JACQUES II
De 1685 à 1688.
L'animosité des prolestants s'accrut encore par la faveur que le nouveau roi accorda aux catholiques. Des séditions eurent lieu : Monmoulh , qui se donnait pour le fils légitime de Charles II, attendu que ce roi avait épousé la duchesse de Portsmouth, sa mère, fut pris et décapité; le comte d'Argyle eut le même sort; les partis s'irritèrent; Guillaume d'Orange , gendre de Jacques 11, et rival de Louis XI f^, s'allia aux protestants ; le roi d'Angleterre voulut alors réparer ses torts, il n^était plus temps. Le stathouder débarque à Torbay, à la téle d'une armée considérable, et Jacques , abandonné même de sa fille Jnne et de son gendre Georges de Danemark, se réfugia en France; une nouvelle révolution eut lieu en 1688, les Anglais rappellent Glorieuse.
Le règne des quatre Stuarts ne fut pas cependant stérile; le commerce acquit une grande activité. L'agriculture fit des progrès; la Pensylvanîe est fondée par le quaker Penn; la marine anglaise était devenue florissante ; elle comptait, à l'expulsion de Jacques, 173 vaisseaux ; enfin les prolestants, chassés par la révocation de Védit de Nantes, vinrent apporter en Angleterre leur industrie et leurs richesbcs.
Les Anglais lui doivent linstitution de la Banque nationale, l'activité du crédit public, la fondation d'une seconde compagnie des Indes et la liberté pohtique dont Jouit encore aujourd'hui la Grande- Bre^ tagne.
Il faut ajouter, toutefois, que Guillaume ouvrit dans le parlement la carrière de la corruption en achetant les voix ; qu'il créa cette dette nationale qui pèse encore sur l'Etat.
Il n'avait aucun goût pour la littérature et les arts ; il méprisait les savants et n'estimait que les gens dç guerre.
490 f7« SIÈCLE.
GUILLAUME IIL
De 1688 à 1702.
QjnuLAVMB ixi D*o&AiiGii, élevé au sfathoudérat en 1679, rival souvent heureux de Louis XIV, contre lequel il nourrissait une animosité violente, avait épousé Marie, sa cousine, fille de Jacquet If. Au lieu de soutenir son beau-père, il sut se ménager un parti puissant en Angleterre, et blâma hautement la conduite du roi , en s'offrant comme Tappui des protestants. Ses intrigues furent cause de la fuite de Jacques IL
Guillaume débarque à Torbay le 5 novembre 1688, et va établir aussitôt sa résidence au palais Saint-James, où il reçoit les félicitations du clergé , des différentes corporations et des fonctionnaires publics.
Le parlement se réunit en convention, déclare d^abord le trône vacant, et ensuite fait passer un hill^ qui disposait de la couronne en faveur de Guillaume et de Marie, déclarés tous deux souverains.
Cependant Jacques, soutenu par Louis XIV, prend les armes; rScosse s*était rangée du côié de Guillaume III ; Tlrlande, au contraire, foyer du catholicisme, était restée fidèle au roi Stuart, qu*elle reçut avec acclamation ; le gendre et le beau-père se trouvèrent en présence su>* les bords de la Boyne (1690). La victoire se déclare en faveur de Guillaume, qui prend aussitôt Dublin ; son courage et son indulgence pour les vaincus achevèrent d'affermir la couronne sur sa tète; Jacques alla mourir à Saint Germain -en Laye que Louis Xiy lui avait donné.
Guillaume n'oubliait pas le continent; la ligue d'AugsIx)ur^ avait armé PEurope contre LoulsXiV ; il fut fidèle à sa haine pour la France. D'abord vaincu à Steinkerque et à Nerwinde (1692) par Luxembourg, il sut se venger en prenant la citadelle de Namur (1693), et en forçant Louis XiV à le reconnaître roi d*Angleterre par le traité deRyswick(1697).
La mort de Charles II, roi d'Espagne, réveilla la jalousie de TEurope contre le roi de France; Guillaume voulut prendre une part active à cette nouvelle lutte ; àlafindel70l,il8e rendit en Hollande, et, malgré ^opposition des chambres, il fit une levée de 40,000 hommes et de 4,000 matelots; mais il était extrêmement malade, une chute de cheval augmenta ses douleurs, et, bien qu'il eût conservé Pactivité de son esprit, il mourut le 16 mai 1702, dans la 5'2« année de son règne.
Marie Tavait précédé au tombeau en 1691. Chose incroyable • mafs qui caractérise bien les peuples, Cromwell avait reçu les honneurs des funérailles publiques, et Guillaume III en fut privé. Cependant Tun avait renversé la constitution britannique, Tauire Tavait sauvée. Les Anpjais disaient : « que Guillaume 111 avait été le stalhouder de V Angleterre ^t le roi de la Hollande , » parce qu'en effit il ne se
il" SIÈCI.B. 407
plaisait que dans sa patrie, où il allait souvent oublier les moriifications dont on i'abreuvailen Angleterre. (On dit méroequMl avait l*idée ^'abdiquer son pouvoir^ et qu'on trouva dans ses papiers un discours intitulé : discours prononcé à roccasioti de l'abdication de Guillaume III au trône d'Angleterre.)
OBSERVATIONS
Cette rëvolutlon fui la tentative d'abolition du pouvoir absolu dans Tordre temporel, comme la réformation l'avait aboli en Europe, et surtout en Allemagne, dans l'ordre spirituel, et c'est en ce sens qu'elle a été européenne et qu'elle a exercé une grande influence sur les esprits dans le siècle suivant.
Sous le rapport local, elle détermina le caractère politique de la nation anglaise et marqua sa place dans le système européen. Elle rétablit entre la nation et le gouvernement les liens qui avaient été si longtemps rompus, et développa tous les éléments de prospérité que contenait la nation anglaise. Cependant une remarque doit éire faite: c'est depuis l*avénement de Guillaume III, et l'intervention de ce prince dans les affaires continentales, que commence pour l'Angleterre cette dette énorme qui lui a causé tant d'embarras et qui lui en causera tant encore dans l'avenir. A Thoure qu'il est, elle s'élève à plus de 800,000,000 de livres sterling (20 milliards).
Lectvbs. •— Portrait de GuUlaume ItJ, ttnssie.
DTiTAflTiB Dxs ROBiANor. — Lcs Russcs , daus les siècles précédents, n'avaient joué qu'un rôle secondaire dans l'Europe; dans le 16« siècle , on vit le czar Ivvan WasU'iéwitz conquérir les royaumes tartares de Kasan et d^Astrakan , et commencer à réduire la Sibérie. Nous verrons ce pays, dans le 18» siècle, sortir tout à coup de l'obscurité et s*élever à un haut degré de gloire.
Avec Fédor I», fils d'Iwan» s'éteignit la race de Rurick, et pendant quinze ans la Russie fut livrée à toutes les horreurs de l'anarchie. Plusieurs imposteurs essayèrent de s'emparer du trône ; la Suède et la Pologne firent tous feurs efforts pour confisquer l'héritage de Fédor à leur profit; mais enfin les Russes, pour se défaire de ces difficultés et abattre toutes les prétentions, conférèrent par une élection solennelle la couronne à Michel Fédérowiiz , de la famille des RomanoF, alliée aux Ruricks. Alors la Russie s'agrandit et commença à prendre rang parmi les puissances européenne^.
AUemagoe.
