‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 149 sur 162 · CHARLES IL · texte numérisé non relu

CHARLES IL

De 1660 à 1685.

Le règnede Charles II, quin'a^ermit pas ia royauté et ne donna pas la tranquillité au royaume, peut se diviser en deux parties: 1* depuis 1660 jusqu'à 1674, à l'acte du Test ; 2» et depuis l'acte du Test jusqu'à la mort du roi»

Dans la pri^mière partie , les catholiques, soutenus par Charles II , firenl des progrès : le bill d*uniforinité, qui plaçait forcément tous les ministres dans la dépendance des évéqiies , fut le sif^nal des mécontentements et des persécutions. Dunkerque fut vendue à Louis XIY ; une guerre impolitique avec la Hollande , république protestante , gouvernée par Jean de Witt , faillit perdre Londres , attaquée par Jiuyter : le traité de Bréda sauva les Anglais. Mais, en 16C6, Londres fut incendiée, et ce désastre eut pourtant un résultat heureux; car , rebâtie rn trois ans sur un plan vaste et neuf, celle capitale ne se ressentit plus des pestes qui l'avaient jusque-là désolée à cause de ses rues sales et étroites.

Cependant le peuple accusa les catholiques de ce fléau ; le chancelier Clarendon, zélé promoteur des mesures royales^ fut banni et se retira en France. Shaftesbury et Bucklngham furent les chefs dt nouveau minislëre connu sous le nom de Cabale.

La triple alliance de TAngleterre, de la Suéde et de la Hollande fut bientôt rompue. L'Angleterre fit cause commune avec la France, et combattit la Hollande, qui céda à sa rivale les honneurs du pavillon.

Dans la seconde partie, les protestants remportèrent ; le fameux acte du Test (1673), imposé au roi par les communes, signala une réaction contre les catholiques; par cette déclaration , tous les fonctionnaires civils et militaires furent obligés de prêter serment, par écrit, contre la transsubstantiation, et de communier à la paroisse anglicane. Le duc d'York, ardent catholique, quitta le commandement de la flotte, et Shaftesbury, après avoir abandonné la cour, prit le parti des communes. La paix de Nimègue, conclue en 1678, empêcha de rompre avec Louis XIY.

Une conspiration contre la vie du roi, tramée par les catholiques, fut sans doute inventée par un homme méprisable, nommé Titut Gates, Le peuple trompé ne douta plus de la vengeance des partisans du pape. Le Tesl fut renouvelé ; Jacques, duc dTork, fut obligé de quitter le royaume et se retira à Bruxelles; on le fit exclure de U couronne, en faveur du duc de Monmouth, fils naturel de Charles II ; le parlement fut cassé; mais auparavant, il eut le temps de faire passer la loi à'habeas corpus, la garantie de la liberté individuelle des Anglais : cette loi interdit la déportation, prescrit au geôlier de produire le prévenu devant ses Juges dans le délai requis, exige que la cause de Temprisonnement soit justifiée ; en même temps elle donne au prévenu la liberté sous caution.

L'opinion publique réclamait un parlement; c'est alors qu^eurent lieu les dénominations de whigs et de tories : le premier surnom s'appliquait aux adversaires de ta cour, du sobriquet burlesque sous lequel étaient connus les puritains d'Ecosse; le second se donnait aux partisans du pouvoir royal ; il désignait primitivement les insurgés d'Irlande.

Un nouveau parlement fut convoqué, il était encore contraire à la cour. Les catholiques furent persécutés, et le comte de Stafford, vieil-

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lard respectable, fut jugé et condamné; le peuple désapprouva cet acte et le roi cassa encore le parlement en 1680; un autre fut convoqué à Oxford.

La réaction catholique commença à son tour ; le duc d*Tork rappelé passa en Ecosse , où il donna un Test en faveur de la royauté absolue. Dès ce moment, les catholiques remportèrent. Jacques prit un tel ascendant sur Pespril de son frère, qu*il régna par anticipation. Rustelly Sidney, Essex y montèrent sur Pécbafaud. Charles laissait faire, et, fatigué de ces exécutions, terribles représailles de celles des protestants, il répondait aux instigations de son frère : « Je suis trop vieux pour recommencer mes courses ; vous le pouvez, si c*est votre goût. »

On dit qu'il voulait reconstituer le gouvernement national, lorsqu'il mourut en 16S5.

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