‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 62 sur 162 · DOCTRINE SE SOCRATE · texte numérisé non relu

DOCTRINE SE SOCRATE

t Bien avant noire ère, dit M. Benjamin Constant, le polythéiênu t( (Hait parvenu à son point le plus haut de perfection relative ; mais «( la perfection relative est passagère, comme toutcequi tient de notre

• nalure. Imparfait dans jE:^c%/e , parfait dans Sophocle, le poly- « théisme déclina au même instant, puisque les germes de sa déca-

• dcnce 8*aperçoivent dans Euripide. Les Dieux s*élaient multipliés K à Tinfîni par les personnifications et les allégories; de là une con-

. K fusion étrange dans les doctrines , les fables et les pratiques. Tel M était l*élat de la religion enGrèce. Au 4» siècle» les sophistes avaif^nt u négligé la méthode d^observation , et avaient à peine parlé de m )- <t raie, tant ils semblaient ne pas soupçonner ^importance de celte 4( science philo80|)hique; ils ne s'occupaient dans leurs leçons que de « spéculations abstraites et élrangères à la pratique. Socrate fonda <t ses préceptes sur la conscience , sur la connaissance de soi-même, «I et créa la morale ; ses leçons en offraient la théorie et sa conduite Il la pralique. Les formes oratoires lui étaient inconnues, il n^em- « ployait qu'une dialectique simple , laconique et serrée. Les détails « de la doctrine de Socrate sont peu connus , mats ou ne peut douter « qu'outre les préceptes d'une morale pr»ti'|ue fondée sur les inspira» «< lions de la conscience, el *w les plaisirs iIr la vertu, il n'enseignât « Texistence d'un Suprême ordonnateur de Vunhers et de Vim^ <( fnortalîté de Vâme, Le besom d'unité su taisait donc sentir en « politique et en religion, et en même (tmpi que tes Etals allaient r u centraliser^ la religion iilhit s*épurer oi devenir une, »

AGÉsiLAS-LE-f>pAM'* — C/était un des plus grands rois de Sparte; et si la nniur« l'avait traité rigoureusement en le formant petit, maigre, boiieuA , elle s'était montrée généreuse en lui accordant toutes les qualités de râmc. Tissapherne, général d'Artaxercès, roi de Perse, apprit plus d'une fois à connaître sa vAleur, Agésilas m^'jiinit incuic de pénétrer dans la Perse, qu'il

zwi remplie de terreur, quand les Êphores le rappelèrent Ik Laeédémooe pour mardier contre les Béotiens , les Corinthiens et les AlbéDÎens réunis. Artaxercès, alarmé des progrès du roi de Sparte, avait prodigué For pour susciter des ennemis à Timpériease Sparte, et avait réussi à former une ligue puissante contre cette ville célèbre. Tithrauste, successeur de Tissaplierne, avait offert des sommes considérables au roi de Sparte pour évacuer sa province, et Agésilas acceptant était allé attaquer Piiamabaze en Egypte, qu'il avait complètement vaincu. A la tète de vingt mille Grecs et d'un grand nombre de Barbares , il avait pénétré dans le centre de la Perse ; la Haute-Asie trem« blait, et Artaxercès effrayé avait senti cbanceler son trône ; c*est alors qu'Athènes, humiliée des succès de sa rivale, s'empressa de donner les secours qu'on lui demandait. Une querelle survenue entre les Phocéens, alliés des Spartiates, et les LocrienSf alliés des Athéniens, fut le prétexte de la rupture. Les alliés d*Athènes sont vainqueurs à Haliarte en Béotie. Lysandre y meurt le 27 juillet 594. — Ils sont battus à Némée, au nord du Péloponèse ; ils ont une seconde fois l'avantage sur les Lacédémoniens; commandés par Çonon, général athénien, et Pharna* baze^ général des Perses, ils remportèrent cette victoire navale près de Gnide, sur les côtes de la Carie. Après avoir parcouru les Cyclades, Chios, Lesbos, Flonie et TËolie, les malheurs d'JEgoi-Potamos furent réparés, les murs d'Athènes relevés, et dès ce moment les Athéniens et les Grecs se virent affranchis de la domination injuste de Lacédémone. Cependant Agésilas quitta TAsie, fît voile avec promptitude vers le Péloponèse, et allait y aborder, lorsque les ennemis tentèrent de Tarrôter auprès de Coronée, Il les défit entièrement dans une des plus sanglantes batailles qui se soient livrées dansée siècle. Ce grand capitaine, parti d'Egypte, avait abordé au port de Ménélas , entre Cyréne et TEgypie ; il y tomba malade et y mourut à Tâge de quatre- Tîngis ans. Ses amis, voulant transporter plus facilement son corps à Sparte, Tenduisirent de cire, faute de miel.

