RÉFLEXIONS
L*idée de la Ligue avait été conçue par le génie des Guises ; ce fut le cardinal de Lorraine qui le premier la proposa au concile de Trente. Henri III crut faire un grand acte de politique en s*en déclarant le chef, à la suggestion de sa mère, Catherine de Médicis, et il ne fit que mettre à découvert sa faiblesse en montrant qu*il ne pouvait la gou* verner. La Ligue ne produisit rien sous le rapport politique, parce qu'elle ne fut point le mouvement d'un peuple qui veut conquérir sa liberté, mais Pintrigue d'une famille qui voulait s'emparer de la couronne, le dernier effort un peu sérieux de la féodalité contre Pautorilé royale. Mais la féodalité ne pouvait plus rien désormais ; elle était 4u. passé , et « avec le passé on ne fait pas de révolution, i» a dit M. de Chateaubriand. Sous le rapport religieux, la Ligue, malgré ses crimes, sauva en France le catholicisme, en défendant de vieux principes et de vieilles idées que voulaient détrôner de nouveaux principes et des idées nouvelles.
Lectuke. — Esprit de la Ligue, par Anquetil; Satire Ménippée; Mémoires de Brantôme ; Etudes historiques de M. de Cliâteaubriand.
€oup d'œil sur les Valois. Famille des Guises.
Ce fut Henri III qui établit Tordre du Saint-Esprit , parce que c'était le Jour de la Pentecôte qu'il avait été élu roi de Pologne et qu'il était parvenu à la couronne dç France l'anniversaire du même Jour.
WÈMUJLE WEM «UISES.
Jamais famille, dit M. Las-Cases, n'a jeté un plus bel éclat que celle des Guises; nulle part on ne retrouve en si peu de temps une fortune aussi rapide ni aussi puissante. Ils sont à peine établis en France qu'ils disposent des places, subjuguent les esprits, gouvernent le royaume, f>t mettent la dynastie régnante en péril ; ils montrent presque à la fois un nombre de princes et de grands iiommes qui étonne. Le con« cours singulier de leurs grands talents et des grâces de leurs personnes est une espèce de phénomène. Ils sont de sibonne maison,C€8 princes lorrains, disait une personne du temps, qu'auprès d'eux les autres princes ne semblent plus que du peuple.
AKTOIHB (1544).