‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 147 sur 162 · PRINCIPALES CLAUSES DU TRAITÉ · texte numérisé non relu

PRINCIPALES CLAUSES DU TRAITÉ

i» La Suède devint membre de l'empire : elle eut toute la Poméranie citérieure, et la plus belle, la plus utile partie de l'autre, la principauté de Rugen , la ville de Wismar, beaucoup de bailliages voisins, le duché de Brème et de Verden ; on lui donnait de plus cinq millions d'écus d'Allemagne , et le droit de présence aux diètes de l'empire.

^^ La France s'assura pour toujours la possession des trois évéchés , Toul , Metz et Verdun , et l'acquisition de l'Alsace , excepté Strasbourg; mais au lieu de recevoir de l'argent comme la Suède , elle eu donna. Les archiducs de la branche de Tyrol eurent trois millions de livres pour la cession de leurs droits sur l'Alsace et le Sondgau. La France paya la guerre et la paix , mais elle n'acheta pas trop cher une si belle province ; elle eut encore l'ancien Brisach et ses dépendances, et le droit de mettre garnison dans Philipsbourg. Ces deux avantages ont été perdus, mais l'Alsace est demeurée, et Strasbourg, en se donnant à la France, acheva de l'incorporera ce royaume.

3^ La république des Pays-Bas-Unis et la Suisse furent déclarées entièrement indépendantes de l'empire germanique.

4® Le Brandebourg reçut Hagdebonrg, Halberstadt, Gamio

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et Minden ; plusieurs autres prînees accrurent aussi leurs pessessions.

5« La liberté de religion fut proclamée pour tons les Etats, et Tégalitè de droits pour tous les réformés. On prit pour base Téut de TAIlemagne en 1624, et ce règlement fui appelé celui de Vannus normalis.

On ne vit jamais un congrès en Europe où il y eût de si grands intérêts à débattre, ni une si belle réunion d'hommes d'£lat pour les concilier.

l^ Les minisires de Tempereur étaient les comtes Louis de Nassau et de Lamberg, les jurisconsultes Isaac Wolmar et Jeao Grané ; â^ les députés de France étaient les comtes d* A.vaui et Abel Servien, auxquels on joignit le duc de Longueville, destiné à les accorder entre eux ; 3** TEspagne avait envoyé le comte Pennaranda, accompagné de Saavedra Faxardo et d'Antoine Brun ; 4® Jean Oxenstiern , fils du fameux chancelier de ce nom , et Salvius, étaient chargés des intérêts de la Suède.

Les puissances médiatrices, le pape et les Vénitiens, étaient représentés par le nonce Fabio Ghigi et Aloysio Coniarini ; mais la paix ne se fit réellement qu'entre Tempereur , la France et la Suède ; la guerre continua entre la France , la maison de Savoie , l'Espagne , et entre TEspagne et le Portugal.

A FàiSB. -- Tableau de la paix de fFestphalie, et desprinci^ paux souveraine de L'Europe en 1648 .

Paix des Pyrénées, -^ Les Espagnols avaient été exclus du traité de Westphalie par Tempereur et la France. Ainsi TEspagne continua la guerre contre Louis XIY; les troubles qui accompagnèrent la minorité de ce prince laissaient aux Espagnols la possibilité de prendre de grands avantages, d'autant mieux qu'ils combattaient avec nos propres armes; le grand Condé commandait leurs armées dans les Pays-Bus. Heureusement que Talliance de la France avec Cromwell donna un nouvel ennemi à TEspagne. Turenne remporta, en 1658, sur don Juan d'Autriche , fils naturel de Philippe II , la fiimeuse victoire des Dunes. De nouveaux succès pour la France ame« uèrent enfin des négociations de paix. Le mariage de rinfante d'Espgne, Marie-Thérèse, avec le jeune roi de France, en fot la première condition ; le retour du prince de Condé et son

réublîfêement dans ses places, la seconde. Le cardinal Mazarin se rendit dans l*fle des Faisans, siluée entre la France et PEspagne , au milieu de la Bidassoa , et lutta de talents avec le ministre espagnol don Louis de Haro. Enfin la paix fut signée le 7 novembre 1659.

La France y gagna FArtois , le Roussillon , une partie de la Flandre, du Hainaut et du Luxembourg.

L'bomhe au masque de fer. — Quelques mois après la mort du cardinal Mazarin (9 mars I66i), il arriva un événement qui n*a point d'exemple; et, ce qui est non moins étrange, c*est que tous les bistoriens en ont ignoré la cause.