Tbaité d'ântalcidas. — Jusqu'alors Artaxercès, roi de Perse, n'avait vu que de Teffronterie et de la démence dans les prétentions des Lacédémoniens : maintenant elles lui inspirent un commencement de crainte; il est pressé d'ailleurs de compimer le soulèvement de Chypre et de TEgypte, de combattre

les Caduiiim. Il accepte oa dicte plutôt en mattre le tnité d*ADtalcidas , ainsi nommé parce que ce fut Antalcidas » amiral des LacédémonienSy qui le sollicita au nom de Lacédémone , laquelle craignait que la guerre qui durait déjà depuis quatre ans ne (ournât en faveur d* Athènes.

Les villes grecques d^Asie, ainsi que les îles de ClazO' mène ei de Chypre ^ demeureront soumises au roi. Les autres villes grecques seront toutes libres, à l'exception fies fies dImbroSf deLemnos, de Seyros^ qui continueront d'appartenir aux Alhéniens ; le roi de Perse se joindra aux peuples qui accepteront ces conditions y pour comàaltre ceux qui les refuseront.

OBSERVATIONS

Il était aisé devoir que le résultat de cette négociation était i^agran. dissement des Perses et l'abjection des Grecs. Soixante ans aupara vant, Cimon avait dicté des conditions au roi jârtaxercès-Longue" JHam ; la Grèce désunie les recevait alors A^Artaxercès-Mnémon; ce traité lionteux fut stipulé le 8 août 587 (la 2« année de la 98« olympiade). La Grèce était humiliée; Athènes , si fière auparavant , perdait sa puissance avec ses grands hommes. Conon^ le vainqueur de Gnide, voulant s*opposer au traité honteux ûi Antalcidas , fut accusé de trahison , conduit à Suze et sans doute mis à mort. Thras^bule, qui marchait pour relever le parti démocratique à Rhodes, fut assassiné par des paysans qu^avaient maltraités ses soldats. Sparte , ellemême, perdit toute son influence au moment où la république de T'Aé^esJusque là obscure el ignorée, vint occuper à son tour le premier rang.

Les diverses républiques de la Grèce repoussèrent d^abord les clauses de cette pacification : mais Antalcidas ayant levé , avec l'argent d'Arlaxercès , une flotte de quatre-vingts galères indépendantes des escadres persanes, les confédérés se trouvèrent dans Pim possibilité de prolonger leur refus, et signèrent enfin leur déshonneur.. Antalcidas, qui conclut cette paix ignominieuse, fut dans la suite chassé par Artaxercès : odieux à ses concitoyens , el craignant riaditfuaUoa des éphores, il se laissa mourir de faim.

GoERRB DE TntBEs. — lusquc-Ià la république de Thèbes n'avait exercé aucune influence sur la Grèce. On allait même jusqu'à la croire incapable de produire un grand homme , tant Tair épais de la Béoiie était regardé comme peu favorable au développement du génie; mais il était réservé à Epaminondas et à Pélopidas de vaincre le préjugé en illustrant leur pays.

