CYRUS, OU LA GLOIRE DE LA QRÈCE
ÉVÉNEMENTS
ORtcs. — 59S. Ëpiménide. — 594. Solon à Athènes. — 561. Pisis- Irale à Athènes. — 519. Exil des Pisistralldes. — 565. Phalaris , tyran de Sicile.
JUDÉE. — 588. Fin du royaume de Juda. Le prophète Daniel. — 536. Fin de la captivité. — 519. Esther et Assuérus.
KOMB. — 578. Servius Tullius. — 509. Abolition delà royauté; consuls à Rome.
ÉGTPTB. — 570. — Amasis; Psamménit. — 5S5. Conquête deTÉgypte par Cambyse, roi de Perse.
PBR8B. — - 538. Gyrus prend Babylone. — 536. Fondation de Pempire de Perse; édlt de Gyrus qui permet aux Juifs de retourner à Jérusalem. — 530. Gambyse.
LTDiB. — 548. Conquête de la Lydîe, Gyrus.
DBCou'VBiiTBs. — CaHes géographiques ; figure de la terre suf* un gtohe, par Anaximandre. — 560. Le marbre employé à Athènes pour les statues. — 540. Monocorde, table de fnuUiplication ; mouvement de la terre , par Pyihagore. — 550. Les postes, par Gyrus. — 522. Le chapiteau corinthien, par Callimaque. —-520. Cadrans solaires, jt^of Anaximènes de Milet. — 506. Premières statues érigées à Rome, par Uoratius Codés.
DÉYELOPPEMENT.
Grèce.
Epihémide. — Les Ailiénîens, désolés par la guerre et la peste» el croyant avoir encouru la colère des dieux , firent venir le philosophe Ëpiménide de Crète , afin qu'il les réconciliât avec eux. Ëpiménide ordonna des expiations , changea la religion et quelques coutumes barbares. Ces sages mesures cahnèrenl pour un moment les factions; mais, après le départ du philosophe , elles se renouvelèrent avec plus de fureur. Athènes touchait à sa décadence, quand Solon vint à son secours.
SoLON A Athè.hes. — Solon était d origine royale et descendait
deCodros, cher aux souvenirs des Athéniens; obligé par sa médiocre fortune d^enibrasser le commerce, il voyagea dans Averse; contrées, étudiant avec soin les mœurs, les usages et le caractère des peuples. De retour dans sa patrie, il fit profiter K Athéniens des connaissances qu'il avait acquises , et leur ^>iDna des édits, qui d'abord mécontentèrent les riches et les |>auvres, mais qui, mieux appréciés par les résultats, lui méri* lérent la confiance et Testime de ses concitoyens. Le sage Solon profita de ces bonnes dispositions pour donner une constitution à la république. En voici les principaux articles :
1^ Partage des citoyens en quatre tribus. Les gens aisés composaient les trois premières : ils avaient les charges et les dignités; les pauvres composaient la quatrième : ils avaient droit icpinerdans Rassemblée publique , droit qui devint puissant.
2« Jugmentation de Vautorité et des privilèges d$ VAréo^ foge.
3' Fixation des mefnbres du sénat du Prytanée d quatre cmti : les affaires étaient portées d* abord d ce tribunal et renvoyées ensuite à rassemblée du peuple, qui décidait, d'est d cette occasion qu' Anacharsis , philosophe scythe^ disait à Solon : c Je suis surpris que vous ne laissiez aux sages que la délibération, et que vous donniez aux fous la décision. >
4* Peine d'infamie prononcée contre les dissipateurs, tes lâches et les ingrats envers leurs parents.
Ce sénat fut augmenté par la suite de six cents membres, (nrce que la' population d*Âthènes s'était augmentée de six BOttrelles tribus; mais cinq cents membres exerçaient seuls par an ces charges, et ne siégeaient jamais à la fois. Cinquante i'entre eux gouvernaient pendant cinq semaines, et de cette manière il était impossible de faire des actes arbitraires.