&A BOBOaiB BSTXBITT BÉKÉOITAIilB •ÙAMB I.A KAXSOK
b'avtxiichb. — Depuis longtemps l'Autriche' songeait à profiter des dissensions de la Hongrie pour y établir une monarchie héréditaire et absolue, lorsqu^en 1660 de nouveaux troubles y éclatèrent à Toccaslon des persécutions sanglantes dirigées contre les protestants. Le palatin fVesselenr ^e mit à la tête des insurgés; mais, ayant été défait, le tribunal redoutable fil tomljer les têtes d'un grand nombre
de ses partisans. Le comte Tëkéli , fuyant la persécution, excita la Turquie à faire la guerre à l'Autriche. Mais celie-ci, victorieuse des Turcs, profita de cet avantage pour déclarer le royaume de Hongrie béréditaire dans la maison de l'empereur Léopold (1687). L'Autriche réunit de plus la Transylvanie à la Hongrie, par suite de l'abdication du prince Michel. En 1703, le jeune Ragotzky excita un nouveau soulèvement en Hongrie, et ce ne fut qu'en 171 1 que ce pays fut complètement soumis à l'Autriche. La nation n'en a pas moins conservé sa constitution et une sorte d'indépendance. Par suite de ces conquêtes l'empire turc cessa d'être redoutable à l'Autriche.
BATAILLE DB VIENNE. — Enhardts par les guerres que se livraient alors les Etats européens et cédant aux sollicitations de plusieurs d'entre eux, les Turcs rompirent la trêve de vingt ans conclue avec l'Autriche, et vinrent mettre le siège devant Vienne, le â2 juillet 1683. Cette ville semblait devoir enfin céder aux attaques vigoureuses de son ennemi , lorsque les Polonais , accourus au secours de Léopold sous la conduite de leur roi Jean Sobieski, délivrèrent la capitale de l'empire le â septembre suivant. Ces Polonais étaient les mêmes qui avaient repoussé les hordes asiatiques.
Enfin la victoire de Zante, remportée par le prince Eugène et suivie du traité de Gariowitz en 1699 , termina, entre l'Autriche et la Turquie , une guerre qui décida du sort de l'Europe en général et de l'Autriche en particulier. Cette première barrière renversée, ou ne peut dire où se seraient arrêtés les envahissemeuts des Turcs, et ce que serait devenue la civilisation européenne. E^pagoe.
szvvLsioir DBS MOUES. — L'Espaguc , que nous avons vue si puissante sous Charles-Quinl, n'était plus gouvernée que par des rois faibles,* sous Philippe 11, elle avait été encore redoutable. Ce prince n'avait pas la force et l'activité de son père, mais il en avait l'ambition, l'esprit pénétrant et vaste. Son cœur faux était fermé à tous les sentiments de la natureet de l'amitié; il se fit craindre des souverains de l'Europe, et cependant ce fut lui qui le premier mina la monarchie espagnole par les guerres ruineuses où l'engagèrent son avidité, soa despotisme et son fanatismi. Philippe III, Philippe IV et Charles 11 en hâtèrent la décadence, en abandonnant à leurs favoris toute l'administration de l'Elat. Les vices du gouvernement concouraient avec les vices de la constitution intérieure à entretenir l'anarchie. Les plus grandes places de TËtat n'étaient que des bénéfices temporaires, les propriétés territoriales étaient dans les mains de la noblesse et du clergé qui ne les faisaient pas valoir. Le défaut de circulation empêchait la formation d'aucun capital, et la puissance espagnole devait décroître tous les jours au milieu de tant de causes de misère et de faiblesse.
Philippe III chassa d'Espagne neuf cent mille Mores. La dépopulation produite par cet édit est encore une des causes de Paffaiblissement de ce royaume. Henri IV fit traiter avec humanité les Mores qui
ll« SIÈCLE. 499
passèrent en France ; d*autre8 se réfugièrent dans les Aipuxarres (1560). Le plus grand nombre de ces malheureux passa en Afrique où leurs descendants languissent sous la tyrannie du roi de Maroc, demandant chaque vendredi à Dieu de les ramener sotis le beau ciel de Grenade.
Philippe IV perdit le Porhigalja Catalogne» P Artois, et mérita qu^on le représpniât sous Pemblème d'un fossé, avec ces mots : Plus on lui ôtSy plut il est grand.
Sous Charlps II enfin s'éteignit la maison d'Autriche en Espagne» et avec elle celte gloire; cette réputation qui Pavait placée au premier rang des puissances de l'Europe.
Philippe II, maître du Portugal par la victoire du duc d'Albe, traita le pays comme une conquête, et ses successeurs, Philippe III et Phi* lippe IV, suivirent son exemple. Le Portugal fut accablé d'impôts, le commerce ruiné, les colonies perdues, la noblesse écartée, le clergé appauvri ; en un mot, les Portugais furent réduits en servitude et eurent à gémir sur tous les maux qu'elle accompagne. Ce fut dans cet état de choses, et par Texcès du désespoir, que se trama la fameuse révolution de 1640. L'oppression générale en fut la cause, Pinto Pagent, le duc de Bragance, son maître, Pobjet, et la France le moteur secret : Richelieu la gouvernait.
L'archevêque de Lisbonne et d'autres grands seigneors se réunirent en secret; ils projetèrent de chasser les Espagnols et de couronner le duc de Bragance, leur prince légitime. Celui-ci était d'un caractère doux, réservé et modeste, tout propre à endormir les Espagnols qui le considéraient trop peu pour le craindre. Sa femme , au contraire, Louise de Guzman , sœur du duc de Médina-Sidonia, possédait toutes les qualités mâles et actives si nécessaires dans les conjurations. Cette bizarre et heureuse combinaison de caractères plaça ki maison de Bragance sur le trône.
L'indolence du duc, qui vivait paisiblement dans sa terre de Bragance, entretenait la confiance des Espagnols , tandis que l'activité de la duchesse et l'intelligence de Pinto, leur fidèle intendant, ralliaient les conjurés , préparaient les esprits, aplanissaient les diffi* cultes et avançaient les événements. Au premier soupçon , ta cour nomma le duc de Bragance commandant des forces en Portugal et lui donna Pinspection de toutes les places fortes. On voulait le faire arrêter par quelques-uns des gouverneurs qui étaient tous espagnols; mats cette politique adroite échoua. Le duc , trop bien accompagné pour être surpris, parcourut le pays où il fit naître l'enthousiasme, mit à profil l'argent qu'on lui donna pour son voyage et s'aboucha avec les conjurés.
Cependant la cour d'Espagne s'inquiète; elle lui envoie l'ordre positif de se rendre à Madrid : il ne refuse pas ; mais son départ est retardé sous de vains prétextes. Enfin le matin du jour convenu, cinq cents conjurés, dans Lisbonne, fondent sur le palais ,* ils égorgent Vasconcellos, le premier ministre, s'emparent de la vice-reine et de Parchevêque de Brague et se servent de leur signature pour faire
*0« n« SIÈCLE.
Uf rer la forteresse. Tout le royaume suit Texemple de la capitale, et le duc de Bragance est roi sans combat, on pourrait presque dire sans soins et sans efforts.
Le roi d*Bspagne, Pliilippe IV, fut le dernier à apprendre Pissue de celte révolution. Ollvarès, son premier ministre, prit un tour singulier pour la lui annoncer • « Sire , dit-il , je viens vous donner une heureuse nouvelle ; Votre Majesté vient de gagner tous les biens du duc de Bragance : la tête lui a tourné ; il &*esl fait proclamer roi dé Portugal : son imprudence vous vaudra une confiscation de douze millions. » Le roi se contenta de dire : « 11 faut y mellre ordre. »
La n a lion portugaise gagna peu à recouvrer son indépendance visi-vis de TËspagne ; elle se trouva , il est vrai, dans un élat un peu plus prospère, mais elle ne put reprendre les belles possessions coloniales que la lâcbeté de TEspagne avait abandonnées aux Hollandais, et TAngleterre lui fit payer le secours qu'elle lui prêta par un traité qui commence rédifice de sa domination sur le Portugal.
LicTURB. — Tablbau SYNOPTIQUE de la révoiution du Portugal; dévolution du Porlugal^ par Vertot.