Guerre de Sparte et de Thèbes. — Causes. Les hostilités des Grecs étaient suspendues par le traité d'Anialcidas , mais

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lenr malilé n'ëlail poini éteinte^ Conon a forcé Lacédémone de losl sacrifier à ses succès» Une nouvelle lutte va s'engager. Les Laoédémonîens , poor se venger , assiègent Mantinée, rasent les fortifications. Plébida$, général lacédémonien , conduisait des iroopes CR Tlirace. Passant près de Tbèbes, où deux factions entretenaient le désordre, et engagé par Tun des chefiS â fe sefonder , il s'empare de la citadelle , et Sparte est maîtresse de Thèbes. Plébidas avait été condamné à une amende par les éf^ores et privé du commandement. Epaminondas et Pélopidas éuient an nombre des quatre cents Thébains que To i avait ban« nis; ils entreprirent de délivrer leur patrie. Ayant pénétré secrètement' dans la ville, ils entrèrent au moment où les nouveau < magistrats se réjouissaient, leur donnorent la mort, et invitèrent ie people à reprendre sa liberté. Les Spartiates furent obligés de se rendre, et Thèbes fut libre.

Bataille db LedCtres. (Béotîe). — Des conférences étaient ouvertes à Sparte entre plusieurs puissances de la Grèce. Epaminondas y soutint avec fierté les droits de sa patrie; le nom de Thèbes fut effacé du traité, et les autres villes le sifiinèrent.ÂIors Thèbes vit se réunir contre elle une partie de la Grèce ; la bataille de Lfuelreise donna. Epaminondas commandait Tarmée, Pélopidas le bataillon saeré : c^était un corps de trois cents jeunes gens qui s^engageaient par serment à se défendre jusqu^au dernier soupir. Les Spartiates lurent vaincus quoique bien supérieurs en nombre ; leur roi Cléombrote y fut tué avec quaiori^e cents hommes. Agésilas, qui lavait accompagné dans la Béotie, fit admirer sa valeur dans cette lutte opiniâtre , mais il enseigna aux Thébains Fart de triompher des Spartiates. Cette victoire met fin à Tempire des Lacédémoniens et menace U Grèce d*une révolotion prochaine. Les Athéniens , qui avaient lonné asile aux exilés de Thèbes, firent le procès à leurs généraux pour n*avoir point dévoilé la conjuration de Pélopidas. Epaminondas nes'enivra pas de ce triomphe; il dit seulement qu il était heureux de la joie que sa victoire donnerait à son père et à sa mère. Sparte, de son côté, montra de la fierté dans sa défaite ; la nouvelle do désastre de Leuctres ne Tempécha pas de continuer à célébrer les J6UX gymniques. Cette victoire, gagnée en 571 , laissa sur le champ de bataille quatre mille hommes, dont mille Lacé- Jémoniens et quatre cents Spartiates. La Grèce triomphe. Les Thébains s^exaltent dans leurs espérances.

Bataille sans larmes. — Épaminondas fit deux invasioDS dans le Péloponèse. Ne pouvant s'emparer de Sparte , il relève la Messénie et fonde la ville de Mégalopolis. Thèbes conserve toujours la prééminence sur toutes les cités ennemies de Lacédémone. LycomeVe^ citoyen deMajitinée, persuade auiÂrcadienf qu'ils sont en état de combattre seuls pour maintenir leur iodépendance; ils prennent alors les armes contre Sparte» et soal vaincus, près d« MîV/ée par Jrchidamus, Les Spartiates ne perdirent pas un seul homme dans ce combat, qui fut appelé la 5ataï/ie sans larmes.

Bataille de Mantinée. — Les troubles qui ne cessaient «e déchirer te Péloponèse amenèrent la journée de Mantinée , oà les Thébains, ayant écouté les réclamations des villes de Théssalie, qui demandaient la protection de Thèbes, triomphèrenl encore de leurs ennemis ; mais ils perdirent Ëpaminondas, qaî mourut satisfait d'avoir vu triompher sa patrie. Ma vie est assez

longue, dit-il, je meurs sans avoir Jamais été vaincu.