L'Aréopage, dont nous avons parlé au xvi^ siècle , veillait à h stricte exécution des lois. Dix autres tribunaux étaient encore établis; le Palladium, le Delphinium^ la Phreattys et hHe- ^ instruisaient les affaires criminelles ; les six autres s'occupaient (le police. Chacun plaidait lui-même, sauf les femmes, les enfants et les esclaves ; un hydroscope désignait le temps çeodant lequel on pouvait plaider. Les lois de Solon furent pavées sur des tables , et mises en vers , afin qu'elles se gra-
ISO «* bIÈGLE.
vassent mieux dans la mémoire; elles furent en Tîgaeor pendaiâ quatre cents ans.
Cependant Solon,après avoir obligé par serment les AthénieM de suivre sa constitution pendant cent ans» sans y rien changer, abdiqua les fonctions de législateur et s*éloigna de sa pairie ; il alla en Egypte, en Lydie, fit admirer partout sa profonde i^gesse , et revint à Atbènes après dix ans d^absenee. Pisistrate régnait alors en monarque absolu : tout était changé de face. Selon, ne pouvant être témoin de ces désordres, se relira ^ la cour de Pbilooyprus, roi de Chypre, et motiVut dans celle Ile en 558; il avait quatre-vingts ans.
Selon est Tun des plus grands hommes du vi* siècle. Comme général , il s*était distingué à Salamine ; comme poète , il composa avec succès un poème sur la perte de Salamine ; eomme législateur, son nom est immortel ; comme homme , il s^attira et mérita Testime et la considération des Athéniens. Sa devise était : En tout considérez la fin.
Selon ne fit aucune loi contre le sacrilège ni contre le parricide» € parce que, disait-il, le premier crime a été josqu*îcî inconnu à Athènes, et le second est si horrible, que je ne crois pas qu*on puisse le commettre t >
PisiSTRATE A Athènes. — Pisistratc y descendant de Codrus et parent de Solon , s'était distingué à la prise de Salamine ; i( avait une politesse affable qui gagnait tous les cœurs, et il possédait celte facilité d*éIocu lion si nécessaire dans un État où le peuple est le maiire des délibérations. Solon s'opposa autant qu'il le put à rarlifice de son éloquence, c Vous ne faites attention, disail-il aux Athéniens, qu'aux discours séducteurs de cet homme ; vous vous endormez au son flatteur de ses paroles , et lie considérez pas le but où tendent ses actions.! Mais Pisistraie n'en réussit pas moins ; son ambition le porta à s'emparer du gouvernement d'Athènes , et par son adresse il sut se rendre mattre de la ciladelle. Trois jfois il fut contraint de fuir , et trois fois il recouvra le pouvoir. Cependant il excita à Athènes le goût des lettres et des arts ; il y fonda une belle bibliothèque, et éleva de superbes édifices. Ses deux fils, Hippias et Bipparque, régné* rent après lui.
Exil des Pisistratides. -> Hipparque, fils aîné de Pisistrate,
6« M te LE. Itf
lei succède dans le gouvernement d'Athènes ; protecteur des arts, f) attire à sa cour jinacréon, Simonide et plusieurs savants, qsî îospîreot aux Athéniens le goût de la vertu et des sciences. Hîpparqoe lai-méme fait ériger, au milieu des chemins publics, dtt statues de pierre, appelées Mercures, où étaient inscrites des sentences et des maximes pour Tinstruciion des voyageurs. Deox jeunes citoyens, Harroodios etAristogiton, dont il avait ootngé la sœur , le poignardèrent. Cependant la douceur du régne d'Hipparque a fait dire au philosophe Plaion que ce prince avait rappelé les beaux jours de Saturne.
Biffias échappa aux assassins de son frère; mais, aigri par ce meurtre , il devint cruel et méBant. Il se saisit d'Harmodius eld'Aristogilon, et les fit mettre à la torture pour connafire leurs conplices. Une femme noftimée Lionne supporta des tourments inouïs, et commençant à se défier de ses forces elle se coupa cIlMnéme la langue» de peur que son secret ne lui échappât. Le peuple chassa Hippias de la ville, et rétablit la république. Hippias alors se réfugia auprès de Darius, roi de Perse. Après Fexpulsion des Pisistratides (un an avant celle des Tarquins à Kome), on éleva des statues à Lionne, à Harmodius et à jàris^ tonton, comme les défenseurs de la liberté publique, honneur fii n'avait encore été accordé à personne.