Ck>nsuUerr^//as hislorigue de Pauteur,
Italie.
mtwovtm DBS hapolitaxhs : biasahibki.o. — Le royaume de Naples, soumis au roi d'Espagne, était gouverné par des vice-rois. La tyrannie que ceux-ci exerçaient et les impôts dont ils accablaient le peuple soulevèrent les Napolitains : le pêcheur Mazaniello ( Tbomas Aniello) se mit à leur tête. Ils se réunirent au nombre de cent cinquante mille hommes; la révolte éclata, et Mazaniello fut mis à la léte du nouveau gouvernement. Ses cruautés et ses extravagances le rendirent bientôt odieux à ce même peuple qui Tavait élevé. Il fut assassiné par les ordres du vice roi.
Hollande.
ABOKXTXOH Dv STATHouBÉBAT. — Dcpuls que lo traité de
'Westphatie avait reconnu Tindépendance des Pays-Bas, Tétat florissant de cette république augmentait de plus en plus ; sa belle marine, son commerce étendu, lui attiraient Palliance des souverains, et la Haye était devenue peu à peu le centre de la politique européenne. L'Angleterre voyait tant de prospérité avec envie ; elle voulut eu vain lui faire baisser pavillon devant les vaisseaux britanniques : la guerre fut déclarée ; c'est alors que se distinguèrent Tromp et Ruyter, marins hollandais. Ruyter entre avec sa flotte dans la Tamise et jette répouvante dans Londres même. Cependant, par le traité de Sréda (1667), les Anglais obtinrent le signe de prééminence sur mer , et par celui de Westminster (1674), Cromwell, qui craignait l'alliance de la maison d'Orange avec celle des Sluarts, profila de la haine qu'on portail à Guillaume II, à cause de ses entreprises contre la liberté, pour faire abolir le êtathoudérat ; et par un article secret soutenu du ressentiment que Jean de Witt, pensionnaire de Hollande, portait
n* SIÈCLE. COI
ans sUthouderg, les Etats de UoUande s*engsgèren( à ne ]amais élire siathouder Guillaume, fils posthume de Guillaume II. Les choses étalent dans cet état, lorsque Louis XIV porta la guerre en Hollande*
«9BI111S coNTBB I.A Bo&LAWDB* -- Louîs XIV, au milieu de sa €oar, passa le Rhin avec son armée commandée par Gondé, Turenne, Luxembourg : les provinces furent envahies; les Etals se réru* gièrenl à Amsterdam. Guillaume III, prince d'Orange, fut nommé stathouder, malgré Corneille et Jean de Witt, qui furent massacrés par la populace. L*amiral Ruyter remporta la victoire dans le combat de Solby, et repoussa des côtes de Hollande les flottes de France et d'Angleterre, bientôt dispersées par une tempête.
usvB b'auosbouko coBTiiB %oviB XIV. — Guillaume, prince d*Orange, en exagérant Tambition du roi de France, forma contre lot la ligue d^Augsbourg. Elle était composée de Tempereur, la Hollande, VEspagne, le duc de Savoie , le pape Innocent XI lui-même. Louis XIV attaqua le premier, il eut des succès du côté de TAIIemagne. Le Palatinat, soumis par Louvois, fut livré aux flammes. Guillaume venait de détrôner Jacques II, son beau-père ; Louis XIV reçut Jacques II et mit tout en œuvre pour le rétablir: ce fut une puissance de plus à combattre. Ses succès sur les Anglais ne purent rendre le trône à Jacques.
Le stathoudérat fut déclaré héréditaire dans la maison d*Orange. Guillaume fut Pun des adversaires les plus acharnés de Louis XIV i il ne cessa d'ameuter TEurope, tournant toute son activité du côté de la politique extérieure et se contentant au dedans de former dans les Etats et le gouvernement des hommes qui fussent animés de ses principes , et fonda une école d'habiles diplomates qui persistèrent dans son système d'opposition constante à la France et d'alliance avec TAngleterre. C'est en effet l'esprit qui a animé la Hollande dans les grandes guerres du commencement du 18* siècle.
PAIX 9B aTs-wicK. — Après dix années de succès et de revers de part et d'autre , la paix fut conclue à Ryswick enlre toutes les puissances; Guillaume fut reconnu pour légitime roi d'Angleterre ; la France conserva l'Alsace et la partie de Saint-Domingue quVlle avait conquise avant cette guerre ; l'Espagne recouvra tout ce qu'elle avait perdu en Catalogne et dans les Pays-Bas , et le duc de Lorraine fut complètement rétabli dans ses possessions ; entre la Hollande et la France il y eut restitution réciproque et traité de commerce.
Les principaux ambassadeurs à ce congrès furent , pour la France^ de Callières et de Harlay ; pour TAngleterre, le comte de Pembroke, lord Lexinglon ; pour la Hollande , Heinsius , Jean Boreel ; pour PEspagne, don Quiros ; pour l'empereur, le comte de Kaunitz.
Par ce traité la France, qui commençait à s'épuiser, réussit une nouvelle fois à diviser les intérêts et à dissoudre la coalition dont elle avait tant à craindre; et de leur côté les alliés réussirent à constater et à aff'ermir la liberté et ^indépendance réciproque des Etats de TEurope, à faire reconnaître le principe d'équihbre dont le maintien importait tant à son repos. 43.
SrS i1^ SIÈCLE.
Snède.
0178TATS A sotPBs.— Depuis la mort de Gustâve-Wasa, en 1560, Ipsannatesde la Suède offrent peu d^événementsremarquahles; mais les destinées de ce pajs changèrent complètement à TaTénement de Gustave- Adolphe, fils et successeur de Charles IX. Il rétablit les finances épuisées, remplit ses ports de vaisseaux, disciplina admirablement ses armées et acquit, par ses exploits, la réputation de grand capitaine. La guerre de Trente Ans mit son génie au grand jour. Les protestants confédérés le placèrent à lenr lêle ; Gustave prouva bientôt qu'on ne Tavait point revêtu d'un vain titre: en 1621, il battit â Leipsick les Impériaux commandés par Titly; Tannée suivante , il leur porta des coups plus décisifs dans les plaines de Luizen où Walstein était à leur tète (18 novembre 163S). Frappé au milieu de son triomphe, ce prince laissa aux habiles généraux formés à son école la gloire d^avoir affranchi rMlemagne : une fille de cinq ans , unique postérité du grand Gustave, fut proclamée souveraine par ses soldats encore plongés dans la douleur; ses généraux continuèrent de faire triompher les armes suédoises , tandis que Thabilelé du chancelier Oxenstiern^ premier ministre, conservait encore , dans toutes les cours de l'Europe , l'influence que les victoires de Gustave-Adolphe avaient acquise à la Suède.
ABsxcATioiv DE cainsTiNB ; cBAKLEd X. — Le fègne de Christine n'offre pas d'événements très-remarquables. Celte reine fit fleurir les arts: elle s'entourait de savants; Descartes et Grolius étaient ses amis. Jalouse de sa rrt)erlé, elle ne voulut pas se marier, et abdiqua, en 1614, en faveur de Charles-Gustave, son cousin, de la maison des Deux-Ponts. Ce prince guerrier se disposait h soumettre la Pologne , et était déjà engagé dans une guerre très-vive , lorsqu'il mourut subitement au milieu de ses projets.
FORTKAXT SB CHRISTINE. — Ccttc priocessc moutra, dès sa jeunesse, une grande pénétration d'esprit, mais une indépendance de caractère peu propre à gouverner sagement un Etat : aussi l'amour de la liberté, autant que celui des lettres, lui inspira le dessein d'abandonner un peuple qui ne savait que combattre : elle abdiqua la couronne à vingt-huit ans et quitta la Suède peu après. Christine , travestie en homme, quitta le Danemark , se rendit à Bruxelles, y embrassa la religion catholique, et de là passa à insprudc, où elle abjura solennellement le luthéranisme. Elle fit un voyage en France où la cour de Versailles lui rendit de très-grands honneurs; c'est alors qu'elle fit assassiner son grand écuyer Monaldeschi, dans la galerie de Fontainebleau. Cet assassinat resta impuni; mais il inspira pour Christine une horreur générale. Enfin elle se fixa à Rome où elle mourut en 1689, dans sa soixante-troisième année. On reprochera toujours à cette princesse ses bizarreries, son humeur, l'emploi dangereux qu'elle fit de son esprit et de ses connaissances, et enfin sa conduite toujours légère, toujours inconséquente, et criminelle au moins une fois.
lrctvrs. — La tragf^die de Christine ^ par M. Alexandre Dumas.