Vous vous trompez^ dit-il encore à un de ses amis qui le plaignait de n'avoir pas d'enfants ; Je laisse après moi deux fille,^ immorielles : les victoires de Leuctres et de Mantinée<, Il arracha lui-même le fer de sa plaie, et mourut. Pélopidas, son ami, était mort peu.de temps auparavant. Thèbes alors rentra dans l'obscurité d'où ces grands hommes l'avaient tirée. « Guerre sacrée. — Les Phocidiens s'étaient emparés de quelques terres près de Delpnes (Phocide)9 consacrées à Apollon. Les Th^ssaliens, leurs ennemis , et plusieurs autres peuples prirent les armes pour venger ce sacrilège. Cette guerre, qui dura dix ans, fut appelée ^«erre sacrée. Philippe , roi de Macédoine, cherchait une occasion de s'emparer de la Grèce ; celle-ci lui parut favorable. Il marcha contrôles Phocidiens , et les vainquit. Ce peuple, ayant été exclu du conseil des jim^ p/iicli/onsy le roi de Macédoine obtint sa place, et commença ainsi à réaliser ses projets.

Sicile.

DEnniE'JEmE.-^ Syracuse, fondée par le Corinthien ^rchias, vers l'an 710 avant J.-C, devint une des plus belles et des plus puissantes villes grecques. Elle fut d'abord gouvernée par des rois, puis alternalivemenl soumise à des tyrans. Nous

Tavons vae , dans la guerre du Péloponèse , assiégée par les Athéniens, qui furent forcés de se retirer. DenysP Ancien usurpa le souverain pouvoir, fit pendant tout son règne la guerre avec succès aux Carthaginois y et se rendit odieux à ses sujets par des actes de barbarie. Son û\s ^ Denys-ie» Jeune ^ lui succéda , el ne fut pas moins cruel que lui.

Le philosophe Platon fut vendu comme esclave pour lui avoir conseillé d*abdiquer. Dion, son beau-frère, fut banni, mais revint à Syracuse, et le chassa. Dix ans après, Denys recouvra la couronne ; mais les Syracusains appelèrent à leur secours Tïmoiéon, général corinthien, el le tyran fut contraint de s*enfuir à Corint/ieoù il se fit maître d'école. Timolëon fit k Ifonheor des Syracusains , vainquit les Carthaginois , et rendit la liberté à la Sicile, opprimée par de petits tyrans. 11 mourut à Syracuse, et emporta les regrets de son peuple.

ÂGATBOCLE , tyran de Sicile, à la mort de Timolëon , se rendit maître de Syracuse; de simple soldat, il s'était élevé à la souveraine autorité. Il fit plusieurs guerres aux Carthaginois; mais, apnt été vaincu à Himére, il passa en Afrique, et y fil de grandes conquêtes; il vint ensuite en Italie, et s*empara de Crotone, Après vingt-huit ans de règne, il mourut empoisonné.

Macédoine.

Philippe II, roi de Macédoine. — La Macédoine était bornée au couchant par rillyrie, au levant par la Thrace,au nord parla Dardanie, et bordait au midi la Thessalie. Elle était baignée |>ar les fleuves Âxius , Haliacmon et le Strymon. Elle était séparée de la Dardanie au N. par le mont Scardus ; au N. E. par le mont Eliope; à TO. par TÂihos; au S. par TOlympe. Ce royaume,' depuis Caranus ( 796), son premier fondateur , n'était pas sorti de Tobscurité ; c^est a Philippe II , fils d'Amyntas qu*appariient Thonneur d'avoir donné à son pays le premier rang parmi les Etats alors connus. Cëtait un des plus grands poliiiqaes de son siècle ; il forma le projet d'asservir les Grecs* et employa ses richesses à corrompre les orateurs athéniens , après avoir arraché son pays aux discordes civiles et aux ravages des Illyriens, des Thraces et de tous les peuples vaincus, enhardis par la faiblesse et Fanarchie du gouvernement. Bémosthènes et Pàocion résistèrent à la séduction. Il prit Méihone^ au siège

de laquelle un archer nommer Aster lui crevâ un œil d*uii coup de flèche. Cependant Âmyntas I«r(53S) g'éuit illustré par ses vertus , et avait sauvé la Macédoine, sur le poini de devenir tributaire de Darius.

