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TABLEAU DES COLONIES GRECQUES

Dans les accès de leur vanité nationale, les Grecs se glorifiaient d'avoir fondé la civilisation du monde; cette prétention semblait Jus> li6éc par Pextcnsion de leurs colonies à Torient et à l'occident de la Grèce , sur les côtes de la mer Noire, de la Propontide , de TAsie Mi« neure^ de la Thrace, de la Macédoine^ de l'Afrique, de la basse Italie, des îl«s principales de la mer Egée, el jusque dans les Gaules.

Nou« allons essayer de présenter un tableau succinct . mais clair, des a*lonies grecques.

ISe SIÈCLE. «9

i^ Sur les côtes de la Turace et de la MAcéooiiiE. Les colonies ondées par les Athéniens el les Gorinlhit^ns étaient célèbres tour à (our par les guerres entre les Perses et les Grecs, les Athéniens et les Spartiates , les Athéniens et les Macédoniens.

Dans la Chersonèse de Thface, cons.idérée comme la clef de l'Europe :

Sestos, Cardia, ^gos-Polamo^, Dans l'intérieur des terres ( Thrace ) : MaroneCf Abdère, colonie de Téos.

• Jmphipolis , Càalcis , Clynthe, Potidée (Macédoine), ChàlcU (îled'Eubée.)

2*» Au SUD DE l'Italie : Tarenle, Héraclée, Brindusium, par les Dorieos.

Sjrbarisei Crotone, par les Achéens ; ces colonies fondèrent à leur tour, Laûs, Caulonia, Pandosie , Mélaponte,

Thurium {qui rempl^ça^ SYii3^ns), Hhegiumg Elée, Cumes et Naples, par les Ioniens.

Epizepiiirie était une colonie de Locriens Ozoles, peuple voisin de VEtolie Epictèle.

&iciie. Colonies doriennes , Messana et Tyndares , dont les habitants venaient de la Messénie.

Syracuse, par les Corinthiens.

hybla, l'hapsuSf par les Mégnriens.

Segesle^ fondé par les Thessaliens. Gela, par les Rhodiens, qui bâlireut Jgrigente, Zipara, dont quatre de ce nom par les Gnidlens. NgûTOs, fondatrice de Léontium ; Calania et Tauromenium , fondées par les Chalcidiens; Zancle (qui prit le nom de Messine de* puis que les Messéniens 8*y furent établis ) , fondée par les habitants de Cumes, et qui fut à son tour la fondatrice (VHimeta et de Myten. Padoue , bâtie par une colonie d*Arcadiens qui vint en Italie sous la conduite d'Evandre, quatre-vingts ans avant la prise de Troie.

•50 Iles de la Méditerranée. Dans la Sardaigne : Caralis et OUna-y la première fondée par TArcadien Arisiép, venu de Tîle de Céos; la seconde par lolas, avec des Thespiens, des Athéniens, etc. Dans la Corse , Alaria , par les Phocéens. 4» Gaule. Par les Phocéens, Marseille, fondatrice elle-môme de Nice, d'Antipolis (Antibes), ù'Olhia (Hyères). 5» EsFA6:«B. Sagonte, par les habitants de Zante.

Asie.

1« Asie Mineure. Les côtes occidentales de TAsîe Mineiirft furPTit presque entièrement peuplées par les trois tribus fprecques que noii$ avons nomniées, c^esl-à-dire les .Eoliens, les Ioniens^ les Dorienf.

a. Les Éoliêng (13* siècle) bâtirent douze villes : les principales étaient Cyme ou Cumes, Smyme, MyiiU^ dan* ri.e de Lesbos. Celte derniâr^ était ^'Ulu? t[ni>/^<^t^i^''*' "

90 it*' &IÈCLE.

b. Let Ioniens (1 f siècle), sous U conduite de Nélée, s'emparèrent d'une partie de la Lydie et Carie, et lui donnèrent le nom d'Ionie; ils y joignirent les lies de Samo» et de CAtoy ils fondèrent donxe vjlles qui sont du nord au sud :

Phocée,Erithrée, Clasomène, Téos, Lébèdos, Colophon, JSphèse, MysuntB^ Priène, Milet; et dans les Iles, Samos et Chio,

