VERRE DE TREIVTE AN
CAUSES
La religion fut le prétexte de celte guerre ; mais le véritable moUf fut Tambition de la maison d*Autriche ,. qui voulait cbanger à »on profit le système fédératif de l'Allemagne en une monarchie hérédi^ taire. Toute PAIlemagne se trouvait alors divisée en deux partis: la ligue catholique el Vunion évangélique. Ces deux grandes confédérations commencèrent une guerre religieuse qui ne larda pas à de* venir un combat politique, la maison d*Autriche s'efforçiant d'écraser le corps germanique et celui-ci cherchani à lui résister. La France e( la Suède se mêlèrent de la queielie ; elles firent échouer les projets de la maison d'Autriche et assurèrent Tindépendance des princes et des Etats particuliers. La vieille querelle qui existait entre la Hollande et TEspagne se ranima el fil de nouveau prendre les armes à ces deux puissances; rirrilation des partis religieux en Allemagne , la suspen* sien de la confédération germanique (depuis Pannéel613ladièle cessa de se rassembler), les prétentions exagérées que celle malheureuse désorganisation fit naître de toutes parts, furent les principales cause» de la durée de celte guerre qui éclata d'abord en Bohême et semblait ne devoir occuper que PAulriche. Celte guerre fameuse présente troi& époques distinctes :
to Dans la première, ta maison d'Autriche est complètement vie* lorieuse et soumet toute l*Allema^ne,
4t0 il* SIECLE.
90 Durant 1â secondb , le< Suédois sont constamment tlclorienx et mettent TAulriche à deux doigts de sa perte,
S« Dans la troisième, la victoire est plus incertaine et les succès sont partagés. ^
Les grands hommes sont, en Autriche : Tilly,Walstftln. Galas, ï>ic» eolomini; en Suède : le roi Gustaye-Adolphe , Bannter, Torstensoo, Oxcnsliern ; en France ; Richelieu, Turenne, Coudé.
Quatre célèbres aventuriers combatlai nt avec éclat contre la maison d'Autriclie: Tburn, Bernard de Saxe-Weimar, Mansfield et Christian de Brunswick.
Les plus fameuses batailles sont : Prague i Leipsick, Lulzen, Mordlingue, Dudling, Fribourg, Mariendal, Rocroi, Lens.
CONSÉQUENCES
10 La Taste confédération allemande reçut une organisation pins régulière et plus précise ; la puissance impériale fut resserrée dans de jusles limites ; les princes devinrent les véritables chefs de leurs gouvernements, et il fut reconnu par tous les cabinets que le maintien de la constitution du corps germanique était du plus haut intérêt pour TEurope.
2® La maison dUutrichey qui avait menacé Tindépendance européenne, fut abaissée; la cour de Vienne perdit sa prépondérance, et, depuis le traité de Westphalie, il est à remarquer qu'elle n'a pas signé un traité qui lui fût avantageux.
30 L'alliance de la Suède avec la France pendant cette guerre eut ce grave résultat de faire entrer les puissances du Nord dans les affaires de l'occident de l'Europe. Alors la Suède s'éleva au rang des premières puissances continentales.
40 L^antipathie religieuse s'apaisa et se calma peu à peu. A partir de 1658 la diversité de religion cesse d'être le principe dominant de la classification des Etals et le mobile de leur politique; c'est là que 8'arréte la prépondérance, c'est àdire la carrière de la réft>rine« quoique ses conséquences n'aient cessé de se développer.
A FAIRE. — Tableau sjmoptique a^ec des détails sur les batailles et sur les personnages.
Prise de la Rochelle par Richelieu. -^ Riclielteo, parvenu au ministère, entreprit de réprimer les huguenots, toujours séditieux. Rohan et Soubise, qui étaient à leur tête, voulaient faire de la France une république divisée en liuit cercles. lA Rochelle était devenue le centre de toutes leurs forces ; il forma le projet de les y attaquer. 11 se mit lui-même à la tête de Fermée , et assiégea la ville. N'ayant pas une flotte assez uoui* breuse pour la bloquer, il eut recours au moyen employé par Alexandre au siège de Tyr : il fit construire dans la mer, à rentrée du port, une digue, que la flotte anglaise ne put forcer.
Les-Rocheloîs résislëreot onze mois ; mais enfid ils furent obligés de se rendre. On leur accorda la liberté de conscience. Les Anglais avaient pris parti pour les protestants, et leur avaient prêté secours ; mais ils furent repoussés par les Français et contraints de se retirer ; tout rentra dans Tobéissance. Parmi les traits de courage que firent les protestants, on cite celui-ci : le maire Guiton mit un poignard sur la table de Thùtel de ville^ et jura d*en percer le Sein au premier qui parierait de se rendre.