11* FIÈCLE. 803
CHAKiBs-GVSTATs. <•• Foimé à T^colc du grand Gustave- Adolphe , ambitieux fi pt«in d^activilé, Charles -Gustave porta sur le trône ses projets de conquête , et les poursuivit sans relâche pendant tout son règne. Jean- Casinnir, roi de Pologne , flis de Sigisinond qui avait été élu roi de Pologne en 1587, et que son oncle Charles IX dépouilla du trône de Suède , voulut faire valoir ses pré* tentions. Ce fut une occasion pour Gustave de commencer la guerre et d^essayer la réalisation du projet de former des trois royaumes du Nord une vaste monarchie; il prit Varsovie, et, malgré la Russie, PAutriche et le Brandebourg qui s^étaient déclarés contre la Suède , il força, par le traité de fioskild , le Danemark à lui céder plusieurs provinces. L^année suivante, tourmenté par son ambition, il alla mettre ie siège devant Copenhague; mais l'Europe se souleva contre lui; il fut obligé de se retirer et mourut subitement en 1660. Alors rii^n ne s'opposa plus à la conclusion d'une paix définitive, et le traité de Copenhague avec le Danemark , ainsi que celui d'Oliva avec la Pologne, assurèrent la prépondérance de la Suède. Par cedernier traité, l'électeur Frédéric-Guillaume obtint Pindépendance du Bfandebourg soustrait désormais à la suzeraineté de la Pologne. Ce fut aussi à la suite de ces guerres que la couronne du Danemark fut déclarée héréditaire dans la famille du prince régnant Frédéric III, et le roi souverain absolu, en vertu de Vacte de souveraineté et de la loi royale publiée en 1661.
Lbctube. — Révolutions de Suède, par Yertot.
Tarqale.
RèGVi; DE MAHOMET XV. — PAIX DE CARtOV^ITZ. *~ LVni-
pire turc, autrefois si redoutable, s'affaiblissait de jour en jour par la mollesse et la stupidité de ses sultans. Les janissaires, milice effrénée et indisciplinée, usurpaient sur le trône le même droit que les gardes prétoriennes s'étaient arrogé dans l'ancien empire romain. Cependant en 1667 le siège et la prise de Candie sur les Vénitiens, après vingtquatre ans de guerre, firent honneur h leurs armes. Cette conquête est due au fameux Achmet Kouprouli, vizir de Mahomet 17. Les Vénitiens, en rendant la ville de Candie, conservèrent dans Ttle ft dans les Etats adjacents trois {iUce^^%diWO\T:iSuda,Spinalongua{^x Garabusa^ Le règne de Mahomet n'offre d'ailleurs qu'un lissii de guerres; celle de Hongrie fut des plus funestes à l'empire ottoman. Une ligue puissante, formée entre rAulriclie, la Pologne, la Russie et la république de Venise, accabla les Turcs. Ilsejsuyèrenl de grands revers dans celte guerre, ainsi que nous venons de le voir. Imputant ces malheurs à la mollesse de leur sultan, ils le déposèrent. Mustapha II, troisième successeur de Mahomet iV , termina cette lutte funeste par la paix de CarJowilz qui suivit la bataille de Zante. Les Turcs y perdirent toutes leurs possessions en Hongrie, à l'exception de Temeswar et de Belgrade. Ils rendirent à la Pologne la forteresse de Kaminiec, avet la Podolie et la partie de l'Ukraine en deçà du Dnieper , qui leur avait été
SOé il* SliGLB*
cédée par les (raîtés antérieurs. Les Téiritiens obtinrent, par leur traité avec la Porte, la cession de toute laMorée, dont ils avaient fait la conquête pendant la guerre; celle des tles de Sainte-Maure et de Leucade, de même que les forteresses de Dalmatie , Chinim , Sing , Gabella , Castelnovo, Bisanete. Enfin la Porie renonça au tribut que la république de Venise lui payait auparavant pour Tlle de Zanle, et la république de Raguse fut maintenue dans son indépendance à regard de celle de Venise.
QVAT&xàMS SIÈCLE LXTTÉ&AXRB.
DE EOmS JLlYf
ou DES FRANÇAIS.
Nommer ce siècle, c'est présenter à la pensée tout ce que la pntr<>sophie, les sciences et les arls peuvent déployer de plus brillant: réunion extraordinaire quia surpassé tout ce que ranliquité offrit déplus grand. La Grèce et Tltalie ont eu leurs périodes glorieuses ; la France devait avoir la sienne. L'Angleterre peut aussi exiger une part de cette époque mémorable; mais le règne de Louis XIV a fait prendre à la France une supériorité littéraire sur toutes les nations, que rien ne peut lui ravir. Dans cette aflEluenced*bommes célèbres, nous nous contenterons de nommer les principaux.
rBAiiGB. — Morale et religion : Pascal.
Mélaphysfque : Malebranche, Descartes.
Poésie : Corneille, Racine, Boileau, Molière, Regnard, La Fontaine, Quinault.
LiUéralure: La Motle-le-Vayer, La Rochefoucauld , Saint-Evremont , Arnaud , Nicole , La Bruyère.
Sciences: Ménage, les Dacier, d'Ablancourt, Perrault, Cousin, Pascal,
Histoire : Saint-Réal, Fleury, Mézeray, Rapin de Thoyras, Rollio.
Poésie latine : SanteuiK Rapin, La Rue.
Genre léger: M°>« Deshoulières, Racan, Benserade, Segraia, Boursault, La Fare, Chaulieu, La Fayette, Scudéry, La Sablière, Sévigné.
Discours : Patru, Lamoignon, Bourdaloue, Fléchier, Bossutt, Massillon, Fénelon.
AATXflTBs. — Musique : Lulli, Campra.
Peinture : Le Poussin, Le Sueur, Le BruD, Mtgnard, Jouvene NoUl et Antoine Goypel.
Sculpture : Girardon, Piifçpt.
architecture : Perrault, Mansard, Blonde).
Gravure : Âudran, Sébastien, Leclerc«
Jardin : Le Nôtre.
AWGLBTSRRS. — Poésîe : WiMon^ Dryden, Cowley, Prfor, Addi^ son, Otway. Rowe.
Philosophie : Lo( ke.
Physique : New ion.
Politique : Hobbes.
Astronomie : Halley.
ITALIE. — Sciences : Muralori.
BOLLAHDB. — PhUosophic : Spinosa.
Peinture : Van Dyck, Rubens, Rembrandt, Gérard Dow.
PIÉMONT. — Astronomie : Gassini.
Ai.LBMAGifE. ^ Astronomic : Kepler.
Tabls&c stnoptiqdb, comme celui de François !«'• Église.