On envoya , dans le plus grand secret , au cbâteau de Tîle Sainte-Marguerite , dans la mer de Provence, un jeune prisonnier inconnu , d'une taille au-dessus de rordinaire. Ce prisonnier portait dans la route un masque dont la mentonnière avait des ressorts d'acier qui lui permettaient de manger avec le masque sur le visage. Il resta dans Hle jusqu'à ce qu'un officier de confiance, nommé Saint-Mars, gouverneur de Pignerol, ayant été fait gouverneur de la Bastille, Pan 1690» Talla prendre à nie Sainte-Marguerite et le conduisit à la Bastille , toujours masqué.

Le marquis de Louvois alla le voir dans cette fie; il lui parla debout et avec une considération qui tenait du respect. Cet inconnu fut mené à la Bastille où il (ut logé aussi bien qu'on pouvait l'être dans ce château; on ne lui refusait rien de tout ce qu'il demandait. Son plus grand goût était pour le linge d'une finesse extrême et pour les dentelles. Il jouait de la guitare ; sa table était chargée des mets les plus délicats; le gouverneur se découvrait devant lui. Un vieux médecin de la Bastille , qui avait souvent traité cet homme singulier dans ses maladies, a dit qu'il n'avait jamais vu son visage , mais qu'il était admirablement bien fait ; que sa peau était brune , qu'il intéressait par le seul son de sa voix, qu'il ne se plaignait jamais de son état, et ne laissait point entrevoir ce qu'il pouvait être. Un fameux chirurgien , gendre du médecin dont nous parlons, ainsi que M. Bernarelle, successeur de Saint-Mars, ont souvent confirmé cette déposition.

Cet inconnu mourut en 1703, et fut enterré, la nuit, à In

paroisse de Saint-PauL Ce qui redouble l'étonnement, c*est que, quand on Tenvoya aux îles Sainte-Margueriie, il ne disparut dans FEurope aucun homme considérable. Ce prisonnier rétait sans doute, car voici ce qui arriva les premiers jours qu*il fut dans Tîle : le gouverneur metiail lui-même les plais sur la table et se retirait après Tavoir enfermé. Un jour, le prisonnier écrivit avec un couteau sur une assiette d*argent et jeta Tassiette par la fenêtre , vers un bateau qui était au rivage , presque au pied de la tour. Un pécheur, à qui le bateau appartenait, ramassa Tassiette et la porta au gouverneur. Celui-ci, étonné, demande au pêcheur : c Avez- vous lu ce qui est sur cette assiette , et quelqu^un IVt-il vue entre vos mains? — Je ne sais pas lire , répondit le pécheur, je viens de la trouver et personne ne Ta vue. > Ce paysan fut retenu jusqu'à ce que le gouverneur fût bien informé qu*il n*avaii jamais su lire, et que Tassiette n*avait été vue de personne. < Allez , lui dit*il , vous êtes bien hcureui de ne savoir pas lire, i

Parmi les témoins du fait que nous venons de rapporter, il y en a un très-digne de foi. M. de Cbamillard est le dernier ministre qui eut cet étrange secret. Le second maréchal de la Teuillade, son gendre, dit qu'à la mort de son beau-père, il le conjura, à genoux, de lui apprendre ce que c'était que cet homme que Ton ne connut jamais que sous le nom de Vhomme au masque de fer; Cbamillard lui répondit que c'était un secret d*£tat, et qu'il avait fait serment de ne le révéler jamais.

On a écrit dernièrement beaucoup de mémoires sur cet inconnu ; mais on ne sait encore rien de positif.

Paix de Nihègde. — Après des guerres sans nombre, des traités conclus et non suivis, la paix se fit enfin entre la France, la Hollande et l'Espagne, sous la médiation de l'Angleterre. Louis XIV y trouva le moyen de diviser les alliés, en traitant séparément avec les Hollandais , auxquels il rendit Maestricbt, dont il était encore en possession. La France acquit , par ce traité, la Franche-Comté, plusieurs villes de la Flandre et d« Hainaut, comme Valenciennes , Bouchain , Condé , Cambrai. Ce traité renfermait le germe de guerres nouvelles. Après avoir soutenu la guerre avec succès contre la moitié de l'Europe , la France était parvenue à dissoudre TiiUiance qui s'était formée

conire elle, et pouvait ainsi profiler de ses avantages contre des ennemis divisés, dont aucun n'aurait osé entreprendre une résistance individuelle. Elle n'y manqua pas, et la iuUe recommeuça.

Les principaux ambassadeurs au congrès de Nîmègue furent : pour la France, le comte d'Estrades et Golbert; pour rAutriche, révêque de Gurk , le comte de Kinski ; pour la Hollande, Van Beverning et Van Haren; pour l'Espagne, los Balbasos, le comte de Fuentès; comme médiateurs de la part de l'Angleterre, Temple et Hyde; de la part du pape, Bevilacqua.