Le mariage de Philippe avec Olympias^ fille de Néùptotéme, roi det âfolosses , et la naissance d'Alexandre-le-Grand mirent le comble à son bonheur. Il apprit trois nouvelles le même jour (356 avant J.-C), savoir : qu'il avait été couronné mxjeux olympiques ; qu*il avait remporté une victoire sur les lUyrienê et qu'il lui était né un fils. C'est alors que Philippe , senlani tout le prix d'un bon instituteur, écrivit lui-même au philosophe ArUtote pour le charger de l'éducation d'Alexandre. Voici cette lettre , dont le laconisme est un modèle de style , ei donc les sentiments font autant d'honneur à celui qui l'écrivit qu'à celui auquel elle fut adressée :

Il nCe$t né un fils; je rends grâces aux Dieux de V avoir fait naûre dans un siècle où il peut avoir Jristote pour maure*

Philippe assiège Olynthe , qu'il détruit de fond en comble , malgré tous les secours d'Athènes , animée par les phitippiques de Démosthènes; il termine la guerre sacrée ^ qui avait duré dix ans, et se fait admettre au conseil des Amphictyons.

Après son retour dans la Macédoine , il fit plusieurs expéditions contre les Ulyriens , les Thraces , les Scythes ; mais il revint bientôt à sa pensée dominante , l'asservissement de la Grèce.

Bataille DE Ghéronée. — Démosthènes, célèbre orateur athénien , avait démêlé les desseins de Philippe. 11 les dëjoua de tout son pouvoir. Son éloquence souleva les Athéniens contre l'usurpateur; ceux-ci prirent les armes avec les Thébains. Une bataille eut lieu près de Chéronée , et Philippe fut vaiaqueur. Il formait de nouveaux projets contre les Perses, lorsqu'il fat assassiné par un jeune seigneur nommé Pausanias. On attribua cette mort à Olympias, que Philippe avait répudiée pour épouser Cléopâtre, nièce du roi Attale. £lle avait fait tenir des chevaux prêts pour la fuite du meurtrier; n'ayant pu réussir à le sauver, elle combla d'honneurs son cadavre , posa une couronne d*or sur sa tête , lui fit des obsèques magnifiques et le fit inhumer dans te tombeau des rois. Elle alla même jusqu'à consacrer à Apollon le poignard encore' fumant du sang de son époux.

Lecture. — Portrait de Démosthènes, par Pabbé Maury (Court

é€ littérature de Noél). Détails de la bataille de Chérohée^ dans \h Esquisses historiques. — Les PhUippiques de Démos Ihènes.

COUP d'oeil sur les causes principales

Qui ont assuré tour à tour la prépondérance aux Athéniens,

aux Spartiates^ aux Macédoniens^ dans la Grèce, et aux Grecs

d'Europe dans l'Asie, aux diverses époques et particulièrement

à l'époque des conquêtes d'Alexandre,

SPAKTIATB8. Lcur Gourage enflammé par les lois de Ljcurgue leur assura la prépondérance sur le Péloponèse, par la réduction iesjirgiens, des Messéniens, de PArcadie et de VArgolide; ils favotisènni Varistocraiie à Athènes; mais, malgré leurs efforts, la démocratie triompha, et ils perdirent leur influence qui passa aux Athéniens.

ATB^viBHs. La grandeur d'Athènes avait commencé à Pisûfrafo, qui avait ouvert de nouvelles voies au commerce, à Tindustrie, aux armes, à la marine. Leurs victoires sur les Perses et Textension de leurs forces navales leur donnent la prépondérance que la guerre du Péloponèse leur fait perdre. Les Thébains triomphent momentanément sous Pélopidas et Epaminondas, mais Sparte domine bientôt kHite la Grèce jusqu'à ce que les Macédoniens lui arrachent le pouvoir.

HAcBooviBvs. Ccst avec la politique habile de Philippe que commence l'influence des Macédoniens ; la création de la phalange wtacédonienne^ les conquêtes de Thrace, d^Iilyrie, de Grèce, la création d'une marine, la découverte d'une mine d'or à CrénideSj et plus fiicore les dissensions des Grecs ; tout lui assure, malgré Oémostbènes et Phocion, la suprématie qu*il convoite depuis longtemps ; il la transmet à sou flis Alexandre, qui Tagrandit encore, en établissant dans la Grèce une fédération juste, générale, régulière, d'où devait résuller^la prépondérance définitive des Grecs d'Europe sur l'Ane. Cette prépondérance alla toujours croissant depuis l'expédition des Argonautes; déjà Cimoft, Agésilas ei Philippe avaient eu la pensée d*armer la Grèce contre la Perse, l'Europe intelligente contre fAsie barbare, la civilisation contre ^esclavage ; Alexandre met ce projet à exécution, et pour la première fois un même intérêt arme la Grèce.