Elles avaient toutes un temple commun, le Panionium, consacré à Neptune, sur le promontoire de MycaU ; où elles célébraient leurs solennités, et délibéraient sur le^ affaires générales. Ces villes fondèrent une ligue ou association pour leur défense mutuelle.

c. Les Doriens, sur la côle méridionale de la Carie, et dans les îles de Coê et de Rhodes, Sur le continent , ils fondèrent GnUie^ Nali-' earna8se;dam Co$^ la ville de ce nom ; dans Rhodes^ lalxsun, Camirus et Lindus,

Les colonies doriennes se formèrent plus tard que les autres ; elles attendirent insensiblement du Péloponèse sur les îles de V^rchipel, et Jusqu'aux côtes de l'Asie.

Lessix villes que nous avons citées avaient aussi un temple commun consacré à Apollon, où elles avaient leurs solennités nationales, et délibéraient sur leurs affaires générales.

2<> Colonies du Port-ëuxiii . Toutes les côtes de la ProponUde^ da PotU'Euxin et des Palus-Méotides, étaient occupées par des colonies grecques, fondées en grande partie par les seuls Milésiens (colonie ionienne } , et toutes étaient des villes de commerce florissantes, et commerçaient jusqu'au delà de la mer Caspienne ; c'étaient z Lawifh saque, sur la Propontide ; Cynique, dans une ile jointe à la terre ferme par des ponts, et si florissante sous la domination romaine; Périnlhs (depuis Héractée) ; ByMtnce, à l'entri^e du Bosphore, et un peu au-debsus de la Chalcèdoine, formée par les Mégariens i HéracUe en Bithynie : Sinope, dans la Paphlagonie ; Amise^ dans la pru- Tince de Pont, dont Trapezus (Trébizonde) fut une colonie.

Phasis, Dioscurias, Phanagorie, Paniicapée, sur la côte septentrionale, dans Tintérieur des Palus -Méotides.

Tanats, à l'embouchure du fleuve de ce nom. Olbia^ à l'entrée du Borysthène.

Les colonies de la plage occidentale n'eurent que peu d'éclat : jipoi' lonia. Tomes, Salmxiessus,

Afriqae.

Les habitants derîlc de T'Aéra (mer Egée), dont les Phéniciens fureut les premiers habitants, fondèrent, sous la conduite de Battus, la ville de Cyrèns, à instigation de Poracle de Delphes. Cette ville faisait un grand commerce, tant par ses productions que par les résultats qu'ellt: a obtenus de ses relations commerciales, non-seulement avec Carihage, mais encore avec Ammonium, et par ce moyeu dans riiuèl'ifcur de l'Afrique.

OBSëRVATIOlNS SDR LES COLONIES GHECQUJES»

PAR HEEREIf.

Aucuo peuple de TAucien Monde ne conduisit au dehors aatant de

I«* SIÈCLE. »k

eoIoDies que les Grecs ; et ces colonies sont sonit plusieurs rapports devenues lellement importantes , qu'on ne saurait absolument embrasser dans son ensemble rbistoire ancienne sans en avoir connaissance.

Les colonies grecques furent fondées en partie par des vues politiques et en partie pour donner de rétendue et de l'activité au com* meree ; car presque toutes ces colonies ont été plus ou moins des Filles commerçantes, même celles qui, dans l'origine, ne semblaient pas destinées à le devenir.

Établies dans les plus délicieuses contrées de la terre et sous le plus beau ciel, leur situation invitait au commerce et à la navigation, elles devaient non-seulement faire faire à la civilisation de la race bel* lénique les plus grands progrès, mais aussi y entretenir une grande variété de talents et une activité immense.

Les plus anciennes, et sous plusieurs rapports les plus importantes de ces colonies, étaient celles de Vj^sie Mineure, depuis THellespont jusqu'aux confins de la Cilicie. Là, s'étaient établis, depuis la guerre de Troie, qui leur avait fait connaître ces belles contrées, les Eoliens, les Ioniens, les Doriens. Ces colonies étaient les plus importantes par le commerce, et ce fut là qlje se développèrent en même temps les premiers germes de la poésie épique et lxriq%te, dans la patrie d'Homère, ce p^re de la civilisation grecque; dans celle de Sapho ti d^Jlcée ; ce fut aussi de là que la nation reçut son premier développement moral , dont Tinfluence se fit sentir même dans la mère patrie.

