‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 44 sur 162 · ÏTABLISSEIHEI^T DE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

ÏTABLISSEIHEI^T DE LA ROYAUTÉ

OBSERTiT.ONS SUR LE PEUPLE HÉBREU.

Avec Débora commence la seconde période du peuple hébreu ; son cantique en manifeste les aptitudes intelirctueiles et morales ; le chani, la poésie lyrique, les progrès de Timagination et du sentiment: cette impulsion est indiquée par la science des choses et des événements que possède Jephté , les genres littéraires si conformes à celte divi* sion ; les chroniques des Juges, les apologies de Joathan, les énigmes de Samson, l'usage du chant et des instruments de musique. L*institu* lion des écoles date aussi de celle époque ; il y en avait à Najoth de Ramatha, sous Samuel. « Les enfants d'Israël croissant tous les jours « en vigueur, la fortifiaient de plus en plus, » dit Técrivain sacré; mais aussi il ajoute que chacun souvent faisait ce qui lui wncUi dans l'esprit,

SAUL. — Les Hébreui, lassés du gouvernement des Juges, deman* dèrentunroi. Oieu ayant désigné à Samuel celui qu'il avait choisi poiir régner sur son peuple , ce prophète sacra SaUl et le montra aux Juifs comme leur roi. Ce prince se conduisit d'abord avec assez de sagesse; mais Porgueil s'empara de son cœur, et lui fit commettre bien des fautes. 11 désobéit en épargnant Agag , roi des Amalécites , que Dieu lui avait commandé d'exterminer. Samuel lui reprocha sa faute. La pénitence extérieure de Saûl ne le mit pas à Tabri des jugements de Dieu. Il périt avec son fils Jonathas dans une bataille contre Ses Philistins. David, jeune pasteur de Bethléem, fut appelé à lui succéder et fut secrètement élu et consacré roi à seize ans. celui des feciales, espèce de tribunal chargé de juger les délits poli* tiques, même de rompre la paix. Le peuple reçut une nouvelle organisation ; il fut divisé par arts ei par métiers , et gouverné par des magistrats qu'on renouvelait to^is les ans. Pour consolider ces divers établissements, Nima érigea un temple à ia bonne foi, et fit du ser* meDt l'objet d'un culte particulier qu'il lia au principe do gouvernement. Les Romains acquirent sous le règne de ce prince quelques notions du droit public, ils ne firent plus la guerre sans une déclaration préalable des /(^rta/«A'. On connut les trêves, les suspensions d'armes, CD accorda des capitulations hononrables. Il mourut après 45 ans de règne (671).

Assyrie.

wwn •vFKBMiBH BMPiiiB B^Asavim. ^ Les peuples de l'Asie, las et honteux d'obéir à des maîtres plus faibles que des femmes, secouèrent le joug et se donnèrent des rois plus dignes de les commander. Ces démembrements resserrèrent V empire de Babylone Aatn» les bornes d'un petit loyaume. (Néanmoins, aucun des rois d'Assyrie,

04 iO« SIÈCLE.

sALSHOir succéda â David, son père. Ce jeune prince tlonna d'alM)Pd les plus l^elle» espérances. Dieu lui ayant promis d'accomplir un de «es vœux, Salomon lui demanda lasagesseM éleva au Seigncnr le temple magnifique de Jérusalem, qui attesle le degré de perfection où les arts étaient parvenus à une époque si reculée dans la civilisation des peuples. Salomon avait hérité dMine partie du génie poétique de son père; il avait trouvé d'utiles secours dans l'amitié de «es voisins. Hiram, roi de Tyr, fil hommage au Dieu dlsraêl, des cèdres du Liban; élaborés d'avance, ils venaient, pour ainsi dire, se placer sur ia montagne de Moria. uOn n'enlendait ni le bruit du marteau, m

• celui des autres instruments. Un religieux silence présidait à celte « cérémonie d'architecture. Sept années suffirent à la construction de « ce monument que Dieu lui-même trouva digne de sa majesté et que

• Tâdmiration des hommes plaça au nombre des merveilles du «< monde. » Le nombre des pofimes qu*il composa s'élève à cinq mille : ce qui ne Tempëcha pas d'être l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie morale. Dans la suite, il se laissa entraîner à l'idolâtrie et abandonna le culte du vrai Dieu.