Alexandre-le-Grand. — Alexandre , surnommé le Grand , lé en 356, monte sur le trône de Macédoine en même temps ^06 Darius Codoman sur celui de Perse. (536 avant J.-C.» 418 de Rome, lii* olympiade.)

Sa première expédition fut contre les Thraces, les Illyriens etaolres peuples voisins, jaloux de se soustraire à sa dominalion. Après dix jours de marche , il arrive au mont Hœmus : les TribalUê sont vaincus; ces peuples se retirent vers i'Ister. Alexandre poursuit et soumet les Gèles, Bientôt toutes les

^00 ^' eiÊCLE.

nations voisines s'empresseni de faire alliance avec le vainqueur. . ,

L'éloqueni DémosUiènes avait par ses conseils excite louie la Grèce à fondre sur la Macédoine; Alexandre n'attend pas Faitaque : il arrive aux portes de Thèbes avant que les Thébaina eussent été seulement informés de sa marche; la ville est détruite; mais le vainqueur, rendant hommage au génie, ordonne d'épargner et la maison et la famille du poète Pindare. Le sort de Thèbes effraie toute la Grèce ; Je calme s'y rétablit , et Alexandre, à Texemple de Philippe, se fait déclarer à Gorînthe t'cnéraiissime de toutes les forces de la Grèce, sous prétexte de venger les outrages qu'elle avait reçus des Perses.

11 prépare tout pour son expédition, laissant le gouvernennent de la Macédoine à Anlipaler, l'un de ses généraux. L'armée , forie de trente-cinq mille hommes, s'embarque à Sestos sur l'Hellespont. Au delà de ce détroit , il trouve l'armée des Perses campée sur les bords du Granîque; il passe cette rivière malgré leurs efforts, les défait et les met en fuite, quoiqu'ils fussent trois fois plus nombreux que les Macédoniens. Glyius lui sauva la vie dans cette rencontre.

Après celte bataillcil vient à Varies, puis à Ephé$e, soumet tontes les villes de cette côte, rétablit la démocratie, leur gouvernement favori, passe en Phrygie^ où il tranche le nœud gordien à Gordium^ en Cappadoce, et arrive à Tarse, où il éprouve une maladie violente, à la suite d'une imprudence qu'il commit en se baignant, tout couvert de sueur, dans les eaux froides du Cydnus; mais en peu de jours son médecin Philippe le rendit aux vœux de ses soldats (355). Il franchit heureusement le pas de Cilicie: à la sortie de ce défilé, il rencontre une armée immense de Perses ^ commandée par leur roi, Darius Codoman; il gagne sur lui la bataille d'Issm , où il reste maître d'un butin immense : la mère, la femme et les enfants de Darius furent faits prisonniers ; il se montra , envers eux, généreux et clément.

La victoire û'a'ssus lui ouvre Damas, toute la Syrie et la Phénicie, Cependant la ville de Tyr refuse de le recevoir ; il en fait le siège , et la prend après sept mois de la plus vigoureuse défense (552).

A Jérusalem, le grand prêtre Jaddus alla au devant de lai,

et le respect qu*il lui inspira Tempêcha de faire aucun mal à cette ?ille, et lui fit accorder aux Juifs différentes grâces.

Gaza se rendit après deux mois de siège. Bètis , gouverneur de cette ville , fut attaché par les talons à un char, et trafné ainsi autour de la ville. Alexandre, comme un autre Achille, avait voufa renouveler le supplice d*Hector: c'était souiller sa vie» toire.

La conquête de la Phénicîe entraînait celle de la Palestine.

