orfèvre de Mayence, et Pierre Schœffer, natif de Gemxhein, en Allemagne* s^associèrent aux travaux de Guttemberg, et en 1473 ils remplacèrent les lettres de plomb et de bois sculptées par des lettres en fonte. Cet trois hommes industrieux eurent bientôt des imitateurs» et Part typographique se répandit dans toute TEurope.
13. L'invention de la peinture à l'huile, inexactement attribuée a Tan Eyck, remonte un siècle plus haut; un tableau de Jeaade Mutioa, peint à Thnilesur bois, porte la date de 1280.
13. L*art de fabriquer des «niro^r* de verre ^ en interceptant les /ayons solaires au moyen d'une couche de vif- argent, n^était point connu avant le 1 4« siècle.
14. A la même époque , on commença à soumettre le commerce à un code spécial ; les lettres de change furent inventées. Barcelone eut un code maritime qui servit de modèle à toutes les lois commercidles portées dans la suite sur le même sujet.
15. Le tricot et \at dentelle furent inventés en Italie. Si nous voulions descendre jusqu'aux plus vulgaires détails, nous ne craindrions pas de citer plusieurs usages domestiques, regardés aujourd'hui comme indis* pensables, et qui furent mis en vogue par les Italiens du moyen âge : tel est Pusage des fourchettes et celui du lournebroche. Je ne parle pns des résultats nombreux de la grande découverte de Colomb; la cochenille, la canne à sucre, une multitude de substances utilea et nouvelles sont dues à la même cause qui se rapporte elle«môme à Tia* vention de la boussole.
16. C'est le temps des grandes expéditions des Portugais le long des côtes d'Afrique, de la découverte du passage du cap de Bonoe- Ei^pérance par Yasco de Gama, de la découverte de TAmérique par Christophe Colomb, de la merveilleuse extension du commerce» etc.
Que Ton cite un espace de dix siècles qui ait produit des résultats plus posilifsi et coDtribué d*uoeiA«u]^re plusévideuteà raméltoraUoB
et au bien-être des hommes, en ne parlant que de (rois inTenlion&r principales !
La polarité de l'aimant a soumis à la puissance de Thomme Pelément le plus rebelle, ouvert un nouveau monde à notre industrie, multiplié nos jouissances et agrandi la sphère de nos idées.
L^invention de la poudre à canon a changé en géométrie savante la lutte brutale des forces physiques , garanti à {amais les peuples civilisés de Tinvasion des Barbares, et rendu impossible à Tavenir l^établissement de la féodalité.
L'imprimerie» en multipliant les témoignages des connaiss^Tnces humaines, a préparé la liberté d'examen. Par elle , Tignorancc e«t à jamais bannie ; le passé, le présent, Tavenir, sont unis par une chaîna électrique ; les documents de la science, conservés dans leur intégrité, ▼oilà ses bienfaits : telle est la triple base sur laquelle s'est élevée la grandeur des sociétés modernes : rimprimerle, dit AI. Guizot, texte de tant de déclamations , de tant de lieux communs, et dont aucun lieu commun, aucune déclamation n'épuiseront Jamais le mérite et les effets!
Tableau général des découvertes dans Vhtstoire ancienne et dans l'histoire du mojren âge.