Phâu&is, tyran de Sicile^ — Phalaris se distingua dans sa
jenoesse par des succès dans les armes ; mais chassé par les Le-
ttwtins, il se réfugia chez les Gamari^ns. Timocrates , che(
npréme de la république d'Agrigenle, avait répudié sa femme.
Kalaris Tépousa et vouipt la venger. A la tète d*une armée de
Gamariene , il s'empare d^Jgrigente, et se fait proclamer chef
àt r£iat. Son règne ne fut qu'une suite de cruautés, et son nom
est aussi tristement fameux que le devinrent dans la suite ceux
^effiéfoneide Tibère, C'est lui qui fit forger ce taureau d'airain
^08 lequel on brûlait vive , mais à petit feu , la victime qu'on
) renfermait ; Pécille, artiste athénien, auteur de cette horrible
ÎKveolion, en fit le premier Tessai. Les Âgrigentins, révoltés de
l»t d'infamies, firent périr Phalaris par le même supplice; il
>^t régné 16 ans; le taureau d'airain fut transporté à Carthage,
P>rAoiilcar Barca, père d'Annibal; mais après la destruction
fc celte ville , les Romains le rendirent aux Agrigentins.
jriidée.
riit so KOTAVHB BB JVDA. ~ NabachodoMOSor asslé(];e Jérusalem pour la quatrième fois , sous le règne du dernier roi , Sédécias ; la vi\le est ptUée, incendiée, le roi chargé de fers, avec toute la nation, et le royaume de Juda détruit; Sédécias le souverain pontife, et la plus grande partie du peuple, furent conduits c.iptifs à Bahylone; les plus illustres de ces captifs sont Ezéchiel et Daniel ; on compte parmi eux trois jeunes Hébreux, Ânanie, Acarias et Misaei, que Nabuchodonosor condamna au feu pour avoir refusé d'adorer sa statue.
Lecture. — La Bible,
FIN DE LA CAPTIVITÉ ET GOUVERNEMCNT DES GaAWDB
FKÊTKEs, sons LA DOMINATION PEK8ANE.— La première année de son règne. Cyrus permit aux Juifs captifs à Babylone de retourner dans leur pays , et leur donna même les moyens d«i relever Jérusalem et le temple. Los Juifs quittèrent Babylone au nombre de 42,060, sous la conduite de Zorobabel, descendant des rois de Juda, et sous celle du grand prêtre Josué; mais la portion la plus nombreuse et la plus riche demeura de l'autre côté de PEuphrate, où elle continua à former un peuple redoutable. La nouvelle colonie eut des discussions avec les Samaritains, Juifs d'origine. La construction d'un temple rfui leur était propre, et qu'ils bâtirent à Garizim près de Sichem, occasionna une rupture complète entre les deux peuples, et fut la source de la haine nationale qui subsista toujours entre eux. — De là, la défense que les Samaritains firent faire aux Juifs de rebâtir leur ville et leur temple, d'abord sous Gambyse (529) et sous Smerdis (522), tellement qu'il ne fut relevé que sous Darms en 520.— La nouvelle colonie ne commença à avoir une constitution stable que sous Esdras et sous I^éhémias , qui y amenèrent de nouveaux habitants, Tun en 478, l'autre en 445. Le pays était soumis aux satrapes de Syrie; mais , par le progrès de la décadence du royaume de Perse, les grande prêtres devinrent insensiblement les véritables chefs de la nation. Cependant les Juifs, dans le temps de la conquête d'Alexandre (53:2), paraissent avoir été fidèles envers les Perses.
AssuiîKus ET ESTBBR. — L'EcHture sainte parle cependant d'un massacre général qui devait avoir lieu sous un prince perse nommé Assuérus, qui paraît être le même que Xercès ; après de grandes conquêtes, ce prince répudie la reine Vasthi, et choisit pour épouse Esther, nièce du Juif Mardochée. La fortune de la nièce fit celle de l'oncle, et le crédit de Tonde fut la perte d'Aman. Ce premier ministre , favori d'Assuérus, était mécontent de Mardochée; parce qu'un Juif lui avait déplu, il voulait immoler toute celte partie de la nation qui était captive en Perse. Aman tomba dans les pièges qu'il avait tendus à son ennemi, et fut conduit au même gibet qu'il lui avait préparé. Mardochée succéda à sa faveur et à ses dignités.
