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OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES

SUR LA FOaHATieif DES PREMifeltES SOCIÉTÉS^

Le déluge, cet incontestable bouleversement du globe^ est Vexpressîon d'une idée morale, d'une idée de châtiment. .

Quand la colère céleste s'est apaisée, la terre est sèche et on peut l'habiter, mais les forêts sont immenses et les bêtes nombreuses ; lu première leçon de sociabilité est dans l'alliance qU'il faut former contre les lions et les tigres. Qu'un jour il se rencontre un homm<i dont l'œil soit plus sûr, la vigilance plus active, ses semblables S'3 réunissent autour de lui, et le nomment leur chef..Cei homme sera Nemrod, puissant chasseur devant le Seigneur, qui commença « être puissant sur la terre. Nemrod est l'expression de la vie de cuAs^ SEOR, ce premier état de l'humanité qui commence toutes les sociétés et qui est la base de son droit naturel. Lhomme réfléchit; il ne àétruisit plus les bêtes qui pouvaient lui être utiles , il apprivoisa, il devint pasteur.

Bientôt commença cette centralisation, principe de toute société etde tout gouvernement. Tout se réunit, se groupa autour de i'hoomie. La famille devint tribu, et posséda, pour se transporter d'un lien dans un autre, un chariot informe traîné par des animaux. La matière et la vie étaient vaincues. La civilisation commençait. On trouve aussi l'Idée d'un Dieu chez tous ces peuples primitifs; elle précède la société, ou du moins elle naît avec elle. Ces premières notions de la religion ont pris naissance en Orient qui a été le beroeaa de l'homme, et se sont propagées dans les autres contrées du globe.

LÈCTORE. Michelet (Histoire générale) (5); Vico (Science nouvelle (4)); Lherminier (Législations comparées) (o).

(1) ViuT, Bûtoire naturelle du genre humain, 4 vol. in-10, Bruxelles, Hachai

(2) I^Ti, EsqutMteM littéraires, 1 vol. in- 18.

JS} MicmnBT, Introduction à V histoire générale, 1 vol. in-18.

(4) Vico, Science nouvelle^ ou Précis de philosophie^ 1 vol. in-B®.

(5) LuBKiriER, ÇouT$d* histoire des légi^lalions comparées, l vol. in-I8.

La vie nomade appela quelques cliangements. L'homme soupçonne que la terre est susceptible de culture. Il devient agriculteur. Les relations se multiplient et améliorent l'organisation sociale. Le tempérament physique est moins despotique, il y a moins de fatigue et dès lors moins d'intempérance. Enfin, la vie agricole donne des notions de droit parliculier bienlôt suivi de droit public; la famille ou le gouvernement patriarcal renferme donc le germe du gouvernement politique; l'autorité paternelle est reconnue insuffisante : il faut quelqu'un qui explique la loi. La loi est également imposée à tous, et les différentes familles sont confondues dans une vaste unité* Yoilà le peuple, le chef, le roi.

Lecture: Dans les Esquisses historiques (1), les gouvernements, les langues, les religions, etc. et tout ce qui a rapport aux premières sociétés.

Dans les Esquisses littéraires de l'auteur, la formation des langues et le tableau des littératures anciennes et modernes.

OBSERVATIONS

Nous ne savons rien sur les premiers peuples; il est certain qu'ils ne restèrent pas dans l'inaction; mais le temps a voilé une grande partie de leur histoire. Comment se reconnaître dans cet obscur dédale? Il m'a semblé raisonnable de rejeter toutes ces traditions poétiques, tous ces faits douteux, et d'offrir à mes jeunes lec teors la succession des peuples, en leur faisant observer que la certitude des faits ne commence qu'au ix* siècle, pour Thistoire profane.

(1) LiTi, BsquissM historiques, IQe édition, 1 vol. in-ift.

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