Révocation de l'édit de Nantes. — Louis XIV révoqua redit de Nantes accordé par Henri IV en faveur des protestants, et confirmé par Louis XHI; la liberté de conscience leur fut ôtée, leurs temples furent démolis. Ces mesures impolitiques obligèrent un grand nombre de familles à sortir du royaume ; elles portèrent chez l'étranger les arts , les manufactures et les trésors de la France.

CONSÉQUERCES.

Près de cinquante mille familles, en trois ans de temps, sortirent du royaume, et furent après suivies par d'autres. Elles allèrent porter chez les étrangers les arts, les manufactures, la richesse. Presque tout le nord de l'Allemagne, pays encore agreste et dénué d'industrie, reçut une nouvelle face de ces multitudes transportées. Elles peuplèrent des villes entières. Les étoffes, les galons, les ctiapeaux, les bas, qu*on achetait auparavant à la France, furent fabriqués par elles. Un feubourg entier de Londres fut peuplé d'ouvriers français en soie ; d'autres y portèrent l'art de donner la perfection aux cristaux, qui fut alors perdu en France. On trouve encore très-communément en Allemagne Tor que les réfugiés y répandirent. Ainsi la France perdit six cent mille hommes, une quantité prodigieuse d'espèces et surtout les arts dont s'enrichirent ses ennemis. La Hollande y gagna d'excellents soldats. Le prince d'Orange, le duc de Savoie, eurent des régiments entiers de réfugiés. Ces mêmes souverains de Savoie et de Piémont, qui avaient exercé tant de cruautés contre les réformés de leurs pays, soudoyaient ceux de France, et ce n^était pas, assurément, par zèle de religion que le prince d*0 range les enrôlait. Il y en eut qui s'établirent jusque vers le cap de Bonne-Espérance. Le neveu du célèbre Duquesne, lieutenant général de la marine, fonda une petite colonie à cette extrémité de la terre ; elle n'a pas prospéré ; ceux qui s'y embarquèrent périrent pour la plupart. Mais enfin il y a encore des restes de celte colonie voisine des Hoitenlots.

A$9 tt' SIÈCLB.

OBSBRVATlOIfS.

La France, sous Louis XIV, joua le plus grand rôle en Europe et y acquit la même prépondérance que la maison d^Aulriche dans le siècle précédent. D'abord, Louis XIV raffermit la France qui avait été ébranlée après la mort de Rtclielieu, assura son territoire et releva Phonneur national. Ses guerres, souvent injustes, furent pourtant'toujours utiles, assurèrent le territoire et donnèrent à la France cette unité matérielle qu'elle a conservée depuis ; il perfectionna la diplomatie de Richelieu, la rendit systématique et la dégagea du principe religieux qui la dominait pour la rendre à la politique; son administration rétablit Tordre et Tunité, en faisant pénétrer l'action du pouvoir central dans la société, et en attirant à lut toutes les forces de celle-ci. Sa législation eut le même but, en même temps qu'elle seconda les progrès de toute sorte et favorisa la civilisation. G^est à toutes ces causes réunies qu'il faut attribuer I» prépondérance de la France en Europe au dix-septième siècle, et si elle la perdit, e'est qu'elle n'avait pas d'autre base que le gouvernement absolu et qu'elle devait tomber avec lui.

C'est sous Louis XIV que fut adopté en France le système des emprunts, malgré Golberl, qui en voyait les inconvénients ; c'est à cette époque qu'il faut fixer l'origine du crédit public, Angleterre.

COICICBirCBMBirT DBS WHIOS BT SES TO&IES Eff AffOLB-

TEBBB. — On a fait beaucoup de recherches sur l'origine de ces deux mots ; voici celle qui parait la moins incertaine : le mot whig, qui distingue aujourd'hui un des partis politiques en Angleterre, dériverait de îohiggam, mot que les charretiers écossais employaient en parlant à leurs chevaux. De là Tes charretiers eux mêmes étaient appelés whiggamoors, ou en abrégé whigs* Depuis celte époque le parti opposé à la cour, en Ecosse, était appelé par mépris whig^ et d'Ecosse le terme injurieux passa bientôt en Angleterre où il a été conservé. •

Le mot toTT, terme encore plus outrageant, fut appliqué, en 1681 et 1683 , au parti de la cour, et parait tirer son origine de l'irlandais ioree (donne-moi ton argent), mots qu'employaient les bandits irlandais, qu'on appelait de là tories. Les deux termes ont aujourd'hui perdu leur signification primitive , tellement qu'on n'est pas d'accord sur leur élymologie. Ils ont actuellement à peu près la signification suivante : tchig,\e parti qui désire l'extension des libertés du peuple ; tory, le parti qui en désire la restriction.

Il* SIÈCLE.

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