Salomon mourut à soixante ans, après en avoir régné quarante.

LIMITES GÉNÉRALES DE LA JUDfiE AU TEMPS DE SALOMOlf.

Lorsque la Judée fut portée par Salomon à son plus haut point de gloire, elle s'étenlait depuis la frontière de l'Egypte et rextrémité boréale de la mer Rouge au S.-O., jusqu'à PEuphrate, au N.-E. La Judée pouvait se diviser en deux parties :

1« La Judée proprement dile, que nous avons divisée sous Josué.

â« La Judée de la conquête, comprenant les royaumes syrien* de Damas, de 7'(ndmoron Palmure; le pays des Edomiles, ceux des ammonites, des MoabUe$ et de plusieurs tribus arabes situées au sud et à l'est.

Lecture. — La Bible; les Psaumes, etc. — Détails sur le Temple de Salomon.

10« MECLi:.

lÊVÉNEMENTS.

ORècB. — 907. Homère. — 900. Hésioilc.

9VD±E.'--9Q^,Schistnedesdift! tribus. Royaume de Juda.— Rotribus Salomon. — Royaume dlsraei. — Coup d'œil sur les dix

DÉVELOPPEMENT

Cirèce.

' UoutKV.. —Homère est regardé comme îe plus ancien poète

iO* àlÈCLB. 9%

^ec; on pense que ce fut dans le x* siècle qu'il chantait. Il composa deux poëmes, VIliade et VOdyssée : le premier a pour objet la guerre de Troie ; le second , le retour d'Ulysse dans sa patrie. Il trouva la poésie déjà sortie de Tenfance ; mais il porta son art si loin qu'on oublia bientôt ses précurseurs dans la carrière des lettres, et qu*il fut regardé comme le créateur de la' poésie épique« Homère enseigne aux poètes Tan d'émouvoir, aux historiens celui d'écrire ; les législateurs découvrent dans ses sages maximes de sublimes leçons et de profonds secrets de politique; les artistes, dont il exerce l'en thousiasme, y puisent des idées vastes et brillantes. Un épisode de la guerre de Troie lui fournit le sujet de VIliade. Son but est de prouver aux Grecs que les peuples sont toujours victimes de la division des chefs.

Dans V Odyssée , Ulysse , errant pendant des années , est un grand exemple de constance et de sagesse. Ce poème est renfermé dans un espace de quarante jours , pendant lesquels le poète met en action toutes les circonstances des dangers et des voyages d'Ulysse. Homère ne raconte pas, il peint sans cesse ; il s'adresse à nos yeux et à nos cœurs, et s*il dort quelquefois, son sommeil, comme il le dit lui-même, ressemble à celui de Jupiter qui se réveille en lançant la foudre. Homère , devenu aveugle , fut obligé de mendier. Kréophyle de Samos l'accueillit dans sa misère , et conserva ses écrits. Après sa mort on lui éleva des temples.

On attribue à Homère un poème héroï-comique intitulé Batrachomyomachie , ou Combat des rats et des grenouilles ; trentetrois hymnes et quelques épigrammes. Mais l'authenticité des trois derniers ouvrages est à juste titre contestée.

Huit villes se disputaient la gloire d'avoir vu naître l'auteur de VIliade et de V Odyssée; Smyrne, Rhodes, Colophon, Salamine, Chio, Àrgos, Aihènes, Cumes; c'est ce qui a donné lieu à ce distique :

Smyrna, Chios, Coîopbon, Salamis, Bhodus, Argos, Athenas, Orbis de patriâ cerlat, Homère, tua.

KÉFLEZIONS SVH HOMÈHB.

