‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 72 sur 162 · OBSERYATIONS SUR LES GUERRES PUNIQUES · texte numérisé non relu

OBSERYATIONS SUR LES GUERRES PUNIQUES

QCUQOBS PENSÉES EXTRAITES DU PARALLÈLE DE GARTHAGE ET DI ROME, PAR MONTESQUIEU.

Les élèves feront des questions sur chacune de ces pensées :

1* Cartbage, devenue libre plus tôt que Rome, avait été aussi plus tôt corrompue; ainsi, pendant qu*à Rome, les emplois publics ne l'obtenaient que par la vertu , ils se vendaient à Carlhage.

S« Les mœurs anciennes, un certain usage de la pauvreté, rendaient à Rome les fortunes à peu près égales ; mais à Cartbage , les ^rtkuliers avaient les richesses des rois.

3* Deux factions régnaient à Cartbage : Pune voulait toujours la pas , rautre toujours la guerre , de façon qu'il était impossible d*y jouir de Tune , ni d'y bien faire Tautre.

4* Pendant qu'à Rome la guerre réunissait tous les intérêts, elle les séparait à Cartbage.

5* A Rome, gouvernée par les lois, le peuple souffrait que le sénat eût la direction des afiPaires ; à Cartbage , gouvernée par des abus, le peuple voulait tout faire par lui-même.

6" Les Romains étaientambilieux par orgueil, les Carthaginois, par aiarice; les uns voulaient commander, les autres acquérir.

7« Les Carthaginois se servaient de troupes étrangères , les Ro- Bains employaient les leurs.

8* L'établissement de Carlhage, dans son pays , était moins solide Vie celui de Rome dans le sien; celte dernière avait irenle colonies tttour d'elle, qui en élaient comme les remparts.

9* Chez les Carthaginois , les armées qui avaient été battues deve- ■aient plus insolentes ; quelquefois elles mettaient en croix leurs généraux; chez les Romains, le cousul décimait les troupes qui avaient toi, et les ramenait contre l'ennemi.

10« Les dulssanccs établies par le commerce ne peuvent subsister

longtemps dans leur médiocrilé , mais leur grandeur est de peu d durée.

il» La cavalerie carthaginoise valait mieux que celle des Romains pour deux raisons : i*iine , que les chevaux numides et espagnol étaient meilleurs que ceux de TUalie ; l*autre, que la cavalerie romain était mal armée.

12« Dans la première guerre punique , ftégulus ftjt battu dès qu les Carthaginois choisirent les plaines pour faire combattre leur cava lerie; et dans la seconde, Annibal dut à 9^ Numides ses principale victoires.

13» Scipion, ayant conquis TEspagne et fait alliance avec MasH nissa, ôta aux Carthaginois cette supériorité. Ce fut la cavalerie nu mide qui gagna la bataille de Zama et finit la guerre.

140 Rome fut sauvée par la foi*ce de ses institutions. Après la ba taille de Cannes, il ne fut pas permis aux femmes de pleurer ; le sénat refusa- de racheter les prisonniers.

150 Ce furent les conquêtes mêmes d*Annibal qui causèrent la perli dfeCarthage* Il n*avait pas été envoyé en Italie par les magistrats d« Carthage; il recevait très-peu de secours, soit par la jalousie d*ui parti, soit par la trop grande confiance de Tautre.

16"* AprèsU^abaissement des Carthaginois, Rome n*eut presque plui que de petites guerres et de grandes victoires, au lieu qu*auparavani elle avait eu de petites victoires et de grandes guerres.

170 11 y avait à cette époque comme deux grands mondes séparés : dans Tun combattaient les Carthaginois et les Romains; Tautre étail agité par des querelles qui duraient depuis la mort d'Alexandre.

18» Les Romains eurent à peine dompté les Carthaginois quMIs attaquèrent de nouveaux peuples, et parurent dans toute la terre pour tout envahir.

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APRÈS LJk SECONDE GUERRE PUNIQUE.

11 n^y avait alors en Europe et en Asie que trois puissances en état de résister aux Romains.

10 La Grèce, où trois peuples coniidérables offraient une barrière redoutable : tes sauvages Etoliens, les Acliéens, liés par- une confédération ; les Béotiens, peu à craindre à cause de leur caractère indécis, Lacédémone était toujours belliqueuse.

2«*La Macédoine, défendue par ses montagnes inaccessibles, redoutable par ses peuples courageux et infatigables.

30 La Syrie, le pluspuissant des Etats après la mort d^ Alezan* dre'le-Grand; mais les successeurs de Séleucus menaieni um vie molle^ efféminée; la cour donnait l'exemple au peuple, aus soldats, et ce mal se communiqua aux Romains mêmes, lorsç^u'fh firent ta guerre à Anliochus, qui régnait alors sur la Syrie.

C*esila cause et répogue de leur corruption.

Tel étail Véiat du monde connu après les guerres puniques.