8AIWT ▼iHCEiTT DB PAULB sc distingua par une foule d'établissements utiles, parmi lesquels nous distinguerons : l» la congrégalion des prêtres de la Mission, nommés Lazaristes;- 9° l^institut des Filles de Charité, destinées à soigner les malades ; 3» Thôpital des Enfants Trouvés, celui de Bicétre, de la Salpètrière. Sa charité était une sorte de providence ; quelques paroles de ce saint homme attendrissaient les cœurs, les rendaient sensibles aux maux des infortunés. Ge bienfaiteur de rhumaniié, ce héros de la charité chrétienne, était né à Pouy, diocèse d*Acqs, en 1567, de parents pauvres : il reçut Tordre de la prêtrise en .1600. Dans un voyage par mer, de Marseille à Narbonne , il fut pris par les Turcs et conduit en captivité. Il ramena à la foi de ses pères un des patrons, qui était renégat, s'enfuit avec lui, et aborda à Aigues-Mortes en 1607. Ayant été chargé de quelques affaires par Henri IV, il se fit connaître de Louis XIII, qui lui donna Tabbaye de Saint-Léonard de Chaume; il devint ensuite aumônier de la reine Marguerite. Saint Vincent de Paule mourut le 37 septembre 1650, âgé de près de quatre-vingt-cinq ans ; Clément XII le canonisa le 16 Juin 1757.
hm» JABsÉHisTBs. — Jausénlus, évéque dTpres, laissa en mourant un livre intitulé VJugustinus où il avait commenté la doctrine de saint Augustin sur la grâce; aussitôt sa publication, cet ouvrage fut attaqué et défendu avec acharnement. Deux partis se formèrent, les Jansénistes et les Molinistes ; ceux-ci soutenaient les opinions du jésuite Molina sur la grâce et te libre arbitre. La doctrine de Jansénius fut solennellement cotklamnée. Louis XIV appuya les décisions de l'Eglise.
Le Jansénisme, comme -adversaire du Jésuitisme, provoqua Tesprit d'investigalion et fit regagner à la France ce qu'elle perdait par l'e^c-
806 Vi^ 8IÈCLE.
pulsion des protestants. L'influence des Jésuites dans les affaires de t'Europe donna encore un caraclère politique au Jansénisme qui joua alors le rôle d'opposition.
DÉGLABATXOV DV CLBAGé SB F&AVCB. — LfS dlSCU^SiOUS de
Louis XIV avec Innocent XI au sujet de la régale amenèrent en 1682 la convocation d'un concile national, où furentdressés quatre arfictes relatifs à la puissance ecclésiastique et aux principes des relations du clergé avec la cour de Rome ; ils furent rédigés par Bossuet, et portalent : 1» que le pape n*a aucune autorité sur le temporel des rois ; 3« que le concile est au-dessus du pape; 3o que la puissance apostolique ne doit pas porter alleinle aux libertés de TEglise gallicane; 4o que les décisions du pape ne sont irrévocables qu'après que TEglise les a confirmées. La convocation de celle assemblée fut un des derniers actes du ministèee Colbert.
Orient.
cONQmÊTfi Bs lA cAiftE. — Les Tarlarcs-Mantchoux, qui aulrt»fois avaient été chassés de la Chine, y rentrèrent secondés par les Mongols. Ils mirent sur le trône la famille des Tal-Tsings, qui est la vingt-deuxième dynastie.
L'empereur Hoai-Tsong ne connut qu'au dernier instant, et quand ils étaient irréparables , Pétendue de ses malheurs. Quand il vit que les Tartares avaient été introduits dans Pélcin, et que les portes de son palais leur étaient livrées, il se pendit à Pun des arbres de ses jardins.
AVREifo-zEB AUX 1RBE8. — LVmpirc fondé dans les Indes par Cabor était tombé par la mauvaise conduite de ses princes. Aureng- Zeb le releva, et fut le chef le plus illustre de cet Etat qu'il gouverna i*nviron cinquante ans, après avoir enfermé dans une prison son père et assassiné ses frères. Il s^affermit par la dissimulation, étendit prodigieusement son empire par sa valeur et devint redoutable à aea voisins. Sa succession causa de grands troubles dans les Indes.
Lbctuke. — Biographie d'Jureng-Zeb.
RÉFUXIONS
f UR LE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.
Au milieu de foutes les guerres qui ensanglantent le 17* siècle, deox faits se font remarquer ; c'est l'organisation du commerce et la naissance de l'économie politique. La prospérité dont avaient joui l'Espagne et le Portugal étant attribuée à leurs colonies, on voulut rivaliser avec eux ; les richesses que valaient aux Hollandais leurs entreprises maritimes enflammèrent de plus en plus Témulation ; il y eut dès lors concurrence ; et quand chaque nation posséda des établissements coloniaux, Jalouse de conserver le monopole des produits qu'elle en tirait, elle étahlit des règlements qui le lui assurassent, et c'est ainsi que fût créé durant cette période le système qui fut appelé mercanttVe. Mais, privé que Ton était encore des lumières de l'expérience, on méconnut le principe de la prospérité, et le système des prohibitions et
m^ SIÈCLE. SOI
dtt monopole, qui fut généralement adopté, nuisit longtemps aux développements du commerce et de Pindustrie.
Quant à réconomie politique, on comprit que les Etats puisent toute leur force dans la richesse nationale, et Pon fil tous ses efforts pour accroître cette richesse. Mais les vues étant encore incertaines , les moyens furent souvent mauvais, et l'on ne connut pas les saines doctrines. L'entretien d^armées permanentes et nombreuses exigeait des sommes immenses ; on se persuada que la principale richesse d'une nation consistait, non dans sa valeur territoriale, mais dans son numéraire ; dès lors tout l'encouragement à l'industrie eut pour but l'acquisition d'une plus grande quantité d'argent; et comme les fabriques et le commerce maritime fournissaient à la Hollande un immense numéraire, on favorisa exclusivement les fabriques et le commerce des mers. C*est ainsi que fut créé l'esprit mercantile et que l'économie politique, en négligeant l'agriculture, dévia de la droite voie pour entrer dans une roule d'erreur qui, plus tard, amena dans l'Europe une longue crise.
CAaAGT±&B. — Développement du système d'équilibre. — Etablis* sèment du crédit.— Prépondérance maritime et.coutinenlale de l'Angfeterre. —Décadence du pouvoir royal.
ÉVÉNEMENTS
7&AXfCB. — 1716. Système de Law. — 1761 . Défaite des Français.
— 1768. Cession de la Corse. — 1773. Suppression des jésuites. ^ 1789. Révolution française. — 1793. — Mort de Louis XV i. — Première coalition contre la France. — 1795. ConsUtution directoriale.
— 1796. Campagne dilalie. — 1798. Expédition d'Egypte. — 1799. Retour de Bonaparie. — Consulat.
AVGLBTEKRE. — 1702. Règne d^Anne. — 1714. Avènement des Brunswick- Hanovre. ^ Règne de George III. — Colonies. — 1783. Indépendance reconnue des treize Etals-Unis d'Amérique. — 1798. Révolution de Saint-Domingue.
&V8AXE. — 1721. Pierre le Grand, empereur. — 1762. R^jne de Catherine IL
ALLEMAOïrs. *- 1765. Règne de Joseph II.
r&ussE, — 1701. Maison de Hohenzollern. — Frédéric , électeur de Brandebourg. ^ 1740. Règne de Frédéric IL
«UB&ABft D*soAOPB. — 1700-1713. Gucrre de la succession d'Espagne. — 1733-1738. Guerre de U succession de Pologne. — *7^9-
6\XI Ib® 8IÈGLE«
1748. Guerre de la succession d'Autriche. — 1756-1765. Guerre &t Sept Ans.— 1777. Guerre de la succession de Bavière. — 1779. Paix de Teschen.
•viDB. — 1697. Règne de Charles XII. — 1709. Bataille de PuUawa. — Faction des chapeaux et des bonnets en Suède* — 1773. Révolution en Suède. — Gustave lU.
FOLOGVB. —1796. Insurrection en Pologne sous Koszciusko.— 1705. Troisième partage de la Pologne.
teusE. " 1798. Exil de Pie YI.
TUBQvxB. — 1714. Guerre des Turcs et des Yénitleos. — Paix de Passarowitz.
jrsiB.— 1717. Tbomas-Kouli-Kan en Perse.— 1799. Mort de Tippoo- Saëb.
dAcoutsutbs. — 1717. Bleu de Prusse. — 1723. Palais JBaurbon. — i713. Inoculation. — 1733. Mesure d*un degré du méridien. — 1740. Première exposition de tableaux. — 1740. Microscope solaire. — 1751. £cole militaire. — 1763. Paratonnerre. — 1755. Petite poste. — 1762. Halle au blé. — 1762. JEcoiè vétérinaire. — 1764. Sainte Geneviève. — 1766. Réverbères. ~ 1766. Porcelaine. — 1768. Pont de Neuillx^ — 1771. Hôtel dît Monnaies. — i774. Ecole de médecine. — 1781. Planète d'Herschell.^ \7%Z. Aérostats. — 1790. Télégraphe, - 1790./^accwa.