Le nom d^Homëre ne réveille pas seulement le souvenir d^un grand poêle, mais celui d'une civilisation tout entière. Ses merveilleux récits fl ses fictions si pleines de charme firent oublier peu à peu les poésies d*Orphée, au moyen desqueilçs des chantres sacrés, des prê-

(A iO> SIÈCLE.

tresses polf (es avaient élevé Tenflance de la race relibiiiqus» La pla« pari des traditions secondaires furent obscurcies ou effacées par ceC essaim de fables ingénieuses, dont se nourrit rimaginalion mobile de« Grecs, à dater du siècle d'Homère. Croyances, poésie, sculpture, tout se règle sur Homère, sur ce modèle désormais national. Son inHueoce morale sur ses contemporains, et sur les générations qui suivirent, n*est pas moins ioconleslable. Les rapsoefa« qui parcouraient les villes et les bourgades en chantant ses poëmes, familiarisaient les peuples avec les principes les plus importants de la loi naturelle, et, tout en captivant les imaginations, disposaient les cœurs à la pratique des verlus sociales et des vertus domestiques.

V Iliade et VOdyssée sont comme un vaste répertoire de toutes les connaissances mythologiques, historiques et géographiques do son temps, c*est un tableau vivant de la société à cette époque : à peine peut-on citer un trait de physionomie morale des peuples conteinpo« rains qui ne soit pas indiqué par Homère. Les voyageurs s*étoiinent encore aujourd'hui de reirouTti* le théâtre de la guerre de Troie tel qu'il l*a décrit, et les navigateurs qui parcourent la Méditerranée re connaissent les écueils et le promontoire que Nestor et Ménélas virent à leur retour* Enfin Homère, depuis trois mille ans, a présidé par son génie à toutes les littératures du monde.

En voyant tant de bienfaits répandus par un seul homme, quelques littérateurs ont pensé qu'Homère n'avait pas «xislé; mais que son nom résumait toute une époque historique. C'est ainsi que s'exprime à ce sujet Wolf, célèbre critique allemand :

i Une longue suite de poiftes cxcliquesionienêa versifié la généatt logie des dieux, l'histoire de la guerre de Troie, et le retour des «c princes grecs dans leurs foyers. Transmise de bouche en tiouclie c dans un siècle où l'écriture était encore un art inconnu, les poésies « se répandirent dans l*Âsie Minrrjre occidentale et dans les fies voi- « sines. Lycurgue les entendit pendant ses voyages, et les transporta « dans le Pélopooèse ; des rapsodes en détachèrent des fragments et ft les chantèrent par toute la Grèce. Les Pisistratides les firent rassem* « bler en deux grandes épopées et mettre par écrit. Cette rédaction « première fut ensuite retouchée, arrangée, altérée, continuée, et « ne fut définitivement mise en ordre que par les grammairienu - d*Alexandrie, qui nous ont transmis ViliaUe et VOdjrssée telles que « nous les avons. • -,

On donna le nom d'Aommacà une école particulière ae rapsooes, «ui récitaient les vers de ce poêle. Les homindxs composaient des «spèces A'exordes ou d^hymnes par lesquels ils préludaient à leurs chants épiques; auelqaes-uns furent contemporains d*Homère luimême* mais ils ne méritent pas de lui être comparés. Cependant il ne faut pas oublier qu'ils firent les premiers efi'orts pour dégager la mérité historique des wy^/ieset des traditions qui l'obscurcissaient. La prose devait naître plus lard, et c'est à elle que noua devons la connaissance des faits historiques, passés sous silence par Homère, qui n'a parlé ni de l'événement important de l'entrée des îléracîiaes, ni de l'émigration des Grecs de l'Able mineure.

fO* bIÈCLE* 9

léBCTDRi. — Homère, Iraduction eti prose, par CUaubé ; en vers par Signant Quelques passafjes de Boileau, de Perrault, de LamoUe 8Hr flonère, dans le Parallèle des anciens et des modernes.

Hésiode. — Parmi les imitateurs d'Homère > Hésiode tient le premier rang; c'est te premier poète didactique de la Grèce; il écrivit sur Tagricuiture et intitula son poème : les Travaux et les Jours, parce que Fart et la culture demandent le temps et les saisons.

Aux préceptes de Tagriculture, il mêle des conseils pour fa conduite de la vie, et son ouvrage est partout semé de réflexions morales. Virgile i*a imité dans ses Géorgiques, et Ta de beaucoup surpassé. Hésiode composa deux autres ouvrages; i<* la Théogonie ou généalogie des dieux , poème faible , sans inspiration , mais monument précieux propre à nous faire comiattre la théogonie des anciens; ^ le Bouclier d' Hercule, poème descriptif, quin*est qu'un fragment du poème Héroogonie ou filiation des demi-dieux. Le Bouclier d'Ênée de Virgile ea est encore une imitation supérieure.