L^gypte gémissait depuis longtemps sous la domination des Perses ; elle reçut JUxandre avec joie; et il y fonda la ville û' Alexandrie* 11 parcourut ensuite les déserts de la Libye ^ pour se rendre au temple de Jupiter-Ammon ; mais Darius, ayant rassemblé une nouvelle armée , Alexandre marcha à sa rencontre, passa VEuphrate et le Tigre, et Payant joint à ArbeUes^ le 5 octobre (55i), il le vainquit complètement. Une autre victoire le rendit maître de Babyione, de Suze, de PersépùH$, et de tout V empire perse (551) qui avait duré 205 ans.

Darius, après la bataille d'Jrbelles, avait pris la fuite et s'était retiré à Ecbatane; puis il avait été trahi , arrêté et mas> sacré par les siens. Alexandre, poursuivant son meurtrier Bessus s'avança dans la Parthie, dans la ^actnane et dans la Sogdiane, soumettant ces différents pays avec une rapidité inconcevable. Les 5ct^fAes , jusqu'alors réputés invincibles, ne purent tenir devant loi ; \\ les défit, et les força à lui demander la paix.

Après avoir encore subjugué plusieurs peuples , il passa le fleuve Indus^ et marcha vers VHydaspe à la rencontre de Porus, roi d'une contrée de Vlnde» Un combat opiniâtre se livre, et les Macédoniens sont vain(|ueurs. Porus, fait prisonnier, est conduit à Alexandre qui, charmé de son courage, lui demande comment il veut être traité. — En roi I répond Porus, Son royaume lui est rendu, et le vainqueur l'agrandit de plusieurs provinces.

L'Inde entière est soumise ; mais les troupes rebutées obligent enfin Alexandre de s'arrêter. Alors il descend V Indus jusqu'à son embouchure dans l'Océan. Il charge sa (lotte de reconnaître les côtes, depuis cette embouchure jusqu'au fond du golfe Persique, et il revient par terre avec son armée; elle souffre beaucoup de la disette et de la chaleur dans les régions arides qui séparent Vinde de la Perse, et un grand nombre de soldats y périssent.

I6t 4" SIÈCLE.

Arrive à PersépoHs, il se repent d'avoir fail brûler, dans nn excès de débauche, le magnifique palais des rois de Perse. Â Suze, il épouse Statira^ fille afnée de Darius: il va ensuite à Ecbatane, où il a la douleur de perdre Ephestion^ son favori et son confident. Il lui fait faire des funérailles magnifiques , el dans la violence de son chagrin * il a la cruauté de condamner inhumainement à mort le médecin qui avait soigné son ami dans ses derniers moments. Alexandre ari:ive enfin à Babylone, malgré les prédictions funestes que les Chaldéens lui avaient faites; il 8*y livre à la plus honteuse débauche, et nipurt le 22 mai (324-525), âgé de trente-trois ans^ après en avoir régné douze et demi : c'était la première année de la 114® olympiade , la 430^ de la fondation de Rome.

Diogène le cynique mourut à pareil jour et la même année. Papirius Crassus et JuHus lulus étaient consuls à Rome. On ne sait pas précisément si Alexandre mourut d'un excès d'intempérance; on le croit cependant, quoiqu'on ait attribué sa mort au poison que lui aurait donné Cassandre , fils à*Antipater, qui avait pacifié la Grèce pendant Tabsence du héros macédonien» Près de rendre le dernier soupir, il donna son anneau à Per^ftcco^, un de ses lieutenants. Ses généraux , croyant qu*il le désignait par là pour son successeur, lui demandèrent qui lui succéderait au trône : c te plus digne, répondit-il ; mais je crains bien quon ne me fasse de sanglantes funérailles. » Prédiction qui ne se réalisa que trop.

Lecture. — ?ovif ^Md^'' Alexandre ^Av Barthélémy {Ànacharsis), Tragédie à' Alexandre, par Racine, Sa vie par Plu largue, traduction d'Amyot. Parallèle de Philippe et Ùl' Alexandre dans Justin. — QuinteCurce.

OBSERVATIONS

SUR LE CABACTÈRE D* ALEXANDRE, SUR l'ÉTAT DE LA MACÉOOINB

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