Ls€TDRE. — La tragédie d'£sther^ par Racine. — Histoire samtc
6* SIECLE. l%^
Rome.
sx&Tiirs TviAnrs, sixième roi de Rome, succède à TarquinTAncieo (578), opère quelques changemenis dans le cpouvernement et inslilue le cens ou le dénombrement. A la division du peuple par tribus et curies, fondée dans Torigine par Romulus , il substitue la division par dasses et centuries , contribuant chacune, par égale portion , aux charges pécuniaires de PEtat. Les comiceê, ou assemblées publiques par centuries, remplacèrent dès lors les comices par tribus, qui donnaient la prépondérance à la multitude; et celle-ci ne connut plus que des affaires d^un moindre inlérèt. Ce que Tarquin PAncien avait fait en faveur du sénat , Servius Tuiiius le lit pour le peuple, dont il était îsso, et qui Tavait proclamé roi malgré les sénateurs. La population s*étant élevée à cent vingt mille âmes à la division, il institua uujuty eî«i7, composé de gens de toutes sortes de professions, même d*atfranchis auxquels 4 par une disposition intempestive, il venait d*accorder le droit de cité sans craindre de choquer les sénateurs, qui regardaient le pouvoir déjuger comme la plus belle de leurs attributions : aussi les plus jeunes de ce corps se liguèrent contre ce monarque , qui mourut assassiné par son gendre, et victime de ses institutions populaires.
AmoLXTioir BB LA ROTAUTÉ , GORsuLs A ROME. — Tarquîn , parvenu au trône par le parricide et sans l'aveu du sénat, se fit détester par sa tyrannie ; bientôt la fin tragique de Lucrèce souleva le peuple ; Brutus, qui jusqu'alors avait contrefait Tinsensé, lève le masque et excite à la révolte; Tarquin est exilé avec sa famille, et /a rojrauté abotie (509) , après 244 ans de monarchie. Cependant' Tarquin le Soperbe n^était pas sans talents militaires ; il combattit avec succès eontre ïesSabinSf soumit les Jrdéates,H enleva aux Voisques une de leurs principales cités, Suessa Pomeiia; on lui doit plusieurs édifices publics et notamment ce fameux Gapitole qui devait être un jour le lenplede Tunivers; en un mot on pourrait dire de Tan;uin qu*il avait des vertus et des vices, et qu*à tout considérer c'était un roi.
Lkctorb. — Grandeur et décadence de» Romains^ par Montesquieu.
CODP d'oCIL sur la royauté de ROME.
' Une des causes de la prospérité de Rome, c^est que ses rois furent tous de grands personnages, dit Montesquieu ; la constitution politiqaede Rumulus, quelque bien combinée qu'elle fût, ne lui aurait pas ssrvécu sansleslois religieuses de Numa,qui en réprimèrent la rudesse et procurèrent une paix de quarante ans. Mais cet état dMnertie devait aotti avoir un terme : Albe, comme métropole^ prétendait à la suprématie; Roaie la fit disparaître sous TuUus HosHLius, Les principes rtligieux de Numa reparurent avec Ancus Martius , qui ouvrit à Tarqpin PAncien les portes de PEtrurie. L'administration publique prit 4ts règles fixes sous Servius Tullius : Timpôt direct , Tinstitution des
It4 4>* SIÈCLE.
jurés en matière civile, Pégalilé de« rangs dans les contrats furent soi ouvrage.
Tarquin le 5'Mper&« regarda le trtoe comme un patrimoine; il mé connut raulorilé du sénat, celle du peuple, et abolit sans raison !« règlements de son prédécesseur. Les Romains le chassèrent » et avei lui finit la royauté, qui avait, on le voit rendu de grands services à h colonie naissante. S'il y avait eu , dit Machiavel ^ detix rois caouiM Tarquin le Superbe , la liberté n*eût jamais existé à Rome.
Le peuple romain comptait alor» près de 150,000 citoyens»