GUERRES PUNIQUES
OBSERVATIONS PRÉLIHIlfAIBBS.
Situation de Carlhage et de Rome avant les guetTes jnsni^t^e».
8ITVATIOH DS CA&THAGB.
Au nord de la Libye et presque en face de la Sicile , se trouvait la fameuse.république de Carlhage, qui possédait un vaste territoire , et qui était environnée de petites monarchies africaines , dont se forma ensuite le grand royaume de Numidie.
La fondation de Carthage, par Didon, précéda d*un siècle celle de Rome par Romulus ; elle était alors incomparablement plus ayancée dans Part du commerce, et beaucoup plus puissante que la république romaine.
La constitution dos deux pays était à peu près la même; chacune ^ des deux républiques avait un sénat et des assemblées populaires ; chacune élisait annuellement des officiers chargés de Padministration civile, et en temps de guerre, de la conduite des armées. Gartha^^e réunissait cependant trois autorités qui se balançaient Pune Tautre et se portaient de mutuels secours. De là vient qw^Aristote regardait ce gouvernement comme le modèle des républiques. Ces trois puissances étaient : lés Suffèles^ le Sénat et le Peuple,
Les tSu/fé(e« étaient des magistrats annuels qui présidaient au «S^é- «a/, proposaient les affaires et recueillaient les suffrages.
Le Séttai était composé de tous les Citoxens recommandables par leur âge, leur naissance, leurs richesses et leur mérite personoel.
Le Peuple décidait des affaires, lorsque les suffrages des sénateurs étaient partagés. Mais la politique de Carthage , aussi bien que sa religion «UMit sanguinaire.
De cra.Lie de dépeupler leurs villes et leurs campagnes, les Carlha* ginois composaient la plus grande partie de leurs armées d'étrangers et de mercenaires.
La Numidie et V Espagne leur donnaient une excellente cavalerie;
Les iles Baléares les plus adroits frondeurs;
La Gaule ^ la Liqurie et la Grèce la meilleure infanterie.
La position des Cartnaginois était favorable aux voyages de mer : aussi devinrent -ils les premiers navigateurs parmi les peuples qui lia-
bUainilIes côtes de la Méditerranée; Ils deicendirent en Espagne , se reodirent maîtres de la Sardaigne, acquirent de vastes possessions eo Sidie, et désirèrent vivement posséder rîle entière.
Les Carthaginois, qui avaient l*empire de la mer, étaient trèscMnus sur les côtes de Tltalie. Des traités signés avec les Romains , deux siècles auparavant, fiiaient les bornes de la navigation , et réglaient le commerce des deux républiques, qui devinrent bientôt rivales.
aiTVATIOH DB ROUBB.
Après la guerre Tarentine , le nom romain était prononcé avec respect par toutes les nations; PtoléméePhiladelphe envoie féliciter le sénat, et fait alliance avec le peuple romain. Tous les peuples de ntalie subissent le joug depuis le détroit de Messine jusqu^à la rive méridionale du Pô ; les Gaulois cisalpins résistent seuls.
Un système de colonies embrassant toute ritalle affermissait Paulorilé de la république. Quelques peuples jouissaient du droit de citoyens romains sans avoir celui de voler dans les comices ; on les nommait muntcîpes; d'autres, sous le nomd*a//tés du peuple romain, conservaient leurs gouvernements, mais fournissaient des hommes et de l'argent; enSn les sujets étaient gouvernés par des préfeU romains annuels.
Le gouvernement était merveilleusement établi. Les droits du peuple, du sénat et des magistrats étaient sagement contre-balancés.
Les mœurs de Rome étaient tempérées, austères même; la pauvreté y était en honneur. Cependant, trois ans après la guerre Tarentine , ta monnaie d*ar^en/fut frappée (269)^ on ne connaissait auparavant que la monnaie de cuivre.