S" SIECLE. |gS

fmisB i»*ATBÈiiB8. — Démétrt'uS'Poîiorcèles, ou preneur de viBêê, est un des plus célèbres capitaines de t*an(iquilé.

n éUitfiU à'Aniigone et de Slratonice. Ses première? armes furent benreuses. 11 chassa de la Syrie les armées égyptiennes, vainquit les Jnbeê nabathéens , prit Babylone et ravagea tout le royaume. U tcooorut Halxcarnasse, assiégée par PtoléméeLagus, et soumit la tBUAe au profit de son père. C*esl alors qu'An Ugone forma le dessein d'affranchir la Grèce, asservie par Cassandre et PloUmée; Démé- Irios exécuta ce projet. S'étant présenté devant Athènes, il sVmpara et Munichium et du Pirée, chassa de la ville Déméirius de Pfialère, eâèbre orateur et homme d'Etat distingué, et rétablit Tancienne forme de gouvernement , ce qui le rendit pour quelque temps Tidole du inplp.

uavB 9S» ACBÉEN8. —On nommait ligue des Achéens une confédération de douze villes dans le Péloponèse; elle était très-ancienne etpen connue. Jusqu'à la mort d* Alexandre le Grand, elle s*était maintenue sans troubles; mais les généraux de ce conquérant changèrent la constitution de toutes les villes de la Grèce. Elles obéissaient à un tyran, ou subissaient la loi d'une garnison étrangère. Cependant la Sguê s'efforça de conserver sa liberté, et mit à sa tète Jratus, qui Tenait de délivrer Sicyone^ sa patrie, de la tyrannie de Nicoclès; il fitentrer cette ville dans la confédération, et conçut le projet d'affrandiir toat le Péloponèse; il enleva Corinlhe au roi de Macédoine, AnUgone- Gonatas, et accrut même la république des villes deMégare, de Trésène et à'Epidaure,

Dans le même temps, Agis, roi de Sparte, tentait de réformer cette Tille, entièrement déchue de ce qu*elte était jadis sous Lycurgue. Son entreprise ne lui réussit point, et lui coûta la vie. De retour d'une expédition contre les J^loJsen^, qui avaient attaqué les Achéens, alliés deSparie, on le traina en prison ; accusé de vouloir faire des innovations dangereuses, il fut condamné à mort. On ajouta la cruauté à Finjustice; sa mère et son aïeule, qui étaient venues le visiter, furent étranglées sur son cadavre.

Les projets de réforme furent renouvelés par Çléomène, fils de Léonjdas, l'autre roi, ennemi cependant d'Agis ; ce prince, après avoir vaincu les Jchéens près de Sxfnes, offrit de leur restituer toutes les Irtaces, s^ils le nommaient généralissime de lapigue. Aralus, qui exerçait le eommaudement depuis trente-trois ans, s'y opposa, et appela à son secours Antigone-Doson, roi de Macédoine.

ciÉoM]fewB, défait près de Sèlasie, se réfugie en Egypte auprès de Ptalémée-Evergèle, qui le reçoit avec bouté.

Ctéotnéne avait remis en vigueur , d'après les lois de l^curgue, la ditcipline, les repas publics, les exercices et les autres usages, s'astreignant le premier aux austères pratiques qu'il imposait aux autres. Il rendit aux rois Pautorité que leur assignait la constitution primitive.

Pour rassurer les parlisjius de la liberté, il donna un second roi à Spam: seulenent il choisit son frère à défaut du fils d'Agis, nommé

te

t66 9" SIÈCLE.

Arohidamuê, qu^on avait assassiné peu auparavant. Sparte eut alors, pour la première fois, deux rois de la même maison.

PhilopaNir succéda bieniôl à Ever|[ète, son père. Gléomène sollicita vainement des secours du nouveau roi, dont la jalousie ombrag^euse Je priva de la liberté^ il périt en cherchant à la recouvrer. Son corps fut attaché à une croix. La mort d'Agis et de Gléomène mit fin à la race des HéraclUles à Sparte.

ARATus, qui avait soutenu la ligue des Achéeiis, fut empoiaonné à Egium par Philippe, roi de Macédoine, successeur d'^nUjgrovta- Voson; il fut enterré à Sycione, dont les habitants lui élevèrent une statue avec le titre de sauveur. C'était uu général plus politique ^ue brave,

PHiLOPÉMEN, citoyen de Mégalopolis, fut le successeur d'Aratus dans la prélure de la ligue ; seul de tous les chefs de laligueachéenne, il avait compris la politique de Rome. Il avait pris Epaminonclus pour modèle de ses actions : comme le héros thébain, il était pliilosophe et simple de mœurs. Il vainquit deux tyrans de Lacédémone, Machanidai et Nabis, Tun à Maniinée, l'autre près de Sparte ; mais Dinocrate le Messénien, son ennemi particulier, le vainquit près de Messène. Phiiopémen fut jeté dans un cachot et empoisonné (183). Ainsi périt ce grand homme, appelé le dernier des Gréa et di£;ne d'être mis en parallèle avec Annibal elScipiou, qui moururent la même année que lui.

La ligueachéenne, privée de Phiiopémen, accepta toutes les conditions des Romains, qui lui accordèrent quelques années d'existence. Il fallait, avant d'en linir avec les Grecs du sud, soumettre les Macédoniens. Le second siècle verra le beau pays de Lycurgue, de Périclès et d'Alexandre, tomber au pouvoir du peuple-roi,

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