DÉVELOPPEMENT
ffranee.
Cession de la Corse a la France. — La Corse , saccessive^ ment conquise parles Carthaginois, les Romains, les Gotlis, les Arabes et les Italiens, s'était donnée de plein gré aux Génois, en 1554. Mais le joug qui pesa sur elle devenant de plus en plus insupportable , elle tenta de s'en affranchir par les armes. Les d'Omani secondèrent de tous leurs efforts cet affranchissement, et pltfs tard les Giafferi, Hyacinthe et Pascal Paoli y employèrent aussi tous leurs efforts sans pouvoir y parvenir, lorsque enfin le sénat de Gènes céda tous ses droits sur la Corse à la couronne de France par un traité signé à Compiègne, en 1768. Le comte de Vaux, secondé du marquis de Marbœuf, soumit l'Ile qui, depuis ce temps, est demeurée à la France.
Système de Law. — Louis XiV était mort en i7l5, et son arrière-petit-fils Louis XV, encore enfant, lui avait succédé : le duc d'Orléans fut déclaré régent; ce fut vers ce temps que Law, fameux Ecossais, vint à Paris, et s'enrichit promptement par rétablissement d'une banque et d'une sociélé du MississiDÎ, au
ts? si|:glb. sfli9
moyen àe laquelle oq devail, e^i pfta de (en)p9, p^iyer ^^9 d^t(e^ clç TEiat, ç( procurer a|i^ aciioonajres de^ proÇ($ con$idér£^)bi|es; il remplaça la monnaie par le papier, et discrédita tellement \p nqoiéniire qae Ton en ë^iit venu à dire d^n9 H» msirché : fç^ avez de Cor; n'en de fait. Il se manifeç^ alors une prodigieuse activité ; de^ fortunes imn^çnses s*élevs|ieut ep uq joyr , çit I21 rue Quincampoii;, où se faisait Ta^to, fut |e berceau d^ |a Course. Lawfutnopimé contrôleqr général ; luais sop système i)'avai( pas d^ has^ solide ; d*ail|eurs le gouverpemei^t entrava ses opé'ratious. L'édjt (|u 21 mai 4720 imposa Tacceptation forcée des billets fJoptPH ne voulait plus , ^( fut bientôt suivi de la ruine des particuliers, delà banque ^jde F^tat. Laiy disgracié, après avoir opéré en France la révolution financière la plus désastreuse, se déroba à la vengeance du peuple , et se relira à Venise où il mourut dans la pauvreté , après avoir donné toute sa fortune à la France. Malgré la déplorable issue de son système, Law peut cependant éire considéré comme le vrai fondateur du crédit en France; il y introduisit la théorie des finances qu*on ne con-* naissait pas, et que Texpérience perfectionna dans la suite.
LscTDBB. — Système de Zaw^ par M. Thiers* — Histoire do fa régence, par Lemontey, et celle de Lacretelle.
Suppression des jésuites. — Pendant le règne de Louis XV. on vit plusieurs guerres déchirer TEurope ; la France y prit une part active ; les traités de Paris et d*Hubertsbourg ramenèrent pour un instant le calme. Pendant ce temps, les esprits conomeuçaient k fermenter en France, plusieurs partis se formaient. Dès longtemps quelques causes particulières préparaient la chute des jésuites. Le parti janséniste était deveim assez puissant; 1^ écrivains du siècle, en signalapt lestons qu'on pouvait avpir à leur reprocher, mirent contre eux la plus grande partie de TEurope ; enfin, la société des jésuites fut supprimée snccessi» vement en Portugal (par le marquis de Pombal) , en France (par le duc de Cbojseul), en Ei^pagne; mais en Italie le pape Clément XIU soutint leur cause de tout son pouvoir et s'aliéna presque toutes les puissances; le pape Clément XIV, son successeur, entraîné par Timpulsion générale , prononça la dissolution de la société des jésuites, dans une bi^lIe pqbliée Ip i6 août 1773. Us ont reparu depuis d;|os plusieurs des fïtats
LÉTI. i3
SM tS^ SifcCLE.
qui les avaient éloignés, et maintenant encore ils sont en possession d*une grande influence dans les Etals catholiques de rAllemagne.
On ne peut nier que les jésuites aient rendu de grands ser- TÎces aux sciences et aux lettres; à leur disparition , le monde catholique se trouva privé des ressources que lui présentait ceue société pour Tinsiruction de la jeunesse, parce qu'on n'avait rien préparé d*avance pour remplacer le vide qu'ils hissèrent. Leur chute fut considérée comme un triomphe de Fesprit philosophique alors si puissant; les principes quils s^efforçaient de soutenir avaient fourni des armes contre eux.
Lkcturi. — Lettres provinciales de Pascal. ^De ta destruction des jésuites en France.
BÉTOLVTION ffBÂNÇAISE.
CAUSES
i^ La trop grande extension du pouvoir royal;
S« Le dérangement des finances qui commença sous Louis XIV ;
S* LMmmoralilé des classes élevées et du gouvernement sous la régence;
4* Les écrits de Montesquieu, Voltaire et Rousseau, qui attaquent les préjugés et jusqu'à la base de la société ;
50 La résistance opiniâtre aux réformes demandées et aux lumière croissantes;
6* Le vieux ressentiment des classes moyennes et des classes infé rieures.
OBSERVATIONS
Telles sont les principales causes de la révolution française. Nou« les avons vues se développer dans le cours de celte histoire; nous avons trouvé et reconnu tous les éléments d*une nouvelle société, d*une constitution nouvelle^ et quand ces éléments ont été développés, quand tout a été mûri , alors la vieille société s*est dissoute, le passé s^est écroulé pour faire place à Tavenir , et la révolution s^est accomplie. Elle a été une nécessité ; elle se préparait depuis dix siècles, elle était «n germe dans tous les grands événements que nous avons étudiés,
18* SIÈCLE. filt
la féodalUé , les communes , rétablissement des états généraux , du pouvoir absolu, la réformation ; chacun y a contribué pour sa part« tous ensemble Pont formée , et elle n'en est que la résultante. G*est dans cet esprit quMIfaut étudier rbi8toire,si on en veut retirer quelque utilité ; dans le présent et le passé il faut chercher Tavenir, parce que le présent et le passé sont gros de l'avenir, a dit un célèbre philosophe. Les causes que nous venons d*énumérer ne seront donc pour nous que des occasions , des causes auxiliaires , et nous saurons eo apprécier la valeur.