Lecture. —fUsloire des colonies grecques , par Raoul-Rochelte ; Carie des colonies grecques dans TA lias de Tauleur.

lie SIECLE.

ÉVÉNEMENTS

GiiiscB. — 1009. Abolition de la royauté à Atbènes.

êunûB. — 1009. Samuel, dernier Juge. Ruth et Noémi. Etablissement fie la royauté en Judée.— 1080. Les rois : Sattl. — 1048. David. — 1001. Saloraon. — 991. Dédicace du Temple. (1004 s. v.)

sÉcoovBKTES* — 1077. L*art des parfums , par les Ioniens. Plantation des mûriers en Chine.

DÉVELOPPEMENT

Grèce.

Abolition db L4 royauté a Athènes. — Jusqu'alors le gonvemement d'Atbènes avait été monarchique ; Codrus , leur dernier roi , et qui régna vingt et un ans, aiuqué par les Doriens ,

apprit de l'oracle que la naiion dont le roi serait tué remporte < rait la victoire; il fte dévoua au salut de sa patrie, et, 8*élaiit déguisé en paysan, il chercha la mort dans le camp ennemi. On le reconnut ensuite, et les Dorions effrayés prirent aussitôt la fuite. Ce dévouement généreux pénétra les Athéniens de reconnaissance; ils ne voulurent point donner de successeur à Codrus, et confièrent le pou voir à des magistrats appelés are/iontes. Hédon, fils de Codrus , fut le premier; sa charge lui fut confiée "Jusqu^à sa mort. 11 fit passer la dignité d*arci)onie dans sa famille, qui donna une succession de douze chefs dans Tespace de plus de deux cents ans. On en réduisit ensuite la durée à dix années , enfin à une seule , et ces magistrats furent limités au nombre de neuf. C'est ainsi que ce pouvoir divisé fut affaibli ; les magistrats se contre-balançaient les uns les autres, et sur leurs craintes personnelles reposait la liberté publique ; mais les institutions républicaines, trop peu développées, s'altérèrent ; les juges, soumis à leurs lumières ou à leurs capnces, commettaient des injusiices; les intérêts particuliers étaient blessés ; les Athéniens ne furent tirés de cette anarchie que dans le 6^ siècle. Quelques chronologistes placent TarcAonlat en 11 32.

Jtadée.

8AMUEL , fils d^EIcana et d*'Anne, fut consacré à' Dieu dès su naissance, et confié lrès-j( une aux soins du grand prêtre Héli. Samuej lui succéda ; dans la suite, ce fut le premier de la chaîne des Prophètes proprement dits, qui n'a pas été interrompue depuis lui juisqu'à Zacharie et Malachie, et le dernier des douze Juges d'israei. C'est à lui que finit la théocratie des Hébreux. On lui attribue le livre des Juges, le livre de Ruth^ et le premier des Bois, 11 mourut âgé de quatrevingt-dix-huit ans , deux ans avant la mort de SaùL

RUTB x:t FoÉMi. — Au temps des Juges, une grande famine survenue en Israël obligea Elimélech de quitter Bethléem avec Noémi, sa femme et ses deux fils ; ils allèrent dans le pays des Moabites, où bientôt Elimélech et ses deux ûls moururent. Noémi, restée seule, dit adieu à ses belles-filles et retourna en Judée. Ruth , une de ses brus, ne voulut point la quitter, et la suivit jusqu'à Bethléem. Là, elle allait glaner pour nourrir sa belle mère. Le hasard la conduisit dans le champ de Booz, vieillard vénérable , parent de Noémi. La loi Tautorisait à épouser Ruth ; celui-ci s'éiant fait connaître, le mariage eut lieu. Noémi eut la joie de voir naitre un fiis, Obed, qui fut Taleul de David. Celte ravissante histoire est placée dans les saintes Ecritures, entre le livre des Juges et le premier livre des Rois, comme une transition naturelfedu premier de ces gouvernements au second. L*anti- «luilé ne nous a rie^i laissé de plus délicieux «juc celte chaste peinture

des mceurs past<Mrales,et les passages â«Homère les plus précieux sous le rapport de leur couleur phipitire sont loin de l'égaler en naïveté* Lecturk. — Bulh et NoémU Eglogue Urée de TËcrilure sainte. pftrFIorian.

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