Richelieu termina TceuTre des siècles précédents en portant à Taristocratie féodale les derniers coups. Mais il fallait, pour arriver à ce point, faire tomber, tantôt justement, tantôt injus-» tement, bien des têtes puissantes. Cinq-Mars et de Tkou, Montmorency, Marillac , Chalais et tant d^autres payèrent de leur sang leur haine pour Richelieu et leurs tentatives pour délivrer la France des rigueurs de son autorité. Avec eux la féodalité expire « et le pouvoir royal prend un accroissement extraordinaire. Désormais la monarchie absolue est fondée par le génie de ce grand ministre. A l'extérieur son autorité ne fut pas moins considérable : il établit le crédit de la France en Italie » dans les Pays-Bas, en Allemagne et jusqu'en Suède; TEspagne et TAutriche trouvèrent en lui un ennemi puissant et irréconci* liable. Protecteur éclairé des arts et des sciences , fondateur de TAcadémie française, il sut en môme temps donner à son administration un caractère de force et de grandeur qui prépara la puissance de Louis XIV*
Richelieu est le créateur des ambassades permanentes et de la science diplomatique. Ce fut sous le règne de Louis XIII, en 1614, que furent assemblés les derniers états généraux « pour ne reparaître qu'à la fin du dix-huitième siècle. Ainsi périrent à la fois la liberté religieuse par la prise de la Rochelle, et la liberté politique par la dissolution des Etats. Le dernier vote des communes fut celui-ci : c Le roi est supplié f d'ordonner que tous les seigneurs soient tenus d'affranchir c dans leurs fiefs tous les serfs, n
Legtubv. — Portrait de Richelieu {Cours de littérature). ^ Avènement de Loois XIV. — Louis Xlli laissa par sa mort le royaume de France à Louis XIV, son fils, âgé de cinq ans, sous
4<$ i^* SifeCLB.
la régence d*Anne d^Âutriche , sa mère. Cet ayénement eue lieu sous les plus heureux auspices. Le duc d'Ëngbien gagna sur les Ëspagnolsia bataille de Rocroi , dont le succès entraîna la prise de plusieurs places importâmes , et entre autres celle de Tbion* ville. Sur mer, le duc de Brézé défit la floue d'Espagne auprès de Gibraltar, et les années suivantes , 1644 et 1645, Fribourg et Nordltngue furent prises.
Cependant la régence fut remplie de troubles. Paul de Gondi, coadjuieur de Paris, depuis cardinal de Retz, alluma la guerre civile en France, en excitant les ennemis de la cour et de Mazarin , désignés sous le nom de Frondeurs. La régente se retira avec le jeune roi à Saint-Germain -en-Laye, où elle fut suivie du prince de Conti, frère du grand Condé. Le prince de Condé bloqua Paris où le parlement avait levé une armée ; peu après une amnistie fut publiée , et la paix fut rétablie (1648-1653).
Les primipaux événemeiits sont : Journée des bairlcades. — La cour à Saint- Germain. — Traité de Bueil. — (1649.) Arrestation des trois princes. — DépaK de Mazarin. — Délivrance des princes. — Majorité du roi. — > Betour de Mazarin. — Combat du faubourg Saint- ÀDloine.
Cetteguerre delà Fronde, qu'on a appelée une tragi-comédie, ne fut pas sans résultats ; elle activa les esprits et contribuât peut-être à faire naître les hommes de génie du règne de Louis XIV.
Les personnages principaux qui 8*y distinguèrent sont :
Mazarin , Condé, les deux Beauforl,de Vendôme, de Ne< mours , Bouillon , Turenne , le cardinal de Retz , les duchesses de Longueville , de Chevreuse, Mademoiselle, La Rochefoucauli, etc.
Lecture. — Mémoires du cardinal de Rets et de la duchesse de Longueville.
Traité de Westphalie. — Le traité de Westpbalie amefta quatre grands changements :
l"» Dans Tempire : il assura à la c^J, fédération germanique des droits authentiques et des moyc.s iégitimes de les faife valoir;
2» Dans la puissance autrichienne : pendant que TEspagne perdait la Hollande, TAutriche perdit tout ce qu'elle possédait
sur la rive gaudie du Rhin , et se trouva par là moins à portée de presser Tempire par les deui extrémités;
5* Dans la monarchie espagnole » qui , déjà dépouillée des Pays-Bas , perdit dans le Portugal une usurpation de soixant*) ans , ce qui lui enleva en Europe de beaux ports » et en Amérique d*immenses possessions ;
40 Dans Tantipathie religieuse : dès lors elle se calma et disparut peu à peu. Rien ne put ramener en Allemagne les guerres de religion, et, depuis, la politique seule mit indifféremment les armes à la main des catholiques ou des protestants.
Ce traité fameux , conclu à Osnabruck par les protestants, et à Munster par les catholiques, a été longtemps la base du système politique de TEurope, par l'équilibre qu'il établissait entre les diverses puissances.