Lorsque Louis XVI » peiit-fils de Louis XV, monta sur le trône en 1773, une grande agitation régnait dans les esprits; la guerre pour Tindépendance de rAmérique du Nord, à laquelle la France donna un puissant appui , éveilla dans tons les cœurs des sentiments énergiques de liberté. Mais cette guerre ne fit qu'ajouter à la pénurie du trésor. Un déficit de cent quarante millions fut constaté dans rassemblée des notables en 1787, par Necker, ministre du roi. Les moyens proposés pour le combler , contraires aux intérêts de la noblesse , amenèrent la résistance et Texil du parlement. Les esprits s'échauffèrent; le parlement rappelé fit, le 4 mai 1788, des remontrances à Louis XVI, et demanda la convocation des états générau'*. Tout rendait cette mesure inévitable , Tétat désespéré du trésor et le vœu fortement prononcé de la nation. Les états gén/^raux sont enfin convoqués à Versailles pour le 5 mai 1789 ; il y eut bientôt lutte entre les ordres t entre le tiers et le gouvernement. C'est alors que Mirabeau dit à Tenvoyé du roi qui ordonnait aux états, après un lit de justice, de quitter la salle des séances : c Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté c du peuple , et que nous n'en sortirons que par la force déis c baïonnettes; > mot qui caractérise la révolution entière. Cependant le roi profite des troubles qui s'élèvent dans leur seiQ pour faire fermer le lieu des séances. Mais les députés , réunis au Jeu de Paume , font le serment de donner une constitution à la France. Le peuple de Paris s*insurge et prend la Bastille. Les états généraux, si énergiquement soutenus, se constituent en Assemblée Nationale et décrètent Tabolition du régime féodal, dans la nuit du 4 août. Cette abolition fonda le gouvernemeat populaire sur les débris de Tancienne constitution. La révolution était accomplie. Louis XVI, contraint d'accepter la coosti-
«li 18^ SIÈCLE.
lotion de 4794 , ne tarda bas à sentir les eflêts db .U^jpniss^^nce pojputdiré lorsque, arrêté a Vàrehhes au moment où il chercha à sortir de France « il fut ramené et gardé à vue dans son pahis. Une résistance mal calculée aut décrets de VJssembîée Lé^ lOLtivey qui aVàit succédé à là CoiUtituante, etaspéra l,es esprits, ekcités d'ailleurs par le club des jacobins : cette exaspératioQ is'accrut encore par rapproche des armées étrangères et le manifeste de Brunswick. Le roi, attaqué et pris aux Tuileries, est conduit devant l'assemblée et de Uàt) Teiliiplé avec sa &mille. Le trône est renversé (40 août 4792).
PaEAiÈRfi GdÂUTioN. — Daiis ce moment les Prussiens envahissent la Champagne, mais ils sont battus à Taf my par l'arhiéte française, sous les ordres de Dumouriez et de Kelfermann. Cette invasion, dirigée et suscitée par les émigrés de Cdblentx , é^t le signal des scèneà horribles des 2 et 3 septembre 4792, où d*ittnocentes victimes furent immolées en expiation d'une attalque insensée. Les enneïoiiis sont repousses sur tous les points di& la frontière.
C*est alors que eomknence le grand rôlb de l'Angleterre dans les affaires continentales; c'est alors qu'elle va avoir viraitiieot une immense prépondérance en Europe. Ces tasties coalitions qui vont se former contre la France ne pouvaient se soutenir que par des sommes immenses; l'Angleterre seule pouvait les fourbir» car la Hollande, épuisée par ses guerres dadix-septièttae siècle, était déchue de son ancien éclat. Elle devint donc, noft-^ufement le lien universel, mais elle eut encore*, nécessairement ^ H direction de la guerre, et Pittfut le courtier de toutes led puissances de l'Europe. Aussi en peu de temps la dette de l'Angteterre devint effrapnte \ et aujourd'hui encore ce royaume se ressent de ces sacrifices.
Co]^vENTiof« iiÂTiONÂLk, RÉPb&tliQtJfa FRAiSçÀiSE. ^— Le 24 Septembre 1792, s'otivre la troisième assemblée, appelée C&nmn" tion nationale. Le 22, sur la proposîtioh deCoUot-d'îierbdi^, la royauté est abolie ^ la république proclamée , et le 24 Janvier 4793, Louis XVI est décapité. MaHe-Antôinette , isoh épouse, et Madàthe Elisabeth, sa soeur, subissent le m^éiàie sort fja république, fièré de ^es triomphes^ déclaré la guerre à l'Angleterre, à la Û^ollande et à l'Espagne , taudis qu'une coalition fo^-
tS* SIÊCLC. 615
niidàbfe, dont le minisire William Pitt est le moteur, menace la France. La Convention détrète qù^elIé doAïi^erà aide et assistance à tous les pétipfeâ ^Mi voudront recouvrer leur liberté. Le l^rincipe de 89 était faussé*. NéatimôinS la Convention fût ^ande. Menacée par TËut^ope enti'èné , trôtkVànt là France et Farmée dati§ )a pliiâ complète désorganisation, sans trésor, sans alliés, elle fit face à toilit. Tout citoyen est soldât^ dit-eile, et quatorze arnà^e^ mfarchèrent stir les frontières pour faire face à Tennemi. Maiâ elle est marquée d'un stigmate de sang pal* l'assassinat du roi et la création du comité de salât public*, tribunal revêtu d'une puisàsance diclatorralè isUr 1e^ biens 'et ^tir les personnes, et de plus par laisanguinaire loi des Suspecta, qài en fut te corolhire.
Révolution du 9 thermidor. — Deux factions divisaient la Convention : d'un 'côté hè'girondii^ bu modérés, de l'autre les frtoniàgnarâs ou e)caltéâ révolutionnaires. Robespierre, qui gouverne ceux-ci, tout à la fois chef de club et d'an parti fougueux, décime impitoyàbteàient les girondins qui ne jouissent pas de la nième popularité. La (erreur est portée à son comble, le^ forfaits les pius épouvàtAables se commettent au nom de la liberté. Tontes les villes dé France sont inondées de sang. De nobles victimes montent à l'échafaud. La vertu est poursuivie. Un morne eA^roi glace tous les coeurs et se peint sur tous les Visages. La mort frappe à la porte de tous Ceux que signalent leur probité et leur vertu. Âucunre voix n'ose s'élever, et le Silence cependant est un crime. Leis églises sont fermées, on A'ose pas prier tout haut, on n'ose pas avouer la religion de ses pères!... Robespierre règne; mais Taille^ , Vadier, Billaud et Fréron, épouvantés des menaces du tyran révolutionnaire \ le dénoncent à leur tour. Trop faible pour résister à cet t)rage , Robespierre meurt sur l'échafaud. La France respire.
Directoire. — Tandis que la Convention se déchue ellemême, les Victoires des armées françaises à Tournai, Hondschoote et Fleurus leur ouvrent le chemin de la Hollande y]ui prend le nom de république batave- Toute la rive gauche du Rhin est conquise et assurée à la France par la paix de Bftle , Conclue avec la Prusse le i7 mai 1795. L^spagne accède à cette pai^ qui déjoue la coalition. La conquête de la Hollande
014 i9^' &l£Cl.^*
encbatna cette république au sort de la France, assura la possession de la Belgique et ferma le continent aux troupes de TAngleterre. En même temps, cette dernière puissance hérita du commerce des Provinces-Unies , et la guerre qui survint lui laissa Tespoir de s^emparer de leurs colonies. Le 26 octobre de la même année, la Convention, triomphante, termine ses séances, après avoir fait accepter la constitution de Tan nu Le nouveau corps législatif, divisé en deux conseils, celui des Anciens et celui des Cinq Cents, succède à la Convention , et le Directoire au comité de salut public. Les cinq membres du Directoire sont investis du pouvoir exécutif. Cétait une image imparfaite d*une chambre haute et d*une chambre basse. Mais la séparaiion des deux pouvoirs ne pouvait que faire natire entre eux de promptes dissensions.
Campagne dItalie. — La retraite de la Prusse et de TEspagne laissait à rAutriche seule , et à quelques Etats du nord de TAIleraagne, tout le poids de la guerre. La Russie avait bien accédé à la coalition, à la sollicitation de TAngleterre ; mais le concours de Catherine ne fut guère effectif, et elle se contenta d^envoyer une escadre en Angleterre. Le Directoire, pour forcer rAutriche à la paix, pénétra dans ses Etats avec deux armées; mais Tarchiduc Charles battit Jo'urdan , et Moreau ne put tenir devant lui. Après la brillante retraite de ce dernier sur le Rhin, Tlialie devint le principal théâtre de la guerre. Les victoires de Montenotte. Millésime, Mondovi, Castiglione, Arcole et Lodi , donnent à la France la Savoie et le comté de Nice, tandis que la prise de Mantoue, signalée parla destruction de quatre armées autrichiennes, ouvre aux Français le chemin de FAutriche. Bona« parte accomplit ces prodiges à Page de 26 ans , et fonde , sur le modèle du gouvernement français, les républiques cisalpine et ligurienne.