Hésiode fait entrer dans sa composition poétique Thisloite , la morale , la philosophie , la mythologie , la théogonie, Técononiie rurale et domestique ; il est le premier signe d'un véritable progrès dans l'esprit humain; il descend pour ainsi dire sur la terre , et cherche à instruire les hommes par le merveilleux instinct des animaux ; la nature lui sert de modèle, il la décrit, la peint et la fait aimer; on sent, en le lisant , que Tâge héroïque touche à sa fin, et que la raison éclairera les hommes de sa douce lumière. Le style d'Hésiode a des charmes ; Tharmonie qui règne dans sa poésie a fait dire que les Muses avaient nourri de leur lait le poète (ï'Jscra (Béotie). Les anciens appréciaient tant ses œuvres qu'ils les faisaient apprendre aux enfants, et qu'on les grava dans le temple des Muses. N'oublions pas qu'Hésiode était de la Grèce européenne, du misérable bourg de Cumes ( Eolide ), situé au pied de rHélicon,et qu'il remporta le trépied d'oc dans les combats de poésie institués à Chalcis, en Ëubée, par Amphidamas. Ces épreuves solennelles transformèrent les plaisirs sociaux en jouissances intellectuelles.

JTadée.

•CHIBMB BSB SIX TuiBUs.— Avanl lamort deSalomon , Dieu lui avait annoncé que son royaume allait être divisé , et que son fils

•f io* eifecLi.

Roboam n*»n eonseireraît qu*nne 1é{;ère portion. Cn eff^t, ce prSscei à peine sur le trône, prit des conseils de jeunes gens comme lui , et accabla le peuple d*impôu ; ceux-ci te soulevèrent , et Jéroboam , Tun de leurs généraux, fut proclamé roi des dix tribus qui formèrent le royaume d^lsraël , dont la capitale fut d'abord Sichem et ensuite Samarie, bâtie par Amri^ en 9t8. Ce royaume eut dix-neuf roU^ de différentes nations , qui se succédèrent par de violentes révolutions. L'an 735, TéglaÙivhalaMr, roi d'Assyrie, soumit les tribas d*Azer, de Nephtali , de Zabulon, et les pays situés au delà du Jourdain ; Salmanazar, successeur de Teglath, conquit le reste du royaume d'Israël, détruisit Samarie, et emmena les Israélites en servitude dans rinlérieur de TAsie.

Les tribus de Juda et de Benjamin restèrent à Roboam , et prirent le nom de rojraume de Juda^ qui eut pour capitale Jérusalem* Elles eurent mn^^ rois, de la maison de David. La succession passe tranquillement la plupart du temps du père au fils , et n*est interrompue deux fois que par Pusurpation d'Jihalie et Pintervention d'un conquérant étranger.L*ailiance des rois de Damas et d'Israei contraignit jéchas d'appeler à son secours Téglathphalasar^ qui détruisit le royaume de Damas et rendit tributaires les royaumes d^ Israël et de Juda. Sous le règne d'Czéchias, le royaume de Jiida s'affranchit do joug de TAssyrie^^et Jérusalem échappa à Sennachèrib (714).

Néehao, roi U Egypte, vainqueur de Josias à Maggedo (611), tendit le royaume deTuda tribuUire. Néehao est vaincu à son tour par Nabonassar, roi de Babylone, et Nabuehodonotor, son svccesseor, à sa troisième invasion dans le royaume de Juda, détruisit Jérusalem, «t emmena Sédécias, son dernier roi , avec le reste de la nation à Babylone (588).

O'oir le tableau ci-après.)

DEPUIS LE SCfllSHK DES DIX TRIBUS EN 962.

sassBBBSssaasssssssBssssaeaBsamm!2 ISRAËL,

ooiiB DE 9C2 A 718. — 244. 19 mou.

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r »-ft^ n 9e^ A €06. 356. *iO lois.

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