C'est ainsi que la France corrobore sa domination en Italie par rétablissement d'Etats libres , sur le modèle du gouvernement français. La Corse est reprise aux Anglais qui la possédaient depuis trois ans; Tarmée française pénètre jusqu^au cœur de TAutriche et menace sa capitale. Venise » tombée depuis un siècle dans foubli et qui avait pris le parti de la neutralité, estsacriâée par FAutriche pour obtenir la paix. Elle la
partage avec la France par les préliminaires de Léoben, et cette dernière puissance, ayant déclaré la guerre à la république à cause du soulèvement de Vérone, prend la capitale, abolit Taristocratie qu*eke remplace par un gouvernement populaire, et s*eropare des fies Ioniennes à Taide de ses propres vaisseaux. Enfin , le traité de Campo-Forraio assura à la France ses nouvelles conquêtes et termina celle glorieuse campagne. Cette paix détruisit les antiques fondements du système politique de TEurope, établis par les traités de Weslplialie et de Ryswick. La France et rAutriche s'agrandirent à la fois aux dépens de la république de Venise, qui fut rayée de la liste des Etats, et de Tempire germanique, qui dut pressentir son asservissement à Tune de ces deux puissances.
Négocuteurs. — Pour la France, Bonaparte, qui fil cette paix seul et presque sans consuker le Directoire ; pour TÂutricbe , le marquis de Gallo , le comte de Cobentzel.
Conquête de la Suisse. — Le Directoire, craignant que îa Suisse , malgré sa neutralité , ne donnât passage aii^x armées de la coalition , résolut de s'en emparer. Des dissensions éclatèrent parmi les cantons, et le manque d'unité accéléra la ruine de la confédération. Le canton de Berne montra une héroïque fermeté pour le maintien de son indépendance, et le brave d'E>lach y, joua lerôle que Koszciusko avait^otté en Pologne. Mais la ville fut prise , les cantons se soumirent , à Texception des trois petits qui obtinrent une honorable capitulation ; le pacte fédératif fut détruit, et la république helvétique une et indimsiblê fut pro« clamée le d2 mai 1798. Depuis lors celte malheureuse république eut à s^uflrir einq années de guerres et dé faction», jusqu'à ce que la France rendît à la Suisse le repos avec son ancienne constitution. Genève fut incorporée à la république française.
Expédition d^Egypte. — Cette entreprise ,. conduite par le héros du temps, parut la plus extraordinaire qui eût jamais été conçue. Préparée sous l'apparence d'une descente en Angleterre, l'exécution en fut plus merveilleuse que les préparatifs. Les Français s'embarquèrent à Toulon le 18 mai 1798; ils prirent Malte le 21 juin ; leur escadre fut suivie, mais non rencontrée , par celle des Anglais , mouillée près du fort Marabou. Le débar-
GiG id« SIÈCLE.
iqùemenl 8*effectua le l^^ juniet ; le 3 on s'^etnpara d'Alexandrie et de Rosette ; le 21 Je géhéràl Bonaparte i^agïi.i la Ibatailté des Pyramides ; le 22 , le Caire tut occupé par Aesàit , èile i" août, la flotte française fut détruite à Aboukir, par Nelson. Les Français firent des progrès dans la haute Egypte. Après le courbât de Sédiman , où les Français battirent Mouràd-Bey , Ve't^dition de Syrie échoua devant Saint-Iean-d*Acre (i79d). Ou ^'aperçut trop tard que TEgypté ne pouvait être conservée sanâ là session de la Syrie.
La 'conquête et la colonisation de l'Egypte devaient dédommager de la perte des Indes occidentales él iAiprimer uhe direction nouvelle au système colonial des Européens. Bonaparte rayant quittée pour revenir en France , Klèber , à qui il avait laissé Te commandement ; Tut assassiné , et le général tlenioo , qui lui succéda , fit une convention aVec rAngleterrë pô'ùt TéVacaution de la conquête.
PERSOMÀGES MAltQlJi^NTS DE LTEXPËDITION D'EGYPTE.
^expédition d*E£^ypte devint un événement militaire et scientifique par la réunion des premiers capitaines et éti saVàn'ts tes plus îAustres de France.
Bonaparte, Menou, Berthier, Dèsalk, Jr/é5er, Régnier, Dammartin, Gafaretii-Dufalga, Murât, Lannes, DàVoast.^ùiiolt, HJtriÉO&t, BeUiâhrd, Friand.
SATAIlTfc.
Berthollet, chimiste; Peagenettes et Larrey, médecins,- Thouîn, Geoffroy, Oeiisle, naiuralisles ; Conté, Cbampy, physiciens; Mobge, Fourier, Gostaz, Gérard, mathématiciens; Parsevalde Grandmaison , Arnaud , poètes ; Benon , dessinateur ; Redouté , peintre de fleurs.
Consulat. — L'expédition d*Egypte avait de nouveaa soulevé rEnrope contre la France ; le congrès de Ràstadt avait été dissous et les négociateurs français massacrés. La nouvefle coalition se compose de TAutriche , de la Russie, de l'Angleterre et de la Porte. La Prusse garde la neutralité. Lltaliè est de nouveau le théâtre de la guerre. Le général Mack est hattiu , Napies prise par Championnet et la république parthénopéenne proclamée. Cependant la présence de SouwaroVr et de l'archidoc
i8* SIÈCLE. M7
Charles réiablit bientôt la fortune des alliés ; itfacdônald et Joubert âont défiaiits , toutes les places sonl reprises et il ne reste plus aux mains des Français que. Gènes et Aneône. En même temps les armées françaises sont battues sur le Rhin. Le faible Directoire est cause de tous ces désastres , et , loin de chercher à les réparer, ses mesures brutales et impolitiquès he servent qn*à augmenter ses embarras; M às^éha à Zurich , Lecourbe en Italie et Brune en Hollande ont vainement rétabli leâ affaires de la république. Les soldats sont mal vêtus, mal nourds et indisciplinés. La Provtente est niénacée; tandis l|ûô léi Vendéens, les chaàffenrs et lés n^sâassihs du Midi ôrgantsent là guerre civile, jôût sénkblâit désespéré lorsque Ëonaparte déoarque à Fréjus. Arrivé à Paris, il dissout le conseil des Cinq- Cents par la force ^ et le 15 décembre 1799 il est nommé premier consul d*abord avec Si)eyès et Ducos^ ensuite avec Caibbacérès et Lebrnn.Oh décrète la cohsiitution consulaire dé Tan viii. L'initiativo des lois réservé.e au gouvernement fit cesser la séparation de la puissance législative et du pouvoir exécutif. C*était manifester rintention de détruire la constitution avant lUéme qu'elle fôt achevée.
OBSERVATIONS
L*anclen gbuvernem'eht succômbB fiàr la force du temps et des ehoseë. On eUt à déplorer dàkis cet efiVoyabTe cataclysme poiiliqùc bien des lyrantileS:, bien dés crimes qui sont à pèfi^é rachetés par les vertus qui briilèreAtd'un vif éclat datts ces teihps d*d'rage.
La révoiulîon française est le pins grand événement des ïempi modernes. Des trois éléments qui constituaient auparavant là bociété« deux ont succombé | l*aristocratie et la royauté ; le tiers état , ou autrement le peuple, est seul resté debout : « Ainsi, dit M. de t Chateaubriand; se sont succédé en France, dans un ordre réfçulier; « l*arisiocratie, la monarchie et la république, le noble, le roi et le c peuple; tous les trois ayant abusé de la puissance ont enfin consenti ■ à vivre en paix dans un gouvernement composé de leurs trois c éléments.» C'est le ^ouvem6men^co4is(i(u(i'oniie/.Une ère nouvelle commence.
CDlfStfQOEfrCES.
1. Abolition du régime et des droits féodaux* ainsi qtie des privilèges de la naissance.